Le déluge biblique et l’épopée de Gilgamesh (2)

Posté par Benoit Hébert


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L’épopée de Gilgamesh est un texte provenant de la Mésopotamie ancienne. Voici quelques extraits de la 11ème tablette retrouvée dans la bibliothèque du roi d’Assyrie Assourbanipal. Gilgamesh recherche le secret de l’immortalité et il rencontre Outnapshtim, le « Noé » babylonien qui est devenu immortel après avoir échappé au grand déluge. Les spécialistes s’accordent pour dire que ce texte est antérieur à la rédaction du texte biblique du déluge (il y a en fait deux sources différentes entremêlées dans le récit biblique, nous y reviendront). En mettant quelques extraits de l’épopée de Gilgamesh en parallèle avec le récit biblique, on prend conscience des similitudes dans les motifs, mais aussi des profondes différences en ce qui concerne le rôle des dieux/de Dieu et des hommes.

 

 

Les dieux/Dieu envoient le déluge et celui-ci sème la mort

 

« L’arme divine passa sur les gens

Un frère ne voyait plus son frère,

Des cieux les gens n’étaient plus identifiables ! »

“Les eaux s’élevèrent de quinze coudées au–dessus des montagnes, qui furent couvertes. Tout ce qui se mouvait sur la terre périt, tant les oiseaux que le bétail et les animaux, tout ce qui rampait sur la terre, et tous les hommes.” (Genèse 7:20-21 LSG)

 

Les dieux babyloniens ont peur du cataclysme qu’ils ont déclenché, mais Dieu reste calme et maître de la situation

 

« Les dieux eurent peur du déluge,

Ils se retirèrent et montèrent aux cieux d’Anou.

Les dieux pelotonnés comme des chiens, restaient couchés à l’intérieur. »

 

“Dieu se souvint de Noé, de tous les animaux et de tout le bétail qui se trouvaient avec lui dans l’arche » (Genèse 8:1)

 

Le déluge cesse

 

« La mer se calma ; le mauvais temps se tut, le déluge cessa. »

 

« Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux s’apaisèrent.” (Genèse 8:1)

 

L’arche s’échoue sur une montagne

 

« Le bateau accosta au mont Niçir »

 

“Le septième mois, le dix–septième jour du mois, l’arche s’arrêta sur les montagnes d’Ararat.” (Genèse 8:4 LSG)

 

Outnapishtim/Noé envoie une colombe en reconnaissance

 

« Quand arriva le 7ème jour,

Je fis sortir une colombe et je la lâchai ;

La colombe partit et revint :

Aucun emplacement ne lui était apparu elle avait fait demi-tour. »

 

“Il lâcha aussi la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué à la surface de la terre. Mais la colombe ne trouva aucun lieu pour poser la plante de son pied, et elle revint à lui dans l’arche, car il y avait des eaux à la surface de toute la terre. ” (Genèse 8:8-9 LSG)

 

Et un corbeau

 

« Je fis sortir un corbeau et je le lâchai ;

Le corbeau partit et vit le reflux des eaux. »

 

“Il lâcha le corbeau, qui sortit, partant et revenant, jusqu’à ce que les eaux eussent séché sur la terre.” (Genèse 8:7 LSG)

 

Outnapishtim/Noé offre un sacrifice aux dieux/ à Dieu

 

« J’offris un sacrifice,

Je fis une offrande répandue sur la terrasse de la montagne. »

 

“Noé bâtit un autel à l’Eternel ; il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et il offrit des holocaustes sur l’autel.” (Genèse 8:20 LSG)

 

Les dieux/Dieu acceptent l’offrande en sentant l’odeur du sacrifice

 

« Les dieux sentirent l’odeur ;

Les dieux sentirent la bonne odeur ;

Les dieux, comme des mouches, se rassemblèrent au-dessus du sacrificateur. »

 

“L’Eternel sentit une odeur agréable, et l’Eternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait.” (Genèse 8:21 LSG)

 

Outnapishtim Noé est béni des dieux/de Dieu.

 

« Enlil monta alors dans le bateau,

Me prit par la main et me fit monté, moi ;

Il fit monter et fit agenouiller ma femme à mon côté.

Il toucha nos fronts et, debout entre nous, il nous bénit :

« Auparavant Outnapishtim était de nature humaine ;

Maintenant qu’ Outnapishtim et sa femme deviennent comme nous, les dieux. »

 

“Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre.” (Genèse 9:1 LSG)

 

Source :

 

Texte traduit de l’épopée de Gilgamesh : la création et le déluge d’après les textes du Proche Orient Ancien (traduction M. Joseph SEUX) aux éditions du Cerf

 


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8 Commentaires

  1. Auteur
    Benoit Hébert jeu 13 Mar 2014 Répondre

    Pour poursuivre la discussion que nous avons eu avec David et Sylvain à propos du comparatisme entre un certain nombre de textes antérieurs à la Genèse et découverts et déchiffrés au XIX ème siècle par les archéologues, on voit qu’il y a nettement des détails en commun dans certains passages du déluge.
    Par exemple l’épisode de la colombe ou du corbeau

    « Je fis sortir un corbeau et je le lâchai ;

    Le corbeau partit et vit le reflux des eaux. » Gilgamesh)

    “Il lâcha le corbeau, qui sortit, partant et revenant, jusqu’à ce que les eaux eussent séché sur la terre.” (Genèse 8:7 LSG)

    A ce sujet, voici les remarques de Peter Enns

    « Comme Genèse 1 et Enuma Elish, Genèse 2-9 et Atrahasis « respirent le même air ». Ces deux textes ont en commun une façon typique de la Mésopotamie ancienne de parler des origines . C’est là une indication claire que cette deuxième histoire ne parle pas de science contemporaine. Ainsi, (1) ce texte ne peut pas et ne devrait pas être harmonisé avec la science moderne, (2) il ne devrait pas faire autorité en matière de ce que la science est sensée découvrir.Genèse 2-9 est de l’histoire ancienne se préoccupant de problèmes anciens. »

    développé dans http://www.scienceetfoi.com/ressources/genese-mythes-mesopotamiens-babyloniens/

  2. Sylvain Studer jeu 13 Mar 2014 Répondre

    1 Samuel 17:34-36 :
    David dit à Saül : Ton serviteur faisait paître les brebis de son père. Et quand un lion ou un ours venait en enlever une du troupeau,
    je courais après lui, je le frappais, et j’arrachais la brebis de sa gueule. S’il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frappais, et je le tuais.
    C’est ainsi que ton serviteur a terrassé le lion et l’ours, et il en sera du Philistin, de cet incirconcis, comme de l’un d’eux, car il a insulté l’armée du Dieu vivant.

    Extraits de l’épopée de Gilgamesh :
    Lorsque Gilgamesh reprend conscience, il se retrouve couché en travers d’un monstre aux dents de bronze, aux ongles de silex : l’adversaire qu’il a terrassé. Un ours (…) D’autres adversaires se mesurent à lui : loups, lions, panthères.

    Entre 1 Samuel 16:13 où David commence à être agité par l’Esprit de l’Eternel et 1 Samuel 17:34 où David déclare qu’il a déchiqueté ours et lion, nous n’avons que peu d’information quant au temps qui s’est écoulé entre ces deux chapitres mais il semblerait que le laps de temps fut relativement court : Est-ce que David a déchiré ces animaux avant ou après l’onction reçu ? Si c’est avant, c’est vraisemblablement un discours mythique. Si c’est après, on est dans le registre de Samson

  3. David jeu 13 Mar 2014 Répondre

    Bonjour Benoit et Sylvain,

    De mon côté je réagissais surtout à l’épisode de David.

    Pour moi cette histoire est simplement un récit historique banal.

    Il n’y a pas besoin d’une onction particulière pour se battre contre les bêtes sauvages. Les combats hommes contre bêtes étaient un des spectacles favoris des jeux romains … et je ne pense pas que les combattants étaient tous sont l’onction du Saint-Esprit :D

    On pourrait aussi faire le parallèle avec les épreuves initiatiques spartiates.

  4. Sylvain Studer jeu 13 Mar 2014 Répondre

    Oui, les gladiateurs se sont battus contre des bêtes sauvages, mais à ma connaissance et après m’être sommairement documenté sur Internet en quelques clics, il semblerait qu’ils ne luttaient jamais à mains nues, ce qui est le cas de David et de Samson, tout deux revêtus puissamment de l’Esprit

  5. David mar 18 Mar 2014 Répondre

    Bonjour Sylvain,

    Pour Samson, je suis d’accord, en revanche pour David je ne suis pas sur du caractère miraculeux du récit.

    Le fait qu’il est dit que David frappait ces animaux n’implique pas nécessairement qu’il le faisait à mains nues. A priori, la plupart des bergers devaient certainement s »équiper en vue d’affronter les animaux sauvages, je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même pour David.

  6. Sylvain Studer mar 08 Avr 2014 Répondre

    Bonjour David,

    Le futur roi David dit à Saül : « S’il se dressait contre moi (l’ours), je le saisissais par la gorge, je le frappais, et je le tuais. »

    Qu’il saisisse l’ours par la gorge implique à mon sens un combat à main nu. C’est du moins comme ça que je l’interprète.

    Bonjour Benoit

    Toujours par rapport au déluge et aux références que fait Christ sur le récit de Noé, un ami m’a fait remarquer que si le déluge n’avait pas historiquement eu lieu, alors Christ n’aurait pas utilisé cette image pour authentifier ce qui allait arriver dans la suite des temps (les hommes mangeaient, buvaient etc. et le déluge survint)
    PS : J’imagine que tu es au courant qu’un film sur Noé sort prochainement au cinéma ;)

  7. Sylvain Studer mar 08 Avr 2014 Répondre

    Et ma question est : qu’en penses-tu ?

  8. Marc mar 08 Avr 2014 Répondre

    Bonjour Sylvain

    Si tu te rends au sommaire du blog, tu verras un article á propos de la sortie du film NOÉ.

    Ta question sera traitée dans la petite série qu’a préparée Benoit á paraitre à partir du 9/4

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