Quand l’homme devint-il homme ?

Auteur : Marc Fiquet
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Cet article se place dans la perspective chrétienne de l’évolution comme la décrit Denis Lamoureux dans son livre déjà présenté par Benoit Hébert « I Love Jesus & I Accept Evolution »

Denis O. Lamoureux est professeur  de science et de religion à l’Université d’Alberta. Sa nomination à ce poste est le premier cas de titularisation dans cette discipline au Canada. Il détient trois thèses d’état (dentisterie, théologie et biologie). Lamoureux soutient que, si les limites du christianisme évangélique et de la biologie évolutive sont respectées, alors les relations qu’elles entretiennent sont non seulement complémentaires mais aussi nécessaires. Il est membre du conseil de direction de l’American Scientific Affiliation du Canada et membre de l’ASA (American Scientific Affiliation).

L’EVOLUTION HUMAINE

Dans son chapitre 6 « L’évolution humaine » Denis Lamoureux aborde la question sensible des caractéristiques qui séparent l’homme de l’animal et du fameux « instant précis » où un individu évoluant passerait du statut d’animal à celui d’humain.

Pour beaucoup, explique l’auteur, l’évolution de l’homme nous réduit à rien d’autre que des animaux dirigés par des pulsions physiques.

Il convient donc tout d’abord de rappeler les 4 fondements théologiques qui unissent tous les chrétiens :

  • Dieu est le créateur de l’humanité
  • Les humains sont créés à l’image de Dieu
  • Chaque homme et chaque femme est pécheur, rebelle à son créateur, pécheur envers les autres. Tous les hommes sont responsables de leurs actions et Dieu en demandera compte.
  • Jésus s’est offert pour la rédemption des péchés, il est le seul nom donné par lequel nous puissions être sauvés.

Les pages suivantes traitent des preuves scientifiques inéluctables de l’évolution humaine. Plusieurs articles existants sur la question, je n’en ferai pas ici la description. Il est tout de même bon de relever que la vision purement scientifique (archéologie, génétique) des origines de l’homme dit moderne évoque que l’humanité trouve ses racines dans environ 1 000 à 10 000 individus vivant il y a environ 50 000 ans.

Je me focaliserai donc plutôt sur le sujet qui nous intéresse de plus près : A partir de quand pouvons-nous penser que l’homme porta l’image de Dieu et fut déclaré responsable de ses actes et donc pécheur ?

Denis Lamoureux poursuit en indiquant que la bible ne répond pas à ces questions modernes parce que l’origine de l’humanité y est décrite avec une vue de la science ancienne.

Dans le cas du développement de la vie embryonnaire, il semble d’ailleurs y avoir les mêmes difficultés à répondre à ces questions : A partir de quel stade le fœtus est-il porteur de l’image de Dieu, du péché ?  Cela reste un réel mystère pour nous.

Relevant à quel point ce sujet peut être sensible dans les différentes confessions chrétiennes aujourd’hui, le théologien présente 3 modèles compatibles avec l’évolution humaine et respectueux des 4 fondements cités plus haut, il encourage son lecteur à pouvoir faire son choix librement :

Le monogénisme évolutif

(Grec : monos : un ; genèse : commencement)

Cette position suggère que Dieu à un instant précis a sélectionné un couple d’individus parmi la population des pré-humains en cours d’évolution. Il leur implanta son Image ce qui les rendit en un instant moralement responsables.

Ils péchèrent par un acte de désobéissance. Les autres pré-humains s’éteignirent, toute l’humanité aujourd’hui descend de ce couple originel identifié comme Adam et Eve.

Billy Graham par exemple est à l’aise avec cette vue des choses.

Le polygénisme ponctuel

(Grec : polus : plusieurs)

Selon cette perspective, le Créateur à un stade précis de l’évolution, est intervenu pour implanter son Image dans tous les pré-humains existants (faisant d’eux des hommes) ou au sein d’un groupe de ces individus, les autres auraient disparu.

A ce moment précis, ces êtres seraient devenus moralement responsables et ils auraient tous péché très tôt.

Cette compréhension des origines suggèrerait qu’il y ait eu une génération de plusieurs « Adams » et « Eves »

Le polygénisme graduel

Cette approche affirme que l’image de Dieu et l’immoralité de l’homme se sont manifestées graduellement et mystérieusement au travers de plusieurs générations d’ancêtres évoluant.

L’origine de ces caractéristiques spirituelles qui définissent et distinguent l’humanité ne se limitent pas à un événement ponctuel dans le passé. Elles se seraient plutôt développées graduellement d’une manière similaire à ce qui se passe au niveau du processus embryonnaire. Ceci reste en fin de compte très mystérieux.

De ce fait, il n’y aurait jamais eu d’Adam ni d’Eve historiques.

La création évolutive (ou l’évolutionnisme théiste) adopte le modèle du polygénisme graduel.

Cette approche des origines de l’homme spirituel ne dépend pas de l’hypothèse que les premiers chapitres de la bible imposent une approche de concordisme scientifique.

A contrario, Les 2 autres modèles (le polygénisme ponctuel ainsi que le monogénisme évolutif) sont des modèles concordistes à différents degrés. Les deux se réfèrent à l’homme créé à l’image de Dieu et à une chute subite comme à des évènements ponctuels de l’histoire de l’homme.

Cependant, du fait que la bible présente un contexte de science ancienne (incluant une création de novo de l’homme) ces modèles tentent de faire cohabiter une vision moderne de la science (théorie de l’évolution) avec une vision ancienne.

Cette méthode d’interprétation est du même ordre que de demander à la NASA de s’appuyer sur une description de l’univers en 3-tiers comme décrite dans la bible, pour envoyer ses fusées dans l’espace.
Il s’agit là d’un usage inapproprié de la bible.

En respectant les limites et les objectifs à la fois du livre de la Parole de Dieu (la Bible) et du livre des œuvres de Dieu (la nature expliquée par la science) la création évolutive offre une approche complémentaire pour comprendre les origines spirituelles de l’homme qui en font un être unique.

Malgré nos propres limites pour comprendre entièrement comment les réalités spirituelles de l’image de Dieu et de la responsabilité morale de l’homme ont émergées au cours du processus évolutif menant à l’homme, nous savons avec certitude que nous sommes les seules créatures à porter l’image de Dieu et a avoir péché, ce qui nous donne à tous le besoin d’un sauveur.

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 Pour en savoir plus

sur les explications de Denis Lamoureux concernant la création évolutive, vous pouvez cliquer sur le tag de son nom  : http://www.scienceetfoi.comtag/denis-lamoureux/

Pour des informations concernant la vision 3-tiers de l’univers, voir cet article de Benoit Hébert :
http://www.scienceetfoi.com/ces-theologiens-de-la-t-qui-reconnaissent-que-genese-1-est-ecrit-avec-une-conception-ancienne-du-cosmos33/

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 Mon commentaire personnel

sur l’approche de Denis LAMOUREUIX :

Ce livre, dans un anglais tout à fait accessible à un niveau scolaire, mérite réellement le détour.

Bien entendu la démarche consistant à voir des versets de la bible emprunts de la vision scientifique du monde à l’époque de ses rédacteurs peut s’avérer choquant pour notre culture chrétienne  traditionnelle.
Sans jamais s’imposer, l’auteur fait preuve d’une grande pédagogie et confie au lecteur les expériences qui l’ont conduit à reconsidérer ses positions de croyant fondamentaliste convaincu pour adopter celles de la création évolutive.

Concernant ce chapitre 6, les questions posées sont pertinentes, mais j’avoue regretter le fait que Denis Lamoureux semble assimiler la question du péché en  particulier, à la nature quasi biologique de l’homme.

Peut-on réellement concevoir que l’embryon soit déjà pécheur, contaminé par les gènes de ses parents? Si cela était, cela implique que le péché soit comme une substance codée dans les gènes mais ça ne répond pas vraiment à la définition philosophique et morale du mal.

De plus cet héritage des parents contaminant la nature des générations suivantes pose un problème d’inerrance théologique important, car selon les Ecritures mêmes : « On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères ; on fera mourir chacun pour son péché. » (Deutéronome 24:16)

Quant à porter l’image de Dieu, de quoi s’agit-il exactement ?

L’émergence de la conscience n’est pas abordée, ce qui me parait être une limitation importante pour soutenir les réflexions engagées ici.

En fait et très succinctement, je pense qu’il faut accompagner cette approche faite par un scientifique et théologien d’envergure par une lecture complémentaire philosophique et existentialiste comme a pu le présenter notre très cher ami Bruno Synnott en décryptant pour nous le travail entrepris par Paul Ricoeur entre autres.

Dans ce cadre philosophique, on perçoit très bien comment l’aspect de liberté dont jouit l’homme vis-à-vis de son créateur implique de soi-même la notion de péché (l’impossibilité pour l’homme de répondre par lui-même à toutes les exigences de Dieu) comment l’impact de la culture et le développement de la conscience chez l’enfant vont jouer un rôle dans l’influence du mal et la responsabilité morale de l’homme qui existe devant Dieu (contrairement à l’animal qui ne répond en rien à ces exigences spirituelles).

Ainsi le récit d’Adam et Eve peut prendre une dimension non pas historique – je subirais aujourd’hui les conséquences de la désobéissance de lointains parents par un mystérieux processus de transmission génétique ou autre – mais une dimension existentielle, notre propre expérience d’homme conscient et responsable devant Dieu, influencé par notre environnement, libre devant lui et incapable de faire toute sa volonté sans jamais chuter.

Tous avons donc besoin de l’œuvre de la Croix de Jésus pour communier avec notre Dieu créateur.

Dès que les hommes ont eu cette faculté de conscience, qui a bien entendu pu se forger graduellement au cours de l’histoire de l’évolution, ils ont donc été concernés par la réalité spirituelle du récit de la tentation et de la connaissance du bien et du mal comme nous le sommes encore aujourd’hui.

Voici 2 articles de Bruno Synnott qui aideront les lecteurs curieux ou intéressés à approfondir ces notions à peine effleurées ici.

L’Adam c’est nous

Le Salut des petits enfants

 

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Après un cursus universitaire et professionnel dans les technologies de l’information, Marc poursuit désormais des études en théologie avec un premier objectif de valider un master II de recherche. Il est le webmaster du site scienceetfoi.com et Directeur de Projet Exécutif au sein de l'association.

22 Commentaires

  1. Avatar
    Roger Lefèbvre dim 29 Juil 2012 Répondre

    Bon ! Il faut bien que quelqu’un commence, alors je m’y colle.
    Personnellement, mes réflexions (« cogito, ergo sum » comme disent les gens biens) m’ont progressivement amené à adopter l’idée d’un « polygénisme graduel »… Je ne savais pas que cela s’appelle ainsi (je lis trop peu, comme je l’ai déjà dit).
    Mais comme Marc le fait remarquer, à la fin de son commentaire, se référant à Paul Ricoeur et à Bruno Synnott, cela ne résout rien au niveau du mystère relatif au quand et au comment, puisque par définition c’est « progressif » et qu’en plus, on ne sais pas « comment » cela s’est passé.
    Et finalement, tout cela reste intellectuellement très frustrant… Mais d’accord : mieux vaut avancer prudemment que dire n’importe quoi !
    Par ailleurs, j’ai toujours eu tendance à associer la notion d’éthique à la notion d’esthétique, supposant que l’émergence de la première était associée à la seconde, un peu comme si la notion de bien/mal allait avec celle de beau/laid dans l’évolution humaine. Pourrait-on dès lors faire un rapport entre les deux à travers les traces de l’évolution artistique de nos « ancêtres » ?… Mais là, je m’égare sans doute encore une fois.
    Par contre, il y a autre-chose qui me tracasse bien plus, et dont il n’est pas fait allusion dans le « digest » que Marc nous propose, c’est l’absence de référence à la vie éternelle. Si nous croyons que la vie continue après la mort physique dans une dimension spirituelle à travers ce qu’il est convenu d’appeler la survie de l’âme ou de l’esprit (je préfère « l’esprit »: grec « pneuma » et non pas « nous »): peut-on parler d’une émergence « progressive » de l’esprit … Il me semble que, soit on en possède un (« créé l’image de Dieu »), soit on n’en a pas : un état intermédiaire me paraît difficile à concevoir en parlant de notre « esprit »… Ou l’on possède une dimension susceptible de nous survivre, ou on ne possède pas cette dimension, à l’instar du monde strictement animal…
    D’où ma perplexité… et ma tentation d’en rester à un « polygénisme ponctuel » ! Mais alors, j’en reviendrais à une position concordiste et à son recours au Dieu « bouche-trou » chaque fois que l’on bute sur un obstacle apparemment infranchissable ?
    Merci de vos avis : « Fiat lux » ! (J’ai pas d’actions outre Alpes : promis :-) )
    Roger

  2. Avatar Auteur
    Marc dim 29 Juil 2012 Répondre

    Salut Roger, t’aurais fait un bon soldat : toujours en première ligne !

    Bon le sujet n’est pas simple convenons-en (d’aucuns le trouveront d’ailleurs certainement inutile…) mais c’est les vacances, on peut se permettre quelques maux de têtes :-)

    Bien sûr que notre logique représentative est mise à mal, voici comment je répondrais à tes remarques :

    1. il me semble que Lamoureux évoque bien le sujet de la vie éternelle (indirectement) puisqu’il est question de porter l’image de Dieu (donc comme tu le soulignes d’avoir une dimension spirituelle : un esprit permettant de communier avec son Créateur et d’en prendre conscience).

    2. Difficile comme ta conclusion le souligne de voir cet esprit émerger graduellement, on serait bien tenté en effet de répondre soit on l’a, soit on ne l’a pas. mais il faut avouer qu’on est bien incapable aujourd’hui de distinguer (autrement que par la foi) correctement cette dimension spirituelle et son interaction avec notre conscience. A un point tel que les neurosciences n’en évoquent même pas l’existence, on parle d’esprit au sens de l’âme ou de la capacité à penser mais pas dans un sens spirituel.
    Enfin tout ça c’est encore un peu « brouillassu » pour moi, mais j’aime cette image qu’a donnée Bruno dans un article ou un commentaire de son blog il me semble :
    Il est difficile de dire à quel moment précis un adolescent devient adulte, imagine : la veille je suis ado, je me réveille le lendemain adulte !

    Pour résoudre le problème de responsabilité pénale, nos sociétés fixent des âges légaux en y associant des degrés de responsabilités (et les peines assorties) et là en effet entre la veille et le lendemain de l’anniversaire, la conséquence en terme de peine peut être largement différente ! Mais physiologiquement, la différence entre les 2 jours est-elle de la même ampleur ?
    Dieu sait pourtant à quoi s’en tenir avec chacun d’entre nous : devant une faute grave, un enfant est-il responsable ou non ? A quel degré de maturité était-il parvenu ? Dieu a-t-il fixé un âge légal en dessous duquel tous les enfants sont sauvés quelque-soit leurs fautes ? Ou tient-il compte de la maturité réelle de chaque individu et de son niveau de conscience ?

    Ainsi donc lors du processus évolutif, en admettant une émergence graduelle de la conscience (et/ou) de l’esprit, on pourrait se reposer sur la sagesse divine pour « faire le tri » plutôt que sur nos analyses à « l’emporte pièce » héritées de Descartes.

    Ce sont bien entendu ici que quelques pistes, sans grandes prétentions philosophiques, mais on distingue déjà quelques formes d’une réalité à affuter…

    les avis sont les bienvenus

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    Pascal dim 29 Juil 2012 Répondre

    L’un des fondements théologiques : « Chaque homme et chaque femme est pécheur » laisse perplexe dans la mesure où il affirme l’implication : humain ==> pécheur.
    Car aucun être humain (ni aucun animal ou plante) n’a décidé de sa création (chez les bouddhistes, les choses sont plus complexes). Comment, dès lors pourrait-il être tenu pour pécheur, du seul fait de sa venue au monde ?
    D’autre part, il ne m’a jamais semblé discerner de méchanceté chez un tout petit enfant dans les premières années de vie. Celle-ci semble se développer bien plus tard, la méchanceté étant le fait de causer souffrance à autrui de manière consciente et délibérée. Mais il serait donc déjà pécheur bien avant de commencer à faire le mal ? Voilà qui est bien troublant.

    D’autre part et j’en discutais avec un pasteur évangélique ce matin même, nous sommes entrain de découvrir de nombreuses planètes extra-solaires, et les dernières candidates sont parfois dans les zones dites « habitables » (ni trop éloignées, ni trop proches de leur soleil).
    Un simple calcul de probabilité et un déni de l’anthropomorphisme de base, laissent à penser que si la Vie est apparue sur Terre, elle n’a pas de raison de ne pas être apparue en de nombreux autres endroits de ce vaste Univers (le pasteur précité pense que l’Homme est un cas unique dans l’Univers).
    Que deviendra la foi chrétienne le jour où une telle découverte se fera, la Bible étant très anthropomorphique par essence ?

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    Pascal dim 29 Juil 2012 Répondre

    En outre, comme à chaque fois que j’en ai l’occasion, sa vision me semblant si actuelle, je ne peux m’empêcher de citer Teilhard de Chardin qui donne un éclairage si riche de la question de l’émergence de la conscience en l’être humain et qui peut se résumer ainsi :
    – le souffle de Dieu est à l’oeuvre depuis le commencement, depuis les premiers atomes qui se sont assemblés de manière si particulière (et improbable) pour former les premières molécules organiques sur la Terre primitive
    – ce souffle divin est ce qui fait que l’on passe de briques de base à des êtres biologiques de plus en plus évolués. Sans cette intention divine, il ne pourrait rien émerger des briques de base. Ce n’est pas en mettant une centaine de legos en tas, qu’une maison se construira spontanément.
    – l’être humain est actuellement le dernier maillon de la chaîne biologique. Le plus complexe, le plus élaboré, le plus improbable non seulement, mais le premier à travers lequel la Nature devient consciente d’elle-même (voilà sans doute l’idée centrale de la vision de TdC). Nous voyons la Création, nous pouvons l’observer, l’analyser, et nous sommes dans ce dernier sens, fils et filles de Dieu.

  5. Avatar Auteur
    Marc lun 30 Juil 2012 Répondre

    Bonjour Pascal,

    Merci pour ces commentaires,

    Pour la question du péché (manquer la cible) je ne sais pas si tu avais lu ces réflexions très instructives de Bruno Synnott sur son blog :
    http://lebigbadbruno.blogspot.fr/2012/04/etude-sur-le-peche-12.html
    http://lebigbadbruno.blogspot.fr/2012/04/le-probleme-anthropologique.html

    Concernant la vie ailleurs dans l’univers, il me vient deux remarques :
    Sous l’angle de la foi, certes ces questions peuvent diviser, la bible en fait n’affirme rien à ce sujet, elle se focalise sur la vie sur terre dans la perspective de la vie éternelle qui nous transporte bien au-delà de l’univers visible.. Elle ne dit pas non plus que la terre est ronde et tourne autour du soleil…
    Scientifiquement parlant, le calcul statistique que tu relèves me semble mis à mal et abandonné depuis un moment déjà. Le réglage fin de l’univers et les conditions improbables et extrêmement fragiles qui doivent exister pour permettre l’émergence de la vie mettent à tel point au défit les probabilités, qu’il devient plus « logique » de croire en Dieu qu’au hasard… On a montré par exemple, que pour que la vie telle que nous la connaissons se développe, cela ne peut être que dans une galaxie en spirale telle que la nôtre (on élimine d’un coup 95% des galaxies de l’univers).

    Mais nous nous éloignons un peu du sujet…

    Oui la Bible peut paraitre très anthropomorphique par essence car elle nous révèle Dieu fait homme pour embrasser l’humanité entière dans un dessein glorieux d’éternité ! Mais ne nous focalisons pas sur le péché et le fait de devoir être sauvés, sauvés, oui mais pour quoi faire ?
    Ce que je veux dire c’est que la bible nous parle plus que de ce monde matériel et visible et notre place d’homme dépasse certainement de loin la vision rétrécie qu’on lui donne souvent.

    Mais là encore, je dérive peut-être à nouveau…

  6. Avatar
    gakari1 lun 30 Juil 2012 Répondre

    Merci Marc pour ce texte.

    J’ai l’impression que vous figez l’interprétation de « image de Dieu » à « avoir un esprit ou une âme ».
    N’y-a-t’il pas d’autres interprétations, telles le fait d’être libre ?
    En considérant l’évolution, on peut d’ailleurs se demander pourquoi il y aurait forcément eu un big bang spirituel ? Aussi pourquoi l’esprit ou l’âme serait strictement réservé à l’être humain ?
    Parce qu’il est intelligent ? Les animaux le sont aussi et certains humains le sont bien moins qu’eux. Et certains autres paraissent l’être tout aussi moins, bien qu’ils le soient bien plus que nous tous.
    Parce qu’il a conscience de lui-même ? Qu’est-ce qui nous dit que les animaux n’ont pas conscience d’eux-même, dans une autre mesure ? Je crois que certaines expériences vont dans ce sens.
    Parce qu’il a le sens du devoir, de la communauté ? Eux aussi.

    Parce que c’est écrit dans la bible, peut-être… mais on peut aussi se poser la question.

    Yannick

  7. Avatar Auteur
    Marc lun 30 Juil 2012 Répondre

    Salut Yannick,

    Oui sans doute, « créé à l’image de Dieu » recouvre « diverses caractéristiques ».
    Denis Lamoureux ne rentre d’ailleurs pas dans le débat.

    Il désire seulement nous expliquer qu’il est tout à fait possible de concilier cette vérité biblique avec le fait que l’homme ne soit pas créé de novo mais issu de l’évolution. Il propose alors des pistes et justement préconise plutôt la démarche progressive que le « big bang spirituel » pour que ces caractéristiques humaines (et spirituelles) apparaissent.

    Il me parait également dangereux de tout saucissonner : l’esprit (au sens biblique), la conscience de soi, la conscience morale, l’intelligence, les sentiments, le libre arbitre, etc…

    Tout cela me semble parfaitement imbriqué et complexe :
    Les scientifiques et philosophes qui ne s’embarrassent pas de toutes nos définitions spirituelles vont travailler sur l’apparition du langage (peut-il y avoir conscience sans langage ?) et d’autres pistes similaires expliquant le développement de la vie sociale ou communautaire, etc…
    Et lors de leurs recherches pour donner un ensemble de caractéristiques répondant à une définition de l’homme moderne, apparait très vite la notion de sacré (vie après la mort, cérémonie funèbres ou mystiques, etc..)

    En rapport au péché, j’ai essayé d’expliquer comme l’a bien fait apparaître Bruno dans ces réflexions (merci d’ailleurs Yanick d’avoir été à l’origine de ces rencontres) qu’il est forcément lié au concept de liberté, et de notre choix d’autonomie vis-à-vis de Dieu. Et donc rechercher sa trace dans l’embryon ne me parait pas être une bonne piste.
    On reviendrait sur cette notion d’héritage du péché qui est en fait un faux problème. Car dès que l’homme fut homme, il fut amené à faire ses choix et ses choix en autonomie le font « manquer la cible » = pécher. Cela est vrai pour nous aujourd’hui et cette expérience n’est en rien différente de celle des premiers hommes, l’expérience d’Adam n’est pas unique ou isolée, c’est celle de l’Homme avec un grand H.

    Ce qui peut être compliqué pour nos cerveaux (pourtant évolués ;) ) c’est que ces notions se soient installées progressivement.
    En y réfléchissant, ce n’est pas choquant sur l’aspect biologique, ce n’est gênant que pour nos conceptions binaires spirituelles (enfer / paradis ; sauvé / pas sauvé) sur cette période de transition où une créature appelée à la communion avec son créateur va se voir dotée « d’outils » permettant la réalisation de ce dessein insufflé par Dieu dès les premiers instants du big bang.

  8. Avatar
    Roger Lefèbvre mar 31 Juil 2012 Répondre

    Bonjour les amis.
    En vous lisant, je suis une fois encore impressionné par la profondeur de vos réflexions. Comme je le soulignais dans ma première intervention, et comme Marc le fait remarquer à la fin de sa dernière intervention, c’est la conceptualisation de cette « évolution spirituelle » qui me pose problème en tant que chrétien attaché à la Révélation biblique… Sans la remettre en cause pour autant. Mais mes vieux neurones ont du mal à la faire entrer dans leurs schémas habituels, et apparemment, je risque de ne pas être le seul !
    Maintenant, si l’on s’en tient au postulat que je défends, à savoir que les « comment » et les « quand » de notre existence relèvent de la science, et que le domaine de la foi est de s’interroger sur les « qui » et les « pourquoi » de notre présence en ce bas-monde, nos réflexions présentes ne remettent pas pour autant cette foi en cause dans ses fondements, tout au plus dans certaines de ses formulations… Encore que celles-ci risquent de troubler ceux qui ne distinguent pas le fond de la forme.
    (Comme dans la citation de M.T. rappelée par Benoît : ce n’est pas ce qu’on ignore qui est dangereux, c’est ce qu’on croit savoir et qui est faux.)
    Tout cela pour en venir au fait qu’à mes yeux, le « comment » et le « quand » de cette « évolution spirituelle » de l’homme relèverait normalement de la science… Science qui ne s’inquiète pas (et pour cause, puisqu’elle se doit d’être athée) de cette dimension spirituelle de l’être humain, du moins au sens chrétien de ce terme.
    Il existe donc un vide à combler, et le vieux pasteur que je suis (sans regretter son âge, vu qu’il se trouve moins c** que plus jeune) se réjouit de suivre vos débats et de voir l’intelligence avec laquelle vous vous attelez à la tâche… Tâche qui se situe dans l’espèce de no-man-land, frontière malgré tout un peu floue, qui sépare la science de la foi. Il reste du chemin à faire, et c’est tant mieux : Nous serons toujours « en route vers… » sans jamais atteindre le but, mais l’essentiel est de progresser vers lui… et vers Lui !
    Pour ma part, je me sens d’avantage concerné (vocation pastorale oblige) par ce qui s’avère l’aboutissement (provisoire) ce cette « évolution spirituelle ». Je veux parler de la bonne gestion de nos relations avec Dieu, notre Père, à travers la personne et l’oeuvre de Jésus-Christ et de celle du Saint-Esprit, telles que la Bible nous l’enseigne : principes universels de bonnes relations spirituelles, un peu comparables à ce que la psychologie apporte à un niveau différent mais complémentaire…
    Mais il n’empêche : comprendre comment on en est arrivé là demeure un défit qui me passionne à mort… enfin, pas trop vite tout de même !
    Bonnes réflexions à vous tous !
    Roger

  9. Bruno Synnott
    Bruno Synnott lun 20 Août 2012 Répondre

    Salut marc, Synthèse très éclairante. Tout à fait d’accord avec ta première conclusion limpide : « Malgré nos propres limites pour comprendre entièrement comment les réalités spirituelles de l’image de Dieu et de la responsabilité morale de l’homme ont émergées au cours du processus évolutif menant à l’homme, nous savons avec certitude que nous sommes les seules créatures à porter l’image de Dieu et a avoir péché, ce qui nous donne à tous le besoin d’un sauveur. »

    Je partage de plus entièrement ton questionnement sur la nature « mauvaise » de l’embryon : « Peut-on réellement concevoir que l’embryon soit déjà pécheur, contaminé par les gènes de ses parents? Si cela était, cela implique que le péché soit comme une substance codée dans les gènes mais ça ne répond pas vraiment à la définition philosophique et morale du mal.
    De plus cet héritage des parents contaminant la nature des générations suivantes pose un problème d’inerrance théologique important, car selon les Écritures mêmes : « On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères ; on fera mourir chacun pour son péché. » (Deutéronome 24:16) »

    Je me rappel qu’avant l’été je terminais un article sur la notion d’âme qui se trouve évoquée dans les commentaires. Je me met une note pour y revenir bientôt. Et aussi la notion d’image de Dieu qui peut soi être statique (Augustin) ou dynamique (Irénée).

    Je note cette tension statique / dynamique qui nous questionne tous dans l’émergence de l’âme, de la conscience et de la notion d’image de Dieu (notre soi-disante « essence »). C’est la tension au coeur des choses entre l’identité-mêmeté et l’identité en devenir. Nous nous retrouverons encore peut-être au coeur de difficile paradoxe, qui garde humble une raison triomphante.

    Au reste, excellent article et excellents commentaires

  10. Avatar Auteur
    Marc lun 20 Août 2012 Répondre

    Merci Bruno pour tes encouragements, excellent complément que tu suggères là, nous trépignons d’impatience de te lire !..

  11. Avatar
    Guillaume ven 21 Sep 2012 Répondre

    Le récit de la création n’a pas une vocation scientifique.

    Vouloir expliquer scientifiquement le récit de la création est plus que réducteur et complètement hors des pensées même de Dieu. Une connaissance de l’exégèse juive vous aiderait à replacer le récit de la création dans la seule et unique vocation de ce récit. Dieu expose simplement le projet rédempteur de Dieu en Jésus-Christ et explique comment Il va le mettre en oeuvre.

    Vous vous détournez donc malheureusement du sens spirituel de ce texte et en cela, c’est un péché (rater la cible, le but, le pourquoi d’une chose). C’est vraiment dommage et navrant car vous confondez la vraie science (sagesse divine) et la fausse science (sagesse humaine).

    La foi ne s’appuie par sur la sagesse des hommes et leurs théories invraisemblable mais sur la seule et unique Parole de Dieu telle qu’elle nous a été révélé sans y ajouter ni y retrancher quoique ce soit.

    Rien que le texte hébraïque nie toute relation existentielle et lien entre l’homme et quelques animaux que ce soit. Mais pour cela, il faut apprendre l’hébreu biblique et ne pas se détourner de ce que le texte déclare. C’est ce que vous faites constamment. Contrairement à tout ce que vous pouvez penser, toute l’histoire de l’humanité est résumé dans le récit de la création et toute l’histoire de la création est résumé dans le premier verset de la Bible qui lui-même est résumé dans le premier mot qui lui-même est résumé dans la première lettre le Bet qui lui même est résumé dans le point de la lettre. Dans ces notions hautement spirituelles qui sont étrangères à la pensées occidentales mais qui est liée à la pensée juive (je vous rappelle que l’hébreu est la langue, le support de la révélation scripturaire à l’origine est une langue juive et que Dieu parle l’hébreu (Actes 26:14: Nous tombâmes tous par terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.)et que le salut vient des juifs), Dieu nous dévoile son plan. Faut-il encore s’intéresser davantage à son projet plutôt qu’à de pures spéculations sans fins qui ne nourrissent pas l’église.

    Un frère qui ne veut que votre bien et ceux des croyants.

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      Benoit Hébert ven 21 Sep 2012 Répondre

      Bonjour Guillaume,

      Je crains que vous n’aillez pas bien saisi la vocation et l’état d’esprit de ce blog, puisque je suis d’accord avec à peu près tout ce que vous écrivez! Je pense pourtant qu’il est tout à fait naturel pour un croyant de se poser à un moment donné des questions à propos des rapports entre le texte biblique et les découvertes de la science!

      Au plaisir

  12. Avatar Auteur
    Marc ven 21 Sep 2012 Répondre

    Bonjour Guillaume,

    Rassure-toi, je ne vois moi non plus aucun rapport entre le polygénisme et le récit de la création dans la genèse…

    Il me semble que nous devrions prendre plus de précautions dans nos affirmations personnelles qui se veulent tant universelles, nous sommes en marche, prenons conscience de nos limites… Par exemple quand tu parles de l’hébreux comme étant la langue de Dieu, n’est-ce pas là une limitation anthropomorphique patente ?
    Il est tout à fait connu aujourd’hui que l’hébreux de l’ancien testament est loin d’être la première langue du globe. Dieu ne parlait-il pas avant que celle-ci ne se développe ?

    Si Dieu s’adresse à Paul en hébreux n’est-ce pas tout simplement pour s’adresser à lui dans sa langue natale afin de se faire comprendre et de marquer sa proximité, son intimité avec lui ? A trop vouloir spiritualiser le texte, ne court-on pas le risque de « manquer la cible » ? ;-)

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    Guillaume sam 22 Sep 2012 Répondre

    M. Hébert, la science moderne ne saurait pleinement satisfaire à toutes les questions qui pourraient surgir dans notre esprit pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Pourquoi ? Parce que les sciences humaines (physique, chimie, astronomie etc…) ne sont pas des sciences exactes.
    Elles souffrent d’une réalité dont il convient d’en prendre pleinement conscience (je sais que vous le savez aussi) : son insuffisance parce que la science évolue au gré de ces découvertes. Malheureusement, à partir des données actuelles (découvertes) de la science nous ne pouvons pas remonter au-delà de la période déluvienne. Avant le déluge, le monde d’alors ne connaissait pas les « même règles » de la nature excepté la notion du temps. Ces règles ont été modifié par Dieu après le déluge et les textes sont suffisamment clairs pour ne permettre aucune autre forme d’interprétations fantaisistes. SI nous utilisons donc les données actuelles pour expliquer et déduire des interprétations, des théories, alors nous nous fourvoyons automatiquement et nous sommes dans l’erreur.
    Toutes les réponses existentielles données par YHWH Elohim à l’homme sont suffisantes pour combler son âme et lui faire comprendre le pourquoi de sa présence sur terre et la manière dont il doit vivre en symbiose, harmonie avec son créateur et la création.
    Allez au-delà du récit biblique, c’est se tromper sur le caractère de la révélation et son essence. Il n’y a donc aucun rapport voulu par Dieu entre l’approche scientifique du récit de la création et l’approche spirituelle voulu par Dieu.
    Lorsque Marc parle qu’il ne faut pas trop spiritualiser le texte alors il s’oppose à l’inspiration plénière et totale des écritures. Bien au contraire, on manque forcément la cible en donnant au texte biblique une raison différente que celle de sa vocation première : nous rapproché du Fils par le moyen de la rédemption dévoilé dans le récit de la création.
    De plus, si vous étudiez l’hébreu, vous comprendrez que nous en pouvons absolument pas tiré une quelconque conclusion scientifique sur comment Dieu s’y est pris pour créer le monde. Pourquoi ? Du chapitre 1 au chapitre 2 verset 3 (inclus) de la Genèse Dieu dévoile le pourquoi de la création alors qu’à partir du chapitre 2 verset 4 Dieu nous parle de sa réalisation.
    Vous avez beaucoup de choses à apprendre sur ce récit qui n’a en rien une portée scientifique mais une vocation spirituelle.
    Ensuite, pour ce qui est de l’hébreu, pardonnez-moi, mais Paul parlait bien plus souvent le grec que l’hébreu. Il était l’apôtre des gentils (des grecs) et par conséquent parlait le grec même au juifs dans la diaspora. Cette précision que l’on retrouve dans le livre des Actes n’est pas anodines mais pleine de sens. Surtout lorsque l’on sait à quel point nous avons pu enlever et dépouiller le caractère juif de la foi en un juif : Jésus le Messie. Bien des recherches linguistiques, archéologiques et historiques montrent aujourd’hui que les textes même de la nouvelles alliances ont plus que probablement été préalablement rédigé en hébreu. Jean-Claude Tresmontant a effectué un travail remarquable sur ce sujet. Et l’existence de la septante avant la rédaction de la nouvelle alliance montre qu’il existait bel et bien un codex hébreu/grec qui ont pu permettre la traduction grec des livres hébraïques afin que les juifs de la diaspora puisse étudier et lire le Tanach.
    La langue hébraïque possède des particularités que vous ignorez certainement au vu de votre commentaire (Marc). Si vous étiez linguistes, vous n’auriez pas écrit ces propos. Comme a pu l’écrire un professeur d’hébreu (non croyante pourtant), la langue hébraïque est la seule langue au monde qui est le miroir de l’être. Plus on se plonge dans l’hébreu biblique plus on découvre la profondeur de la sagesse de Dieu. La langue hébraïque place l’homme devant Dieu et devant ce qu’il est.
    Dieu a fixé une limite dans la connaissance de l’homme au-delà duquel il ne sait rien. Il ne peut que supposer et établir des théories alors que la Bible nous accorde des certitudes absolues.
    Je comprends bien la vocation de ce site où je m’aperçois finalement le peu de place que vous accordez aux écritures. Le problème c’est que vous finissez par ériger des convictions dans l’esprit des hommes sur la base de déductions logiques scientifiques qui vous sont propres. Vous ne pouvez affirmer et établir aucunes vérités sur la bases des découvertes scientifiques, aucunes. Vous pouvez simplement imaginer, supposer etc… La problématique est alors grande car ce n’est pas seulement cette parole inspirée et suffisante pour tous les hommes quelques soient leur race, leur culture que vous annoncez mais le fruit de votre intelligence. Est-ce là le ministère ?
    Si j’ai été long, je m’en excuse d’avance auprès des lecteurs et de vous-même M. Hébert.

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    Guillaume sam 22 Sep 2012 Répondre

    Je voudrais aussi m’excuser pour toutes les fautes d’orthographes et de grammaires. J’ai envoyé le message avant de me relire et je dois dire que mon commentaire me pique les yeux comme il doit piquer les yeux d’autres personnes. excusez-moi d’avance et j’essaierai d’être plus attentif dorénavant.
    Salutations

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    Marc sam 22 Sep 2012 Répondre

    Je pense Guillaume, qu’il faudrait lire plus attentivement les articles de ce blog.
    Il n’est nullement question de tirer des enseignements scientifiques du récit de la création. Là dessus nous serons d’accord.

    il est clair cependant que ta lecture des évènements pré et post déluge ne trouveront que peu d’écho dans ces colonnes.

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    Guillaume sam 22 Sep 2012 Répondre

    Vous dites : « Il est nullement question de tirer des enseignements scientifiques du récit de la création ». Ce n’est pas tout à fait juste.

    Je cite le commentaire personnel de M.Hébert :
    « Dès que les hommes ont eu cette faculté de conscience, qui a bien entendu pu se forger graduellement au cours de l’histoire de l’évolution, ils ont donc été concernés par la réalité spirituelle du récit de la tentation et de la connaissance du bien et du mal comme nous le sommes encore aujourd’hui ».
    C’est une vue personnelle fausse parce qu’Adam et Eve (et non pas un descendant d’Adam) ont immédiatement pris conscience de leur péché dés la désobéissance et non pas des dizaines, des milliers, voir des millions d’années après. Adam et Eve étaient pleinement conscients de leur acte et donc pleinement responsables. Il est écrit dans le texte que « leurs yeux s’ouvrirent ». Ce sont les leurs et non ceux de leur descendance. Il faut rester coller au texte et non pas supputer des théories farfelues pour faire coller la soit-disante vérité scientifique somme toute relative et imparfaite à la perfection de la révélation écrite qui est vérité absolue.
    Ils ont donc été concerné immédiatement par leur acte en recevant le châtiment que méritait leur crime.

    En réalité, c’est la Bible qui trouve peu d’écho dans ce blog…

  17. Avatar Auteur
    Marc sam 22 Sep 2012 Répondre

    Bonsoir Guillaume,

    Ce n’est pas Benoit l’auteur de cet article, (ça apparaît en dessous du titre) il s’agit donc de mon commentaire, pas du sien.

    As-tu parcouru l’ensemble des liens cités dans l’article pour bien comprendre de quoi il s’agit ? (j’espère que le tutoiement ne te dérange pas).

    Nous prenons ici le texte de Genèse 2 non comme un récit historique d’une situation se cantonnant à un couple originel mais comme se rapportant à chacun de nous. Adam et Eve sont dans ce cas comme les représentants de l’humanité, le récit est lu allégoriquement comme d’autres textes de la bible (cantique de cantiques par exemple). Leur situation de choix et de chute reflète notre propre expérience, l’arbre de la vie représente Jésus et la vie éternelle qu’il nous donne.

    Il faut se reporter aux autres liens et approfondir la réflexion plutôt que de rejeter tout en bloc sur ces seuls paragraphes.
    La bible se lit dans sa globalité, je pense que tu partages au moins ce point de vue.

    Je suis conscient que cet article peut faire réagir, il est le fruit d’un (long) cheminement pas d’une illumination spontanée.
    Quand tu parles de vérité absolue, tu parles du texte lui-même ou de l’Esprit qui lui a donné corps ?
    S’il suffisait de lire la bible de manière littérale pour embrasser d’un coup la pensée ou la nature de Dieu, ça le limiterait à ces simples mots, ne crois-tu pas ?
    Nous sommes d’accord sur la Vérité, mais que faire du filtre de notre interprétation ? Sans le secours de l’Esprit, que pouvons-nous en saisir ?
    Paul lui-même n’avoue-t-il pas que nous connaissons d’une manière obscure ? (1 co. 13:12)

    Je suis loin de penser pour ma part accéder directement à la pleine révélation de la Parole, elle m’enseigne à chercher, à progresser, à grandir, à me remettre en cause…
    Il n’y a dans nos propos aucune offense à Dieu ni à la bible, comme tu le penses peut-être.

    J’espère que tu sauras trouver sur ce blog des pistes de réflexion permettant de voir comment la science et la foi peuvent se trouver être en harmonie sans s’opposer systématiquement même pour des questions telles que la théorie de l’évolution nous les posent.

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    Benoit Hébert lun 24 Sep 2012 Répondre

    Bonjour Guillaume,

    Je me joints courtement à la conversation et je reviens que le contenu d’un commentaire précédent.

    Il me semble que nous sommes d’accord sur l’essentiel: la signification spirituelle des textes de la création:
    « Toutes les réponses existentielles données par YHWH Elohim à l’homme sont suffisantes pour combler son âme et lui faire comprendre le pourquoi de sa présence sur terre et la manière dont il doit vivre en symbiose, harmonie avec son créateur et la création. »

    C’est tout à fait mon avis, et ce message a été compris par tous les hommes de bonne volonté, quelque soit leur niveau de connaissance scientifique et leur culture.

    Là où nos chemins bifurquent (et c’est bien secondaire par rapport au premier point)

    « Malheureusement, à partir des données actuelles (découvertes) de la science nous ne pouvons pas remonter au-delà de la période déluvienne. Avant le déluge, le monde d’alors ne connaissait pas les « même règles » de la nature excepté la notion du temps. Ces règles ont été modifié par Dieu après le déluge et les textes sont suffisamment clairs pour ne permettre aucune autre forme d’interprétations fantaisistes. SI nous utilisons donc les données actuelles pour expliquer et déduire des interprétations, des théories, alors nous nous fourvoyons automatiquement et nous sommes dans l’erreur. »

    Tu es visiblement influencé par les thèses créationnistes américaines qui font du déluge un événement universel qui a bouleversé les lois de la nature il y a quelques milliers d’années. Tu lis donc ce récit de façon littérale et historique. Ce n’est pas le point de vue de ce blog ni celui de ceux qui ont quelques connaissances en géologie…Je t’invite à parcourir la rubrique « déluge » de ce blog.

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    Guillaume lun 24 Sep 2012 Répondre

    Pardonnez-moi Marc et M.Hébert de vous avoir confondu dans la rédaction de cet article.

    Non, je ne suis pas influencé par les thèses créationnistes américaines (me prêter cette tendance est mal me connaître) mais simplement par le texte hébraïque original.

    SI vous connaissiez l’hébreu, vous comprendriez votre erreur. Toute approche scientifique du récit de la création à partir des règles de la nature qui conditionne notre vie sur terre est vouée à l’échec et à l’erreur. Et cette erreur vous suit pour l’analyse scientifique du récit de la création parce que vous ne respectez pas ce qui est écrit, simplement ce qui est écrit. Les règles de la nature étaient fondamentalement différentes avant la terrible période du déluge. Et tous les commentateurs hébraïques sont unanimes sur ce point en analysant le texte biblique. Vous faites des erreurs d’exégèses notoires parce que vous en connaissez pas l’approche juive du texte. Le point de vue de ce blog est complètement dépouillé de la pensée juive qui je le constate est absente de votre raisonnement. Or le problème, c’est que c’est justement l’hébreu biblique qui est le support de la révélation que Dieu a choisi. Voilà pourquoi vous êtes dans l’erreur par ce que votre exégèse ne s’appuie absolument sur une recherche de la pensée juive mais gréco-romaine.

    J’ai bien compris votre analyse Marc, et votre analyse est…. une extrapolation des textes bibliques.

    Le problème est que ce n’est pas ni mon point de vue qui est important et ni celui de ce blog mais celui de Dieu. Y ajouter quelque chose au récit biblique où vouloir lui donner un sens allégorique exclusive est contraire à l’exégèse juive. Aussi faites-vous fausse route. La connaissance de la géologie ne m’aidera pas à comprendre la pensée de Dieu. Elle ne vous aidera pas non plus.

    Moi aussi, j’ai étudié pendant de longues années ce récit de la création à travers le prisme de la science. Mais je me suis lourdement trompé comme vous-même aujourd’hui et c’est l’apprentissage de l’hébreu biblique qui m’a ouvert les yeux sur les raisons de mes erreurs.

    Je sais que je ne vous raisonnerai pas, ni probablement vous conduira dans une période de réflexion et de recherche sur le sens de ces textes en hébreu. Votre « sagesse » aura plus de valeur à vos yeux que découvrir les racines juives de notre foi et la pensée juive sans laquelle une bonne compréhension des écritures restera très superficielle.

    Je vous souhaite néanmoins le meilleur en Jésus le Messie pour vous et vos familles.

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    Benoit Hébert lun 24 Sep 2012 Répondre

    Bon Guillaume,
    en gros, nous reconnaissons que nous abordons vous et nous le texte biblique avec des attentes différentes.

    Vous pensez y trouver des révélations scientifiques et historiques infaillibles, quelque puissent être les découvertes de la science.

    Nous pensons au contraire que le message spirituel est inspiré, mais qu’il est écrit avec les connaissances « scientifiques » des anciens hébreux vivant au Proche Orient il y a plusieurs milliers d’années.

    Votre raisonnement est bien ce que l’on qualifie de « scientifiquement concordiste », tout comme l’est celui des créationnistes américains.

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    Guillaume lun 24 Sep 2012 Répondre

    Le problème est que vous n’abordez pas le texte biblique tout court. Vous lui faites même dire ce qu’il ne dit pas. En cela, c’est une déviation.

    De plus, il n’y aucune révélation scientifique dans le récit de la création. D’autre part, oui, le texte biblique est infaillible plus que nos sciences. N’êtes vous pas d’accord avec cela ? Pensez-vous sérieusement que la science moderne est force de foi pour comprendre le récit de la création ?

    Dire que dans la Bible, seul le message est inspiré est tout simplement révélateur de l’ignorance totale que vous avez de l’hébreu biblique et de l’exégèse juive.

    Vous vous essayez ainsi à expliquer l’inexplicable, la sagesse de Dieu par la sagesse humaine. Et pourtant, la science n’a t-elle pas montré ces limites ? Le savoir de l’homme serait-il plus grand et illimité que celui de Dieu. Bien évidemment et vous le savez.
    Lorsque l’on essaye de détacher le message spirituel qui se dévoile à l’intérieur de l’histoire humaine réelle alors on se trompe.

    Savez en quel année nous sommes ? Savez-vous ce que les juifs fêtent en ce moment ? Il fête la date de la création de l’homme. Comment ils ont fait ? Est-ce si difficile de faire cet exercice ? Non, il suffit de reprendre l’ensemble des généalogies et des années de naissance de tout l’arbre généalogique décrit dans le récit biblique. Et que découvrons-nous ? Que l’homme a été crée il y a 5773 ans. C’est ridicule vous me direz mais comptez, faites le calcul vous-mêmes.
    Dieu nous aurait-il menti sur l’ensemble des généalogies dite-moi ? Où les dates données n’avaient là encore qu’un but spirituel ?

    Merci de votre patience, un homme qui vous veut du bien.

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