Pourquoi faire dialoguer science et théologie?


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Dans une série d’articles, nous survolerons l’excellent livre d’Alister McGrath, malheureusement non traduit en français « Science & religion » une nouvelle introduction. McGrath y aborde de manière très simple et très vivante les grandes questions qui nous préoccupent sur ce blog, en examinant « les aspects historiques, théologiques, philosophiques et scientifiques de l’interaction entre ces deux domaines. »

 

Dans son livre, le mot « religion » signifie la plupart du temps « foi chrétienne ».

Dans son introduction, Mc Grath interroge ses lecteurs

 

« Pourquoi étudier l’interaction entre science et religion ? »

L’influence de la science et de la « religion » dans le monde, et elles paraissent parfois « en guerre » :

« Aujourd’hui, la religion et la science sont deux des forces culturelles et intellectuelles les plus puissantes. Certains scientifiques et certains croyants les considèrent comme se livrant un combat à mort, et cette guerre durera jusqu’à ce que l’une d’entre elles soient définitivement éradiquée. Bien que l’on associe cette tendance avec les scientistes athées dogmatiques, comme Peter Atkins (né en 1940) ou Richard Dawkins (né en 1941), on la trouve aussi chez certains croyants. Par exemple, certains chrétiens et certains musulmans fondamentalistes voient la science comme une menace pour leur foi. Un bon exemple est donné par les critiques de l’évolution faites par les protestants conservateurs, qui considèrent que celle-ci mine les récits bibliques de la création. »

Pourtant McGrath souligne aussi que cette idée d’opposition, bien que tenace dans le grand public n’est pas prise au sérieux par les historiens des sciences, et que la science soulève des questions « qui pointe au-delà d’elle-même et transcende sa capacité de réponse » (Polkhinghorne)

Pour quelles raisons la science et la foi devraient-elles dialoguer, et jusqu’à quel point, pour apprendre l’une de l’autre ?

  • « Ni la science, ni la foi ne peuvent prétendre nous offrir une vision complète de la réalité…La science et la foi opèrent à des niveaux différents, réfléchissant souvent à des questions similaires, mais en y répondant de façon différente. Les historiens suggèrent que à la fois la science et la théologie se perdent quand elles cherchent à être ce qu’elles ne sont pas. »

 

  • « A la fois la science et la religion sont concernées par le fait de donner un sens aux choses. Bien que beaucoup de religions, dont le christianisme, s’intéressent surtout à la transformation de la situation humaine, la plupart proposent une explication du monde. Pourquoi les choses sont-elles telles qu’elles sont ? Quelles explications à ce que nous observons ? Quelle est la « grande fresque » qui donne le sens à nos observations et nos expériences ? Les explications scientifiques et religieuses prennent souvent des formes différentes à propos des mêmes observations. Le plus important : la science essaye de répondre à la question du « comment », alors que la foi au « pourquoi ». La science cherche à clarifier le mécanisme, la foi offre la signification.

 

  • Dans les années récentes, la communauté scientifique a davantage pris conscience des problèmes soulevés par certaines découvertes, et les limites de cette communauté à y répondre. C’est en particulier le cas des questions d’éthique. La science est-elle capable de déterminer ce qui est bien et ce qui est mal ? La plupart des scientifiques affirmeraient que leur discipline est fondamentalement amorale, c’est-à-dire que la méthode scientifique ne s’étant pas aux questions d’ordre moral. Par exemple, Richard Dawkins a confirmé brièvement que «la science n’a pas de méthode pour décider de ce qui est éthique. » (2003)…

Ceci a augmenté l’intérêt dans des approches complémentaires de ces problèmes. Les scientifiques semblent de plus en plus enclins à compléter leur compréhension scientifique du monde avec des approches additionnelles qui permettent et encouragent une appréhension l’éthique, esthétique et spirituelle de leurs approches. »

Brève biographie d’Alister McGrath

Alister McGrath

Alister McGrath a été professeur de théologie historique à l’Université d’Oxford. Il est actuellement professeur au King’s College de Londres. Dans sa jeunesse, McGrath était athée, mais il est devenu chrétien alors qu’il était étudiant à l’Université d’Oxford.

Après avoir étudié la chimie puis obtenu son doctorat en biophysique moléculaire à Oxford, McGrath s’est spécialisé en théologie chrétienne en effectuant une thèse en théologie historique et systématique à Oxford. Aujourd’hui, il est reconnu comme théologien d’envergure mondiale, avec une spécialisation dans les relations entre la science et la foi.


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7 Commentaires

  1. Avatar
    rodolphe (posta01) lun 22 Sep 2014 Répondre

    Cher Benoit,

     » SCIENCE + FOI = CONCEPTION CHRETIENNE DU MONDE  » serait donc l’équation ultime… Moi qui pensait qu’on ne devait pas ajouter des choux et des patates !

  2. Avatar
    Marc lun 22 Sep 2014 Répondre

    yes Rodolphe, on en apprend tous les jours, essaye aussi celle là :

    MAUVAISE FOI – MAUVAISE = FOI

    ;-)

    • Avatar
      rodolphe (posta01) lun 22 Sep 2014 Répondre

      Je n’ai rien à essayer… Ce n’est pas moi qui formule ce genre d’équation débile !

  3. Avatar
    Coco Panache lun 22 Sep 2014 Répondre

    LOLOLOLOLOL

  4. Avatar
    rodolphe (posta01) sam 27 Sep 2014 Répondre

    Oui, pourquoi faire dialoguer science et théologie si ces dernières n’ont rien à dire l’une sur l’autre ? (ce qui n’est pas le cas de la relation science et morale, mais ceci est un autre sujet)

     » Le plus important : la science essaye de répondre à la question du « comment », alors que la foi au « pourquoi »  »
    Faux, hasard et déterminisme suffisent à la science pour faire des prédictions ce qui est suffisant pour affirmer qu’un agent immatériel intentionné n’est pas requis.
    Si certains croient le contraire, c’est leur problème

  5. Avatar
    Marc sam 27 Sep 2014 Répondre

    Mon cher Rodolphe, tu radotes un peu… Mais dans notre grande mansuétude, nous reviendrons bientôt avec une série sur le hasard.

    Je dirais plutôt que le problème est du côté de ceux qui évacuent la question du sens un peu rapidement et qui donnent une définition bien étriqué au mot « réalité » en l’enfermant dans la prison de nos sens.

    • Avatar
      rodolphe (posta01) sam 27 Sep 2014 Répondre

      C’est papy Mouzo… Je ne sais pas qui radote le plus mon garçon !
      Il me semble qu’un article sur le hasard comme moyen d’action de Dieu existe déjà,
      non ???
      Quant à la question du sens, je ne l’évacue nullement. Je constate juste que la science ne nous confirme en rien l’idée d’une Providence qui régirait notre monde.
      Encore une fois, la vie a le sens que nous lui donnons !

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