René Girard était-il le « nouveau Darwin des sciences humaines » ?

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L’ensemble de la presse rend hommage à René Girard, philosophe et Académicien qui ne cachait pas ses convictions chrétiennes et n’a pas hésité à les défendre et à les intégrer dans ses réflexions sur le mal et la violence qui ont de tout temps ravagé l’espèce humaine. On l’a qualifié de  » nouveau Darwin des sciences humaines ». C’est même étonnant de constater l’unanimité de l’hommage qui lui est rendu, étant donnée son analyse très engagée de notre société et les solutions qu’il proposait pour remédier à la violence.

Certains l’ont même qualifié de « prédicateur tranquille », ou au moins d’apologète du christianisme :

Tout ce que je dis m’a été donné d’un seul coup. C’était en 1959, je travaillais sur le rapport de l’expérience religieuse et de l’écriture romanesque. Je me suis dit : c’est là qu’est ta voie, tu dois devenir une espèce de défenseur du christianisme. »

 

René Girard avait intégré de manière très personnelle sa compréhension de la passion du Christ à sa « théorie mimétique »

« La divergence insurmontable entre les religions archaïques et le judéo-chrétien. » Pour bien saisir ce qui les différencie, il faut commencer par repérer leur élément commun : à première vue, dans un cas comme dans l’autre, on a affaire au récit d’une crise qui se résout par un lynchage transfiguré en épiphanie. Mais là où les religions archaïques, tout comme les modernes chasses aux sorcières, accablent le bouc émissaire dont le sacrifice permet à la foule de se réconcilier, le christianisme, lui, proclame haut et fort l’innocence de la victime. Contre ceux qui réduisent la Passion du Christ à un mythe parmi d’autres, Girard affirme la singularité irréductible et la vérité scandaleuse de la révélation chrétienne. Non seulement celle-ci rompt la logique infernale de la violence mimétique, mais elle dévoile le sanglant substrat de toute culture humaine : le lynchage qui apaise la foule et ressoude la communauté.
Source : Le monde
La révélation évangélique contient la vérité sur la violence, disponible depuis deux mille ans, nous dit René Girard. A-t-elle mis fin à l’ordre sacrificiel fondé sur la violence dans la société qui s’est réclamée du texte évangélique comme de son texte religieux propre ? Non, répond-il, pour qu’une vérité ait un impact il faut encore qu’elle rencontre un auditeur réceptif et les hommes ne changent pas comme cela. source : wikipédia
En vidéo et en 7 minutes, René Girard explique sa « théorie mimétique ».
Les thèses de René Girard ont été reçues par certains avec enthousiasme, avec critiques par d’autres, y compris au niveau de ses interprétations théologiques.

« René Girard considère que c’est sur un crime que toute la culture est bâtie, ainsi que tout le système des religions. Il constate avec beaucoup de force qu’il y a, sur ce plan, une différence radicale entre la Bible et tous les discours des mythes religieux. Dans les discours mythiques des peuples, la victime a mérité ce qu’elle a subi : elle a été chargée des péchés, mais elle était effectivement fautive. L’histoire est écrite par les assassins, qui disent que la victime attirait tous les malheurs et qu’il fallait bien se débarrasser de cette malfaisance, sacrée aussi d’une certaine façon parce qu’elle avait tant de puissance. C’est le cas de tous les récits des peuples, sauf de la Bible. La Bible commence en Genèse 4 par le meurtre d’Abel : dans la Bible, l’assassin est dénoncé comme assassin. Dans la Bible seule, l’innocent mis à mort est présenté comme innocent : c’est vrai depuis Abel jusqu’à Jésus. C’est un contraste extraordinaire, qui conduit René Girard à se poser en défenseur de la Bible, et de son origine « autre » par rapport aux mécanismes universels de la violence. C’est très intéressant, très réjouissant, d’un côté. Malheureusement, cela s’accompagne d’une thèse sur le sacrifice que René Girard applique à la Bible elle-même, tout en louant sa différence. Les sacrifices de l’Ancien Testament, pour lui, ne sont pas tout à fait purs : il y a un grand contraste par rapport aux mythes païens, mais on ne se dégage pas entièrement de la mentalité sacrificielle qui procède du meurtre primitif. Dans le Nouveau Testament, René Girard essaie de dire que ce n’est plus le cas. Mais il affirme que l’épître aux Hébreux retombe dans cette mentalité, et il l’expulse. Il reconnaît ailleurs de mineures défaillances, et il critique violemment la doctrine classique de la mort de Jésus-Christ comme sacrifice expiatoire. Il essaie de dire que, « dans les principaux écrits du Nouveau Testament » (Epître aux Hébreux mise à part) cette doctrine ne se trouve pas. On a donc là une autre attaque de principe contre la doctrine de la substitution pénale. »

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