Peut-on découvrir Dieu dans la nature ? Théologie naturelle vs Révélation naturelle

Auteur : Marc Fiquet
Print Friendly, PDF & Email

 

 

On appelle théologie naturelle l’enquête de la raison naturelle sur l’existence de Dieu(x), indépendamment de toute révélation surnaturelle[1].

Des discussions passionnées ont ponctué les siècles parmi les philosophes et les théologiens sur le fait de savoir si la raison pouvait être un secours valable pour la connaissance de Dieu.

Nous verrons au travers de quelques courts articles, les réflexions que peuvent susciter ce chapitre commun à la philosophie et à la théologie ainsi que les points de contact qu’il possède avec la science.

 

Commençons par défricher le terrain

Si les discussions ont parfois  été animées, c’est qu’il existe de nombreuses manières de positionner le curseur entre raison et révélation (surnaturelle).

Certains ont suggéré qu’il était possible de connaître (ou non) Dieu uniquement par le biais de la raison donc de pouvoir en faire la preuve (ou de le réfuter pour les athées) d’autres insistent sur la révélation et l’incompétence de la raison pour connaître Dieu (fidéistes ou agnostiques), une figure emblématique  de cette position est Karl Barth. Certains occupent des positions intermédiaires où raison et révélation jouent chacune un rôle pour amener à la connaissance de Dieu.

Or dans les discussions, il arrive souvent que l’on confonde théologie naturelle (qui est du  domaine de la raison) avec révélation naturelle. Comme si l’on s’attendait à trouver explicitement et activement une manifestation de Dieu dans la nature. Cela peut être à la base de quiproquos  que l’on peut éviter si chaque interlocuteur sait de quoi il parle quand il engage une discussion à propos de l’existence de Dieu décelable (ou non) dans la nature.

 

Différentier théologie et révélation naturelle

Voici une parabole tirée de l’article « theology and falsification » de 1950 du philosophe anglais Antony Flew qui peut nous aider à différentier théologie naturelle et révélation naturelle.[2]

 « Il était une fois deux explorateurs qui arrivèrent dans une clairière, au milieu de la jungle. Dans cette clairière poussaient quantité de fleurs et de mauvaises herbes. L’un des explorateurs dit : « il doit y avoir un jardinier qui entretient ce coin de terre. » L’autre explorateur n’est pas d’accord : il n’y a pas de jardinier. Ils dressent leur tente pour monter la garde. Mais aucun jardinier ne se manifeste. « Mais il s’agit peut-être d’un jardinier invisible. » Ils installent donc une clôture de fil de fer barbelé. Ils y mettent du courant électrique. Ils patrouillent avec des chiens de garde […] Aucun cri ne suggère jamais qu’un intrus a reçu une décharge électrique. Aucun mouvement du fil de fer ne trahit jamais qu’un homme invisible l’enjambe. Les chiens de garde n’aboient jamais. Mais le croyant n’était toujours pas convaincu. « Il y a un jardinier, invisible, intangible, insensible aux décharges électriques, un jardinier qui n’a pas d’odeur et qui ne fait pas de bruit, un jardinier qui vient en secret pour s’occuper du jardin qu’il aime. » Finalement, le sceptique désespère : « Mais que reste-il de ton assertion première ? En quoi précisément un jardinier invisible, intangible, et éternellement insaisissable diffère-t-il d’un jardinier imaginaire ou même d’un jardinier inexistant ? » »

La théologie naturelle n’attend rien d’autre que des indices, des traces qu’elle interprète pour en déduire l’existence de Dieu.  Alors que la révélation naturelle aurait apporté des preuves plus tangibles de l’existence de Dieu le faisant intervenir activement dans la nature et apportant des bouquets aux explorateurs.

Comme le rapporte l’ouvrage de théologie systématique cité en note, dans la théologie naturelle, c’est l’homme qui est actif et qui cherche à connaître Dieu par la nature, tandis que Dieu reste passif.

Dans la révélation naturelle, Dieu est actif, il s’adresse à l’être humain en se servant d’éléments de la nature (c’est pourquoi on précise révélation naturelle). Dans les Écritures, on voit par exemple Dieu se révéler à Moïse par une éruption volcanique, voir Exode 19:16-18.

 

Il est donc assez clair que dans nos discussions courantes au regard de la nature, nous parlons en général de théologie naturelle et non pas de révélation naturelle.

Nous verrons que si la philosophie après les lumières a déserté ce sujet, il a trouvé un regain d’intérêt au XXe siècle grâce aux découvertes de la science moderne.

 

 

 


Notes

[1]  Paul Clavier, Qu’est ce que la théologie naturelle ?, Vrin, 2004, p 7

[2] Introduction à la théologie systématique, Labor et Fides, Genève, 2008, p. 184-185

Avatar

13 Commentaires

  1. Avatar
    temaro dim 10 Mar 2019 Répondre

     » La théologie naturelle n’attend rien d’autre que des INDICES […] qu’elle interprète pour en déduire l’existence de Dieu.  Alors que la révélation naturelle aurait apporté des PREUVES. »

    > Le problème de cette proposition est sa justification qui assimile INDICE et IGNORANCE comme condition nécessaire et suffisante pour soutenir une thèse.
    Faut-il rappeler que les peuples anciens voyaient les eclipses comme une manifestation du divin…
    Il serait plus honnête, à mon sens, de reconnaitre que la foi ne peut admettre d’autres justifications qu’elle-même.

    • Avatar Auteur
      Marc Fiquet dim 10 Mar 2019 Répondre

      Bonjour Temaro,

      Foi veut dire confiance, la question que pose plutôt la théologie naturelle est est-ce que la nature peut mener à l’éveil de la foi. Ou plus généralement : puis-je parvenir à la connaissance de Dieu par le seul biais des facultés humaines (la raison) sans la manifestation d’une révélation (qu’elle soit naturelle ou spirituelle).

      • Avatar
        Thibault HEIMBURGER lun 18 Mar 2019 Répondre

        Bonsoir Marc,

        Pourquoi ne pas rapporter la fin de la parabole d’Anthony Flew ?
        Je l’ai lue quelque part et elle me semble, de mémoire, particulièrement éclairante et ..belle.

        • Avatar Auteur
          Marc Fiquet mar 19 Mar 2019 Répondre

          Bonjour Thibault,

          Certainement, mais l’idée était juste de faire un zoom sur la différence entre les notions de théologie naturelle et révélation naturelle. Certes à partir des écrits d’un auteur déiste mais cela permet de bien situer la nature du débat.. C’est toujours de savoir de quoi on parle quand on s’engage dans une discussion.

      • Avatar
        temaro mar 19 Mar 2019 Répondre

         » La question que pose plutôt la théologie naturelle est est-ce que la nature peut mener à l’éveil de la foi.  »
        Par définition, la théologie naturelle se définit comme l’étude de la manifestation de Dieu dans la nature. Adhérer à ses thèses suppose donc à minima l’acceptation de cette définition.
        La théologie naturelle est donc un modèle qui postule l’existence de la chose même qui doit être démontrée. On appelle ça une pétition de principe.

  2. Avatar
    Alexis MASSON lun 11 Mar 2019 Répondre

    Bonjour,

    Ce que vous appelez « révélation naturelle » (i.e., « des preuves plus tangibles de l’existence de Dieu le faisant intervenir activement dans la nature »), je l’aurais au contraire appelé « révélation surnaturelle ».

    La théologie naturelle cherche à connaître Dieu à partir de la nature, et traditionnellement, elle considère la nature comme une révélation de Dieu, comme son effet, sa création, d’où l’idée de « révélation naturelle ». La théologie naturelle s’oppose à la théologie révélée, qui s’appuie sur une révélation spéciale, une prophétie ou des Ecritures sacrées.

    La révélation naturelle s’oppose à la révélation surnaturelle, la révélation naturelle conçoit la nature comme révélation elle-même, tandis que la révélation surnaturelle considère ce qui la dépasse.

    Vous proposez des distinctions plus subtiles, je pense qu’il serait mieux alors de proposer une autre terminologie pour éviter les confusions.

    La distinction activité/passivité de Dieu ne me paraît pas être idéale, car la création est bien une activité de Dieu. Si le monde dépend dans son existence de Dieu, il n’a pas d’existence propre qui rendrait Dieu « dispensable » et passif devant celui-ci.

    Dans l’exemple proposé (une révélation de Dieu à travers une irruption volcanique), peut-être faudrait-il parler de « révélation naturelle spéciale », pour la distinguer d’une « révélation naturelle générale », cette dernière s’identifiant traditionnellement à la théologie naturelle ?

    • Avatar Auteur
      Marc Fiquet lun 11 Mar 2019 Répondre

      Bonjour Alexis,

      Merci pour ta remarque, ces définitions ne sont pas de moi, elle s’appuie sur sur l’histoire de la philosophie et de la théologie.

      on emploie en effet aussi le mot révélation pour indiquer que Dieu peut se révéler dans la nature comme dans les Ecritures (on parle par exemple des deux livres de Dieu). Mais attention aux raccourcis et à la confusion des genres. la polysémie des mots ne rend pas la chose facile..

      La théologie naturelle entend explicitement que l’homme par la raison pourrait parvenir à la connaissance de Dieu.

      La théologie naturelle ne peut pas être confondue avec la révélation, c’est même la démarche inverse car en disant « elle considère la nature comme une révélation de Dieu » c’est très paradoxal, car je chercherais à savoir si Dieu existe dans la nature avec le présupposé que Dieu existe..

      Ceux qui considèrent la nature comme révélation de Dieu sont des croyants pas ceux qui sont en quête. C’est d’ailleurs tout l’argumentaire de la théologie de Barth, pour lui, on ne peut connaître Dieu comme créateur que par révélation, pas en observant la nature.

      On ne peut pas dire la théologie naturelle c’est considérer la nature comme une révélation de Dieu car ce serait mettre sur la touche bon nombre de philosophes qui ont pratiqué la théologie naturelle sans reconnaître la révélation, en commençant par Kant.

      D’autre part des théologiens comme Bath reconnaissent la révélation comme moyen unique de Dieu pour s’adresser à l’homme, il n’a pas d’équivalence entre théologie naturelle et révélation, elles s’opposent :
      « La connaissance de la création est connaissance de Dieu, et par conséquence connaissance de foi, [..]. Elle n’est pas une sorte d’antichambre où la théologie naturelle pourrait se donner libre cours. […]Par l’incarnation, Dieu a rendu manifeste et digne de foi qu’il est le créateur du monde. Il n’y a pas deux sortes de révélation » [générale et spéciale !]
      K Barth – Esquisse d’une dogmatique, cerf,1984, p. 74

      Ce n’est pas pour donner raison à Barth que je le reprends ici, c’est pour montrer comment la théologie a pu clairement séparer théologie naturelle et révélation.

      Maintenant dans la pratique, il s’agit de voir comment on est prêt à doser ce mélange entre théologie naturelle et révélation (naturelle ou spirituelle) entre 0 et 100%. Car en effet beaucoup ont avancé que pour croire, il fallait que la foi soit éveillée, que la révélation soit en quelque sorte stimulée par une démarche rationnelle d’où l’intérêt d’une dose de théologie naturelle précédant le secours de la révélation…

      C’est l’objet des articles à suivre.

    • Avatar Auteur
      Marc Fiquet lun 11 Mar 2019 Répondre

      PS:
      j’ai complété la définition en entête de l’article, je me suis aperçu que l’avais mangé la fin de la phrase de Paul Clavier qui avait son importance vu ton commentaire.

      On appelle théologie naturelle l’enquête de la raison naturelle sur l’existence de Dieu(x), indépendamment de toute révélation surnaturelle

  3. Avatar
    him sam 16 Mar 2019 Répondre

    La nature est le « livre saint » du déisme. Elle présente des avantages sur les écritures saintes des religions révélées :
    – tout ce qu’elle « dit » est vrai par définition (car vrai = ce qui est conforme à la réalité, et nature = réalité)
    – elle ne change pas d’avis (au moins à l’échelle de temps de l’existence de l’humanité)
    – elle permet de définir une moralité (si ce n’est pas évident pour vous, je peux relever le challenge d’argumenter cela avec vous)

    A égalité avec les religions révélées se pose le problème de l’interprétation de ce que « dit » la nature. Car même si pour un déiste elle témoigne à minima que la conscience n’est pas un sous produit aléatoire des lois de la nature et que conscience va de paire avec intelligence (au sens de : compréhension de ce dont l’être à conscience), les déistes n’auront pas tous la même « lecture » de ce que « révèle » la nature. L’être suprême est il omniscient ? Omnipotent ? Ou même extraordinairement bon ?. Les déistes ne sont pas tous d’accords.

    Par contre le « livre saint » des déistes présente au premier abords des désavantages par rapport aux écritures sacrées des religions révélés :
    – pas d’indication claire sur l’existence de notre conscience personnelle au-delà de la vie
    – si l’existence au-delà de la vie existe : pas d’indication claire sur les moyens de bénéficier de conditions favorables au cours de cette existence consciente au-delà de vie
    – pas d’indication claire sur ce qui pourrait être important aux yeux de l’être suprême (mais qui nous aurait échappé sans la révélation surnaturelle)

    Les écritures des religions révélées sont par contre riches en indications sur ces trois sujets mais ne sont malheureusement pas d’accords entre elles.

    Cela mènerait trop loin d’argumenter cela aussi je me content d’un petit exemple , la révélation de l’être suprême dans la Bagavad Gita:
     » Celui qui n’agit qu’en vue de Moi, pour qui Je suis l’Être suprême, qui est Mon fidèle dévôt (bhakta), libre de toute attache, qui ne connaît de haine pour aucun être, celui-là, ô Pandava, parvient à Moi « . Et Krhisna établit sans ambiguïté la transmigration des âmes, ce qui conditionne a peu prés tout dans cette religion.

    Heureusement pour identifier l’écriture qui correspond à la vraie révélation il y a la révélation surnaturelle personnelle. Par exemple apparition de Jésus à Paul sur le chemin de Damas ou bien, apparition de Krishna à Arjuna, sous la forme universelle (Vishvarupa). Mais ces révélations sont personnelles pour Paul et Arjuna. Il faut une révélation personnelle pour soi même.

    Un jour un mormon m’as proposé la démarche suivante : « lis le livre de Mormon et demande à Dieu de te révéler de manière surnaturelle dans ton cœur si ce livre est de Dieu ou pas », c’est ce qui avait fonctionné pour lui et je me suis rendu compte en regardant un reportage sur les mormons que c’était une démarche commune proposée pour se convertir éventuellement au mormonisme.

    Mais ce même type de démarche est parfois proposé pour résoudre des problèmes épineux dans le cadre d’un christianisme plus orthodoxe. Par exemple il est peut être important au yeux de Dieu que les femmes aient les cheveux couverts pendant le culte « à cause des anges ». Mais peut être est ce sans grande importance : il y a toute sorte de prêches essayant de sonder le bons sens et les écritures pour établir les risques réellement encouru pour les anges, les femmes ou les maris. Le consensus étant impossible à atteindre la seule solution demeure : obtenir une révélation surnaturelle.

    C’est ce qui a été proposé à ma femme « n’écoutes les conseils de personne et sens toi libre de ne pas porter de foulard mais demande à Dieu de te révéler pourquoi c’est important ».

    On pourra procéder de même pour savoir s’il est réellement important d’éviter de manger du porc et/ou de la vache et des milliers d’autres sujets moraux au yeux de Dieu

    L’ennui c’est que même si cela marche comment être sûr ?

    Pour certains il faut confronter les « révélations » personnelles obtenues directement de Dieu avec les écritures et ne pas desceller de contradictions. La boucle du raisonnement circulaire cher à nombres de croyants étant bouclée il faut trouver autre chose.

    Et c’est là que je voulais en venir et vous proposer une issue avec l’aide d’Anthony Flew :

    Un VRAI chrétien ne saurait recevoir une révélation surnaturelle personnelle erronée.

    NB : Pour celui qui se demande pourquoi «avec l’aide d’Anthony Flew » voir
    https://en.wikipedia.org/wiki/No_true_Scotsman

    • Avatar Auteur
      Marc Fiquet mar 19 Mar 2019 Répondre

      Bonjour Him,

      Que la nature soit le « livre saint » du déisme a pu en effet refroidir certains théistes d’accepter de voir dans la théologie naturelle un cheminement possible pour accéder à la connaissance de Dieu. Nous avons déjà parlé de Barth à ce sujet.

      je suis d’accord avec Flew pour dire qu’un VRAI chrétien ne saurait recevoir une révélation surnaturelle personnelle erronée. Mais il faut rester prudent devant l’interprétation que l’on peut faire de ces soit-distantes multiples révélations et la multiplicité des religions qui éliminerait toute idée de Dieu personnel.

      Celui qui pense que révélation personnelle = je prie pour un sujet X = je reçois la réponse de l’au-delà dans l’instant (ou dans un délai x) est à mon sens sur une pente bien dangereuse qui frise avec le mysticisme.

      Dans cette discussion, on est ouvert à la possibilité de l’existence de Dieu, on se pose la question suivante : Est-il légitime d’en chercher des traces ou même de parvenir à le connaître par la raison via la nature ? Ou est-ce Dieu se manifeste à l’humain seulement au travers un acte de révélation (et tout effort de réflexion s’avère vain) ? Une position intermédiaire est-elle envisageable, l’homme faisant un bout de chemin et Dieu le rejoignant par la révélation ?

    • Avatar
      him sam 23 Mar 2019 Répondre

      Bonjour Marc

      Qu’un « VRAI chrétien ne saurait recevoir une révélation surnaturelle personnelle erronée » se voulait être une boutade évidente si l’on considère ce que signifie le sophisme du « vrai écossais » formulée initialement par Anthony Flew et que l’on nomme aussi « sophisme de l’appel à la pureté ».
      Croire cela pour de bon ne me parait pas très charitable. Je connais quelques chrétiens qui ont crus recevoir des révélations de la part de Dieu qui se sont avérées contredites par la réalité. Ne sont ils plus pour autant de vrais chrétiens ?
      Il semble que tu considères que des chrétiens peuvent se tromper par tentation mystique. Le problème est que celui qui « reçoit » une révélation ne peut pas toujours être sûr qu’il n’est pas victime d’une tentation mystique.
      Les révélations pouvant être contredites par la réalité sont souvent de type prophétiques lorsqu’une prophétie est un peu trop précise. D’autres peuvent concerner la compréhension d’un passage biblique avec l’aide du saint esprit lorsque l’on constate des interprétations contradictoires.

  4. Avatar Auteur
    Marc Fiquet sam 23 Mar 2019 Répondre

    bonjour Him..

    Autant pour moi, je n’avais pas fait le rapprochement entre le début de ton commentaire et la fin ;-)

    Je crois en effet que l’on peut mettre beaucoup de choses derrière le mot révélation, EUREKA en est une aussi en quelque sorte.

    Je comprends les expériences que tu essaies de retraduire mais elle me paraissent mal appropriées.

    En christianisme, Dieu se révèle aux hommes en Jésus-Christ par le Saint-Esprit. C’est Jésus-Christ qui demeure la révélation de Dieu par le mystère de l’incarnation. Dieu ne se rencontre pas directement, mais dans « son humanité ».

    A propos de l’interprétation de la Bible et de la confusion qu’il pourrait y avoir à croire que le Saint-Esprit serait une sorte d’émissaire au service de notre révélation personnelle, voir cet article de David Vincent qui donne un éclairage assez édifiant sur la question.

    http://didascale.com/le-role-du-saint-esprit-dans-linterpretation-de-la-bible/

  5. Avatar
    him dim 24 Mar 2019 Répondre

    Bonjour Marc
    Dans ma jeunesse je me suis intéressé de près à la conscience Khrisna, c’était la mode à cause des Beatles (seul Georges Harisson a conservé la foi). Cette religion met l’emphase sur la révélation personnelle (anubhava) et j’y vois une correspondance forte avec ce que tu me décris. Elle apporte une réponse à la question que tu posais : « Une position intermédiaire est-elle envisageable, l’homme faisant un bout de chemin et Dieu le rejoignant par la révélation ? ».
    Dans la baghavad gita l’homme fait un effort par les yogas et Dieu lui fait grâce de se révéler. Les yogas sont louables (maîtrise du corps (hatha yoga), recherche du savoir (jnana yoga), comportement éthique (yoga de l’action : karma), dévotion (bakti yoga) mais l’accès a Dieu s’obtient uniquement par la grâce accordée par Khrisna. Cela ressemble au fameux « cherchez et vous trouverez ». Mais il faut faire l’effort de chercher.
    Brahma le premier être de l’univers dépité de ne pas comprendre la raison de son existence est entré en méditation pendant quelque milliers d’années pour chercher à comprendre. Malgré ses capacités extraordinaires Brahma a échoué et Khrisna lui a fait grâce et s’est présenté à lui en jouant de la flûte. Peut être la même flûte que Georges Harisson entendait dans son cœur.
    Oui mais comment confirmer une révélation personnelle si elle n’affirme pas quelque chose de vérifiable dans la nature ?

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*