Gilgamesh, Atrahasis et le déluge

Print Friendly, PDF & Email

Peter  Enns, auteur de cette série regroupée d’articles parus sur le blog de  la Fondation BioLogos est un théologien évangélique, auteur de plusieurs livres et de commentaires, notamment de Inspiration et Incarnation.

 Gilgamesh, Atrahasis et le déluge

L’histoire biblique du déluge (Genèse 6-9) a été malmenée au cours des deux ou trois derniers siècles. Le problème a commencé une fois que les géologues ont réalisé qu’une inondation littérale de toute la terre était en évidente contradiction avec des preuves scientifiques claires.

Alors, en commençant au dix neuvième siècle, les archéologues ont découvert d’autres histoires de déluges chez les voisins du peuple d’Israël, des histoires qui ressemblaient beaucoup à la Genèse et qui étaient plus anciennes. L’histoire biblique n’étaient-elles qu’un simple plagia de ces versions plus anciennes ?

Les problèmes d’ordre scientifiques ont déjà été abordés. Mon attention se portera sur les problèmes théologiques soulevés par les autres histoires de déluge provenant de la Mésopotamie ancienne.

Les histoires que nous connaissons sous le nom de d’épopée d’Atrahasis, et d’épopée de Gilgamesh contiennent toutes deux des histoires d’inondation cataclysmique. Les ressemblances entre ces histoires et l’histoire biblique sont bien connues, frappantes et incontournables.

Premièrement, résumons Atrahasis. La version que nous possédons date probablement du 17ème siècle avant Jésus-Christ, et c’est la version d’une histoire certainement plus ancienne.

Une partie de ces histoires parlent d’une inondation. Les dieux avaient créés les hommes pour être leurs esclaves dans les champs. Mais ils devenaient trop bruyants, et ils dérangeaient les dieux. Le dieu Enlil décréta qu’il fallait détruire les hommes dans un déluge. Pourtant, Atrahasis, avec l’aide du dieu Ea, réussit à fui la colère d’Enlil en construisant un grand bateau pour sauver l’humanité.

Certains spécialistes suggèrent que le “bruit” suggère une rébellion contre les dieux à cause de leurs travaux forcés. Les humains n’ont pas respectés la distance que les dieux avaient mis entre eux et les hommes ; ils ne remplissaient pas la mission pour laquelle ils avaient été créés. Cette notion de « limite à ne pas franchir » est également présente dans le texte biblique, mais avec des différences importantes, comme nous le verrons dans le prochain article.

L’ épopée de Gilgamesh tire son nom de son personnage principal Gilgamesh, une roi de la cité sumérienne d’Uruk, une figure historique qui a vécu entre 2800 et 2500 avant J.C.

L’histoire elle même a “évolué”, si on peut s’exprimer ainsi. Les premières copies de Gilgamesh sont sumérienne et elles datent peut-être du troisième millénaire avant J.C. Ainsi, ces premières versions ne contiennent même pas d’histoire de déluge. Celle-ci a été ajoutée vers la fin du deuxième millénaire et a été délibérément tirée d’Atrahasis.

L’adaptation d’histoires plus anciennes est un point important que nous devrions garder à l’esprit lorsque nous pensons à l’histoire biblique du déluge. Les auteurs de Gilgamesh et Atrahasis (sans mentionner Enuma Elish) ont transformé des histoires sumériennes plus anciennes pour leur propre époque et dans leur but. Le même schéma a été utilisé dans l’histoire biblique du déluge. Cette histoire est aussi une nouvelle version de thèmes plus anciens et bien connus, rafraîchis pour servir à un nouvel objectif.

Gilgamesh a survécu en douze tablettes, et la onzième raconte l’inondation. Après la mort de son frère bien aimé Enkidu, Gilgamesh part en voyage à la recherche du secret de l’immortalité. Cette quête le conduit à pister le héros de cette version de l’histoire du déluge : Utnapishtim. Peut-être détient-il la réponse. Hélas, Gilgamesh ne trouve pas l’immortalité dont qu’il cherchait, mais au travers de ses conversation avec Utnapishtim, l’histoire détaillée du déluge lui est racontée.

Vous avez donc le compte rendu élémentaire de ces deux histoires. Peut-être avez-vous l’impression qu’elles n’ont pas de lien avec l’histoire biblique. Mais combiner les thèmes de Atrahasis/Gilgamesh et  les lire côte à côte avec la Genèse est tout à fait éclairant. Ce qui suit résume les points communs : 1

  • Un déluge et la construction d’un grand bateau suite à un ordre divin

 

  • Le bateau est construit dans des dimensions précises (le bateau biblique est bien plus grand)

 

  • Les animaux purs et impurs entrent dans le bateau

 

  • Un personnage comme Noé et sa famille sont sauvés (Gilgamesh en inclut d’autres)

 

  • Le bateau s’échoue sur une montage

 

  • Un corbeau et des colombes sont envoyés en reconnaissance (Gilgamesh inclut une hirondelle)

 

  • Les animaux craindront les hommes

 

  • Les dieux et déesses hument l’odeur agréable des sacrifices après le déluge

 

  • Le signe d’un serment est donné ( un collier en lapis lazuli pour Gilgamesh).

Ces similarités suggèrent que ces trois histoires sont reliées d’une certaine façon. Comme nous l’avons dit plus haut, Gilgamesh semble avoir un lien littéraire direct avec Atrahasis.

Certains spécialistes pensent aussi que l’épisode des oiseaux de Genèse 8:6-12 dépend de Gilgamesh.

Mais pour nous, il n’est pas nécessaire de savoir jusqu’à quel point la Genèse dérive de ces histoires mésopotamiennes anciennes. Les différentes histoires du déluge partagent une façon commune de parler d’un certain type d’inondation horrible. Beaucoup de spécialistes pensent qu’il y a soit eu un déluge local important (vers 2900 av J.C.), ou bien une succession de d’inondations locales qui ont produit ces histoires. La plupart des spécialistes de la Bible comprennent que ces histoires anciennes avaient pour but d’expliquer pourquoi un telle chose pouvait arriver : les dieux étaient en colère.

Les preuves littéraires issues de la Mésopotamie ancienne rendent donc très vraisemblable le fait que Genèse 6-9 est la version d’Israël d’une histoire d’inondation bien plus ancienne répandue dans le Proche Orient Ancien. Les similarités sont claires, mais la théologie de l’histoire biblique va dans des directions nouvelles. C’est ce que nous verrons dans un prochain article.

 

Les particularités de l’histoire biblique du déluge

Après nous être intéressés aux similitudes entre le récit biblique du déluge avec deux versions mésopotamiennes plus anciennes, Gilgamesh et Atrahasis.  Nous allons ici nous concentrer sur certaines particularités théologiques de l’histoire biblique.

Comme toutes les anciennes histoires de déluge, la version de la Genèse essaye de nous dire quelque chose de distinct. Les Israélites avaient comme but de faire passer un message à propos de Dieu, pas seulement de relater une information d’ordre météorologique. Il est important de garder à l’esprit à la fois les ressemblances mais aussi les différences entre le récit biblique et les autres histoires anciennes de déluge. Les éléments singuliers de la Genèse contiennent le message théologique, tout en utilisant les conventions populaires de l’époque.

La plus grande particularité de l’histoire biblique est peut-être la raison donnée pour le déluge. Dans Atrahasis, cette raison est la rébellion en masse des hommes contre le travail d’esclave auquel les dieux les ont soumis.

L’histoire biblique du déluge nous donne une autre raison pour expliquer le déluge, et celle-ci est double:

1l’incident curieux de Genèse 6:1-4 dans lequel les “fils de Dieu” cohabitent avec les “filles des hommes”, et

 

2la méchanceté universelle mentionnée en 6:5.

Genèse 6:1-4 est en effet un passage très curieux. Au cours de l’histoire, on a essayé de multiples fois d’interpréter cet épisode pour lui donner un sens. La grosse question est : mais qui sont les « fils de Dieu ? »

Certains ont argumenté que le passage fait référence à des dirigeants tyranniques, parce que les anciens rois avaient souvent un statut divin et que le mot hébreux elohim peut parfois vouloir dire dirigeant et pas seulement « Dieu/dieux ». Cette interprétation a été populaire parmi les interprètes juifs depuis plus de 2000 ans.

D’autres disent que les “fils de Dieu” fait référence à la lignée divine de Seth (voir 4:26) et que les « filles des dieux » sont la lignée de Caïn. Cette interprétation a été populaire chez les chrétiens tout au long de l’histoire de l’église, tout spécialement sous l’influence d’Augustin.

Dans les générations récentes, toutefois, notre connaissance croissante de la mythologie du Proche Orient ancien a suggéré une autre option. De façon très surprenante, c’est la plus vieille version des trois, dominante jusqu’à Augustin : les « fils de dieu » sont des êtres divins (allusion à Genèse 1 :26), peut-être des anges. Ces êtres divins cohabitaient avec des femmes humaines, c’est-à-dire les « filles des hommes ».

Une telle cohabitation divine/humaine est un thème fréquent dans les mythologies anciennes, et les spécialistes de la Bible y voient typiquement une allusion- une nouvelle indication de la façon dont Genèse 1-11 reflète les anciennes sensibilités dans son ensemble.

Quel est alors le message théologique de cet épisode? Les créatures divines et humaines occupent des espaces différents dans l’ordre créationnel ; ils sont des êtres de nature différente, dans des sphères différentes. La cohabitation entre eux semble s’affranchir des frontières établies à la création. En d’autres termes, leur cohabitation constituait un acte de rébellion, mais pas contre leur travail d’esclave comme dans Atrahasis. Il s’agissait d’un mouvement « anti-création », introduisant de façon volontaire, du désordre/chaos dans l’ordre créé. Dieu y répond en envoyant la pleine puissance des forces du chaos au sein de l’ordre créé : les eaux du chaos s’abattent à nouveau sur le monde habité. Le déluge comme un acte de dé-création.

Genèse 6:5 cite explicitement la méchanceté humaine comme la cause du déluge. La rébellion humaine, qui a commencé dans le jardin d’Eden2, a continué son escalade jusqu’à un point intolérable. Les hommes se sont progressivement départis de leur rôle assigné : être fidèles à leur rôle de créature faites à l’image de Dieu, de représentants de Dieu sur la terre, obéissants à l’ordre de Dieu. Ils étaient maintenant arrivés à un point où

« la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et leurs pensées étaient sans cesse tournées vers le mal. » (6:5).

En utilisant un langage biblique plus tardif, l’humanité avait été créée pour la « sainteté », c’est-à-dire mise à part pour accomplir un but divin. En commençant avec Adam et Eve, les hommes ont choisi d’ignorer cette identitée « mise à part », et donc, ainsi va cette histoire, Dieu avait décidé de nettoyer la place et de tout recommencer. Ceci signifiait, comme nous l’avons mentionné ci-dessus, la réintroduction des forces des eaux du chaos suivie par la restauration de l’ordre au travers de Noé et de sa famille.

Le monde d’avant le déluge était un échec parce que les créatures qui ressemblaient le plus à Dieu, les hommes, étaient devenues des agents du chaos plutôt que de l’ordre- et même ma sphère céleste contribuait à ce disfonctionnement. La création était devenue chaotique, tout l’opposé. Alors Dieu a recommencé. Noé (juste et sans reproche, 6:9) est l’homme nouveau, le nouvel “Adam”. L’histoire du déluge nous parle de nouvelle création, et donc d’une nouvelle humanité qui, on peut l’espérer, apprendrait des leçons du passé et se comporterait bien.

Vue dans cette perspective, le déluge n’est pas une réaction excessive de la part de Dieu. Dans la logique théologique de la Genèse-en mettant de côté la question pérenne morale que le déluge soulève-le déluge est la réponse appropriée à l’échec de la création depuis le temps d’Adam et l’épisode de la cohabitation « inter espèces » de 6 :1-4.

Le déluge doit être compris dans le contexte de ce pour quoi les hommes ont été créés. Dieu a formé le premier homme de la poussière et lui a insufflé le souffle de vie, plutôt que de le former à partir du sang du dieu vil Kingu. L’humanité est à la tête de la création, et pas une classe d’esclaves pour permettre le repos des dieux.

L’humanité a été créée pour prendre soin de la création, en tant que créatures faites  à son « image » et à sa « ressemblance », des concepts qui habituellement décrivaient des rois dans le monde ancien, et pas l’humanité en général. L’humanité était là pour dominer la terre (1:28), ce qui avait aussi des accents de royauté.

De plus, le langage de 2:15 est celui du “travail” et de “l’attention” portée à la terre, qui fait écho à la tâche sacerdotale de prendre soin du temple.2 Les hommes avaient un statut de rois et de prêtres. Leur chute et la raison du déluge consistaient dans leur échec d’être à la hauteur de ce statut élevé et honorable. Bien que faits à l’image de Dieu, ils ont choisi de suivre leur propre chemin. Ce qui avait été « très bon » (1 :31) était maintenant que du mal en permanence (6 :5).

Les Israélites ont adapté le motif du deluge bien connu dans le Proche Orient Ancien. Les ressemblances sont claires et acceptées universellement par les spécialistes de la Bible. Mais Israël n’a pas juste copié une histoire- au lieu de cela, il l’a faite sien. Cette histoire ancienne- avec son propre point de vue à propos du cosmos- est devenu un nouveau moyen de parler de leur Dieu, et de ce qui le rend différent des autres dieux.

La vérité de l’histoire biblique du déluge ne se trouve pas dans le fait qu’elle rapporterait des événements géologiques réels. Cette vérité est contenue dans le message théologique compris dans son contexte ancien.

Interpréter l’histoire du déluge biblique

Lorsque nous mettons l’histoire du déluge biblique à côté des autres versions, la nature polémique du récit biblique est évidente. Mais nous ne devrions pas tirer de conclusions excessives de cette constatation.

Oui, l’histoire biblique est très différente dans sa théologie. Elle offre une autre vision de Dieu et du rôle de l’humanité. Mais cela ne signifie pas pour autant que le récit biblique soit d’un « ordre supérieur » que les récits extra bibliques d’un point de vue historique ou scientifique.

Il est à peu près sur qu’un ou plusieurs déluges locaux en Mésopotamie –peut-être vers 3000 avant J.C. selon certains spécialistes- constituent la base historique de toutes les histoires de déluges qui ont vu le jour dans la région. Pourtant, les relevés géologiques, au moins tels que les interprètent les géologues reconnus, rejettent toute notion de « déluge universel » qui aurait tué toute créature sur la terre, et sauvé un petit nombre (Genèse 6:7; 7:21-23), il y a quelques milliers d’années.

Bien sur, pour l’écrivain ancien de la Genèse, le monde était bien plus petit, et il était plat. Peut-être que ce qu’il a écrit, ainsi que d’autres écrivains anciens, reflète la façon dont ils percevaient le monde. La « terre » était ce qu’ils voyaient et ce qu’ils pouvaient atteindre en se déplaçant- une vaste étendue de terre plate avec des montagnes dans le lointain. Lorsqu’un déluge dévastateur est arrivé et a tout ravagé sur son passage, il semblait bien que la « terre entière » était touchée pour les écrivains anciens. Si on y réfléchit bien, il faut bien s’attendre à ce langage universel de la part des auteurs anciens, étant donné l’état de leurs connaissances.

Interpréter le déluge de la Genèse comme une catastrophe globale, c’est imposer un regard moderne à une histoire ancienne. Les anciens ne voyaient simplement pas la terre de cette façon. C’est à ce niveau que la « géologie créationniste du déluge » part sur une mauvaise base. Sans même évoquer les problèmes scientifiques insurmontables que soulève cette approche, elle s’attend à lire dans la Genèse une vision du monde qui n’est pas la sienne.

Mais qu’en est-il des douzaines d’histoires de déluge au travers du monde ancien, et pas seulement en Mésopotamie ? Ces histoires conforteraient-elles la notion d’un déluge ‘global ‘, et pas simplement local ?

La présence d’histoires de déluge à différentes époques dans d’autres endroits du monde ancien (Asie, Europe, chez les Mayas) n’apporte pas de crédit à un déluge universel, comme certains apologètes chrétiens essayent de le faire croire. Ces histoires reflètent simplement la fréquence des inondations dans l’antiquité et les dégâts considérables que certaines plus étendues pouvaient produire. Le fait que ces histoires de déluges soient si différentes les unes des autres nous montre que chaque culture a raconté ces événements locaux à sa manière.

Comme nous l’avons vu, la ressemblance entre la version biblique et les versions mésopotamiennes reflète les connections culturelles entre ces peuples. Les différences entre eux sont le reflet de leur théologie différente. La version Israélite est une déclaration d’indépendance théologique à partir des histoires plus anciennes et des nations superpuissantes autour d’eux. Cette histoire de déluge était le véhicule commun que les Israélites ont utilisé dans leur propre but.

A la fois pour des raisons contextuelles et scientifiques, l’histoire biblique du déluge n’est clairement pas une affirmation d’information historique vitale. C’est une expression puissante de l’identité théologique au milieu des autres peuples du monde.

Je comprends que ceci ne satisfasse pas tout le monde. Certains pensent que si il faut accorder une valeur théologique aux lecteurs d’aujourd’hui, alors ce déluge doit être historique par nature. J’espère que ce n’est pas le cas. Si la valeur théologique de l’histoire du déluge dépend du fait que toute la population terrestre ait été balayée il y a quelques milliers d’années, nous avons un problème. Nous aurons dressé un obstacle infranchissable entre l’état actuel de nos connaissances, scientifiques et bibliques, et tout espoir d’une foi chrétienne viable connectée à la Bible.

Une position qui affirme la nécessité de l’historicité tout au long de la Genèse n’est pas une position de foi par défaut. C’est une hypothèse, tout comme d’autres, simplement dénuée de pouvoir explicatif, eu égard à l’état actuel de nos connaissances.

Cette hypothèse repose sur certaines suppositions. (1) Un Dieu disant la vérité serait d’abord concerné par l’exactitude historique au travers de chaque portion de la Bible. (2) Un Dieu de révélation ne se reposerait pas sur des histoires mésopotamiennes anciennes mais aurait donné à Israël de l’information fraîche. (3) Le fait que les auteurs bibliques qui ont suivi ont supposé que le déluge tel qu’il est présenté dans la Genèse était de nature historique devrait résoudre pour nous aussi la question de l’historicité de ce déluge.

Ces suppositions ne sont pas garanties, et je les pensent indéfendables. (1) Dieu semble apprécier les histoires tout autant que l’Histoire. (2) Dieu parle en utilisant les racines culturelles du moment. (3) Les auteurs bibliques qui ont suivi, même dans le Nouveau Testament, étaient aussi des personnes vivant dans l’Antiquité. Il faut donc nous attendre à les entendre parler dans de tels termes.

Pour anticiper une objection prévisible : l’argument de la « pente savonneuse » ne tient pas ici. Affirmer que le déluge est davantage une histoire que de l’Histoire ne signifie pas que la crucifixion et la résurrection ne sont pas des événements historiques. La Genèse et les évangiles correspondent à des genres littéraires très différents, écrits à des moments différents pour des raisons différentes. Ne pas faire ce genre de distinctions basiques est peut-être à la racine de certains conflits d’interprétation concernant la Genèse. »

Notes

1. Les traductions de ces histoires sont difficiles à trouver. Une source pratique (et abordable) est B. T. Arnold and B. E. Beyer, Readings from the Ancient Near East (Grand Rapids: Baker, 2002).

2. Certains interprètes juifs anciens faisait du meurtre de Caïn à propos du déluge (par exemple le livre apocryphe de la Sagesse de Salomon 10:3-4), et le retard dans la punition était du à la grâce de Dieu. Les raisons précises qui ont provoquées le déluge ont été très débattues dans l’histoire de l’interprétation, et ce n’est pas ici l’endroit pour  trancher cette question. La raison immédiate donnée en 6 :5 est la « méchanceté » incurable de l’humanité (une bonne traduction du mot hébreux  ra`.)

3. A ce propos, voir John H. Walton, Zondervan Illustrated Bible Backgrounds Commentary (Grand Rapids: Zondervan, 2000), 1:31.