Lettre à un ami athée (2)

Posté par Roger Lefebvre
Article 2 sur 14 pour la série : Lettre à un ami athée
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Cher Ami,

 

Nous voici donc entrés dans le troisième millénaire de l’ère chrétienne… Or, quand on considère les deux milles ans qui viennent de s’écouler, l’impression souvent négative laissée par l’Eglise de Jésus-Christ n’a rien de très édifiant. On ne peut nier que, prise dans son ensemble, la chrétienté est vraiment mal placée pour donner des leçons de morale à qui que ce soit. Aussi, et d’une certaine façon, je comprends que tu sois agnostique ou athée. Il est vrai – et je le confesse – que pour un croyant, il n’est pas toujours facile d’assumer sa « christianitude »… si je puis me permettre ce barbarisme, par analogie avec la « négritude » chère à Léopold Sangor.

 

A ce propos, autant te dire tout de suite que j’éprouve plus de sympathie pour un athée ou un agnostique convaincu, que pour un chrétien inconséquent avec sa foi. Il y a trop de croyants, aujourd’hui, qui s’affirment « non pratiquants » comme pour se justifier ou s’excuser d’être chrétiens… Ils arrivent tout au plus à s’attirer le mépris des non croyants éclairés qui se demandent comment ont peut manifester autant de légèreté envers le Dieu que l’on prétend honorer. Et de fait, je dois reconnaître que cela paraît aussi absurde que de se prétendre judoka, pianiste ou sculpteur « non pratiquant »… Comment peut-on se dire adepte d’une discipline que l’on ne pratique pas ?

 

J’aimerais toutefois concéder une excuse à ces pseudo-chrétiens : la même qu’aux agnostiques et aux athées, d’ailleurs… A savoir, la nécessaire différence qu’ils ont oublié de maintenir entre la foi chrétienne – telle que Jésus et ses apôtres nous l’ont enseignée – et le sort que l’Eglise chrétienne lui a réservé au cours des vingt siècles de son histoire… « Les » églises chrétiennes, devrais-je dire, car la foi chrétienne a été conjuguée – pour ne pas dire défigurée – en autant de façons qu’il y a de dénominations revendiquant le qualificatif de « chrétiennes ». Or, en refusant d’entrer dans le Christianisme, ou en négligeant de pratiquer leur Christianisme, ce sont ces diverses religions que la plupart des gens rejettent, bien plus qu’une foi chrétienne dont, le plus souvent, ils ignorent le véritable contenu.

 

Cela dit : quel dommage de « jeter ainsi le bébé avec l’eau du bain » ! Il est vrai qu’au regard des enseignements du Christ et des apôtres, on peut « être » chrétien sans appartenir à aucune dénomination. Par contre, il paraît impossible de « vivre » sa foi en dehors d’une communauté chrétienne sincèrement désireuse de se conformer à cet enseignement. La vie chrétienne, en effet, ne se limite pas au respect de quelques principes moraux – il n’est point besoin d’être chrétien pour cela – mais elle se vit en s’intégrant au corps dont Christ est la tête : l’Eglise !… Mais cela « c’est une autre histoire » comme disait Kipling, et je compte m’en entretenir avec toi dans un prochain courrier.

 

A bientôt !

R.L.


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