Questions sur l’interprétation des 3 premiers chapitres de la Genèse

Posté par Marc Fiquet
Print Friendly, PDF & Email

 

Ceux qui ont à cœur de concilier une lecture Biblique respectueuse de son message avec les données de la science se heurtent fréquemment à des difficultés d’interprétation.
Ceci est particulièrement vrai pour les 3 premiers chapitres de la Genèse.

Ce site a pour vocation de montrer que les apparentes contractions sont loin d’être insurmontables et les approches Bible et science sont complémentaires mais certainement pas antagonistes.

Si vous désirez rapidement un tour d’horizon, sur les principales questions touchant à l’interprétation des premiers chapitres de la Bible, consultez la suite de notre FAQ Genèse et science initiée par Bruno Synnott.

Nous répondons aux questions suivantes :

  • Quelles sont les principales interprétations de Genèse 1-3 dans le monde protestant évangélique ?
  • Quelle interprétation faites-vous de Genèse 1-3 ?
    • Quel est le problème avec l’interprétation « littérale » ?
    • Quel est le problème avec l’interprétation « concordiste » ?
    • Quel est l’avantage d’une approche littéraire ?
    • Quelle est la particularité de cette dernière approche, encore peu connue dans les milieux évangéliques ?
  • Dieu aurait-il pu créer en 6 jours « littéraux» ?
  • Qui décide du type d’interprétation « littéraire » ou « littérale » ?
  • L’histoire de l’église universelle n’a-t-elle pas toujours interprété ces textes « littéralement »?
  • L’interprétation littérale est-elle celle de Jésus ?
  • Quels principes guident l’interprétation littéraire de ces textes ?
  • Comment comprendre Genèse 1 ? Pourquoi 7 jours ?
    • Est-ce une fiction, une reconstruction littéraire sans fondement réel ?
    • Faisons-nous une lecture allégorique ?
  • Pourquoi y a-t-il 2 récits de création (Genèse 1 & 2) ?
    • Comment expliquer la différence de ces deux récits de création ?
  • Quelles leçons tirer de Genèse 1 ?

Accès à la FAQ :

Q_interpretation_bible_v

 

Approfondir le sujet avec des articles complets :

Examining the Pages

 

Avatar

14 Commentaires

  1. Avatar
    Pascal jeu 04 Sep 2014 Répondre

    Une idée surprenante ou plutôt nouvelle m’a traversé l’esprit l’autre jour et je voulais recueillir vos avis à vous tous ici qui étudiez le problème de l’interprétation de la Genèse. Peut-être cette idée n’est-elle pas nouvelle, mais je prends le risque de vous l’exposer, car elle a le mérite de concilier la science et toutes nos données concernant l’évolution des espèces et l’apparition de l’homme moderne, avec la genèse.
    L’homme est apparu il y a de cela fort longtemps, et l’on retrouve des traces de son passage sur Terre et de sa propre évolution en tant qu’humain. Je ne vais pas vous donner un cours de préhistoire.
    L’homme et le singe (dont le premier ne descend pas du second) ont un ancêtre primate commun d’un point de vue phylogénétique. La conscience est apparue en l’homme seul (a priori). Mais pourquoi sommes-nous devenus conscients à un moment donné de notre propre nature et de ce qui nous environne, avec la possibilité additionnelle d’y exercer un ascendant ? Pourquoi nous et pas nos cousins sur la branche voisine de l’arbre de la vie ?
    Et si la Genèse finalement narrait de manière imagée et symbolique l’histoire réelle de l’apparition de la conscience dans l’homme ? Plutôt que celle de sa création proprement physique ? Adam et Eve seraient alors les premiers humains rendus conscients par l’intervention divine. Du coup, tout se remettrait en place, et toutes les contradictions foi/science se résorberaient d’elles-même !

    Qu’en pensez-vous ? J’avoue être séduit par cette idée simple mais qui me parait en même temps lumineuse.

  2. Avatar
    Coco Panache ven 05 Sep 2014 Répondre

    Oui, pour moi la genèse raconte de manière imagée et symbolique l’apparition de la conscience dans l’homme, ou plutôt l’advenue de l’humain mâle et femelle à la conscience personnelle. En effet, se focaliser sur la création physique de l’homme me semble soulever un tas de problème sans fin (mais peut-être cela attire-t-il certains ? )

    Comment avez-vous eu cette intuition ?

  3. Avatar
    Pascal ven 05 Sep 2014 Répondre

    Bonsoir,
    cette intuition m’est venue de manière soudaine, sans crier gare, et vous semblez la partager. Mais il faut dire que j’ai été pétri par la pensée de Teilhard de Chardin, qui avance, dans son ouvrage « Le phénomène humain », que l’Homme, représente, au sommet (relatif) de la pyramide de l’évolution, la Nature devenant consciente d’elle-même.
    D’autre part, l’interprétation littérale de la Genèse est antinomique de ce que la science nous a démontré de l’origine et de l’évolution de l’homme.
    Donc cette idée que la Genèse représenterait en fait le récit de l’accession de l’être humain à la conscience, me semble capable de faire se recoller les deux pièces du puzzle…
    Il me revient aussi en mémoire une scène marquante du film « 2001 l’odyssée de l’espace », lorsque la présence de l’intrigant monolithe noir au milieu des primates, les fait accéder à l’intelligence.
    Car encore une fois, le réel problème n’est pas de savoir comment l’être humain est apparu sur Terre, car nous savons, avec peu d’ambiguité, nous situer sur l’arbre phylogénétique du vivant, mais le réel mystère est de savoir pourquoi nous avons accédé à la conscience de nous-même et du monde. Effectivement, la Genèse pourrait bien être le livre qui narre le moment singulier de cette accession, (et qui fait de nous également, « des fils et des filles » de Dieu », en étant conscients, comme le Père, du fruit de sa création, mais là c’est encore un autre débat).

  4. Avatar
    Coco Panache ven 05 Sep 2014 Répondre

    Je n’ai pas approfondi Theilhard, mais je connais sa pensée. Oui, comme cette conscience morale nous distingue du reste de la création, il n’est pas étrange que les auteurs qui cherchent l’origine de l’humain visent ce qui est justement le plus humain en nous, c’est à dire ce « Je », ce rapport à l’autre, l’entrée en relation et les risques que cela comporte. Pour moi, cette histoire de création d’ordre général (les premiers chapitres de la Genèse) est le support d’une pensée plus profonde sur l’origine de ce « savoir-avec », de cette conscience, et son évolution dans l’histoire. Comme vous le faites remarquer, la science peut alors, dans son domaine, explorer l’origine biologique de l’homme sans que cela entre en conflit avec ce mythe fondateur.

  5. Avatar
    Yogi ven 05 Sep 2014 Répondre

    Rien ne permet d’affirmer qu’il n’y a pas un « continuum de conscience » au sein du règne animal, bien au contraire. http://en.wikipedia.org/wiki/Animal_consciousness
    Attention à ne pas tomber dans l’anthropocentrisme nombriliste.

  6. Avatar
    Pascal ven 05 Sep 2014 Répondre

    En fait, c’est déjà l’idée de Teilhard de Chardin lui-même, qui imagine que toute complexification d’une entité vivante, depuis l’organisme le plus primitif et élémentaire, est doublé d’un « surplus » de conscience. J’ai même trouvé que ses thèses avaient des connotations hindouistes parfois, car il semble adepte de cette idée de « continuum de conscience ».
    Il ne s’agit pas de dénier une forme de conscience au sein du règne animal (pour l’anecdote, j’ai eu un chien et un chat adorables, compagnons de route sur de longues années, et je les sentais doté chacun d’émotions et d’un ressenti).
    Mais il y a quand même quelque chose qui distingue fondamentalement l’être humain de l’animal sans tomber dans l’anthropocentrisme. Pour l’heure, nous sommes la seule espèce vivante (sur Terre tout du moins) à avoir été capable d’envoyer ses congénères sur la Lune. Donc nous sommes capables d’une compréhension des lois naturelles, nous permettant des réalisations inaccessibles aux animaux. C’est juste un exemple pour étayer le fait que le niveau de conscience humain n’est pas du même ordre que le niveau de conscience animal. Donc, la courbe représentative du niveau de conscience, présente une discontinuité, pour employer un langage mathématique, quand on passe du règne animal pur à l’être humain.

  7. Avatar
    Coco Panache ven 05 Sep 2014 Répondre

    On ne parle pas de la même conscience.

  8. Avatar
    Coco Panache sam 06 Sep 2014 Répondre

    Il y a discontinuité, puisque la conscience dont on parle émerge avec la culture, phénomène de l’esprit humain.

    La perception animale d’eux-même (pour les espèces qui nous semblent passer par les épreuves que l’on invente pour eux, ne sachant pas pour nous-même ce qu’est la conscience et ce qui la fonde) existe, et elle passe par les sens que nous avons en commun. Les animaux vont très loin dans la perception, la sensibilité, surtout ceux qui vivent avec nous.

    La conscience morale, c’est autre chose.

  9. Avatar
    Yogi sam 06 Sep 2014 Répondre

    @Pascal : nous sommes restés des centaines de milliers d’années sans envoyer d’hommes sur la lune, et je ne suis pas sûr que la trajectoire économique et culturelle des pygmées ou des aborigènes australiens les aurait menés à cette performance. Prendre le niveau d’achèvement technologique comme un marqueur discriminant de conscience me paraît très hasardeux.

    @Coco Panache : Rien ne permet d’affirmer qu’il n’y a pas un « continuum de conscience morale » au sein du règne animal, bien au contraire. http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/actu/d/zoologie-rats-preferent-empathie-partager-leur-chocolat-35294/#xtor=AL-40
    http://www.gurumed.org/2013/01/16/le-jeu-de-lultimatum-rvle-un-sens-de-lquit-chez-les-chimpanzs-et-les-origines-du-notre/
    Attention à ne pas tomber dans l’anthropocentrisme nombriliste.

    • Avatar
      Coco Panache sam 06 Sep 2014 Répondre

      Wikipédia et futura-sciences ne sont pas des sources fiables pour ce qui fonde la conscience. Va voir vers Saint-Augustin, Thomas d’Aquin et reviens nous convaincre de ce que tu avances.

      • Avatar
        Yogi sam 06 Sep 2014 Répondre

        Lol. Folio et Gallimard ne sont pas non plus des sources fiables. L’auteur des études ce n’est pas « futura-sciences » mais Darby Proctora, Rebecca Williamson, Frans de Waal et Sarah Brosnan, éthologues, cogniticiens, neuroscientifiques, anthropologues.

        L’ignorance de Saint Augustin et Thomas d’Aquin sur les neurosciences et le comportement des primates était insondable. Leur avis sur la différence entre homme et animal est nul et non avenu.

      • Avatar
        rodolphe sam 06 Sep 2014 Répondre

        Ah oui, notre bon vieux st Augustin qui comparait la curiosite a une maladie. Toujours a cote de la plaque a ce que je vois !

  10. Avatar Auteur
    Marc sam 06 Sep 2014 Répondre

    @Pascal et tous,

    Bonjour à tous,
    Cette discussion est passionnante et touche à un sujet loin d’être « sec » et qui pose donc encore de très nombreuses questions.
    Qu’est-ce qui fait de l’homme un homme ? Pouvons-nous espérer détecter des « traces » de sa dimension spirituelle éternelle décrite dans la Bible (l’esprit ou l’âme humaine).

    Peut-être pouvez-vous vous reporter à cet article tiré d’un livre de Denis Lamoureux et qui tente une approche. Les commentaires y seront mieux en rapport là-bas.

    http://www.scienceetfoi.com/quand-lhomme-devint-il-homme/

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*