Questions posées par les chrétiens sur l'interprétation des Ecritures

Complément au Livre 'Origins'

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Cet article fait partie des compléments du Livre Origins de Deborah et Loren Haarsma – Cliquez ici pour le sommaire –

1. Puisque la Bible nous dit comment Dieu s’y est pris pour créer, pourquoi devrions-nous prêter attention à ce que la science nous apprend ?

Dieu a créé la nature et Dieu a inspiré la Bible. Ce sont toutes deux des révélations de Dieu dont nous avons quelque chose à apprendre. De nombreux passages de la Bible comme le Psaumes 19 nous montrent que Dieu se révèle dans la nature. Selon la confession de Belgique (réformée) art.2 :

Nous connaissons Dieu de deux façons : premièrement, par la création, la préservation et le gouvernement de l’univers, étant donné que cet univers est devant nos yeux comme un livre magnifique dans lequel toutes les créatures, petites et grandes, sont des lettres ouvertes qui nous invitent à considérer le monde invisible divin…
Deuxièmement, Dieu se fait connaître de manière plus claire encore par sa sainte et divine Parole…

Le synode de l’église réformée décrit la chose de cette façon :

 Dans la nature comme dans l’Ecriture, Dieu s’adresse à nous avec une pleine autorité.

Parce que toutes les deux sont des modes de révélation de Dieu, la nature et la Bible ne peuvent pas entrer en conflit. Les conflits se situent au niveau des interprétations humaines. Si quelqu’un dit « la Bible contredit la science », ce qu’il dit en réalité, c’est qu’une certaine interprétation de la Bible est en conflit avec une certaine interprétation de la nature.

2. Les chrétiens n’ont-ils pas toujours cru en une création de 6 jours et une terre et un univers jeune ?

Non, c’était l’opinion la plus courante dans les époques pré scientifiques, mais ce n’était pas la seule. Même avant l’avènement de la science moderne, quelques théologiens avaient proposé d’autres interprétations de Genèse 1 et la signification du mot « jour ». Alors que la science a progressé, beaucoup d’autres interprétations ont été proposées.

Il y a environ 100 ans, des interprétations pour lesquelles la terre était ancienne -principalement la théorie des « jours époques » et celle de la « restitution »- étaient très répandues chez les leaders des églises fondamentalistes. Depuis cette époque, les preuves en faveur d’un grand âge de la terre se sont considérablement accumulées.

Comme du temps de Galilée, Dieu a parfois utilisé le « livre de la nature » pour nous permettre d’interpréter toujours mieux sa parole. Alors que Galilée découvrait dans la nature des preuves du fait que la terre tournait autour du soleil, ceci l’a amené, ainsi que d’autres, à réévaluer l’interprétation de certains versets qui affirmaient que la terre était fixe et qu’elle ne pouvait pas être déplacée.

3. Est-il légitime de changer d’interprétation pour être en accord avec la science ?

Il peut être très tentant de changer d’interprétation de la Bible, simplement pour être en accord avec la dernière théorie scientifique, mais ceci ne devrait pas être l’approche des chrétiens. Plutôt, le but des croyants devrait être de trouver la meilleure interprétation possible de la Bible.

A certains moments, Dieu utilise des expériences de la vie, en dehors de la Bible, y compris des découvertes scientifiques, pour nous encourager à reconsidérer ce qu’est la meilleure interprétation. Pour trouver l’interprétation la meilleure, nous ne nous reposons pas sur la science ; nous comptons plutôt sur une bonne théologie et de bons principes d’interprétation biblique.

Parfois, après avoir appliqué de bons principes d’interprétation, il demeure plusieurs interprétations apparemment valides théologiquement. Dans de telles situations, tout spécialement si il est question de la nature dans le passage, il peut être approprié d’utiliser les découvertes de la science pour départager entre elles ces différentes interprétations.

Un principe important d’interprétation est de considérer la signification du passage pour les premiers auditeurs. Pour le peuple hébreux de l’A.T., entouré de nations païennes, Genèse 1 n’était pas une leçon scientifique à propos du mouvement de la terre ou de son immobilité, ou la question de savoir si Dieu avait créé les plantes avant le soleil. C’était plutôt une proclamation puissante de Dieu, le Dieu d’Abraham, le créateur souverain en opposition avec les multiples dieux des mythes de création païens. La compréhension du contexte entraîne ne nombreux chrétiens à croire que Genèse 1 n’a jamais été écrit pour nous enseigner la science et que l’église ne devrait pas y chercher des réponses sur le comment et le quand de la création mais sur le qui et pourquoi de cette création. Cette interprétation de Genèse 1 a en partie été encouragée par les découvertes scientifiques, mais est surtout guidée par de bons principes d’étude de la Bible.

4. Adopter une interprétation non littérale de la Genèse, n’est-ce pas là emprunter une « pente glissante » qui conduirait à nier la résurrection de Jésus-Christ ?

Quelqu’un a dit un jour :

le problème avec les « arguments « glissants », c’est qu’une fois que vous en avez accepté un, vous finissez par les croire tous.

Plus sérieusement, ce que cherchent les chrétiens, c’est avant tout une méthode d’interprétation fiable pour toute la Bible.

L’une de ces méthodes pourrait consister à interpréter littéralement toute l’Ecriture, à dire que chaque passage de Genèse1 à l’Apocalypse en passant par les évangiles serait vrai littéralement. Le problème est que personne ne peut réussir à adopter pleinement cette ligne de conduite. Par exemple, la plupart des chrétiens n’insistent pas sur le fait que la terre doit être fixe dans l’espace, bien que le Psaume 93 :1 affirme :

le monde est inébranlable ; il ne peut être déplacé.

Les chrétiens savent que la Bible a été écrite par des gens qui vivaient il y a des siècles et qui ignoraient tout de la science moderne. Les chrétiens savent aussi que la Bible contient des genres littéraires très divers, comme des métaphores, des paraboles et de la poésie, et que cela affecte l’interprétation.

Une autre façon d’interpréter serait de ne rien interpréter comme de l’histoire littérale, mais tout comme des histoires ayant une signification spirituelle. Les chrétiens ne font pas cela non plus parce que certains passages de la Bible sont écrits clairement comme des récits historiques de faits bien réels. De plus, notre foi repose sur la vérité historique de la mort et de la résurrection de Jésus.

Une meilleure méthode adoptée par les spécialistes depuis des siècles est de considérer d’abord la façon dont le message a été reçu par les premiers auditeurs, en tenant compte du genre littéraire et du contexte culturel. Parce qu’on analyse ainsi chaque passage, il ne faut pas craindre de prendre une « pente glissante ». Dans les évangiles, la résurrection de Jésus est présentée comme un témoignage direct d’un évènement réel. C’est clairement ainsi que les premiers auditeurs l’ont reçu, et les chrétiens d’aujourd’hui aussi. Mais le genre de Genèse 1 est différent. Le texte est organisé de manière thématique, avec des parallèles et des répétitions, spécifiquement pour dénoncer les dieux des cultures païennes des cultures entourant les Hébreux.

5. S’il faut comprendre Genèse 1 de manière littérale, qu’est que le « firmament » créé le deuxième jour ?

La création du firmament est décrite dans Genèse 1 :6-8. Une interprétation purement littérale de Genèse 1 implique que la terre est plate, avec un dôme solide, le « firmament », retenant les eaux d’en haut au-dessus des cieux. D’autres interprétations ou traductions de « firmament »- comme celle dans laquelle Dieu créé l’atmosphère gazeuse- tordent le sens des mots hébreux au-delà de leur signification originale. Une interprétation littérale des jours de 24 heures, combinée avec une interprétation non littérale du firmament est au mieux une interprétation semi littérale de Genèse 1. Certains chrétiens ont proposé qu’un firmament solide littéral ait été créé pendant la semaine de création, puis détruit lors du déluge de Noé ; le problème avec cette interprétation est que dans beaucoup d’autres passages de l’A.T., il est question d’un firmament solide encore en place bien après le déluge.)

Nous savons d’après des preuves archéologiques que les Egyptiens et les Babyloniens croyaient en une terre plate surplombée d’un dôme solide. Les passages de l’A.T. qui font référence au firmament montrent que les Israélites partageaient cette même vision de la terre. Ceci suggère que Dieu a inspiré les auteurs humains de l’A.T. à s’exprimer d’une manière compréhensible et connue par les premiers auditeurs. Parce que Genèse 1 et les mythes babyloniens et égyptiens partagent une vision commune de l’aspect physique du monde, cela met en évidence les différences religieuses. Alors que les Egyptiens et les Babyloniens avaient des dieux différents pour la terre, l’océan, l’air et le firmament, Genèse 1 proclame que ces structures sont physiques, toutes créées et gouvernées par le seul et vrai Dieu.

6. Pourquoi Dieu n’a-t-il pas tout simplement parlé de l’évolution et du Big Bang dans la Genèse ?

Dieu aurait pu nous dire beaucoup de choses à propos de la nature dans la Bible, mais il ne l’a pas fait. Dieu aurait pu nous dire que la terre tourne autour du soleil, mais il a choisi de ne pas corriger l’opinion ancienne d’une terre plate et fixe. Dieu aurait pu nous dire que l’eau s’évapore, se condense, et forme la pluie, mais Dieu a choisi de ne pas corriger l’opinion ancienne à propos de l’existence d’un océan au dessus d’un firmament solide formant un dôme dans le ciel. Dieu n’avait pas besoin d’enseigner les premiers auditeurs de la Bible à propos de l’astronomie moderne, la géologie, la météorologie, ou la biologie pour faire passer son message. En réalité, si Dieu avait essayé d’enseigner ces concepts scientifiques modernes, cela aurait complètement déconcerté les anciens hébreux et les aurait distrait du message théologique. Dieu s’est gracieusement abaissé à leur niveau, comme il le fait pour chacun d’entre nous. Dieu vient toujours à notre rencontre, là où nous sommes.

Les théologiens parlent de l’adaptation de Dieu à notre limitation humaine. Ils nous rappellent aussi que la révélation de Dieu est progressive. Dieu n’a pas tout enseigné d’un seul coup. Certaines vérités à propos de la création ne sont pas enseignées dans Genèse 1, mais plus tard dans la Bible, comme le rôle de Christ dans la création du monde (Jean 1, Col. 1). Dieu nous enseigne clairement les vérités les plus importantes dans l’Ecriture, mais il semble qu’il ait laissé le comment et le quand aux découvertes de la science, dans l’étude de sa révélation dans la nature.

7. Serait-il préférable si nous parvenions à faire correspondre les évènements de Genèse 1 avec ce que la science nous apprend, ou bien si le message de la Genèse est indépendant de ce que la science nous dit ?

Les interprétations concordistes de la Genèse 1 essaient de faire correspondre l’ordre des évènements de Genèse 1  avec la science . C’est fascinant de trouver des versets bibliques qui semblent correspondre avec ce que les derniers articles scientifiques affirment parce que ceci nous parait confirmer à la fois la Bible et la science. Il y a toutefois un risque, ce que l’interprétation doivent changer à chaque fois que la science évolue, et que le sens des mots hébreux soit tordu pour leur faire dire des choses qui n’ont jamais été voulues par l’auteur, ni comprises par les premiers auditeurs.

Pour toutes ces raisons, certains chrétiens préfèrent des interprétations non concordistes de Genèse 1, qui sont indépendantes des théories scientifiques en vigueur à un moment donné. Ces interprétations mettent en valeur ce que Genèse 1 nous apprend à propos de Dieu le créateur, pas à propos de l’ordre exact dans lequel Dieu a créé le monde. Dans les interprétations non concordistes, les enseignements de Genèse 1 sont indépendants de ce que la science découvre et de la manière dont elle évolue. Le risque pour les interprétations non concordistes, c’est d’interpréter tous les versets qui semble en contradiction avec la science moderne comme figuratifs, sans d’abord étudier  le texte.

Pour les concordistes comme pour les non concordistes, ces dangers peuvent être évités en étudiant ce que les meilleurs spécialistes de la Bible ont a dire à propos d’un passage, au lieu de se demander quelle est sa correspondance avec la science. De bons principes d’interprétation sont indispensables, en particulier celui de déterminer quelle était la signification du passage dans son contexte littéraire original, culturel et historique avant de décider de sa signification pour nous aujourd’hui.

© 2007 by Faith Alive Christian Resources, 2850 Kalamazoo Ave. SE, Grand Rapids, MI 49560.
Traduction avec autorisation : scienceetfoi.com

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