« Pourquoi l’évolutionnisme théiste séduit-il certaines franges du monde évangélique français ? » Réponse à un article du site « le bon combat »

Posté par Benoit Hébert
Print Friendly, PDF & Email

« Pourquoi l’évolutionnisme théiste séduit-il certaines franges du monde évangélique français ? » Tel est l’intitulé d’un article de Daniel Saglietto du site « le bon combat ». L’utilisation du verbe « séduire » est bien entendu révélatrice de la pensée de son auteur…Loin de vouloir m’engager dans une polémique stérile, j’aimerais apporter quelques éléments de réflexion et de réponse à cette question pertinente que je me permets de reformuler en des termes plus neutres

Pourquoi certaines franges du monde évangélique français ont-elles adopté la « création évolutive » autrement appelée « évolutionnisme théiste »?

L’article cité ne répond pas véritablement à la question qu’il pose mais explique plutôt pourquoi, selon l’auteur, les chrétiens évangéliques de devraient pas accepter les origines évolutives de l’homme. On comprend rapidement que c’est par crainte de voir d’effondrer la foi dans l’autorité spirituelle de la Bible, voire même le sens de l’évangile tout entier. Que l’on se rassure, il n’en n’est rien. Accepter l’évolution remet peut-être en question certains présupposés d’interprétation biblique, mais certainement pas l’évangile lui-même. J’accepte l’évolution et ceci est tout à fait compatible avec le schéma traditionnel « création-rupture-rédemption ».

Evoquons rapidement les soient disantes « brêches », avant d’évoquer les vraies raisons de ce mouvement de fond.

  • « 1) Érosion de la doctrine biblique de l’inerrance et de l’inspiration plénière verbale. »

Réponse : La vraie question est : la Bible est-elle un livre dont la vocation est de nous révéler comment et quand Dieu a créé l’univers, la vie et l’homme ? Notre réponse est non. Nous pouvons croire dans les vérités spirituelles bibliques sans être des « concordistes », c’est-à-dire croire que Dieu a devancé les découvertes de la science par la révélation du Saint Esprit. Pour nous, l’infaillibilité des Ecritures ne s’étend pas aux affirmations de nature « scientifique ».

  • « 2) Ignorance de la structure alliancielle de l’histoire de la rédemption. »

Réponse : Quelle que soit la méthode de création de l’humanité choisie par Dieu, ceci n’enlève rien à sa spécificité, au caractère unique de sa vocation, et à l’alliance unique que Dieu a voulu faire avec elle. On peut tout à fait croire que l’humanité toute entière est passée à côté de sa vocation, a « manqué le but » (signification du mot « péché »), sans lire la Genèse de manière littérale.

  • « 3) Absence d’une vraie théologie biblique qui incorpore une droite appropriation de la meta-narration de l’histoire de la rédemption. »

Réponse : Les partisans de la création évolutive reconnaissent tout à fait que Dieu a agit et agit encore dans l’Histoire des hommes. Ils adhèrent complètement à la grande « Histoire du salut ». Ils font simplement une différence entre les circonstances culturelles et historiques de rédaction des différents livres de la Bible, aidés en cela par les découvertes archéologiques des 150 dernières années environ. Luc a rédigé son évangile en consultant des témoins directs des paroles et miracles de Jésus. Ce n’est pas le cas pour les auteurs de la Genèse.

  • « 4) Apologétique évidentialiste trop extrême qui ne reconnait pas la différence épistémologique et normative qu’il existe entre révélation naturelle et révélation spéciale. »

Réponse : Nous pensons qu’il suicidaire pour la foi que de vouloir nier les évidences de la nature au nom d’une interprétation littérale et « scientifique » des Ecritures. L’histoire de Galilée devrait nous servir de leçon. Opposer Bible et découvertes scientifiques bien établies n’est pas une stratégie gagnante pour la cohérence de la foi.

  • « 5) Érosion de la définition biblique de ce qu’est l’évangile de Jésus-Christ. »

Réponse : Ceci est un faux procès. La seule érosion que certains pourraient déplorer est celle de leur méthode positiviste d’interprétation biblique, dans laquelle on projette des attentes typiquement modernistes sur le texte biblique.

Je rajouterai un dernier argument cité dans les commentaires,

  • celui de la recherche d’une forme de « respectabilité académique » recherchée par les uns ou par les autres.

Réponse : Ceci est complètement absurde pour au moins deux raisons évidentes. Les évangéliques qui acceptent l’évolution, et en particulier des pasteurs, l’ont fait en courant le risque d’être incompris, stigmatisés, voire traités d’hérétiques au sein de leur communauté. Quelle est et a été véritablement la position la plus conformiste ? Ensuite, nous sommes bien conscients qu’accepter l’évolution ne rendra pas l’évangile qui exige la repentance et la foi plus acceptable pour nos contemporains.

Quelques vraies raisons pour lesquelles certaines franges du monde évangélique français ont adopté la « création évolutive » autrement appelée « évolutionnisme théiste »?

  • Parce que les preuves sont là, et que Dieu ne ment pas plus dans sa Parole que dans ses œuvres naturelles.
  • Parce qu’ils ont pris conscience qu’à vouloir « défendre la Bible » en niant la réalité, on lui faisait plutôt du tort, et on était plutôt dirigé par la peur que par une saine recherche de la vérité.
  • Parce qu’ils veulent défendre la pertinence de la foi évangélique pour notre génération et pour leurs propres enfants.
  •  Parce qu’il existe aujourd’hui d’autres pistes théologiques très prometteuses qui n’opposent pas Dieu dans ses œuvres et dans sa révélation verbale : la Bible.

Conclusion :

Contrairement à ce qui est fait à notre égard, nous ne mettrons pas en cause les motivations de l’auteur de cet article. Il ne fait aucun doute qu’il écrit pour défendre certains points qu’il croit étroitement associés à la vérité évangélique. C’est ce lien, cet amalgame que nous mettons ici en cause, pas la sincérité des uns ou des autres. Que le Seigneur nous guide !

Avatar

18 Commentaires

  1. Avatar
    Emmanuel Hechon mar 24 Juin 2014 Répondre

    Bonjour Benoit,

    Je ne vais pas discuter du fond de l’article, c’est plutôt à Daniel de faire cela, mais deux choses m’étonnent dans votre réponse. Ce qui m’étonne est la cohérence de deux affirmations avec le reste du site. Pourriez-vous m’éclairer sur ce que je ne comprends pas ?

    Vous dîtes :  »
    «Réponse : Ceci est un faux procès. La seule érosion que certains pourraient déplorer est celle de leur méthode positiviste d’interprétation biblique, dans laquelle on projette des attentes typiquement modernistes sur le texte biblique. »

    Notre méthode d’interprétation est donc poussée par des considérations modernistes. Nous voulons voir dans la Genèse l’histoire du comment de la création parce que nous sommes dominés par notre esprit moderne. Soit. Mais dans ce cas pourquoi dans d’autres articles vous affirmez que Paul avait la même lecture que nous ?

    (voir par exemple http://www.scienceetfoi.com/ressources/adam-eve-histoire-paul/)

    Pourriez-vous m’indiquer en quoi Paul était-il moderne ? J’ai vraiment du mal à saisir.

    Deuxièmement, votre conclusion m’étonne. Vous dîtes : »Contrairement à ce qui est fait à notre égard, nous ne mettrons pas en cause les motivations de l’auteur de cet article. »

    Pourtant, je trouve dans votre site cet article, qui est votre traduction personnelle : http://www.scienceetfoi.com/le-vrai-probleme-des-evangeliques-avec-levolution-et-ce-quil-faut-en-faire/

    Le but de cette article est de dire notre vrai problème avec l’évolution et, c’est simple d’après cet article : « Ils ont peur que leur héritage évangélique soit remis en question si l’évolution est vraie. Cela signifie que leur propre histoire est menacée. »

    Je voudrais comparer ces deux articles. Daniel a énuméré quelques causes à ce qu’il pense être un problème. Une autre personne, en commentaire, rajoute celui de la recherche de la respectabilité académique, et Daniel a dit que cela « rentre souvent en jeu ». Il n’y avait aucun dogmatisme et aucun absolu dans cet article.

    Par contre dans l’article que vous avez traduit, nous n’avons qu’un problème, nous l’avons tous.

    Je trouve donc très malvenu votre commentaire sur la remise en cause des motivations.

    Que la grâce vous accompagne,

    Emmanuel

  2. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mar 24 Juin 2014 Répondre

    Bonsoir Emmanuel,

    Concernant l’aspect « moderne », la notion d’inerrance biblique appliquée aux affirmations d’ordre « scientifique  » est en effet une notion récente dans l’histoire du Christianisme, et pour beaucoup une conséquence de la philosophie des Lumières.

    Paul parle d’Adam de façon « littérale » et apparemment historique (quoique certains nuancent cette apparence), en cela, il partage l’opinion des juifs de son époque. Dans son discours des Actes, il affirme même qu « à partir d’un seul, Dieu a formé toute les nations »…Il affirme ainsi l’unité de l’espèce humaine, mais il ne dispose pas des informations scientifiques dont nous disposons aujourd’hui: il n’y a qu’une espèce mais nous descendons d’une population, pas d’un couple unique.

    Peter Enns a un style plutôt provoquant et il ne faut pas oublier qu’il écrit dans le contexte américain. Même si la tradition évangélique française est très influencée par les anglo-saxons, elle ne s’y conforme pas toujours Quand Peter Enns parle « d’héritage évangélique remis en question », c’est dans un contexte dans lequel le créationnisme « jeune terre » est majoritaire.

    L’article de Daniel Saglietto est pour le moins virulent. Tout juste s’il ne refuse pas l’appellation d' »évangéliques  » à ceux qui acceptent l’évolution…Je ne mets pas l’intégrité morale de ses motivations en cause. Il croit défendre l’évangile.

    • Avatar
      Emmanuel Hechon lun 07 Juil 2014 Répondre

      Bonjour Benoit,

      Désolé pour le temps de réponse, je n’étais pas disponible ces derniers temps et le moment où j’ai pu écrire quelque chose, l’ordinateur a planté.

      Je laisse de côté votre remarque sur Peter Enns. Elle ne répond pas à ce que je soulève : rien dans l’article de Daniel ou dans ses commentaires n’attaquent vos motivations. Il admet simplement, suite à un commentaire de quelqu’un d’autre, que ce peut éventuellement être un problème pour certains. Votre conclusion vous donne un beau rôle – celui qui n’attaque pas les motivations des autres – et laisse à penser que Daniel a un mauvais rôle – celui qui le fait. Peter Enns n’a été cité que comme exemple d’un article basée sur l’attaque des motivations pour permettre de comparer avec ce qui est fait par Daniel.

      En ce qui concerne ma remarque sur Paul et le reste des chrétiens qui précèdent les lumières est là pour démontrer que nous pouvons croire à une historicité d’Adam et de sa chute sans que cela prouve nécessairement que c’est une influence des lumières qui nous fait croire cela.

      Il vous faut donc prouver que la raison pour laquelle je crois en une création en 6 jours est liée directement aux enseignements des lumières, ou tout au moins, influencée beaucoup plus par les lumières que par ce qui influençait les auteurs bibliques et l’Eglise précédant les lumières.

      Voici ce qui m’influence, prouvez moi donc que cela vient des lumières.

      La Bible n’est pas pour moi un livre scientifique, pas du tout. Il l’est, dans un sens, même moins pour moi que pour vous. Votre site analyse la Bible et les mythes du proche orient ancien pour essayer d’y découvrir les croyances scientifiques de leurs auteurs. Il me semble que c’est une grave erreur méthodologique, surtout si l’on considère qu’une partie des textes utilisés sont de natures poétiques.

      Si je devais essayer de déterminer ce que croyais Paul en ce qui concerne l’astronomie, je n’essaierais pas de le deviner d’après ses lettres, j’essaierais de lire les traités scientifiques de l’époque. De ce que je connais, il est difficile d’en trouver, les plus proches seraient des écrits de ptolémée qui vivait peu après Paul, mais qui s’appuyait sur une tradition d’astronomes grecs. Ptolémée voyait déjà une terre sphérique et des astres qui évoluent dans quelque chose qui peut préfigurer notre concept de vide. Je suppose que ceux qui ont influencés Ptolémée devait avoir une vision proche de cela et que Paul devait plus ou moins suivre cette science de l’époque.

      La bible est une mise à l’écrit des différentes alliances de Dieu. Parce que Dieu c’est révélé dans des alliances, la Bible est hautement historique, révélation et histoire sont intimement liées. C’est dans tout ce qui parle de ces alliances que la Bible est infaillible.

      L’histoire de ces alliances commencent avec la création de cet univers et il a plût à Dieu de nous raconter comment il avait créé ce monde : en six jours par sa Parole.

      Je crois ce fait historique comme je crois les autres faits historiques de la Bible, le déluge, l’appel d’Abraham, l’exode, la résurrection du fils de la veuve de Sarepta, la mort de Jésus, sa résurrection, son ascension, la pentecôte.

      Tout ce que Dieu nous a révélé au travers de ces alliances et leur mise à l’écrit n’est pas quelque chose qui doit être testé, deviné, découvert par l’homme, mais quelque chose qui doit être reçu. Dieu est le créateur, celui qui sait, pas l’homme.

      Il y a, le plus souvent, intersection entre les domaines où l’homme essaie de découvrir la vérité et ce qui est révélé par l’intermédiaire des alliances. Dans ce cas, l’homme doit s’appuyer sur la Bible.

      En ce qui concerne la création, le comment, l’homme ne doit pas essayer de trouver comment Dieu a procédé de manière autonome, mais il doit réfléchir à partir de ce que Dieu lui a dit : le ciel, la mer, la terre et tout ce qui s’y trouve a été créé en 7 jours par la Parole.

      Il me semble difficile de montrer que cette manière de voir est plus proche des lumières que de Paul.

      Que la grâce vous accompagne,

      Emmanuel

      • Avatar Auteur
        Benoit Hébert lun 07 Juil 2014 Répondre

        Bonjour Emmanuel,

        Les conséquences de vos options d’interprétation sont pour moi résumées dans cette phrase
        « En ce qui concerne la création, le comment, l’homme ne doit pas essayer de trouver comment Dieu a procédé de manière autonome, mais il doit réfléchir à partir de ce que Dieu lui a dit : le ciel, la mer, la terre et tout ce qui s’y trouve a été créé en 7 jours par la Parole. »

        En gros, c’est dire : l’homme est orgueilleux quand il cherche à comprendre le monde qui l’entoure par les moyens rationnels que Dieu lui a donnés. Je pense tout au contraire qu’il s’agit d’une vocation divine que d’explorer la nature pour la comprendre…

        Le plus paradoxal est que les mêmes personnes qui rejettent en bloc cette démarche scientifique « autonome » sont très heureuses de profiter des progrès de la médecine, de prendre l’avion, d’utiliser l’ordinateur…

        En ce qui concerne l’interprétation de la Genèse, voici des éléments de réponse à cette question

        « Il vous faut donc prouver que la raison pour laquelle je crois en une création en 6 jours est liée directement aux enseignements des lumières, ou tout au moins, influencée beaucoup plus par les lumières que par ce qui influençait les auteurs bibliques et l’Eglise précédant les lumières. »

        De nombreux théologiens avant (et même après) les Lumières n’interprétaient pas la Genèse de façon historique et littérale.
        « Quelle personne intelligente considérera comme une affirmation sensée que les trois premiers jours, pour lesquels il est dit qu’il y eut un matin et un soir, existèrent sans soleil, sans lune et sans étoiles, alors qu’il n’y avait même pas de ciel le premier jour ? […] Personne ne doute qu’il s’agit là d’expressions figurées qui nous indiquent certains mystères au travers d’un semblant de récit historique. » Origène

        J’en profite pour signaler la série de David Vincent sur l’interprétation de la Bible qui rejoint nos préoccupations sur beaucoup de questions

        http://philochristos.com/2014/06/04/nouvelle-serie-linterpretation-de-la-bible/

        • Avatar
          Emmanuel Hechon mar 08 Juil 2014 Répondre

          Bonjour Benoit,

          Je trouve triste que vous soyez obligés de sortir une phrase du contexte de ce que j’ai écrit pour en tordre le sens. La phrase que vous avez citées ne représente pas une idée complète.

          Toute personne qui veut réellement comprendre ce que je dis, peut voir que c’est parce que Dieu a parlé sur le sujet que je dis que nous ne devons pas essayer de deviner ce qui s’est passé de manière autonome en ce qui concerne le comment de la création.

          Extrapoler ce que j’ai écrit sur des sujets où Dieu n’a pas parlé n’a aucune valeur. D’autant plus que j’ai écris exactement le contraire de ce dont vous m’accusez dans le seul écrit que vous connaissez de moi : http://leboncombat.fr/foi-et-science/.

          De la même manière que je crois Dieu lorsqu’il me dit que Christ est mort pour mes péchés, je crois Dieu quand il dit qu’il a créé le monde en sept jours par sa Parole. Si Dieu n’avait rien dit à ce sujet, l’homme aurait été libre de l’explorer d’une manière autonome.

          En ce qui concerne le second point, je suis d’accord qu’il y a toujours eu des autres interprétations avant le siècle des Lumières, je n’ai jamais dit le contraire. La citation d’Origène n’apporte donc rien à votre déclaration que je suis influencé par les Lumières dans ma compréhension de la place de l’Ecriture dans notre raisonnement.

          En ce qui concerne le contenu de la citation, je vais expliquer quel type d’homme peut croire qu’il y ait eu de la lumière sans soleil pendant trois jours : ceux qui croient, comme Calvin par exemple, que c’est Dieu qui donne la lumière, que le soleil n’est qu’un moyen que Dieu peut, selon son désir, utiliser ou non.

          Comme Geerhardus Vos l’a exprimé, je pense que l’eschatologie précède la sotériologie. C’est à dire que Dieu nous informe sur les temps finaux avant de nous enseigner sur ce qui concerne le salut. La lumière a existé pendant trois jours sans soleil pour nous faire percevoir qu’un jour Dieu lui-même nous éclairera de sa gloire et que cette gloire sera le Christ (Apocalypse 21.23). Ce que Dieu peut faire a la fin, il a pu le faire au début, ou plus précisément : ce que Dieu va faire à la fin, il l’a fait au début pour nous préfigurer la fin.

          Origène peut penser que nous sommes sans intelligence de croire cela. Libre à lui de le faire. Calvin et Vos auraient appelé cela de la foi. Je suis d’accord avec eux.

          Pour information, je n’aurai pas le temps de m’étendre plus sur le sujet. Je surveillerai si une réponse arrive, mais je vous laisserai le dernier mot, le cas échéant.

          Que la grâce vous accompagne,

          Emmanuel

          • Avatar Auteur
            Benoit Hébert mar 08 Juil 2014 Répondre

            Bonjour Emmanuel,

            Merci pour votre participation sincère à la discussion.

            Le contexte de votre phrase figure juste au-dessus. Je crois que nos lecteurs n’auront pas à aller trop loin pour s’y référer ;-)

            Ils auront aussi la liberté avec ce que nous savons de l’histoire du système solaire et de la vie sur terre, de voir s’il est raisonnable de croire que les plantes ont poussé sans soleil sous l’effet d’une autre lumière.

            Pour ma part, je reste du même avis, refuser d’entreprendre des recherches en astrophysique, en géologie, en paléontologie, en génétique…sous prétexte que Dieu nous révèlerait dans la Bible comment il s’y est pris pour créer le monde relève de l’obscurantisme. Ce n’est pas faire honneur à notre vocation divine et ce n’est en rien un acte de foi.

  3. Avatar
    Marc mar 24 Juin 2014 Répondre

    Comme nous l’avons maintes fois souligné, c’est un sujet qui a en effet et malheureusement du mal à être traité d’une manière posée et dépassionnée.

    Plusieurs raisons peuvent expliquer cela :
    * La crainte en effet d’avoir à remettre en question toute la Bible parce qu’on a simplement mal interprété certains passages biblique (alors même que des approches théologique différentes précède largement le 19e siècle et l’avènement de Darwin)
    Voir en particulier la question 4 de : http://www.scienceetfoi.com/ressources/chap-13-questions-posees-par-les-chretiens-sur-linterpretation-des-ecritures/

    * L’interprétation que l’on peut faire d’êtres créés à l’image de DIeu – forcément incompatible avec un passage au stade animal

    * le présupposé que Dieu qui sait tout a forcement inspiré les auteurs bibliques sur les faits scientifiques réels gommant par là même la double nature des Ecriture (humaine et divine)
    Point abordé entre autre dans ce diaporama de Roger Lefèbvre : http://www.scienceetfoi.com/ressources/diaporama-parole-ecrite-parole-incarnee/

    * L’ignorance des véritables données de la science au profit de stéréotypes étriqués glanés pour la plupart sur des sites au préjugés religieux évidents sans chercher à aller plus loin. (bien que ce dernier point puisse être dominé par les 3 précédents).

    En fait, bien souvent nous sommes à l’aise avec une certaine approche des Écritures, une image bien définie de ce que nous croyons être la vision de DIeu de la réalité, rien de moins que la Vérité avec un grand V. Donc forcément si quelqu’un ose y toucher, on a tendance à sortir les griffes…

    Pourtant de plus en plus de témoignages en faveur d’une harmonie possible entre science et foi animent le monde évangélique. Il est donc possible de sortir de cette impasse.

  4. Avatar
    David mar 24 Juin 2014 Répondre

    Pour le point de vue antique sur la question de l’inerrance :

    http://didascale.wordpress.com/2014/01/03/linterpretation-de-la-bible-selon-origene-et-les-peres-cappadociens/

    A noter la remarque finale sur la Genèse.

  5. Avatar
    David mar 24 Juin 2014 Répondre

    « L’article de Daniel Saglietto est pour le moins virulent. Tout juste s’il ne refuse pas l’appellation d’ »évangéliques » à ceux qui acceptent l’évolution… »

    De toute façon, on peut toujours trouver plus fondamentaliste que soi. Il fut un temps, pas si lointain, où ,aux Etats-Unis, si tu n’étais pas prémillénariste , tu n’étais pas considéré comme évangélique :D

    Ce qui de facto exclurait les auteurs du blog du monde évangélique.

  6. Avatar
    Saglietto mar 24 Juin 2014 Répondre

    Bonjour à tous,
    Etant donné que d’autres articles sur ce thème suivront, j’essaierai d’être assez bref. Tout d’abord, je n’ai fait aucune citation dans mon article pour ne viser personne de façon individuelle. Je m’attaquait ici aux idées et non aux personnes. Je n’ai pas cité votre blog, bien que je crois que vous véhiculiez des idées dangereuses pour l’Eglise (cf. Débat avec Bruno Synott sur le péché originel)

    1) La Bible ne légitime en aucun cas de créer un « canon » dans le « canon » en disant qu’elle n’est vraie que lorsqu’elle parle de vérités « spirituelles ». Cette dichotomie est une approche erronée illégitime. Le canon biblique est la « Parole de Dieu », et lorsque Dieu parle il le fait en accord avec sa sainteté, sa justice …. Il ne commet pas d’erreur. Quelle que soit la thématique, lorsque Dieu parle, c’est à nous de plier les genoux. La question devient alors d’ordre herméneutique. De plus, dire que Paul croyait qu’Adam était vraiment le père de l’humanité, mais que Dieu s’est « accommodé » de cette erreur est une incompréhension même de la condescendance que Dieu a manifestée en nous livrant Sa Parole. Lorsque la bible nous parle d’événements historiques, alors nous nous devons d’affirmer ce que la Bible affirme. La mort et la résurrection de Jésus sont des événements historiques…l’appel d’Abraham en Genèse aussi…devrions-nous les rejeter ?
    « Pour nous, l’infaillibilité des Ecritures ne s’étend pas aux affirmations de nature « scientifique » » : Prouvez-moi par les Ecritures que cette affirmation est vraie …..

    2) Je pense que vous ne saisissez pas l’importance de la structure alliancielle de la Bible et la place unique d’Adam et de Christ dans cette structure, car votre réponse n’en fait aucunement allusion.

    3) « Luc a rédigé son évangile en consultant des témoins directs des paroles et miracles de Jésus. Ce n’est pas le cas pour les auteurs de la Genèse. » La véracité des écrits bibliques ne se fonde pas sur la traçabilité des sources historiques utilisées par les auteurs bibliques, ni sur leur condition psychologique, mais sur le fait unique que Dieu lui-même est celui qui en est l’auteur dit « premier » (inspiration plénière verbale). Il y a ici confusion epistémologique.

    4) J’ai parlé d’un usage « extrême » de l’approche évidentialiste. Je crois qu’une saine apologétique sait utiliser à la fois une approche évidentialiste et presuppositionaliste en sachant respecter le cadre épistémologique normatif de la Parole de Dieu.

    5) Ceci est faux, ce n’est pas un faux procès. Car du moment que l’on développe une anthropologie qui rejette la doctrine biblique du péché originel et qui exprime le fait que l’on devient pécheur par « imitation », alors on met en péril le parallèle sotériologique que Paul fait en Romains 5/12-21 sur la Justification.

    Les Vraies raisons :

    « Parce que les preuves sont là, et que Dieu ne ment pas plus dans sa Parole que dans ses œuvres naturelles. » : Les études scientifiques sont les études des causes dites « secondes » dans lesquelles Dieu est effectivement la cause première. Mais Ces « causes secondes » ne sont pas sous la forme de « vocables ». Il y a là une confusion épistémologique par le fait que vous vouliez rendre équivalent révélation naturelle et spéciale, en plus du fait que vous omettez nettement l’effet noétique du péché.

    « Défendre la Bible » : Défendre la Bible, oui…mais selon les termes données par la Bible elle-même, en accord avec ce qu’elle revendique d’elle-même, et dans l’analogie de la foi. Nous n’avons pas à choisir ce qui est vrai ou faux dans la Bible.

    « Pertinence » : Le message évangélique n’est jamais pertinent pour l’homme naturel, il est même une folie ou un scandale, mais pour nous c’est la Sagesse de Dieu.

    Nous ne sommes effectivement pas d’accord. Le problème est bien plus profond que celui de l’interprétation de la Genèse, mais c’est bien celui de la réception ou non de la Bible comme norme pour notre vie dans tout ce qu’elle affirme.

  7. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mer 25 Juin 2014 Répondre

    Bonjour Daniel,

    Merci de permettre à chacun d’évaluer les positions des uns et des autres. Nous n’hésitons pas à publier des points de vue contradictoires, sauf erreur de ma part, vous n’avez pas publié les deux commentaires que j’ai posté sur le site « le bon combat »…

    Nous avons des points de vue divergeant sur la nature de la révélation biblique, cela n’est pas nouveau. Prouver par l’Ecriture elle-même que le point de vue de ses auteurs concernant leur perception du cosmos est bien celle que la Bible contient est un raisonnement pour le moins circulaire qui ne risque pas de prouver grand chose. La Bible contient bien une description du cosmos en trois parties, ce que des théologiens « conservateurs » comme John Walton reconnaissent fort bien.

    http://www.scienceetfoi.com/series/ces-theologiens-de-la-t-qui-reconnaissent-que-genese-1-est-ecrit-avec-une-conception-ancienne-du-cosmos/

    Si nous voulions être « bibliques  » jusqu’au bout, il nous faudrait être partisan de la « terre plate » qui ont fort bien compris la description biblique du monde et qui vont jusqu’au bout de leur littéralisme!
    http://www.talkorigins.org/faqs/flatearth.html

    Je retourne donc la question: où dans la Bible les auteurs inspirés revendiquent-ils l’autorité divine en matière de science ou même d’histoire? Si Luc a eu besoin de collecter des témoignages, c’est bien parce que ceux-ci ne procédaient pas d’une révélation directe…Les auteurs bibliques ont écrit l’histoire avec les informations, les documents dont ils disposaient!

    Amalgamer la résurrection de Jésus-Christ ou ses miracles avec l’histoire de la création est inapproprié pour les raisons déjà mentionnées.

    Pour rester accessibles au plus grand nombre, je suggère que nous parlions avec des mots d’usage plus courant qu' »évidentialiste, présuppositionaliste… ». Le « code normatif » de la Parole de Dieu est en réalité le cadre rationaliste occidental moderne…

    Si les scientifiques devaient se poser la question de savoir si ce qu’ils découvrent est en accord avec la vision du monde physique qu’avaient les auteurs bibliques antiques pour savoir si ils ont raison…

    Oui  » le message de la croix est scandaleux pour ceux qui périssent, et est la puissance de Dieu pour nous qui y croyons », mais il est de notre devoir de ne pas opposer d’obstacles infranchissables et injustifiés à la connaissance de la vérité pour nos contemporains éduqués dans les sciences.

  8. Avatar
    Saglietto mer 25 Juin 2014 Répondre

    Bonjour,
    En fait je pense que vous ne conaissais pas bien les exegéses faites dans le courant dit « conservateur » et vous caricaturer avec facilité la façon dont le monde réformé execute exegése et hermeneutique. Nous prenons clairement en compte le style littéraire, le genre utilisé par l’auteur. Mais je comprends que c’est plus facile de passer cela sous silence pour avoir un argument qui parait plus fort.

    Le fait de dire qu’un raisonement circulaire n’est pas acceptable « tout le temps » est une erreur, car il ne peut être fait autrement lorsque nous parlons d’une chose ultime, une chose qui ne peut être normée. Il n’existe aucune autorité au dessus de la Bible, et nous ne lui « donnons » aucune autorité, nous la « recevons » avec l’autorité dont elle est revêtu car elle est « Parole de Dieu ».

    Sur la question d’autorité, La Bible va beaucoup plus loin que ce que vous disait, elle se réclame comme « vraie » . Le Psaume 19 en est une belle expression. Mais le probléme fondamental est que vous ne croyez apparement pas que la Bible est « Parole de Dieu » (1 Thess 2.13). Et c’est là que le probléme réside. Si la Bible est Parole de Dieu, alors il est nécessaire que le produit de sa communication posséde les même caractéristique de vérité, justice, sainteté que celui qui « parle ». Je ne peux que vous conseiller l’excellent livre de John Frame à ce sujet. Par nécessité, la Bible est inerrante et infaillible, ou dit autrement, la Bible est vraie et cela correspond à la réalité dans tout ce qu’elle affirme…que ce soit dans ce qu’elle nous dit de l’histoire, de l’éthique, de l’anthropologie, de Dieu, des anges, de la création… . Bref cette vision « atomistique » (question d’ordre de foi vs science) que vous proposer au niveau de l’epistemologie biblique est inconnue de la bible elle-même. C’est un nouvel échos du protestantisme libéral.
    Les auteur bibliques savaient ce qu’est un mythe et la réalité , par exemple Pierre nous dit en 2 Pierre 1.16 : « Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais parce que nous avons vu sa majesté de nos propres yeux « . Et ce même auteur nous parlera de Noé en 1 Pierre 3, en effectuant un parralléle avec Jésus. Pierre connaissait son Ancien Testament ! Et il savait que l’histoire de la rédemption qui précédait la venue de Jésus est une réalité historique. On retrouve exactement la même chose avec Paul qui parle d’Adam comme d’un « type » de Christ, et compris dans le langage paulinien, ceci a une connotation historico-rédemptive, et donc historique. Les auteurs bibliques conaissaient la différence entre la vérité et le mensonge, par exemple, pourquoi à plusieur reprises Jean, dans son évangile précise que son témoignage est « vraie ». De plus, vous sous estimez la notion de « tradition orale ».
    Il est légitime bibliquement de parler en parralléle de la « création » et de la « résurrection », car les deux sont liées par une trame historique qui définie notre réalité.
    Les scientifiques chrétiens doivent toujours se poser la questions des « presupposés » qui dirigent leurs conclusions.
    Nous avons effectivement un point de vue différent sur la révélation biblique, mais il n’y en a qu’un qui est vrai. D’un point de vue simplement raisonnable, si vous n’acceptez comme « vrai » ce que la bible dit clairement sur certains sujets, il n’y a aucune raison valable pour l’accepter sur d’autres choses. C’est incohérent de faire de la sorte.

    Je sais que ce débat est trés houleux et emmotionnel, mais il est nécessaire, car il en va de l’intégrité de la réception de la Bible comme « Parole de Dieu ». Car en ce qui vous concerne, le débat n’est pas simplement dans la juste reconaissance des styles littéraires et genres utilisés par les auteurs, mais un refus catégorique d’accepter comme « vrai » ce que la Bible affirme. Ceci est visible dans le fait de rejeter l’historicité du couple primordial comme père et mère de l’humanité, alors que le canon biblique parle d’eux dans différents styles et genres littéraires.

  9. Avatar
    Guillaume Bourin mer 25 Juin 2014 Répondre

    Hello Benoit,

    Il doit y avoir un problème : je n’ai absolument aucune trace des deux commentaires dont tu parles.
    A vrai dire, les paramètres sont définis de telle sorte que dès qu’un commentaire est validé pour une personne, les suivants n’ont plus besoin de l’être.
    Alors si certains commentaires sont passés à la trape, je ne vois pas vraiment d’explication. Mais n’hésite pas à les re-poster.

    Concernant le style littéraire de la Genèse, nous avons récemment publié un article qui devrait t’intéresser : http://leboncombat.fr/genese-1-3-une-lecture-litteraire-litterale-ou-les-deux/

    A bientôt & que Dieu soit avec toi.
    Guillaume.

  10. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mer 25 Juin 2014 Répondre

    Bonsoir Guillaume,

    Merci pour cette réponse amicale. J’avoue que j’ai un peu la flemme de retaper mes commentaires. Je ne sais pas non plus ce qui s’est passé. En tout cas je n’ai pas été censuré ;-)

    Bonsoir Daniel,

    Une réponse brève avant le match de foot!

    Entièrement d’accord avec vous sur ce point
    « Nous avons effectivement un point de vue différent sur la révélation biblique, mais il n’y en a qu’un qui est vrai.  »

    Tous les évangéliques ne partagent pas votre conception de l’innerance biblique, loin s’en faut. Pour éclairer nos lecteurs sur les différentes catégories d’innerances adoptées par nombre d’évangéliques (. Il va sans dire que vous vous identifiez à la version la plus forte:)

    « ◾L’inerrance absolue : la Bible est entièrement vraie, y compris dans son traitement parfois détaillé de l’histoire et de la science. (note personnelle : c’est l’avis des fondamentalistes et des créationnistes, c’est d’ailleurs leur principale motivation et point de départ.)

    L’inerrance « plénière » : la Bible est totalement vraie. Il n’y a pas de différence avec la définition précédente en ce qui concerne les vérités théologiques/spirituelles/religieuses. La compréhension des références historiques et scientifiques est toutefois différente. Ces références sont phénoménologiques, c’est-à-dire telles qu’elles apparaissaient visuellement à ceux qui les décrivaient. Elles contiennent donc des approximations populaires et des généralisations. Pourtant elles sont correctes. Ce qu’elles enseignent est essentiellement correct de la façon dont elles l’enseignent.

    L’inerrance limitée : la Bible est sans erreur et infaillible en ce qui concerne les doctrines nécessaires au salut. On fait pourtant une distinction entre les données non empiriques révélées d’un côté, et les références naturelles empiriques d’un autre côté. Les références scientifiques et historiques reflètent la compréhension courante de l’époque à laquelle elle a été écrite…Dieu n’a pas révélé l’histoire et la science aux auteurs inspirés. Ainsi, la Bible pourrait bien contenir ce que nous pourrions qualifier d’erreurs dans ces domaines. Toutefois, ceci est sans grande conséquence, parce que le but de la Bible n’est pas de nous enseigner la science ou l’histoire. Si on la lit selon sa réelle vocation, la Bible est pleinement fiable et inerrante.

    L’inerrance dans son objectif la Bible accomplit sa vocation sans aucune erreur…C’est une vision pragmatique de la vérité. »

    (Christian Theology, Millard J. Erickson )

    Il y a donc beaucoup d’évangéliques « incohérents », ou alors qui ont pris conscience que nos attentes sur les textes bibliques ne devraient pas être déterminées par la philosophie des Lumières…

  11. Avatar
    Saglietto mer 25 Juin 2014 Répondre

    Bonsoir,

    …le plus important est de souligner ce que la bible revendique d’elle même, les théologiens (moi y compris sont faillibles), mais le débat se doit d’être avant tout exégétiques…et c’est pour cela que votre point de vue n’est pas acceptable. M. Erickson donne un panel des avis, mais qu’est-ce que la Bible, dans son ensemble, revendique d’elle même ? C’est ici que le débat est important, J’encourage vos lecteurs à parcourir par exemple la Théologie Systématique de Wayne Grudem (traduit en Français) sur ce point, ou encore J. calvin. De plus la reconnaissance d’un langage phénomenologique (vision n°2) fait aussi partie d’une hermeneutique reformée, mais elle rejette la dichotomie illegitime en phenoménologie et véracité. Cette dichotomie est d’ailleurs incohérente. Les définitions 2 et 3 sont des échos de la théologie libérale car elle impose une dichotomie en la sphère du salut et la sphère de l’histoire, entre l’expérience spirituelle qui découle de la Parole de Dieu et l’ancrage de la Parole de Dieu dans la réalité. Soit dit en passant Vern Poythress vient de publier un excellent article à propos de ceux qui usent à tort pour appuyer une vision de l’accommodation alors inconnue à Calvin !! Article très édifiant ! (http://www.frame-poythress.org/wp-content/uploads/2014/06/2014Misundertanding.pdf).
    Que le Seigneur puisse vous montrer le danger des propos que vous tenez,
    Ce sera ma dernière intervention,
    En Christ,
    Dan S.

  12. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mer 25 Juin 2014 Répondre

    Merci pour votre participation à la discussion.

    Je suis entièrement d’accord avec vous sur ce dernier point  » le plus important est de souligner ce que la bible revendique d’elle même ».

  13. Avatar
    Marc mer 25 Juin 2014 Répondre

    Ce qu’il y a d’intéressant dans cette affirmation c’est que chaque confession pourra se l’appliquer pour revendiquer le bien fondé du niveau de lecture qu’elle applique. Car qu’est-ce que la Bible sans l’interprétation que l’on en fait ??

    Au risque de choquer, je dirais que restreindre la Parole de Dieu aux pages de la Bible me semble un exercice dangereux qui mène tout droit au légalisme.
    Nous savons bien pourtant que la Parole est plus que des pages imprimées. Une lecture de la Bible sans l’assistance du Saint-Esprit permet-elle d’accéder à la Parole de Dieu ? Ce n’est pas la Bible qui revendique avoir créé le monde visible, c’est la Parole divine. Parole qui se trouve incarnée dans l’Ecriture comme la Parole fut faite Chair en Christ.
    Combien de Chrétiens se battent à coups de versets ? Oserions-nous encore affirmer que dans un tel contexte ces citations soient appelées Parole de Dieu (même si elles émanent de la Bible ?). Que dire de Satan qui tentât Jésus au désert à partir de paroles tirées des Ecritures mêmes ? Les versets dans sa bouche, sont-ils Parole de Dieu ??

    Prétendre de façon péremptoire que la lecture littérale qui par le seul fait de se réclamer d’un absolu est la seule recevable ne tient pas.
    Nous voyons comment selon des contextes différents même la loi n’a pas les mêmes echos. Voir la remarque de Jésus sur le sabbat, David autorisé à manger des pains de proposition (Mc 2:24) etc..

    Le débat qui nous anime est en fait, il me semble, un vrai défit d’humilité dans notre façon de considérer notre accès à la Vérité (et de la tentation de vouloir l’imposer aux autres) et à fortiori dans la manière dont nous approchons les Écritures et ce que nous en faisions. Il y a là certainement un encouragement pour chacun d’aller plus loin que de camper sur des positions bien inconfortables.

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*