L’hypnose, activité cérébrale ou pratique occulte? Par Joël Montbrun

Posté par Benoit Hébert
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Introduction (B.H.) :

HypnosisJ’ai été intrigué en regardant les dix premières minutes de l’émission d’Arthur sur TF1 vendredi dernier. Dans cette émission, un « hypnotiseur » provoquait le sommeil d’un certain nombre de personnes, connues ou non, et parvenait à leur suggérer un certain nombre de comportements. Etant absolument ignorant du phénomène de l’hypnose, je me suis posé un certain nombre de questions quant à cette pratique. Des questions de natures scientifiques et médicales: dispose-t-on d’une explication neurologique de l’hypnose ?  Mais aussi des questions de nature spirituelle : un chrétien peut-il avoir recours à l’hypnose ? Est-ce une pratique occulte et dangereuse (conviction largement répandue dans les milieux évangéliques) ?

Joël Montbrun ouvre pour nous la discussion sur ce sujet. Après une licence en psychologie à l’université Paris X, Joël Montbrun effectue un master avec une spécialisation en neuro-psychologie. Il se qualifie lui-même de « protestant évangélique ».

La publication de cet article ne signifie pas que l’équipe Science et foi approuve tout ce qu’il contient. Je remercie Joël d’avoir accepté de rédiger cet article, étant données ses connaissances en la matière. Notre idée est de permettre à plusieurs de partager leur expérience et leur connaissance de l’hypnose, pour qu’en tant que chrétien et personnes ouvertes à la science, nous ne tombions pas dans le travers qui serait de rejeter à priori une pratique qu’au fond nous ignorons. J’espère donc qu’à la lecture de cet article et des commentaires qui le suivront, nous disposerons d’outils intellectuels et spirituels nous permettant de nous faire une opinion sur la (les) pratique (s ) de l’hypnose.

 

L’hypnose, Par Joël Montbrun

L’hypnose est un phénomène qui a fait couler beaucoup d’encre et cogiter beaucoup d’esprits. Encore aujourd’hui la science n’explique pas tous les mécanismes de l’hypnose, mais des éléments de connaissance émergent et permettent de mieux la comprendre. La Bible ne parle pas d’hypnose et à ma connaissance l’hypnose n’est pas décrite dans la littérature antique. Cependant, comme tout sujet qui touche à l’Homme, il est pertinent de s’y intéresser. D’autant plus que « l’hypnose de spectacle », dans laquelle les sujets semblent perdre toute volonté et agissent au doigt et à l’oeil de l’hypnotiseur, évoque forcément chez le chrétien l’idée de la possession par un esprit. L’objectif de cet article et de présenter les avancées de la science sur ce sujet et d’ouvrir une discussion sur l’attitude que nous devons avoir en tant que chrétien à l’égard de cette pratique.

 

L’hypnose,  pourquoi ? Pour qui ?

L’hypnose a historiquement deux grandes applications : la thérapie et le spectacle. D’un point de vue thérapeutique l’utilisation de cette technique a été très controversée, mais elle est largement reconnue aujourd’hui. Son application ne se limite plus à la psychothérapie, elle est également utilisée dans un cadre médical et paramédical. L’hypnose de spectacle est souvent la plus connue du grand public. Elle connait aujourd’hui encore une grande popularité grâce à des artistes comme Mesmer qui hypnotise en direct et sans trucage des personnes qui assistent à ses shows. Au-delà des applications, les mécanismes de l’hypnose sont un sujet de recherche florissant et d’un fort intérêt ; c’est cet aspect que nous traiterons dans la suite de cet article.

 

Un état de conscience modifié

Avant de parler d’état de conscience, il faut déconstruire l’idée intuitive selon laquelle notre expérience de la vie se fait toujours avec la même qualité de conscience. En effet, la perception que nous avons de notre environnement et de nous-même est produite par notre cerveau et en fonction de son activité, nous expérimentons les choses de telle ou de telle manière. C’est d’ailleurs le cas dans l’hypnose, l’activité cérébrale de la personne hypnotisée est modifiée et produit l’état de conscience particulier qu’on appelle hypnose.

L’imagerie cérébrale

Les techniques d’imageries médicales ont révolutionné les neurosciences, notamment parce qu’elles nous permettent de voir ce qui se passe dans notre cerveau de manière non invasive. Concernant l’hypnose, l’imagerie apporte beaucoup d’indices permettant de mieux comprendre ce qui se passe lorsqu’une personne est hypnotisée.

 

Lorsqu’on demande à une personne de penser à des événements autobiographiques (ex : se souvenir de ses vacances) et qu’on compare l’activité cérébrale de cette personne dans un état de « conscience normale » et sous hypnose, on observe que l’activité cérébrale n’est pas la même (1). Lorsqu’elle est hypnotisée, on note une activation de réseaux neuronaux dans différentes zones corticales (cortex visuel, moteur et sensoriel) et une activité significativement différente au niveau du cortex cingulaire antérieure.

 

Ces modifications de l’activité cérébrale et notamment du cortex cingulaire antérieur explique pourquoi les sujets sous hypnose peuvent ne pas ressentir la douleur. Comme le montre le schéma ci-dessous, les circuits des voies nociceptives afférentes (qui permettent de ressentir la douleur) s’activent différemment en état d’hypnose. On pourraient grossièrement résumer les choses en disant que sous hypnose le cerveau accentue le versant émotionnel et symbolique de l’expérience et diminue le versant somato-sensorielle (la douleur physique).

 

hypnose

 

 

Possession par un esprit ou mécanisme naturel ?

Hypnose2Ce qui interroge le plus le chrétien dans l’hypnose, c’est ce qui conduit la personne hypnotisée à faire tout ce que l’hypnotiseur lui demande de faire, comme si qu’elle avait déposé sa volonté entre les mains de ce dernier, ou pire comme si elle était possédée. Pour répondre à cette question il faut encore déconstruire l’idée que la conscience et la volonté seraient des facultés humaines inaltérables. Sommes-nous libres, conscients et volontaires ? Oui, sans aucune hésitation ! Sommes-nous libres, conscients et volontaires en toutes circonstances ? Non, sans aucune hésitation ! La brièveté de cet article ne me permet pas de m’étendre sur le phénomène de la conscience et la volonté, mais il est nécessaire de comprendre que ces facultés sont générées par des systèmes (5) minutieusement agencés reposant sur un substrat neuro-biologique. Pour éviter de rentrer dans le débat du substrat de l’âme nous pouvons, au-delà des divergences qui animent le débat entre dualistes et monistes, considérer que si le cerveau ne génère pas ces facultés, elles sont à minima tributaires de son activité*.

 

L’hypnose en est l’une des preuves les plus flagrantes. D’un point de vue neuropsychologique, le cortex pré-frontal dorso-latéral est largement impliqués dans l’exercice des fonctions exécutives** (fonctions impliquées dans l’élaboration et la réalisation d’un choix***). Il semblerait **** que les informations arrivants à ces aires cérébraux et leurs activités soient modifiés en état d’hypnose. La mise en évidence, par Antonio Damasio (3), du rôle des émotions dans le raisonnement et la prise de décisions nous permet de supposer que cette altération est en relation avec l’activité amplifiée du cortex cingulaire antérieur. D’autres études supposent que c’est l’implication du cortex cingulaire antérieur dans la production d’image mentale (l’imagination) qui expliquerait que le sujet réalise les suggestions de l’hypnotiseur.

 

Les données d’imagerie montrent clairement que l’activité du cerveau est modifiée, en particulier le cortex cingulaire antérieure qui est impliqué dans la génération d’image mentale, dans la transformation de nos sentiments en intentions puis en actions et dans le contrôle de soi sur ses émotions (reconnaissance de nos erreurs, promotion de réponses adaptatives en réponse à des conditions changeantes). Cependant, il nous faut encore patienter avant que la science parvienne à expliquer toutes les méandres de l’hypnose, car si nous avons clairement identifiés les zones cérébrales impliquées dans l’hypnose, l’interprétation des données restent encore à éclaircir. Quoi qu’il en soit il faut rompre avec un mythe ; les sujets hypnotisés ne sont pas inconscient et ne font pas inconditionnellement tout ce qu’on leur demande. Bien que leurs fonctions exécutives soient altérées, ils restent dans la plupart des cas, en capacité d’opposer un véto si ce qu’on leur suggère va à l’encontre de leur volonté profonde.

 

Est-ce si choquant ?

Que l’hypnose soit un phénomène naturel en opposition à un phénomène spirituel n’a rien de choquant ou d’inquiétant. De nombreuses études montrent par ailleurs qu’un grand nombre d’informations inconscientes peuvent influencer notre manière de percevoir le monde, d’élaborer des choix et de raisonner. Cependant, lorsque l’hypnotisé obéit « consciemment » aux suggestions de l’hypnotiseur sans pouvoir pleinement exercer sa volonté ou, plus précisément, sans être la source ultime de l’élaboration des choix et des actions qu’il accomplit, cela est à mettre en contraste avec un état normal dans lequel nous sommes dotés d’un ensemble de facultés qui nous permettent d’élaborer des choix, de les évaluer et donc d’en être responsable.

 

Un chrétien sous hypnose ?

Hypnose3Un chrétien peut-il avoir recours à l’hypnose ? D’après les éléments développés dans cet article l’hypnose n’est vraisemblablement pas une activité occulte ou démoniaque, cependant le « pouvoir » que l’hypnotisé remet entre les mains de l’hypnotiseur pose quelques questions éthiques. Dans un cadre médical ou thérapeutique l’hypnose peut effectivement se montrer efficace, toutefois cette pratique soulève plusieurs questions d’ordre spirituelles et bibliques sur lesquelles il est légitime de s’interroger.

 


 

Références

 

1. Maquet, P., M. E. Faymonville, et al. (1999). « Functional neuroanatomy of

hypnotic state. »

2. Hudson,A. J. (2000). « Pain perception and response: central nervous system

mechanisms. »

3. Faymonville, M.E., et al., Neural Mechanisms of Antinociceptive Effects of Hypnosis.Anesthesiology, 2000. 92(5): p. 1257-1267.

4. A. Damasio. L’erreur de Descartes (1995)

5. Shallice & Burger ; 1991; 1998

 

* Les données scientifiques abondent et ne permettent plus de douter du rôle centrale du cerveau dans l’expression des facultés qu’on attribue à l’âme.

** Ce sujet fait l’objet de nombreuses recherches actuellement

*** Opérations cognitives que l’on va mettre en jeu pour atteindre un but lors d’une situation nouvelle

**** Là encore la brièveté de l’article ne permet pas de m’étendre sur le débat existant entre compatibiliste, libertarien et déterministe, mais l’idée que l’homme soit un être libre de ses choix est défendable et logique.

A propos de l’auteur :

 

Après une licence en psychologie à l’université Paris X, Joel Montbrun effectue un master avec une spécialisation en neuro-psychologie.

22 Commentaires

  1. Flo jeu 22 Jan 2015 Répondre

    Très intéressant, merci pour cet article qui mériterait une suite, notamment avec le développement éthique de la question de notre « volonté » abandonnée au bon vouloir d’autrui. Aussi, comment le sujet entre-t’il sous hypnose ? Peut-on entrer dans cet état à notre insu? Egalement, approfondir les mécanismes de veto, évoqués dans l’article… Car souvent les personnes hypnotisées disent ne pouvoir aller à l’encontre des injonctions de l’hypnotiseur…

    • Joel M ven 23 Jan 2015 Répondre

      Oui, effectivement le fait que nous puissions faire des choses sans être la source ultime du choix de ses actions est un vrai problème. Cet aspect de l’hypnose se voit davantage dans l’hypnose de spectacle que dans ses applications thérapeutiques ou médicales. C’est pourquoi je suis aussi assez retissant à cette application de l’hypnose (de spectacle). Cependant, l’utilisation dans un cadre médical comme analgésique me pose aucun problème vis à vis de ma foi ou de l’éthique. L’entrée en hypnose ne se fait jamais sans la collaboration du sujet, même dans l’hypnose de spectacle. Pour ce qui est du droit de véto, il faudrait (re)définir ce qu’on entends par « volonté » (ce qui nécessiterait un autre article), mais pour faire simple on pourrait faire une analogie (impropre) avec le rêve. Lorsque nous rêvons, nous ne semblons pas avoir une main mise sur le scénario qui se déroule, mais lorsque le rêve ou cauchemar est trop effroyable, nous nous réveillons en sursaut. Il en va de même dans l’hypnose, le sujet exécute les suggestions, mais si les suggestions sont subjectivement « effroyable » pour le sujet il sortira de l’état hypnotique.

  2. xcluzif jeu 22 Jan 2015 Répondre

    Article très intéressant qui confirme bien qu’il n’y a absolument rien de spirite dans la pratique de l’hypnose et que la vraie question repose sur la confiance accordée à l’hypnotiseur (dans un cadre médical).

    • Joel M ven 23 Jan 2015 Répondre

      Tout à fait ! La vrai question est de savoir avec qui pratiquer l’hypnose. Je crois que le recours à cette pratique, du fait du manque de connaissance, est très peu courante chez les chrétiens évangéliques et je pense pas que ce soit nécessairement à blamer. Lorsqu’on ignore comment fonctionne un phénomène, qui plus est qui touche aux fonctions de l’âme et du corps, il convient d’appliquer le principe de précaution. Cependant, on peu regretter le recours systématique à des explications spirituelles et à une diabolisation de ce qu’on ne comprends pas.

  3. Spidherrmann sam 24 Jan 2015 Répondre

    Les chamanes utilisent des techniques comme par exemple l’inhalation de fumée. Les molécules de ces fumées dans les poumons transitent dans le sang qui irriguent le cerveau. Les chamanes sont dès lors dans un état de conscient modifié. C’est pendant de tels moments que les chamanes se mettent à invoquer les esprits. En raison de leur état de conscience modifé, les esprits prennent possession de l’individu et peuvent lui révéler les choses qu’il recherche. L’hypnose me semble-t-il est un canal similaire aux techniques chamaniques. L’hypnose en elle-même n’est pas quelque chose de surnaturel car l’imagerie médicale montre des différences entre l’état normal du cerveau et l’état de conscience modifié. Par contre la technique de l’hypnose nous ouvre un accès sur le plan immatériel (âme et esprit) au monde spirituel. En raison de cet état modifié, l’individu sous hypnose est moins critique sur ce qu’il reçoit, il est donc succeptible de rentrer en contact avec des démons. L’esprit peut alors prendre possession de l’individu.
    Le chrétien qui se soumet à la pratique de l’hypnose, devra aussi en subir les conséquences, bénéfiques ou maléfiques, et il n’en est pas maître aussi bien dans le cadre thérapeutique que dans le cadre du divertissement. La révélation de Dieu, au contraire, s’est faite à notre esprit, siège de notre intelligence, dans un état de conscience non modifié. Dernier point, notre esprit, notre âme et notre corps interagissent de manière bidirectionnelle entre les trois composantes de notre être. Cela explique pourquoi certains contractent des maladies physiques suite à des pratiques occultes.

    • Joel M sam 24 Jan 2015 Répondre

      Bonjour Spidherrmann,
      Merci pour ton commentaire. En effet, tout psychotrope peut modifier l’activité du cerveau et donc l’expérience subjective. Cependant, je ne pense pas qu’un état modifié de conscience ou qu’être sous l’effet de psychotrope soit un préalable nécessaire pour invoquer des esprits. Je ne vois donc pas de lien direct entre l’hypnose et ce genre de pratique. Surtout dans un cadre médical, où je vois mal le médecin invoquer des esprits avant de pratiquer l’opération chirurgicale. Concernant ton dernier point, les phénomènes psychosomatiques sont également un sujet passionnant sur lequel il serait intéressant de discuter. Je te rejoins sur le fait que les interactions sont bi-directionnelles, nous avons d’ailleurs des preuves de cela, nonobstant je ne crois pas au découpage de substance de l’être humain en trois parties comme tu sembles le défendre.

  4. Auteur
    Benoit Hébert sam 24 Jan 2015 Répondre

    J’ai quelques questions pour Joël et aussi pour Spiderherrmann.

    Joël, concernant la méthodologie de ton approche, je m’interroge sur le côté éventuellement « réducteur » de l’approche des neuro-sciences. C’est d’ailleurs ce que suggère Spiderherrmann d’une certaine façon. Est-ce parce qu’on a une image des zones cérébrales mises en action lors de l’hypnose que l’on peut en conclure que c’est inoffensif spirituellement?

    A l’inverse, qu’est-ce qui permet à « Spiderherrmann » d’affirmer » que « En raison de leur état de conscience modifé, les esprits prennent possession de l’individu et peuvent lui révéler les choses qu’il recherche ». Est-ce une affirmation basée sur une expérience? des témoignages? Dans le cas d’une « anesthésie » sous hypnose, on imagine mal le praticien invoquer les esprits…

    La question de savoir jusqu’à quel point l’hypnotisé reste maître de lui-même parait centrale. D’après Joël, on ne pourrait lui suggérer sous hypnose d’aller à l’encontre de ses convictions et ses valeurs les plus profondes sans provoquer une réaction négative?

    • Joel M sam 24 Jan 2015 Répondre

      Bonjour Benoit,
      Ce n’est pas vraiment l’idée que je défends dans l’article ; je crois qu’il faut distinguer la chose en soi et l’usage qu’on en fais. Le point de vue que je défend et ma conclusion, c’est que l’hypnose n’est pas en soi une pratique occulte, mais quelle relève de mécanismes cérébraux naturelles et donc que la représentation classique qui consiste à soupçonner l’hypnotiseur d’invoquer des esprits pour pratiquer l’hypnose n’est pas fondée. Il ne faut donc pas conclure à partir de cette démonstration que l’hypnose est inoffensive, mais il ne faut pas conclure non plus quelle est néfaste. Pour ce qui est de ce droit de véto, je dois reconnaître que les données scientifiques ne sont pas nombreuses (plus des témoignages à la fois des praticiens et des hypnotisés) et qu’à ce jour l’étude de ce phénomène en est qu’au stade de la recherche.

    • Joel M sam 24 Jan 2015 Répondre

      J’ai oublié de préciser un point, je te rejoins sur le fait que les neuro-sciences ont un côté « réducteur ». Notamment dans leur manière de régler le problème de la nature de la relation entre corps et esprit qui anime la philosophie depuis des siècles. Les neurosciences résous ce problème uniquement parce qu’elles confondent trois différents types de relations : corrélation, lien de causalité et identité. Ca mérite un développement plus consistant, mais c’est aussi un autre sujet qui va me faire faire des digressions à des années lumières de l’hypnose :)

    • Spidherrmann mer 28 Jan 2015 Répondre

      L’esprit maléfiques (démons) n’ont pas besoins d’invitation écrite d’un praticien pour entrer en relation avec l’esprit de l’individu sous hypnose.
      D’autre part, un certain nombre de praticiens pratiquent l’art de guérison occulte (même des médecins en milieu hospitalier). D’autres on consulté des rebouteux pour leur propre compte. Dès lors, il ne faut pas s’étonner des incidences négatives.
      A Joel, je ne vois pas où j’ai fais mention de l’invocation d’esprits dans le cadre de l’hypnose et encore moins dans le cadre médical. j’ai dis que les chamanes le faisais car ils recherchent leur présence. L’hypnose est une technique qui sur le plan physiologique est à rapprocher de la pratique chamanique mais qu’il faille invoquer les esprits n’était pas mon propos. De-même les techniques chamaniques ne permettent pas toujours de rentrer en contact avec les êtres du monde spirituel, le démons sont des êtres spirituels qui ont aussi leur volonté.
      Personnellement, je n’ai jamais pratiqué l’occultisme ni l’hypnose (ni d’un côté, ni de l’autre) mais j’ai déjà rencontré et lu des témoignages d’anciens praticiens/possédés. En se soumettant à l’hypnose, on ouvre une porte au monde spirituel.
      En aparte, croyez-vous que des objets puissent être en lévitation sans explication scientifique valable ? Oui cette réalité existe, elle n’est nullement démontable scientifiquement parce qu’elle relève du monde spirituelle. Le monde spirituelle ne se mesure pas. Cette réalité se croit et peut se combattre et j’en ai aussi reçu le témoignage d’un homme de confiance.
      Pour ce qui est de l’hypnose, c’est du même ordre.

      • Auteur
        Benoit Hébert mer 28 Jan 2015 Répondre

        Cher Spiderhermann,

        Nous ne sommes pas des rationalistes, mais des chrétiens qui croient aux miracles, à la résurrection, à Dieu, et à l’existence de Satan et des démons…là n’est pas la question.
        Les questions que vous évoquez méritent certainement notre réflexion, et le discernement divin. Vous faites pourtant des affirmations avec beaucoup d’assurance, mais où sont les références bibliques? Le raisonnement par amalgames est certes commode, mais ne fait pas avancer une telle discussion.

        • Spidherrmann mer 28 Jan 2015 Répondre

          M. Hébert,

          Puis-je vous proposer un livre qui traite de la question de l’hypnose en profondeur :
          Hypnosis – Medical, Scientific or Occultic? de Martin et Dreidre Bobgan
          Il y a aussi le livre « Quelle thérapie… pour quelle santé ? » (édition CASS) qui traite aussi de l’hypnose et de son lien avec le monde occulte.
          Je vous renvoie aussi à un article du Dr Peterson: http://www.promesses.org/arts/122p13-25f.html qui cite l’hypnose dans le cadre d’un outil que Satan utilise.

          D’autre part, l’hypnose sert bien souvent de « thérapie » pour régler des problèmes d’ordre émotionnel. Je lisais encore un article rédigé par une femme docteur ès science (biologie) qui parlait de son expérience de l’hypnose (http://www.issnoe.ch/temoignage/2013/6/17/hypnose-et-vie-antrieure). Ici la personne parle de vie antérieure, plus particulièrement de la vie de sa mère. Je ne puis croire que l’événement qu’elle décrit a pu être révélée par des mécanismes de transmission cellulaires au moment de la conception. Je ne puis m’imaginer que dans un ovule ou un spermatozoïde, ce genre d’information puisse être codé puis transmis à notre cerveau. Il ne reste donc que deux options: soit cette femme a enregistré une conversation alors qu’elle n’était qu’au stade fœtale ou dans son enfance, elle l’a « stocké » dans son cerveau ; soit il y a belle et bien intervention d’un être qui lui révèle ces choses. Je vous laisse choisir, le témoignage ne le dit pas. J’en resterais là avec mes interventions.

          • Auteur
            Benoit Hébert jeu 29 Jan 2015 Répondre

            Un grand merci Spiderherrmann d’avoir participé à cette conversation.

            Merci aussi pour le lien vers l’article du Dr Peterson que je trouve équilibré, et surtout comme nous à la recherche d’un équilibre difficile entre une « diabolisation » de phénomènes qui n’ont rien d’occultes et la négation de cette réalité spirituelle dangereuse qu’est la pratique des sciences occultes.

            L’hypnose est à peine mentionnée dans son article. Elle l’est au milieu d’une liste de pratiques effectivement citées dans la Bible comme condamnées par Dieu,
            « Es 47.11-15 dénonce la vanité et le danger de ces pratiques.  » Personnellement, je n’ai rien lu sur l’hypnose ;-).

            Je ne dis pas là que dans certains cas l’hypnose ne soit pas associée à de l’occultisme, mais c’est l’association systématique que je trouve bibliquement infondée.

            L’article m’a paru sans nuances à l’un ou l’autre moment:
             » La musique rock n’est pas une organisation de sons neutres. Son rythme est d’origine démoniaque. »: en tant que batteur et amateur de musique un rythmée, j’ai trouvé ça un peu excessif…
            ou
            « L’alcool est une sorte de drogue aussi! L’Institut National contre l’abus d’alcool déclare sans réserve: « L’alcool est une drogue! ». » Il est certainement que la consommation excessive d’alcool a détruit bien des personnes, mais j’aime bien en boire un peu « pour mon estomac »!

            A par ça je trouve l’article excellent!

            Nous aurons surement l’occasion de publier un article d’un médecin chrétien évangélique qui pratique ou côtoie de près la pratique médicale de l’hypnose, je pense que ce sera un avis intéressant.

  5. Marc sam 24 Jan 2015 Répondre

    Bonjour Joël,

    Pour compléter la question de Benoit qui est à mon sens assez représentative, a-t-on des exemples « d’effets secondaires » qui se manifesteraient par des comportements psychologiques étranges ou un état dépressif inexpliqué parmi les patients ayant expérimentés l’hypnose médicale ?

  6. Joel M sam 24 Jan 2015 Répondre

    Bonjour Marc,

    C’est bien tout le contraire, il y a une prolifération de témoignages de personne qui ont arrêté de fumer, de boire, qui ont été soignés de phobie et qui ont subi des opérations chirurgicales avec succès (à ce jour les opérations sous-hypnose recensent proportionnellement moins d’incident que celle sous anesthésie classique). Pour autant, je ne voudrais pas qu’on pense que j’exprime un plaidoyer inconditionnel en faveur de l’hypnose, car j’ai moi-même des réticences (pour des raisons de méthodologie thérapeutique). Cependant, je n’ai pas trouvé de témoignage ni d’étude faisant état d’effet secondaire suite à des séances d’hypnoses (ceci dit, l’hypnose n’est pas mon domaine d’expertise, je suis donc ouvert à d’autres éléments de connaissances sur le sujet). On peut noter tout de même, que certains patients (rares) développent une forme d’accoutumance vis-à-vis du thérapeute ou de l’hypnose, mais pas plus que dans d’autres thérapies comme dans la psychanalyse (phénomène de transfert). J’aimerais insister sur le fait que je ne conseille pas l’hypnose, mais que mon propos est de démystifier les mécanismes qui la sous-tendent.

    • Marc sam 24 Jan 2015 Répondre

      Merci Joël pour tes réponses, nous avons bien compris ta démarche et c’est pour cela qu’il nous a paru utile de publier ton article d’un rare équilibre sur la question.

      Comme pour beaucoup de sujets qui nous sont inconnus ou que nous percevons uniquement par stéréotypes populaires, le premier réflexe est celui de la méfiance pour ne pas dire celui de la peur.

      Il nous parait important de poser les questions qui nous viennent spontanément à l’esprit ou que d’aucuns se poseront tout bas…

      Toute méthode qui consiste à abandonner les rênes de sa conscience n’est pas pour rassurer le chrétien même ceux qui auront adhéré à une conception moniste de l’être. « Faire le vide dans sa tête », certaines pratiques de relaxation ou la sophrologie et de surcroit l’hypnose, sont en général des pratiques qualifiées de dangereuses dans le monde évangélique qui revendique ses croyances en un monde spirituel.

  7. Joel M sam 24 Jan 2015 Répondre

    Oui Marc, merci pour ton commentaire.

    C’est d’ailleurs la question de la thérapie en général qui pose problème dans le christianisme évangélique (et pas que). Historiquement, notre courant a adopté une vision dualiste et a attribué les fonctions de l’âme à un objet immatériel, détaché du corps. Comme dans cette conception la raison, la joie, la sagesse, la douceur et l’humeur relèvent des compétences de l’âme (immatérielle), beaucoup ont conclu que le bon médecin pour la soigner ne peut être que de nature spirituelle (Dieu). Il y a donc comme un tabou ambiant (bien que décroissant ces dernières années) quant au recours à la psychothérapie en général. Le rapport entre la maladie mentale et l’âme est un sujet très intéressant, mais c’est un autre sujet, je vais donc arrêter mes digressions :)

  8. Auteur
    Benoit Hébert sam 24 Jan 2015 Répondre

    Merci Joël pour cette discussion qui tient toutes ses promesses. J’ai hâte de te lire sur tous les sujets annexes que tu as évoqués dans ton article et les commentaires !

  9. William mar 06 Oct 2015 Répondre

    Bonsoir, Je suis en train de regarder Touche pas à mon poste et dans l’emission de Cyril Hanouna les participants ont été hypnotisé. J’avoue que je pensé que c’était du bleuf c’est histoire d’hypnose, mais vraiment j’ai été troublé ce soir. J’ai évidemment pensé à des choses spirituelles mais l’article m’a éclairé sur certains points. C’est super intéressant comme théme, merci.

  10. Thomas D ven 13 Nov 2015 Répondre

    Bonjour, bonsoir,

    Très intéressant, ci joint pour alimenter la discussion (même plusieurs mois après :-)).

    Je reprends une phrase de la conclusion :

     » … l’hypnose n’est vraisemblablement pas une activité occulte ou démoniaque, cependant le « pouvoir » que l’hypnotisé remet entre les mains de l’hypnotiseur pose quelques questions éthiques…. »

    Je poserais la question : Qu’est ce qu’une activité occulte ?

    « Qu’on ne trouve chez toi personne […] qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, […]. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel. » Deutéronome 18.9-12

    – Dans les Actes Simon était un magicien qui charmait les gens. Il désirait le dons des apôtre pour avoir le pouvoir d’imposant les mains aux gens, mais pour de mauvais desseins. Actes 8

    – Ses activités occultes ont quelques choses en communs : « La connaissance qui est recherchée vient d’un désir d’exercer un certain pouvoir sur des gens ou sur des événements. C’est très clair à travers le terme « enchanteur » au v. 11 dans Deutéronome 18 ; ce mot signifie « celui qui lie un charme » et correspond à l’utilisation de forces psychiques ou spirituelles pour contrôler une autre personne ou le cours des événements.  » Article John pipier : http://www.promesses.org/arts/187p02.html

    – « L‘hypnose suppose que le sujet accepte de renoncer à certains contrôles au profit de l’hypnotiseur. […] : « Au cours du processus d’induction, […] le sujet renonce temporairement à ses mécanismes innés d’autoprotection et d’alerte, remettant sa personne et son sentiment de sécurité entre les mains d’un autre. Plus l’hypnotiseur sera ressenti comme figure protectrice, plus le sujet se sentira enclin à accepter l’hypnose. » L’hypnose entre la psychanalyse et la biologie – Le non-savoir des psy – Léon Chertok
    Editions Odile Jacob, p132

    Ces points permettent de dire que : Si l’hypnotiseur possède entre ses mains un « pouvoir », même donné par l’hypnotisé. Ce dernier est en état de contrôle. Alors oui on peut affirmer que l’hypnose est une activité occulte au sens de la Bible.

  11. Joel M mer 25 Nov 2015 Répondre

    Merveilleux hasard; Suite à ma rencontre ce weekend avec l’équipe science et foi, j’ai décidé de venir relire l’article et je tombe sur vos commentaires Thomas D et William.

    William c’est cool si ça a pu t’éclairer.

    Thomas, votre remarque est pertinente. Ca soulève pas mal de question, mais dans ma vision des choses, j’entends par « occulte » une activité qui fait intervenir un être spirituel du type démon ou autre … Le médecin utilisant l’hypnose en lieu et place d’une anesthésie pour des raisons médicales ne rentre évidemment pas dans cette catégorie.

    « Ces points permettent de dire que : Si l’hypnotiseur possède entre ses mains un « pouvoir », même donné par l’hypnotisé. Ce dernier est en état de contrôle. Alors oui on peut affirmer que l’hypnose est une activité occulte au sens de la Bible. »

    Je pense qu’une définition aussi large d’une activité occulte, nous amène à rejeter beaucoup trop chose qui n’ont rien à voir avec du spirituel. Mais je reconnais que la frontière est flou, voir poreuse, comme pour tout ce qui touche au psychique seul l’épée à double tranchant est capable d’en séparer l’aspect spirituel.

  12. Yves dim 09 Oct 2016 Répondre

    Bonjour, je découvre cet article et avec lui une approche chrétienne qui me parait moins dogmatique que celle qui condamne a-priori toute hypnose comme occulte… Mais, question peut-être iconoclaste, j’aimerais aussi vous demander si vous avez pensé à ce qui se passe dans certains mouvements pentecôtistes et/ou charismatiques où certaines manifestations de foules (les « tomber dans l’Esprit », les apparitions de dents en or, etc…) ne relèvent pas du même genre de techniques suggestives que l’hypnose, dans un but de spectacle ou dans celui d’assoir la gloire de tel ou tel prédicateur, quand ce n’est pas sa fortune… ?

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