Existe-t-il des arguments en faveur de l’existence de Dieu?

Date : mer 28 Août 2013 Catégorie Voir le Project
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On ne peut parler que d’arguments en faveur (ou en défaveur) de l’existence de Dieu, et non pas de preuves au sens formel du terme. Nous ne pensons pas qu’on puisse prouver scientifiquement que le Créateur existe ou qu’il n’existe pas. Nos options philosophiques ou métaphysiques nécessitent toujours un « saut de foi » ou « saut métaphysique » (selon l’expression de Denis Lamoureux), à partir de l’observation du monde qui nous entoure. Faute de le reconnaître, certains athées ont voulu s’approprier certaines découvertes de la science, mais cette erreur se trouve aussi chez certains croyants dits créationnistes (au sens le plus courant du terme, s’attachant à une lecture littérale de la Genèse), ou chez les partisans de l’ « Intelligent Design », qui pensent que l’action divine est détectable scientifiquement. La parole de Dieu nous rappelle sans cesse la nécessité de la foi pour croire et s’approcher de Dieu.

Par la foi, nous comprenons que l’univers a été harmonieusement organisé par la parole de Dieu, et qu’ainsi le monde visible tire son origine de l’invisible.” (Hébreux 11:3)

Nous sommes aussi convaincu que de croire en Dieu et en son Fils Jésus-Christ est aussi un choix tout à fait raisonnable. On peut proposer trois sortes d’arguments qui, mis ensemble peuvent nous conforter dans l’idée que le christianisme est une vision juste de la réalité.

1La nature: l’image moderne que nous avons de l’univers semble nous montrer qu’il a été conçu par le Créateur.

2L’histoire: S’il y a un Dieu personnel, nous devrions nous demander si il a cherché à entrer en contact avec l’humanité. Jésus Christ, personnage historique est une figure clé des trois religions monothéistes : le judaïsme, l’islam et le christianisme. L’image de Jésus faite dans le Nouveau Testament s’intègre bien dans le schéma de la Bible toute entière, et est aussi confirmée par les historiens.

3L’expérience: tous les êtres humains on expérimenté le témoignage de leur conscience, certains témoignent avoir vécu des expériences miraculeuses, et tous les chrétiens ont souvent expérimenté des expériences spirituelles centrées sur Dieu. Tout ceci est un argument en faveur de la véracité du christianisme.

Ces trois lignes de preuves sont-elles importantes?

L’apôtre Paul nous montre que ces trois types d’arguments sont importants

Il fait appel au spectacle offert par la nature en écrivant:

“  Du haut du ciel, Dieu manifeste sa colère contre les hommes qui ne l’honorent pas et ne respectent pas sa volonté. Ils étouffent ainsi malhonnêtement la vérité. En effet, ce qu’on peut connaître de Dieu est clair pour eux, Dieu lui–même le leur ayant fait connaître. Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit. Ils n’ont donc aucune excuse,  car alors qu’ils connaissent Dieu, ils ont refusé de lui rendre l’honneur que l’on doit à Dieu et de lui exprimer leur reconnaissance. Ils se sont égarés dans des raisonnements absurdes et leur pensée dépourvue d’intelligence s’est trouvée obscurcie.” (Romains 1:18-21)

Nous pouvons au moins apprendre quelque chose à propos de l’existence de Dieu en observant le monde naturel dans lequel nous vivons. Puis, en écrivant aux chrétiens à propos de la résurrection de Jésus, Paul évoque les preuves historiques connues concernant les apparitions de Jésus après sa mort. C’est un appel à l’histoire. Finalement, bien sûr, l’apôtre raconte ces propres expériences spirituelles profondes, en commençant avec la fameuse vision d’une lumière et de la voix de Jésus qui l’ont amené à se convertir. Ainsi, Paul fait appel aux trois lignes argumentaires que nous avons identifiées : la nature, l’histoire et l’expérience personnelle.

Est-il pertinent de faire comme lui au XXIème siècle ?

La nature telle qu’on la comprend aujourd’hui :

En observant le monde qui nous entoure, on peut se poser un certain nombre de questions :

( i ) POURQUOI un univers devrait-il avoir les propriétés physiques fondamentales particulières de la matière qui sont les siennes ?

Dans son livre, Just Six Numbers (1999): « Juste six nombres », l’astronome britannique Martin Rees nous fait remarquer qu’il y a en physique six constantes fondamentales qui ont précisément la bonne valeur pour que la vie puisse émerger dans n’importe quel univers :

  • Le cosmos est si vaste, parce qu’il y a un nombre N énorme et particulièrement crucial, égal à 1,000,000, 000,000,000,000,000,000,000,000,000,000. Ce nombre mesure l’intensité des forces électriques qui tiennent les atomes ensemble. Si N avait quelques zéros de moins, alors l’univers serait miniature, à courte durée de vie : aucune créature plus grosse qu’un insecte ne pourrait exister.
  • Une autre constante physique : e, dont la valeur est 0.007, défini la façon solide dont les noyaux des atomes sont constitués et la manière dont tous les atomes sont faits. Sa valeur contrôle la puissance du soleil, et de façon plus précise la façon dont les étoiles transforment l’hydrogène en tous les autres atomes du tableau périodique. Le carbone et l’oxygène sont courants, alors que l’or et l’uranium sont rares, à cause de ce qui se passé dans les étoiles. Si e valait 0.006 ou 0.008, nous n’existerions pas.
  • Le nombre cosmique Ω (omega) mesure la quantité de matière dans notre univers– les galaxies, les gaz diffus et la « matière noire. Ω  nous informe de l’importance relative de l’attraction gravitationnelle et de l’énergie d’expansion de l’univers. Si ce quotient était plus grand qu’une certaine valeur critique, l’univers se serait écraser sur lui-même depuis déjà bien longtemps ; si il avait était trop faible, les galaxies et les étoiles n’auraient pas pu se former. La vitesse initiale d’expansion semble avoir été précisément réglée.
  • La mesure du quatrième nombre, Λ (lambda), a été la plus grande découverte scientifique en 1998. Une nouvelle force inattendue –une “antigravité” cosmique- contrôle l’expansion de notre univers, même si elle n’a pas d’effet discernable sur des échelles plus petites qu’un milliard d’années lumière. Cette force deviendra même prédominante sur la gravité et sur les autres forces au fur et à mesure que notre univers deviendra de plus en plus sombre et de plus en plus vide. Heureusement pour nous (et de façon étonnante pour les théoriciens), Λ est très petite. Autrement, ses effets auraient arrêté la formation des galaxies et des étoiles, et l’évolution cosmique aurait été étouffée avant même d’avoir débuté.
  • Les “semences” de toutes les structures cosmiques –les étoiles, les galaxies et les amas de galaxies- étaient toutes en gestation au moment du Big Bang. La fabrication de notre univers dépend d’un nombre, Q, qui représente le quotient de deux énergies fondamentales et ce nombre vaut environ 1/100,000. Si Q avait été encore plus petit, l’univers serait inerte et sans structure; si Q avait été beaucoup plus grand, ce serait un endroit très violent dans lequel ni étoiles ni galaxies ne pourraient exister, dominés par de vastes trous noirs.
  • Le sixième nombre crucial est bien connu depuis des siècles, mais il est envisage aujourd’hui d’une nouvelle façon. Il s’agit du nombre de dimensions spatiales dans notre monde: D, et ce nombre vaut 3. La vie ne pourrait pas exister si D valait 2 ou 4. Le temps est une quatrième dimension mais différente des autres dans le sens ou le temps ne s’écoule que dans un seul sens! Nous nous dirigeons uniquement vers le futur ! Près des trous noirs, l’espace est si courbé que la lumière se déplace en cercles, et le temps peut arrêter de s’écouler. De plus, près de l’époque du Big Bang, et aussi à des échelles microscopiques, l’espace pourrait bien nous révéler sa structure sous jacente la plus intime: les vibrations et les harmonies d’objets appelés les “supercordes”, dans une arène en dix dimensions.

Peut-être existe-t-il des connections entre ces nombres. Pour le moment, nous ne pouvons pas prédire la valeur de l’une d’entre elles à partir de celle des autres, et elle sont toutes « finement ajustées » pour former un univers qui permet l’émergence de la vie. Martin Rees lui même, pas un chrétien,  suggère que pour expliquer ceci, il nous faut imaginer un très grand nombre d’univers pour que nous soyons justement dans celui dans lequel la vie est possible. Pourtant, cette théorie des « multivers » demande même plus de foi que de croire en Dieu- elle est fondamentalement non testable.

( ii ) POURQUOI, même s’il y a ces constants fondamentales, devraient-elles s’unir pour former notre univers- avec la matière si trop dense ni trop dispersée pour former la vie ?

Aprésent, étant données les propriétés fondamentales de la matière, la production d’un Big Bang produisant un univers habitable est très peu probable. Il serait beaucoup plus probable d’avoir des univers très diffus ou bien une série de trous noirs. Bien entendu, la science pourra nous apporter de nouvelles informations, mais c’est là l’état actuel des connaissances.

 

Conclusion

L’univers physique est un endroit passionnant, et les découvertes de la science, en particulier dans le domaine de la physique et de la microbiologie n’ont fait qu’augmenter notre fascination. Pour beaucoup de gens, l’existence d’un Dieu créateur est la meilleure explication à l’existence d’un tel univers.

 

Cet article est une adaptation d’un article en anglais que vous pouvez lire ici.