Hubert Reeves « La science ne peut pas répondre à la question: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? »

Posté par Benoit Hébert
Print Friendly, PDF & Email

120px-Hubert_Reeves_mg_4571-bLe très sympathique et charismatique astrophysicien Hubert Reeves a répondu a Corentin Chauvel du  journal 20 minutes à des questions touchant la compatibilité de la science et de la foi dans une interview au journal 20 minutes (cette interview date de 2010). Hubert Reeves affirme se poser beaucoup de questions sur le sens de l’existence, et il avoue sa perplexité à trouver des réponses, et même ses doutes quant au fait que nous puissions trouver des réponses. Il fait beaucoup penser à Darwin dans ses derniers jours. Donc bien que non croyant, Hubert Reeves pense que foi et science sont tout à fait compatibles, ainsi que science et athéisme d’ailleurs. La science n’est pas habilitée à répondre aux interrogations concernant les valeurs, le bien ou le mal…Hubert Reeves fait également preuve d’une grande clairvoyance herméneutique.

Voici quelques extraits:

 »

  • La science et la religion sont-elles donc  incompatibles?

Elles ne sont pas incompatibles, mais il vaut mieux les  séparer. La science vous dit comment faire les choses, comment cela fonctionne.  Par exemple, elle vous donne les recettes pour faire des OGM ou des  nanotechnologies, mais elle ne vous dit pas s’il est bon de les utiliser. Les  questions de valeurs, du bien ou du pas bien, c’est du domaine de la religion …

  • La science a-t-elle tout de même déjà pris le pas sur  la religion?

Concernant la création de l’univers, on n’a pas avancé d’un  pouce depuis des millénaires. Mais la bible n’est pas pour autant un livre  scientifique, c’est un livre de sagesse, de croyances. Il s’agit de contes et  légendes qui préexistaient et dont la bible s’est servie pour faire des contes  moraux. Il y a justement des problèmes quand il y a des intrusions, quand la  science ou la religion sortent de leur domaine. …

  • Les questions autour des croyances ont-elles alors  raison de se poser?

Oui, moi-même je me pose beaucoup de questions sur le  sens de la vie, son existence. Elles se posent à tout le monde. Cet ensemble de  questions reste profondément mystérieux et il faut vivre dans le mystère. Je ne  crois pas qu’on puisse arriver à des réponses satisfaisantes. Moi-même, je reste  dans l’interrogation. »

Avatar

2 Commentaires

  1. Avatar
    Marc ven 28 Mar 2014 Répondre

    Merci Benoit pour ce partage,

    J’apprécie énormément ce scientifique d’une humilité sans faille, qui a toujours su faire preuve d’une grande clairvoyance dans ce débat.

    Il sait faire partager son amour et émerveillement du cosmos avec tellement de talent ! Je conseille sans détour la nouvelle édition de « Poussières d’étoiles » à tout ceux qui désirent faire le point sur ce que nous savons aujourd’hui de notre univers. Un livre magnifiquement illustré et vulgarisé.

    « […] J’ai voulu donner à contempler et à comprendre » peut-on lire en 4eme de couverture.

  2. Avatar
    rodolphe (posta01) ven 28 Mar 2014 Répondre

    @rédaction,

     » La science n’est pas habilitée à répondre aux interrogations concernant les valeurs, le bien ou le mal. »

    Absolument. Ou est le scoop dans cette non information ?

    Quand à la question de savoir si la science peut répondre ou non à la question: » Pourquoi existe-t-il quelque chose plutôt que rien ? » encore faut-il définir de quel « pourquoi » on parle.
    Evoque-t-on par exemple les conditions d’émergence d’un Univers (question scientifique) ou bien l’idée hypothétique d’une « intention », d’un « projet » à l’oeuvre qui expliquerait cette situation (question métaphysique)

    Enfin, je remarque la limite ou l’inadéquation des mots à formuler certains concepts.
    Par exemple, dire que « quelque chose existe » n’est en définitive rien d’autre qu’un pléonasme dans la mesure ou « exister » implique le « quelque chose » en question. Réciproquement, « quelque chose » implique son existence. Les deux mots sont en définitive utilisés de façon redondante pour exprimer en fait l’état d’être. Si donc l’être est irréductible, peut-on postuler (comme le pense Stephen Hawking) que « rien » est instable !

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*