Les sondages montrent-ils que la science conduit à l’athéisme ?

sondage scientifiques Dieu
Auteur : Marc Fiquet
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Beaucoup, à l’image du célèbre Biologiste Richard Dawkins,  s’appuient sur une enquête de la National Academy of Sciences aux Etats-Unis pour en déduire que plus on est avancé en science et moins on croit en Dieu.

Qu’en est-il vraiment ?

 

 

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Après un cursus universitaire et professionnel dans les technologies de l’information, Marc poursuit désormais des études en théologie avec un premier objectif de valider un master II de recherche. Il est le webmaster du site scienceetfoi.com et Directeur de Projet Exécutif au sein de l'association.

12 Commentaires

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    Michel THYS ven 13 Sep 2019 Répondre

    Bonjour Marc. Comme d’hab, mon revoilà !
    L’auteur de l’article le reconnaît : la science conduit à l’athéisme, mais plus encore la prise de conscience de l’origine culturelle de la foi (« les scientifiques athées sont ceux qui n’ont pas grandi dans un foyer religieux »). L’idée et la conclusion, pourtant évidentes à mes yeux, ne leur sont pas venues que Dieu existe mais seulement dans leur tête parce qu’une religion l’y a mis …

  2. Avatar Auteur
    Marc Fiquet sam 14 Sep 2019 Répondre

    bonjour Michel,

    Ta lecture me surprend un peu… L’auteur affirme le contraire, la science ne conduit pas à l’athéisme !

    Il part de la première étude peu fiable puis montre qu’aucune découverte du XXe siècle en science ne viendrait justifier un regain de l’athéisme, au contraire, les arguments cosmologistes plaident plus en faveur du théisme.. en revanche comme tu le soulignes plus de scientifiques dans cette période sont nés en dehors d’un contexte religieux mais tu oublies (volontairement ?) toutes les autres causes évoquées en fin d’article, qui font que parmi les scientifiques l’athéisme soit surreprésenté (dans des proportions bien moindre que l’enquête citée au départ). Cela s’explique notamment par le fait que ce milieu soit déserté par une grande frange de la population américaine plutôt théiste (les littéralistes bibliques) qui éprouvent une certaine méfiance envers la science et se dirigent donc vers d’autres carrières.

    Il y a encore d’autres causes que l’auteur énumère en fin d’article et que tu pourras peut être prendre plus de soin à relire…

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    Michel THYS sam 14 Sep 2019 Répondre

    Bonsoir Marc.
    J’ai relu l’article, mais je te réponds d’abord. Je dirais que la science, si elle ne « conduit » pas à l’athéisme y incite pour le moins. Tu évoques les « arguments cosmologiques » : loin de « plaider en faveur du théisme », ils me semblent le désservir du fait de leur fondement anthropomorphique.
    J’ai lu qu’actuellement de nombreux scientifiques américains, parce qu’ils vivent « au sein d’une grande frange de la population américaine plutôt théiste », n’osent pas se déclarer athées. Ils s’affichent donc comme pratiquants par opportunisme culturel et social …

    L’enquête de Rosenberg (« 72 % d’athées, 21 % d’agnostiques, 7 % de croyants ») est en effet « trompeuse » et la question « d’un dieu en communication intellectuelle et affective avec l’humanité » est « mal posée » puisqu’elle implique son existence ! Croire en l’existence d’un dieu qui « communique », c’est une pétition de principe !

    Selon la sociologue Eeklund, il n’y aurait que « 34 % de scientifiques américains athées, 30 % d’agnostiques, 8 % de déistes, et 28 % de croyants ». Quoi qu’il en soit, il me semble que l’attitude publique la plus honnête chez un scientifique, c’est de se dire agnostique, afin de préserver la survenue d’un élément d’appréciation nouveau, aussi improbable soit-il statistiquement. Je pense que ces 8 % de déistes et ces 28 % de de croyants, aussi éminents puissent-ils être, n’ont pas réalisé que leur cerveau émotionnel malléable a été précocement marqué par des influences religieuses, forcément « à l’insu de leur plein gré ».

    Affirmer que « aucune découverte scientifique entre 1914 et 1998 » ne « vient à l’esprit » de l’auteur, ce n’est pas très convaincant ! Indépendamment du fait que Darwin, comme 99 % des scientifiques de son temps, était croyant ou au moins déiste, il me semble flagrant que le fait (et non plus la théorie) de l’évolution des espèces animales et végétales a porté un coup fatal au créationnisme et au déisme anthropomorphques, sauf bien sûr aux fondamentalistes. La théorie d’un « commencement » lors d’un big-bang, également anthropomorphique, me paraît tout aussi théorique et discutable.

    En conclusion, il me semble évident que les découvertes scientifiques ont toujours remplacé les explications théologiques simplistes.

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    Manu dim 15 Sep 2019 Répondre

    « Si tout progrès scientifique semble faire reculer d’autant la religion, au moins ponctuellement (ce qu’on explique par les lois de la nature, plus besoin de l’expliquer par Dieu), c’est sans pouvoir globalement la réfuter ni, encore moins, en tenir lieu (car qu’est-ce qui explique les lois de la nature ?). »
    (André Comte-Sponville, in Philippe Capelle, André Comte-Sponville, « Dieu existe-t-il encore ? », Cerf, 2005, p. 48)

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      Temaro lun 16 Sep 2019 Répondre

      Bonjour,

      Croire en un dieu créateur, c’est croire une transition possible entre le néant et quelque chose.
      Or, penser le  » rien  » n’est jamais  » penser à rien « , ce qui en fait un concept impensable par définition, à l’instar du concept de transcendance, compris comme ce qui est au-delà du perceptible et des possibilités de l’intelligible. Formellement, rien ne distingue donc néant et transcendance.

      En ce qui concerne la question des lois de la nature, la science ne s’interdit pas de les justifier, au moins au plan théorique (théorie branaire, super cordes)

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        Michel THYS lun 16 Sep 2019 Répondre

        Bonsoir Temaro.
        Oui, « croire en un dieu créateur, c’est croire une transition possible entre le néant et quelque chose ».
        Mais si, comme je le pense, le néant n’est qu’une création de l’esprit (= du seul cerveau humain), comme d’ailleurs « quelque chose », et si le « rien » n’est qu’un synonyme de « néant », ce ne sont en effet que des « concepts impensables par définition », a l’instar de celui de « transcendance » …
        D’accord aussi pour dire que la science ne s’interdit pas de « justifier » les lois de la nature », mais je préférerais utiliser le verbe « investiguer », plus neutre scientifiquement.

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          Temaro lun 16 Sep 2019 Répondre

          Bonsoir Michel,

          Oui. Tout devient beaucoup plus clair quand on prend la peine d’examiner les conséquences de certains concepts souvent convoqués avec naïveté ou désinvolture.
          A ce jeu, le cerveau est très fort pour nous faire croire à l’existence de certaines entités.
          Qui par exemple n’a jamais fait l’expérience d’être suivi par son ombre ?

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    Michel THYS dim 15 Sep 2019 Répondre

    Bonsoir Manu.
    Je ne partage qu’en partie l’opinion d’André Comte-Sponville : je « réfute » en effet « la religion » (au-delà de l’espérance illusoire qu’elle procure parfois) parce qu’elle a toujours occulté la découverte rationnelle des options non confessionnelles et au contraire imposé émotionnellement la foi.
    Les progrès scientifiques ne prétendent évidemment pas à « en tenir lieu ».
    Il me semble que « les lois de la nature » se constatent et n’ont pas besoin d’être « expliquées », surtout pas par l’intervention, imaginaire et anthropomorphique, d’un dieu créateur ou d’une intelligence supérieure.

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    Pat lun 02 Mar 2020 Répondre

    Confronté à l’honnêteté intellectuelle, à l’épistémologie scientifique je ne vois pas comment on peut supporter une comparaison avec les domaines de superstition , les domaines qui manquent de faits probants ou les vieilles croyances irrationnelles . C’est cruel la méthode de pensée rationnelle, mais elle évite bien des errements de l’esprit.

  7. Avatar
    legouis mer 27 Jan 2021 Répondre

    Les sondages montrent-ils que la science conduit à l’athéisme ?

    Merci pour cet article éclairant.
    J’aimerais néanmoins disposer des références bibliographiques citées.
    Merci d’avance.
    Thierry

    • Avatar Auteur
      Marc Fiquet mer 27 Jan 2021 Répondre

      Bonjour Legouis,

      Merci pour ton merci ;-)

      Les notes figurent en bas de l’article dans une sections qu’il faut déplier, c’était pas forcément visible…

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    Temaro jeu 28 Jan 2021 Répondre

    Quelques remarques sur l’analyse de Eugene Curry (article joint)

    1. D’après l’auteur, les causes de la sur-représentation (en évolution constante) de l’athéisme chez les scientifiques ne sont pas à rechercher dans leur science, mais dans un contexte socio-culturel et une éducation propices au développement de l’athéisme, ce qui n’est pas faux, j’y reviendrai en conclusion.
    Toutefois, l’auteur se perd en convoquant par exemple le football comme une des causes qui participerait à la déliquescence de la fibre religieuse…
    L’auteur ne précise toutefois pas comment relativiser cette affirmation s’agissant des footballeurs italiens, polonais, portugais, brésiliens etc…
    Bref, la démonstration retombe comme un soufflet.

    Mais au-delà cet exemple plutôt mal choisi, l’auteur tente ici une instrumentalisation bien maladroite de la science en succombant à cette tentation de  » concordisme new age  » qui consiste à voir dans certaines données de la science un fondement aux thèses théistes, je cite:

     » il semble que les seules découvertes scientifiques d’après 1914 qui eurent une influence importante sur la question de Dieu sont celles liées à l’ajustement anthropique de la physique et celle, triomphante, liée à la cosmologie du Big Bang […] elles servent particulièrement bien le point de vue théiste. Comme l’affirme Robert Jastrow, chercheur à la NASA puis professeur au Dartmouth College, à propos de l’ajustement fin de l’univers, il s’agit de « la conclusion la plus théiste jamais issue de la science ». Quant au Big Bang, il est devenu une véritable pierre angulaire de l’apologétique théiste  »
    =>  » UNE APOLOGETIQUE ÉTAYÉE PAR LA SCIENCE.  »

    L’auteur oublie toutefois de mentionner que cette posture apologetique ne repose que sur de mauvaises raisons: des lacunes théoriques et une mauvaise compréhension de la théorie du Big bang (Fiat Lux) qui perdure encore aujourd’hui dans certains milieux religieux.

    Simple rappel:
    en ce qui concerne les autres découvertes évoquées par l’auteur, et qui, toujours d’après lui, seraient neutres sur la question de Dieu, je rappelle que la TSE (Théorie Synthetique de l’Evolution) date des années 1930-1940 !

    De plus, non content d’instrumentaliser la science pour de mauvaises raisons, l’auteur semble pécher (rater la cible) en occultant l’essentiel.
    Les fondements de l’athéisme ne sont pas à chercher dans la science, mais dans ce qu’implique le rationalisme.
    La science n’est en définitive qu’un aspect de la rationalité.

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