La Bible et l’histoire (3) : un regard critique ?

Posté par Benoit Hébert

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Les temps ont changé. Les hommes et les femmes du 21ème siècle portent un regard « critique » sur tout ce qui les concerne, en particulier en matière de foi.

Voici une belle analyse de la situation proposée par Tim Keller dans  La raison est pour Dieu (il écrit dans le contexte nord américain.)

« Trois générations plus tôt, la plupart des gens héritaient de leur foi religieuse plus qu’ils ne la choisissaient. Dans leur grande majorité, ils appartenaient à l’une des Eglises protestantes historiques et traditionnelles ou à l’Eglise catholique. Mais aujourd’hui, les Eglises protestantes institutionnelles vieillissent et perdent rapidement leurs membres. Les gens optent à la place soit pour une vie non religieuse, soit pour une spiritualité construite de manière personnelle et non institutionnelle, soit pour l’adhésion à un groupe religieux orthodoxe qui attend de ses membres qu’ils aient vécu l’expérience de la conversion et s’engagent fortement…

Détenir une croyance simplement parce qu’on en a hérité ne suffit plus. Ce n’est qu’en réfléchissant longtemps et sérieusement aux objections faites à votre foi que vous pourrez fournir aux sceptiques -dont vous-même-les raisons pour lesquelles vous croyez, des raisons plausibles et non ridicules ou choquantes. »

 

Voici ce qu’écrit J.L. Ska dans Les énigmes du passé

« Aujourd’hui le monde est devenu « critique » au sens positif du terme. Cela signifie qu’aucune personne intelligente ne lit la Bible de façon « ingénue » et enfantine. Il n’est plus possible de prendre la Bible« à la lettre », selon une philosophie inspirée de façon plus ou moins consciente du fondamentalisme, sans se couper de ses propres contemporains et surtout du monde qui réfléchit avec rigueur et honnêteté sur la signification de l’existence humaine. »

 

Les évangéliques du début du 21ème siècle ont clairement hérité d’un passé théologique marqué par la lutte contre le libéralisme et la rationalisation excessive des Ecritures d’un côté, et des attaques scientistes d’athées qui se sont appropriés certaines découvertes de la science, en particulier la théorie de l’évolution d’un autre côté. Pour résister sur les deux fronts simultanément, plusieurs théologiens évangéliques ont conceptualisé de façon très poussée leur vision de l’inspiration dela Bible et surtout les conséquences attendues de cette inspiration. C’est ainsi que la notion d’ « innerance historique » est née, comme je l’ai expliqué dans mon article précédent.

Pourtant, prétendre que la Bible est sans « erreurs historiques » de la Genèse à l’Apocalypse et qu’elle répond aux attentes « modernes » des historiens est une affirmation qui ne peut pas se prouver par la Bible elle-même. C’est une attente qui paraît logique ou  légitime tout au plus, mais qu’il faut confronter aux découvertes bien établies des sciences historiques et archéologiques. Le verdict est sans appel : les onze premiers chapitres de la Genèse ne résistent pas à cette confrontation du point de vue de l’histoire et de la science.

Deux positions opposées peuvent alors être adoptées par les chrétiens : ou bien rejeter en bloc ce qu’on qualifie de « critique biblique », ou bien accepter que des connaissances historiques, textuelles, culturelles, archéologiques nous permettent de cerner davantage le caractère « historique » des passages bibliques.

Les évangéliques ont presque tous opté pour la première solution.

 

Voici ce qu’écrit Henri Blocher dans son article  l’autorité de l’Ecriture et son interprétation  à propos des connaissances externes à la Bible.

« Les Réformateurs accordaient à l’information extra-biblique un rôle ministériel et non magistériel. Les connaissances externes sont un facteur, et non pas une norme pour l’interprétation. Il faut les considérer comme des connaissances de contexte (contexte de la situation des auteurs humains, contexte de la création de l’auteur divin, le Dieu qui parle). Leur rôle est préparatoire, stimulant, purificateur quant à nos précipitations, et non pas décisif.

Pour cette raison, SI LE CONFLIT PARAIT PERSISTER,LA PRIORITE DEVRA RESTER A L’AUTORITE SCRIPTURAIRE : la parole spéciale du Maître l’emporte sur les conclusions que le disciple tire des œuvres du Maître.

Si les difficultés persistent, surtout d’ordre historique (Darius, Quirinius), elles sont remarquablement rares, et le progrès des sciences comme de l’interprétation scripturaire en a résolu une multitude. » (ma mise en majuscule)

 

Autrement dit, la Bible a toujours raison en matière d’histoire ou de science.

René Pache n’hésite pas à affirmer que de renoncer à cette façon de voir l’inspiration de la Bible équivaudrait à perdre toute confiance dans les paroles de Jésus et des apôtres.

« Si la critique, par ses découvertes, avait rendu insoutenable la doctrine de l’inspiration plénière, nous ne serions pas seulement forcé d’abandonner « une théorie particulière de l’inspiration » ; nous abandonnerions les apôtres et le Seigneur lui-même (dont c’est le clair enseignement) comme nos maîtres de doctrine et d’exégèse. »L’inspiration et l’autorité de la Bible

 

Voici par exemple ce qu’a dit Jésus a propos du déluge de Noé, clairement considéré comme universel :

“…en effet, à l’époque qui précéda le déluge, les gens étaient occupés à manger et à boire, à se marier et à marier leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que vienne le déluge qui les emporta tous. Ce sera la même chose lorsque le Fils de l’homme viendra.” (Matthieu 24:38-39 Sem)

 

Donc, en tant que chrétien, je dois croire moi aussi en un déluge universel à cause des Paroles de Jésus sur ce point. Je suis bien conscient du caractère particulièrement choquant de mon exemple, et pour plus d’explication, j’invite les lecteurs à aller à la rubrique déluge de ce blog.

Voilà ce qu’écrivait René Pache à propos de la science dans la Bible :

« A propos de faits en relation avec la science, les auteurs bibliques s’exprimaient sans erreur quant aux principes fondamentaux. Par exemple, le récit biblique de la création touche aux domaines suivants : géologie, astronomie, biologie, météorologie, zoologie et physiologie. »

 

Je vais être très direct : si la conception de l’inspiration de René Pache était la seule acceptable, je serais aujourd’hui un athée convaincu et militant. Cette position est extrêmement dangereuse pour la cohérence de la foi. Elle est tout simplement intenable ! Je suis au contraire convaincu qu’il est tout à fait possible de croire en l’inspiration de la Bible sans en faire un livre de science et d’histoire.

Heureusement, il existe une autre vision des choses soutenue par des chrétiens tout aussi respectueux du caractère sacré de la Bible.Je fais aujourd’hui partie de cette minorité parmi les évangéliques qui acceptent de porter sur le texte un regard « critique » en matière de science et d’histoire. Je préfère la vision des choses de J.L. Ska

« Une lecture correcte de la Bible requiert de prendre une certaine distance, « la distance critique » qui permet de voir les choses dans une juste perspective.La Bible a été écrite il y a longtemps, dans un autre monde, dans une autre culture et pour répondre aux questions de ce monde ancien…C’est après avoir pris cette distance et remis chaque chose dans son propre contexte qu’il devient possible de comprendre ce que veut nous transmettre la Bible.Il faut apprendre à poser les bonnes questions pour avoir les bonnes réponses. Naturellement, après ce travail, chacun pourra « actualiser » le message. Mais penser que la Bible utilise un langage contemporain et que, par exemple, les mots et les images auraient exactement la même signification dansla Bible et dans le langage contemporain serait une dangereuse illusion, et c’est en fait l’illusion du fondamentalisme. Même les manières d’écrire les choses sont différentes et, pour en arriver à notre point le plus important, la façon de concevoir l’ »histoire » et la façon de l’écrire sont aussi différentes. Il faudra sans cesse tenir compte de cette distance temporelle et culturelle dans notre lecture. SEULS CEUX QUI FONT CET EFFORT POURRONT ENSUITE DIALOGUER DE MANIERE FRUCTUEUSE AVEC NOTRE MONDE ET SA MODERNITE. » (Ma mise en majuscule)

 

Dans un prochain article, j’expliquerai pourquoi une telle démarche fortifie ma foi au lieu de l’amoindrir.


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9 Commentaires

  1. Avatar
    Bruno Synnott mer 05 Sep 2012 Répondre

    J’aime beaucoup cette phrase: »La Bible a été écrite il y a longtemps, dans un autre monde, dans une autre culture et pour répondre aux questions de ce monde ancien…C’est après avoir pris cette distance et remis chaque chose dans son propre contexte qu’il devient possible de comprendre ce que veut nous transmettre la Bible.Il faut apprendre à poser les bonnes questions pour avoir les bonnes réponses.  »
    Je trouve aussi que l’on sous-estime le pouvoir symbolique de la Bible. Cela ne veut pas dire que la Bible soit une fable! Au contraire! Dans le symbole se trouve des vérités historiques, théologiques, spirituels, etc. Vouloir attribuer un seul sens historique aux textes de l’AT serait mal comprendre la profondeur de la pensée de leurs auteurs.

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    gakari1 mer 05 Sep 2012 Répondre

    J’ai l’impression que la théologie biblique des ultra-fondamentalistes représentée ici par le discours de Pache est un vrai chateau de carte.
    C’est dommages et dangereux pour notre génération qui apprend à réfléchir très tôt. Et cela permet de souligner l’importance grandissante de ce blog, des réflexions qui y sont faites pour les générations futures.

    Yannick

  3. Avatar
    Peel Olivier mer 05 Sep 2012 Répondre

    Je pense qu’il faut faire attention aux expressions et aux phrases que nous formulons. Je trouve dommage Benoît que tu dises: « Je vais être très direct : si la conception de l’inspiration de René Pache était la seule acceptable, je serais aujourd’hui un athée convaincu et militant. »
    Que diras-tu si un jour on pourra démontrer que tes positions théologiques ne tiennent pas? Notre foi ne repose pas uniquement que sur des preuves matérielles! Avoir des doutes est une chose, renier la foi est beaucoup plus problématique.

    Yannick, je ne suis pas d’accord quand tu qualifies René Pache d’ultra-fondamentaliste. René Pache était très certainement un fondamentaliste au sens protestant du terme mais pas un ultra. On ne peut faire abstraction de son travail théologique exceptionnel en son temps.

  4. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mer 05 Sep 2012 Répondre

    Bonsoir Olivier,

    Je sais que mon propos est assez radical, il est pourtant très honnête.

    Ma foi ne repose absolument pas sur des preuves matérielles, mais il est suicidaire pour la foi de s’associer à des positions qui nient la réalité matérielle. Selon René Pache, ne pas croire que la Genèse nous raconte scientifiquement comment Dieu a créé le monde, c’est renier la foi dans les paroles de Jésus. Ces propos sont tout à fait scandaleux par le procès qu’il sous entend envers les chrétiens qui n’ont pas la même conception que lui. En gros si on n’adopte pas sa position, la foi s’écroule.

    Il dit clairement  » Si la critique, par ses découvertes, avait rendu insoutenable la doctrine de l’inspiration plénière, nous ne serions pas seulement forcé d’abandonner « une théorie particulière de l’inspiration » ; nous abandonnerions les apôtres et le Seigneur lui-même (dont c’est le clair enseignement) comme nos maîtres de doctrine et d’exégèse. »

    Et bien oui, la critique et la science, par leurs découvertes, ont montré que la conception de l’inspiration de René Pache et ses corollaires sont contraires aux évidences! Donc si j’adoptais son point de vue, je serais obligé d’aller jusqu’au bout de son raisonnement.

    Selon cette logique, évangéliser conduit inévitablement à dire aux gens: »maintenant que vous croyez que Jésus est votre Sauveur, vous devez renoncer à tout ce que la biologie de l’évolution nous montre et vous devez croire que la Genèse vous donne un compte rendu scientifique des origines de l’univers et de l’homme. » Il y a de quoi éloigner de la foi toute une génération…C’est aussi délirant que de vouloir convaincre les gens que le soleil tourne autour de la terre.

    Pour équilibrer un petit peu mon propos, je suis d’accord avec toi Olivier pour dire qu’il y a d’excellentes choses dans le livre de René Pache. Je le trouve souvent très pertinent quand il critique les excès de la « haute critique » biblique et en montre certaines incohérences.

    Pour illustrer ce que je dénonce, je suis bien sûr aller chercher quelques passages que je trouve excessifs, et je ne prétends pas que cela donne une vision complète de sa pensée. Pourtant, je suis convaincu que René Pache est tombé dans le même « piège » qu’un très grand nombre d’évangéliques. Pour « protéger » la Bible, nous en avons fait ce qu’elle n’est pas: un livre scientifiquement et historiquement parfait. Nous avons cru que pour que Dieu puisse nous enseigner la voie du salut, il fallait que la Bible réponde à nos critères modernes d’historicité.

    Aujourd’hui, de plus en plus de théologiens évangéliques, de gens qui réfléchissent prennent conscience de cet excès, sans pour autant tomber dans une « critique effrénée » de toute la Bible, comme dit JL Ska. Tout est une question d’équilibre. c’est ce que nous cherchons tous, je crois.

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    Marc mer 05 Sep 2012 Répondre

    Bonsoir les amis,

    Je pense en effet Benoit que tu as prononcé le bon mot : ÉQUILIBRE.
    Malheureusement nous y trouverons autant de définitions que de lecteurs de ce blog… On n’a donc pas fini de discuter et d’argumenter :-)

    @Bruno
    Je partage ton avis sur le symbole biblique, cependant des théologies telles que l’approche Darbyste par exemple qui excellent dans cet exercice pourront en parallèle conserver l’aspect historique « traditionnel » des textes pour préserver l’argument « d’inspiration absolue » des Ecritures comme on le voit dans les citations de Benoit.
    Je constate d’ailleurs avec un certain sourire comment certains prédicateurs évangéliques parviennent à prendre du recul sur certains récits historiques de la bible en travaillant leur auditoire à partir des symboles que l’on peut en tirer (en forçant même parfois bien le trait) sans pouvoir pour autant aller au bout de l’exercice quand le texte le suggère lui-même comme dans le cas des textes de Genèse 2 par exemple…

    Notre corset culturel pèse décidément bien lourd.

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    gakari1 jeu 06 Sep 2012 Répondre

    Olivier, 

    « Ultra-fondamentaliste » peut être ou ne pas être péjoratif, selon le point de vue ou l’on se place. Mais du mien, c’est bien une critique :-)

    Je connais les livres de Pache et ses points de vue abordés que ce soit en ce qui concerne le créationisme ou l’eschatologie (il a été un des professeurs de mon père à Emmaus.)
    Ce n’est peut être pas l’endroit pour le dire, mais selon les dispositions de ses lecteurs, ses points de vue sur ces sujets sont dangereux pour moi (je ne parle que de ces sujets précis, pas d’autres enseignements), et ne sont pas équilibrés. Ils sont dangereux pour ma génération, qui cherche, et peut trouver de très bonnes réponses dans l’athéisme ou plutôt dans l’agnosticisme.
    Pour moi c’est un fait.
    Aussi, si j’étais de mauvaise foi, je pourrai dire qu’une partie de son travail n’est que l’importation des idées fondamentalistes américaines en Europe, mais je préfère me dire que c’est un travail qui avait sûrement plus de valeurs que je ne pense en son temps. Bien que si je juge les fruits de ces idées sur certains chrétiens aujourd’hui… Enfin…

    J’ajouterai que ce genre de sentences dogmatiques sont symptomatiques, justement, de certains fondamentalistes qui n’ont pas compris que leur herméneutique n’est pas Parole de Dieu (je grossis et généralise, bien sûr, mais je ne pense pas être loin de la réalité). Elles appellent à l’ignorance ou l’obscurantisme, au cloisonnement (les vrais contre les faux et le monde) selon comment on les prend, bien sûr.

    Je m’éloigne et suis contre cela, même si ça peut paraître mauvais, aigri ou présomptueux de critiquer des personnes aussi âgés dans la foi et qui ont fait leurs preuves.

    Ce que tu dis à Benoit m’interpelle : 

    « Que diras-tu si un jour on pourra démontrer que tes positions théologiques ne tiennent pas?  » : 
    il suffit de lire l’historique des articles du blog pour voir ce cheminement dans les positions de chacun. C’est d’ailleurs un des intérêts majeur, de pouvoir se remettre en question face aux argumentations des autres. Finalement cette question est universelle, inter-dénominationelle, pour parler évangélique :-)

    « Notre foi ne repose pas uniquement que sur des preuves matérielles!  » : je ne comprend pas de quelles preuves matérielles tu parles. Si c’est de la création, je ne pense pas que c’est une preuve. D’ailleurs j’ai peur que ma foi ne repose sur aucune preuve matérielle. Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais vu ce que je crois fortement probable scientifiquement, dans plusieurs domaines, il vaut mieux pour moi.
    De quelles preuves parles-tu ?

    Yannick

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    Peel Olivier ven 07 Sep 2012 Répondre

    Cher Benoît et Yannick,

    Je comprends vos réactions et je vais tenter de vous répondre.

    Benoît. Je sais que tu crois aux Ecritures et que tu les aimes. Toutefois, j’ai surtout réagit à ton interpellation quelque peu exagérée vis-à-vis d’un auteur, René Pache, mort depuis très longtemps et dont le livre en question est paru voici plus de 70 ans! Voici tes propos: « Je vais être très direct : si la conception de l’inspiration de René Pache était la seule acceptable, je serais aujourd’hui un athée convaincu et militant. Cette position est extrêmement dangereuse pour la cohérence de la foi. Elle est tout simplement intenable ! »

    Bon ok. Mais sais-tu que nos interprétations de Genèse 1 à 11 scandalisent également? Des gens de mon église et d’autres trouvent que nos propos les effraies et ils se demandent s’ils peuvent encore croire aux Écritures. Pour eux, ta position ou n’importe quelle position proche de ce site serait « extrêmement dangereuse pour la cohérence de la foi ».

    Penses-tu réellement que tu serais devenu athée suite à la lecture du livre de René Pache? En tout cas, ce n’est ni ton cas ni le mien, et j’ai lu René Pache. Ceci ne signifie pas que je sois d’accord avec lui. Un peu d’esprit critique suffit à éponger les propos de René Pache. C’est un livre d’époque (1949 1er édition)et qui a fait son temps. On constate que les dires d’Henri Blocher sont déjà plus nuancés et plus profonds. Pour le reste, nous sommes d’accord, le livre de la Genèse n’avait aucune intention d’apporter un récit exact et scientifique de la Création ou du « comment » le monde est venu à l’existence.

    Yannick,

    Pour des raisons sémantique, on ne peut qualifier René Pache d’ultra-fondamentaliste. C’était un fondamentaliste tout comme l’était la très grande majorité des évangéliques de son époque. Le terme d’ultra-fondamentaliste est un concept moderne qui concerne ceux et celles qui vont encore plus loin que les premiers fondamentalistes. Ils passent aux actes majoritairement. Voilà tout.

    Si les propos de René Pache te paraissent dangereux pour notre génération, c’est ton droit strict de le croire mais n’exagérons pas trop, si la question de nos origines sont en cause, il n’en est rien de notre entrée dans le Royaume. Peut-être pourras-tu discuter de cela avec lui dans le Royaume de Dieu ;)

    Concernant mes propos sur la question des preuves matérielles, elle répond à l’interpellation de Benoît qui déclare: « si la conception de l’inspiration de René Pache était la seule acceptable, je serais aujourd’hui un athée convaincu et militant. »
    Ainsi, des propos théologiques conduiraient Benoît à l’athéisme parce que les preuves matérielles scientifiques auraient eu raison des discours théologiques. Pour faire plus simple encore, les démonstrations scientifiques prouvent que nos interprétations théologiques des Ecritures sont fausses. Même si ce n’est pas ce que Benoît voulait dire (en fait je n’en sais rien) on retombe dans un schéma dualiste de confrontation entre foi/fait. Mais est-ce vraiment la réalité? Notre foi ne repose pas uniquement sur des découvertes scientifiques mais avant tout sur un rapport spirituel et non matériel avec Dieu. Avant l’exclusivisme (je me tourne vers l’athéisme) je peux avant tout remettre en question les propos de René Pache qui reste avant tout un théologien, un homme, un être qui n’est pas parfait.

  8. Avatar
    gakari1 ven 07 Sep 2012 Répondre

    D’accord, Olivier.

    Je ne savais pas que le terme ultra-fondamentaliste correspondait à une catégorie bien définie.
    Je veux juste dire, fondamentaliste pour son époque, peut-être, mais, il y a aujourd’hui des fondamentalistes qui ne remettent pas du tout la science en question et qui restent humbles quant à l’herméneutique.
    Aussi, même si bien sûr, à cette époque, la guerre de l’évangélisme était bien déclarée contre le libéralisme, il y avait déjà des écrits sérieux qui faisaient une critique bien menée sur le pentateuque.

    Concernant les « preuves », je crois justement que le pb est que l’auteur se laisse aller à un discours scientifique, au lieu de faire de la théologie. Sa vision de l’inspiration a des effets sur son interprétation (normal) mais de plus, sur la façon dont Dieu aurait du créer, ce qui dépasse ses compétences et discrédite, pour ma part bcp du reste, puis sur l’évangile, carrément… Ça ne me plait pas non plus.

    Yannick

  9. Avatar
    gakari1 mer 12 Sep 2012 Répondre

    Un petit tour de quelques façons d’appréhender le texte biblique de André Gounelle. Vraiment intéressant :
    http://andregounelle.fr/bible/ou-trouver-la-verite-d-un-texte-biblique.php

    Aussi, je rebondis sur un commentaire d’Olivier Peel qui est important, je crois. Je cite :
    « Des gens de mon église et d’autres trouvent que nos propos les effraies et ils se demandent s’ils peuvent encore croire aux Écritures. Pour eux, ta position ou n’importe quelle position proche de ce site serait « extrêmement dangereuse pour la cohérence de la foi ». »

    Je trouve qu’il serait aussi sain de se demander si ces questions sont nécessaires à toute personne, à tout stade d’une vie. Si non à qui et dans quelles situations.

    Yannick

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