Réponses à  » 11 erreurs « récurrentes » dans le débat sur « l’Adam historique » » selon Peter Enns (2/2)

Posté par Benoit Hébert


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Passons maintenant aux réponses données par Peter Enns à ce qu’il qualifie « d’erreurs dans le débat à propos de l’ « Adam historique » ». Je ne traduirai pas toute l’argumentation, mais seulement des points clés  :

« 11 erreurs « récurrentes » dans le débat sur « l’Adam historique »

  • Il s’agit de l’autorité de la Bible.

Il ne s’agit pas de l’autorité de la Bible, il s’agit d’interprétation de la Bible (herméneutique). Le littéralisme est une décision herméneutique (même implicite). Ce n’est pas le mode divin par défaut de lire la Bible et de préserver son autorité.

 

  • Vous donnez à la science plus d’autorité qu’à la Bible.

Affirmer que la science nous fournit une compréhension plus exacte des origines de l’homme que la Bible n’est pas placer la science « au-dessus » de la Bible- à moins de partir du principe que la Bible a vocation à nous fournir des informations de type scientifique.

Nous pouvons penser le contraire pour beaucoup de raisons convaincantes, la plus évidentes étant que la Genèse a été écrite il y a 2500 ans, par et pour des gens qui de façon évidente ne pensaient pas en terme scientifique.

 

  • Mais l’église n’a jamais remis en question l’existence d’Adam et Eve.

C’est à peu près exact, mais c’est non pertinent. Connaître ce que l’église a pensé d’Adam tout au long de son histoire n’est pas la preuve de son existence, parce que l’église n’a pas été jusque récemment confrontée aux découvertes de l’évolution. L’évolution et la découverte de textes anciens sont de nouveaux facteurs dont il faut tenir compte.

 

  • A la fois Paul et l’auteur de la Genèse pensaient qu’Adam était une personne réelle, le premier homme. Nier l’historicité d’Adam signifie que vous savez mieux que l’auteur biblique.

Aucune théorie de l’inspiration responsable ne nie le fait que les auteurs bibliques étaient plongés dans une certaine culture, et qu’ils s’adressaient à des personnes de l’antiquité. L’inspiration n’élimine pas leurs « particularités historiques », quelques que soient les inconvénients.

Toute conception de l’inspiration doit tenir compte du fait que Dieu, par son Esprit, parle au travers de ces catégories anciennes.

 

  •  La Genèse dans son ensemble, le récit d’Adam y compris, est un récit historique, et donc doit être pris comme récit historique.

L’enchaînement d’événements seul dans un récit n’implique pas forcément son historicité. La relation entre Genèse et histoire est complexe et a de multiples facettes. On ne peut pas résoudre le problème simplement en lisant le texte et en observant ce que les personnes font.

 

  •  L’évolution est une véritable « religion » hostile au christianisme.

C’est certainement le cas pour plusieurs, mais pas pour tous, en particulier pour les chrétiens qui voient en l’évolution la méthode choisie par Dieu pour créer.

 

  • Puisqu’Adam est nécessaire à la foi chrétienne, nous savons que l’évolution ne peut pas être vraie.

Le fait que l’évolution provoque des problèmes théologiques ne veut pas dire que l’évolution est fausse. Cela signifie que nous avons des problèmes théologiques.

 

  • La science change sans cesse, on ne peut donc pas s’y fier.

Les changements et les développements se produisent en science, c’est la façon dont elle avance. Mais les découvertes à venir nous ferons avancer, pas revenir en arrière.

 

  • Il y a des scientifiques qui questionnent l’évolution, et ceci conforte la crédibilité de la vision biblique des origines de l’homme.

Les penseurs créatifs et innovants permettent souvent de réelles avancées intellectuelles. Sans eux, pas de progrès. Pourtant, la présence de voix minoritaires ne prouve pas par elle-même que l’évolution est fausse.

Etre titulaire d’une thèse ou avoir une expérience de recherche, ou avoir écrit des articles à propos de positions minoritaires, n’établit pas la crédibilité de positions minoritaires.

La validité d’une position minoritaire doit être testée dans le temps par un ensemble de spécialistes du domaine, pas simplement parce que de tels avis s’expriment et confortent notre façon de penser.

 

  • Les preuves pour et contre l’évolution sont ouvertes chacun et peuvent être établies par n’importe qui.

Il faut des années de pratique et d’entraînement quand on travaille sur les sujets qui touchent à l’évolution. Ceci concerne une toute petite fraction de la population. On ne peut pas juger de l’évolution à 10 000 mètres d’altitude. Il faut examiner les détails. Il faut savoir de quoi on parle si on veut contredire l’évolution. Si on veut établir un autre consensus scientifique, il faudra passer le test de la soumission de ses idées à ses pairs avec une science meilleure, pas avec de l’idéologie.

 

  • Croire en l’évolution est synonyme d’abandonner sa foi évangélique. 

J’ai entendu beaucoup d’arguments de ce genre contre l’évolution : « ma « hiérarchie évangélique » ne l’a jamais acceptée, et donc, pour rester dans ce groupe, je dois la rejeter aussi.

Mais l’évangélisme est-il un mouvement immuable, ou bien est-il suffisamment souple pour s’adapter à des changements substantiels ?

De façon encore plus fondamentale : le maintien de l’identité évangélique sur cette question devrait-il être notre première préoccupation ?

C’est peut-être la question la plus importante avant d’entamer une discussion à propos de l’ « Adam historique ». »

 

Pour un développement de chaque argument, n’hésitez pas à consulter l’article original!


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