Petit exposé historique : le christianisme et la théorie de l’évolution

Print Friendly, PDF & Email

 

Dans le cadre d’un séminaire de recherche, je devais préparer un petit dossier sur les rapports entre théorie de l’évolution et christianisme.

Dans un premier temps, je présente les enjeux et les points de tensions, puis après avoir examiné l’attitude des deux grandes confessions occidentales (catholicisme et protestantisme) vis-à-vis de de la théorie de l’évolution  et vu comment leurs positions ont évolué au cours du temps, je me concentre sur la situation actuelle dans le monde protestant évangélique francophone.

 

Note du webmaster:
Cet exposé constituant un article de référence, il est classé dans les ressources du site au chapitre « Foi, science et culture contemporaine ».

R_Christianisme_evolutionLire l’article

Avatar

21 Commentaires

  1. Avatar
    Benoit Hébert lun 06 Avr 2015 Répondre

    Un grand merci David de mettre à la disposition des lecteurs de ce blog ton article très instructif, notamment concernant les réactions des catholiques, protestants et évangéliques.

    Nous nous étions fait écho de la controverse entre Henri Blocher (faculté de Vaux sur Seine) et Jean Marc Berthoud de la Faculté d’Aix en Provence, opposé à l’évolution. Les échanges entre ces deux théologiens sont disponibles en ligne.

    http://www.scienceetfoi.com/hommage-retrospectif-au-courage-dhenri-blocher/

  2. Avatar
    Manu mar 07 Avr 2015 Répondre

    Bonjour David,

    Dans votre dossier, vous dites que la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine est plus disposée à accepter la théorie de l’évolution que la Faculté d’Aix-en-Provence :

    « Depuis la fin des années 1980, sous l’impulsion d’Henri Blocher, la faculté de Vaux-sur-Seine a en effet massivement soutenu la théorie de l’évolution. Parmi les ouvrages pionniers, il faut signaler Révélation des origines (1979). Ce soutien s’est poursuivi avec une des disciples d’Henri Blocher, Lydia Jaeger, titulaire notamment d’un doctorat en philosophie des sciences. »

    Permettez-moi de citer un article de Lydia Jaeger :

    « Le problème se trouve aggravé par la doctrine du péché originel, indispensable à la cohérence de la foi biblique. C’est une originalité du récit biblique des origines de distinguer nettement origine de l’être et origine du mal. Théologiquement, cette distinction est capitale : comme Dieu est bon, il ne peut créer que ce qui est bon. Le mal ne peut donc surgir que par l’acte historique d’une créature abusant de sa liberté. Pour un temps, l’homo theologicus a donc dû exister sans péché (et sans mourir), avant de se révolter contre Dieu. D’après Romains 5, cet homo theologicus était (représenté par ?) un individu ; c’est à partir de cet individu que tous les humains sont pécheurs et meurent. » (Lydia Jaeger, La théorie de l’évolution : quelques considérations apologétiques, Théologie évangélique, vol. 8, n° 1 & 2, 2009)

    En disant cela, Lydia Jaeger se montre en effet un disciple fidèle d’Henri Blocher. Les protestants n’ont pas de pape. En théorie. Comment ne pas reconnaître qu’Henri Blocher exerce un véritable magistère théologique sur un grand nombre d’évangéliques francophones ? Un grand nombre de pasteurs ont été formés à la faculté de Vaux et sont de ce fait « blochériens », et donc leurs ouailles aussi, sans le savoir.

    Il faut relativiser les différences entre les deux facultés de théologie, car, que l’on soit à Vaux ou à Aix, le discours scientifique actuel sur les origines de l’homme n’est reçu que dans la mesure où il est jugé compatible avec le dogme, en l’occurrence la doctrine augustinienne du péché originel, « indispensable à la cohérence de la foi biblique ». Comme la philosophie, la science est la servante de la théologie. Il ne faut pas s’étonner que nos contemporains se détournent d’une Eglise qui fait peu de cas de la vérité puisqu’elle n’accepte les vérités scientifiques que sous réserve qu’elles ne remettent pas en cause les dogmes traditionnels. Un peu de science, oui, mais avec beaucoup de tradition, s’il vous plaît…

    • Avatar
      Benoit Hébert mar 07 Avr 2015 Répondre

      Bonjour Manu,

      Je ne réponds pas à la place de David…

      Il est vrai que la « doctrine augustinienne du péché originel » continue d’être défendue, semble-t-il, par ceux qui suivent la pensée de Henri Blocher. J’en parle dans cette série d’article concernant le livre du RSE, « Adam, qui es-tu? »

      J’ai écrit dans un article:

       » Dans une logique concordiste, tout comme Matthieu Richelle ou Henri Blocher, Lydia Jaeger affirme que la Bible nous révèle l’origine commune de l’humanité en Adam, personnage historique, et que cette révélation fait autorité, quelques puissent être les découvertes de la science.

      ◾« Les modélisations indiquent une taille initiale (de la population humaine) de quelques centaines ou milliers d’individus, ce qui est peu comparé au nombre d’humains en vie à toutes les époques de l’histoire, mais bien au-delà du couple unique Adam et Eve de la conception judéo-chrétienne traditionnelle. Faut-il noter ici une zone de tension entre les données bibliques et les modèles scientifiques actuels et attendre que ces derniers changent ? Une telle attitude n’est pas intellectuellement irresponsable, même pour le scientifique, car si nous disposons d’une autre source fiable (en l’occurrence la révélation divine), il est sage de se rappeler le caractère provisoire de tout savoir scientifique. » [6]

      C’est pour moi l’aspect le plus décevant de cette synthèse et le nœud méthodologique de toute cette discussion. En réalité avec un tel raisonnement, il n’y a pas de discussion possible. Le Saint Esprit a révélé que l’humanité descend d’Adam. Quelques soient les découvertes de la science, cette vérité ne peut être contredite. Attendons que la science nous en donne la confirmation. »

      Nous nous apprêtons à publier un livre de Bruno Synnott, membre de notre équipe, sur le péché originel, qui nous l’espérons, apportera des éléments de réflexion différents sur ces questions…

    • Avatar Auteur
      David mer 08 Avr 2015 Répondre

      Bonjour Manu,

      Je pense qu’il faut voir cela en terme … d’évolution :D

      Lorsque l’on regarde la situation d’un point de vue historique, la position de Blocher constitue sans aucun doute un progrès significatif. Il suffit de lire ce qu’écrivait Ruben Saillens, l’arrière grand-père d’Henri Blocher et fondateur de l’IBN, pour mesurer tout le chemin parcouru.

      En dépit des limites que tu soulignes justement, je pense quand même que la prise de position de Vaux-sur-Seine constitue un grand pas en avant pour le protestantisme évangélique français.

      Il faut aussi voir que dans l’histoire, les choses changent progressivement. Accepter la théorie de l’évolution tout en maintenant un Adam historique est déjà un premier pas. Le changement se fera petit à petit.

      • Avatar
        Manu mer 08 Avr 2015 Répondre

        Bonjour David,

        Oui, il nous faut être patients et prudents : il ne faudrait pas risquer de passer pour des pélagiens ou des libéraux. La doctrine du péché originel est dans la chrétienté depuis seize siècles. On peut encore attendre un peu. Mais en attendant le grand aggiornamento de l’Église, ne disons pas que nous sommes chrétiens, disons la vérité : nous sommes augustiniens.

  3. Avatar Auteur
    David mer 08 Avr 2015 Répondre

    Bonsoir Manu,

    En fait je pense que la doctrine du péché originel n’est pas forcément le principal obstacle.
    Aujourd’hui, je lisais justement le précis de doctrine de chrétienne de Ruben Saillens, figure bien connue du protestantisme évangélique français, fondateur de l’IBN (et arrière grand-père d’Henri Blocher), et j’ai été assez surpris mais sa conception du péché originel n’est pas du tout augustinienne. Pour le coup, il était même totalement dans la vision orientale (style Jean Chrysostome).

    il me semble que ce qui pose véritablement problème c’est l’idée, archi-dominante dans le monde évangélique, que l’interprétation littérale de la Bible serait nécessairement la plus fidèle. Je pense qu’en faisant un peu d’histoire de l’exégèse (notamment pour la période antique), on est facilement guéri de cette fausse idée.

    • Avatar
      Manu jeu 09 Avr 2015 Répondre

      Bonjour David,

      Je ne connais pas la conception « orientale » du péché originel qu’avait Ruben Saillens. Pourrais-tu nous en dire plus ? Serait-ce que l’homme, depuis la chute, hérite d’une nature corrompue mais sans culpabilité héréditaire ?

  4. Avatar
    Pascal mer 08 Avr 2015 Répondre

    David,

    j’ai beaucoup aimé cet article, car il représente une belle synthèse de cette problématique du rapport (toujours houleux) entre la théorie de l’évolution et les dogmes chrétiens.

    Pour ma part, après avoir ferraillé quelques semaines sur le site actu-chrétienne avec des créationnistes purs et durs, j’avoue être un peu las de m’entendre traiter de « non-chrétien » ou de « pseudo-chrétien », sous prétexte que je n’adhère pas à leur interprétation littérale de la Genèse, et n’accepte pas de renier ce que je sais de certain de la science, pour me conformer à des croyances archaïques.

    Ton article vient donc pour moi fort à propos, dans ce qu’il démontre que le conflit n’est pas nouveau, et je ne pense être ni le premier, ni le dernier, à me faire traiter de « non-chrétien » (pourtant pour moi, un chrétien est juste une personne qui croit au message du Christ, et surtout en sa victoire sur la mort), par les partisans d’une interprétation littérale de certains textes de l’AT.

    • Avatar Auteur
      David jeu 09 Avr 2015 Répondre

      Bonjour Pascal,

      En ce moment je suis assez pris, mais pendant les vacances d’été j’envisage de faire une série d’articles sur les rapports entre Science et Foi au cours de l’histoire.
      Je pense que les citations proposées t’intéresseront et tu verras qu’à une époque ne pas croire que la Terre était plate, c’était être un hérétique non-chrétien corrompue par la philosophie grecque !
      Comme disait l’Ecclésiaste, rien de nouveau sous le Soleil…

  5. Avatar Auteur
    David jeu 09 Avr 2015 Répondre

    Bonjour Manu,

    Oui c’est exactement cela. La culpabilité n’est liée qu’aux péchés personnels.

    • Avatar
      Manu jeu 09 Avr 2015 Répondre

      Si je comprends bien, Ruben Saillens croyait que, depuis la chute d’Adam, la nature humaine est déchue, corrompue, ou du moins blessée, sans pour autant que l’homme naisse coupable, et que la mort est la conséquence du péché originel.

      Pour ce qui est de la culpabilité héréditaire, Ruben Saillens avait évidemment raison (et Augustin et Pascal tort) : on est responsable ou coupable de ce que l’on fait (ses actions, que l’on choisit), pas de ce que l’on est (sa nature, que l’on ne choisit pas).

      Pour ce qui est de la nature déchue qui aurait une double conséquence, un penchant vers le mal et le fait que nous devons mourir, les acquis scientifiques nous permettent de comprendre les choses différemment aujourd’hui.

      La génétique démontre clairement que notre génome est semblable à celui des grands singes, et pour cause : nous avons des ancêtres communs. Par conséquent, nos comportements sont également semblables (égoïsme de groupe, hiérarchie sociale, luttes de pouvoir, agressivité, libido, etc.), cela est apparu suite à tous les travaux en éthologie (par exemple ceux de Jane Goodall). « Pour la théorie du péché originel aussi, ces travaux vont nous obliger à tout revoir et à tout repenser, car ils nous montrent ce qui dans l’Homme est un héritage animal, et non pas du tout le résultat de ce que certains théologiens ont appelé la nature déchue. » (Claude Tresmontant, Problèmes de notre temps, ŒIL, 1991, p. 70). Il est vrai que nous naissons égoïstes (instinct vital), mais ni plus ni moins que tous les autres êtres vivants. La différence entre eux et nous, c’est que notre conscience nous permet d’entrer en relation avec notre Créateur et de nous laisser transformer pour « devenir enfants de Dieu » (Jean 1,12).

      « En ce qui concerne la condamnation à mort ou la mort comme punition du péché, les scientifiques montrent que la mort est née avec la reproduction sexuée, qu’elle correspond à une nécessité naturelle et non à une faute héréditaire : les anciennes générations doivent nécessairement laisser place aux nouvelles. » (Entretien avec Jean Delumeau », Études, n° 5/2004, tome 400, p. 694).

      Pécher, vivre dans le péché, c’est vivre sans Dieu, et par conséquent mourir sans Dieu. C’est cette mort sans Dieu, sans espérance, qui est la conséquence du péché. Ce n’est pas la mort physique en elle-même qui est la conséquence du péché, c’est la mort sans Dieu, loin de Dieu.

      Il ne faut pas blâmer nos prédécesseurs, mais il ne faut pas non plus répéter comme des perroquets ce qu’ils disaient. Si Ruben Saillens disposait des connaissances que nous avons aujourd’hui, maintiendrait-il la doctrine du péché originel ?

      • Avatar
        rodolphe (posta01) jeu 09 Avr 2015 Répondre

        Cher Manu,

        Vous dîtes:
        « Pécher, vivre dans le péché, c’est vivre sans Dieu, et par conséquent mourir sans Dieu.
        C’est cette mort sans Dieu, sans espérance, qui est la conséquence du péché. »

        Ce serait donc pêcher que de ne pas croire ?
        Quel jugement pour le moins péremptoire envers tous les non-croyants.
        Par ailleurs, je vous rassure, la vie s’en sort très bien toute seule sur Terre depuis plus de 3 milliards 500 millions d’années alors même que notre espérance d’une vie après la mort ne fut jamais requise !
        Ne pensez-vous pas que le pêché réside plutôt dans l’intolérance caractérisée par le fait de juger l’autre parce qu’il ne partage pas les mêmes croyances ou opinions ?
        Merci pour votre réponse.

        • Avatar
          Marc jeu 09 Avr 2015 Répondre

          Cher Rodolphe, Pécher est un terme biblique qui ne s’applique qu’à l’homme et à son état de conscience, étymologiquement : « manquer la cible ».

          • Avatar
            rodolphe (posta01) jeu 09 Avr 2015 Répondre

            Marc,
            Merci pour le rapoel etymologique mais mon comlentaire ne t’etait pas adressee me semble-t-il !
            Donc, pour que ma remarque garde tout son sens il suffira pour les puristes de remplacer avantageusement « pecher » par « manquer sa cible ».
            Qu’est-ce que ca change ?

            • Avatar
              Manu jeu 09 Avr 2015

              Rodolphe,

              Que veut dire croire ou ne pas croire ? De quel dieu/Dieu parle-t-on ? J’aime beaucoup la question que pose le père Stan Rougier dans son livre Puisque l’amour vient de Dieu : « De quel Dieu les athées sont-ils athées ? » En ce qui me concerne, je suis athée à l’égard de Jupiter, d’Odin, de Vishnou, etc., la liste serait longue… Je suis aussi athée à l’égard d’un Dieu qui prédestinerait certaines de ses créatures à la béatitude éternelle et d’autres à la damnation. Je suis encore athée à l’égard d’un Dieu qui aurait réclamé un sacrifice humain pour que les hommes soient sauvés.

              Je ne sais pas quelle conception de Dieu vous avez, mais si elle est mauvaise, vous avez raison de ne pas croire en ce Dieu-là. Cela dit, il me semble que l’homme devrait s’interroger sur l’Univers et se demander si les lois de la nature ne supposent pas un Législateur, se demander s’il n’y aurait pas un Créateur derrière tout ça.

              Si mon propos sur le péché et la mort vous a choqué, j’en suis désolé, mais de deux choses l’une : soit Dieu n’existe pas, donc le péché non plus, et ce que j’ai écrit est insignifiant ; soit Dieu existe, et alors toute personne consciente de Son existence devrait normalement se tourner vers son Créateur. Ne pas le faire, ce serait manquer le but de la vie humaine, autrement dit pécher, vivre indépendamment de Dieu, mais aussi mourir sans Dieu.

              Mais qui serais-je pour vous reprocher de ne pas croire en Dieu ? Je ne suis pas votre juge, je suis votre frère.

            • Avatar
              rodolphe ven 10 Avr 2015

              Bonjour Manu,

              Je vais essayer d’être complet mais bref car je n’ai pas trop de temps pour le moment.

              Vous commencez par la question suivante:
               » Que veut dire croire ou ne pas croire ? De quel dieu/Dieu parle-t-on ?  »
              Je pense que la réponse à cette question implique déjà le fait d’admettre que toute notion de divinité est par définition invérifiable dans le monde réel. (en épistémologie, on dirait indécidable, c’est à dire ni démontrable ni réfutable)
              Cette notion est à distinguer du théorème d’incomplétude de Godel qui énonce qu’il existe des propositions vraies (car vérifiables) mais indémontrables.
              Par conséquent, ainsi défini l’objet de sa croyance, on peut affirmer qu’en ce sens, croire, c’est tenir pour vrai, être persuadé de la réalité de quelque chose qui précisément n’appartient pas au réel, même une partie de ce réel que nous ne connaissons pas encore.
              C’est en quelque sorte donner du sens à quelque chose qui n’a pas de sens ! Conclusion provoquante pour un croyant mais néanmoins extrêmement logique.

              Vous enchaînez avec:  » L’amour vient de Dieu.  »
              Non, l’amour vient de la vie, comme tous les sentiments que nous éprouvons et qui sont loin d’être le propre de l’homme si on considère les récentes découvertes en éthologie et aussi en neurosciences.

              « De quel Dieu les athées sont-ils athées ? »
              Ils sont athées de tous les dieux possibles, c’est à dire ceux que vous évoquez plus un: le Dieu de la Bible.

              « Je ne sais pas quelle conception de Dieu vous avez… »
              Celle d’un concept indécidable sur lequel on ne peut dire et par conséquent inutile.

               » il me semble que l’homme devrait s’interroger sur l’Univers et se demander si les lois de la nature ne supposent pas un Législateur.  »
              L’autre alternative qu’un législateur est celle qui consiste à produire une théorie de la gravité quantique.

              Au plaisir de vous lire.

            • Avatar
              Manu ven 10 Avr 2015

              Bonjour Rodolphe,

              Une précision : « Puisque l’amour vient de Dieu », ce n’est pas une formule que j’aurais exprimée, c’est le titre d’un livre de Stan Rougier (5e éd., Desclée de Brouwer, 2007) dans lequel il pose la question « De quel Dieu les athées sont-ils athées ? ».

              Pour vous, Dieu est « un concept indécidable sur lequel on ne peut [rien] dire et par conséquent inutile. » Mais si on ne devait parler que de ce qui est décidable comme 2+2=4, nos discussions seraient assez pauvres… Comme le dit souvent André Comte-Sponville, nul ne sait si Dieu existe ou non. Certains croient qu’il existe, d’autres croient qu’il n’existe pas. Certains croient qu’un Créateur existe, d’autres croient qu’un multivers existe. Nous sommes tous des croyants ! « Lorsque l’on croit de la foi la plus ferme que l’on possède la vérité, on doit savoir qu’on le croit, non pas croire qu’on le sait. » (Jules Lequier)

  6. Avatar Auteur
    David jeu 09 Avr 2015 Répondre

    Vu son caractère, je pense que oui :D

    Les Pères de l’Eglise, au moins certains d’entre eux, avaient beaucoup moins de mal à prendre en compte les connaissances de leurs temps que les théologiens évangéliques contemporains. A la limite, je dirais que si Augustin avait eu les connaissances scientifiques de notre époque, il n’aurait peut-être pas formulé la doctrine du péché originel.

    De la même façon, je pense que beaucoup de Pères n’auraient eu aucun problème avec l’idée d’un Adam non-historique, je pense que certains d’entre eux, notamment chez les Alexandrins, n’étaient d’ailleurs pas très loin.

  7. Avatar
    rodolphe (posta01) sam 11 Avr 2015 Répondre

    Bonjour Manu,

    Oui, effectivement, la notion d’indecidabilite en epistemologie (theorie de la connaissance) etablit une distinction entre croyance et hypothese. Vous evoquez Andre Comte Sponville et son affirmation que le concept de multivers serait une croyance parmi d’autres. C’est mal comprendre la demarche scientifique que d’affirmer cela. Le multivers n’est rien d’autre qu’une consequence theorique de la mecanique quantique appliquee a la gravite. Cette observation suffit pour faire de la gravite quantique un objet d’etude scientifique de premier ordre.
    Si maintenant on souhaite parler de la pluie et du beau temps, de politique, d’art, de justice, de morale ou encore de spiritualite, on quitte le terrain de la connaissance objective pour celui des valeurs, de l’opinion individuelle ou collective.
    Je ne dis pas pour autant que toutes les opinions se valent dans la mesure ou souvent, il est possible d’evaluer les consequences plus ou moins benefiques d’un choix en particulier.
    C’est vrai en politique ou encore dans le domaine de la justice mais je doute par exemple que la couleur rouge soit plus belle que la couleur bleu, tout comme je doute que le Dieu chretien soit plus reel que les divinites nordiques !
    J’aime bien cette citation de Jules Lequier. Nombreux sont les croyants qui devraient la mediter.
    Au plaisir.

  8. Avatar
    Marc sam 11 Avr 2015 Répondre

    Bonjour Rodolphe,

    Si je peux me permettre, c’est l’approche épistémologique que je t’invite à méditer ! Via une figure reconnue telle que Bernard d’Espagnat par exemple.
    Mettre au même niveau les goûts et les couleurs avec la religion c’est un raccourci que peu voire pas de penseurs sérieux n’oseraient faire !

    C’est ce que la philosophie appellera le problème de vérité, sujet déjà abordé brillamment par Aloïce Touzet en son temps.. http://www.scienceetfoi.com/le-probleme-de-la-verite/

    Quant aux théories que tu cites, aucune ne remet en question le théisme, elles sont toutes compatibles avec une conception intelligente à l’origine des lois de l'(ou des) univers.

    • Avatar
      rodolphe (posta01) sam 11 Avr 2015 Répondre

      Oui Marc. tu cites Bernard d’Espagnat comme une figure reconnue…
      Mais certainement pas pour ses liens avec l’IUP (Institut Universitaire de Paris) en tant que membre, lequel institut, sous l’impulsion de Jean Staune, ne cache pas ses relations avec le Discovery Institut ou encore l’ICR (Institut for Creation Research)
      Le personnage est en tous cas bien mal choisi pour inviter a une epistemologie qui ne peut s’exercer que dans l’abstinence metaphysique.
      Quant au « probleme de la verite », Aloice Touzet a la prudence de rappeler le caractere purement descriptif de son article.
      J’attends toujours une suite a cet article.
      Enfin, tu evoques la compatibilite des differentes theories quantiques de la gravite avec une conception intelligente.
      Absolument… Tout comme la pratique du velo est compatible avec l’informatique.

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*