Objection 9 : « La théorie de l’évolution implique que l’homme n’est pas plus spécial qu’un chimpanzé, un lézard, une fourmi, une bactérie. Ceci est donc incompatible avec une humanité créée à l’image de Dieu. »



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« Je suis en désaccord avec cette implication. Ce que nous sommes au final ne dépend pas de la manière dont nous avons été créés. Le fait que nous ayons un lien proche avec nos prédécesseurs animaux ne minimise en rien notre rôle aux yeux de Dieu. Nous sommes ses représentants sur Terre parce qu’Il l’a déclaré, pas à cause de ce que nous sommes. L’évolution biologique ne remet pas en question la vision chrétienne de l’identité humaine, notre relation à Dieu, ou notre mandat au milieu de la création divine. » Steve Martin

La théorie de l’évolution ne peut pas nier ni confirmer la nature spirituelle de l’homme. J’y crois en tant que chrétien sur la base de ma foi, la science ne peut rien m’en dire!

« Bien que l’humanité soit petite par rapport à la taille de l’univers, la grandeur  de la création n’est pas là pour nous rabaisser mais pour proclamer l’immensité de l’amour de Dieu (Psaumes 104:11-12) et l’étendue de ses promesses (Genèse 15:5). Notre valeur est basée sur notre statut devant Dieu, pas sur notre taille physique ou notre singularité. De plus, Dieu a choisi de s’incarner dans un être humain, pour revêtir notre nature humaine… Cet acte à lui seul donne de la valeur à l’humanité. “Or voici comment Dieu, lui, met en évidence son amour pour nous : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs.” (Romains 5:8)

… Notre valeur dépend-elle du fait que nous partageons un ancêtre commun avec les grands singes? Dieu a fait quelque chose pour l’humanité qui va bien au-delà de ce qu’il a fait pour les autres espèces. Notre valeur à ses yeux est indéniable, indépendamment de ce que nous découvrons sur la méthode choisie par Dieu pour nous créer. » Loren et Déborah Haarsma, Origins


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7 Commentaires

  1. Michel ven 23 Juil 2010 Répondre

    bonjour,
    pour commencer, je tiens à spécifier que dans ma vision personnelle évolution et création peuvent très bien cohabiter, et qu’il me paraît impossible de faire régner l’une sur l’autre.
    Il y a pourtant quelque chose qui me bloque dans la théorie de l’évolution comme énoncée ci-dessus:
    Dieu a effectivement choisi l’être humain pour être son image. Mais alors, à quel moment de l’évolution, à quelle étape s’est-il décidé pour ce changement? Quels sont les éléments qui nous permettent, dans un système évolutif, de considérer qu’auparavant l’être n’était qu’animal, et que le Créateur ait subitement modifié une branche de l’évolution pour donner à cet animal son image et ainsi le faire humain ?
    Cette notion d’un pré-humain et de l’humain actuel implique une transformation. Or cette notion de « changement de parcours » de Dieu n’est pas présente dans la Bible. La création, sous son aspect global n’a pas été modifiée depuis son début. Ceci contreviendrait à mon avis à la « stabilité » de Dieu.
    Michel

    • Auteur
      benoit hebert sam 07 Août 2010 Répondre

      bonjour Michel,
      merci d’avoir été patient. Votre question est très pertinente et je n’ai pas de réponse simple, seulement des pistes de réflexion. Il faudrait d’abord définir précisement ce qu’est l’image de Dieu dans l’homme, certainement pas une caractéristique physique, mais plutôt un mode spirituel de fonctionnement et une capacité à communiquer avec Dieu. Dieu est-il intervenu miraculeusement pour que cette capacité apparaisse ou bien s’est-il servi d’un processus graduel? Très franchement, je n’en sais rien et j’ignore si nous aurons un jour la réponse. Ce qui compte, c’est résultat! je me permet de traduire deux paragraphes de Evolutionary creation de Denis lamoureux qui devrait vous interresser.

      Si nous ignorons exactement quand l’image de Dieu et le péché sont entrés dans le monde, alors cela signifie que ces caractéristiques n’existent pas!
      Nous devons replacer cette objection dans le contexte de l’analogie entre le développement embrionnaire et l’évolution. Puisque nous ne savons pas quand chacun de nous commence à porter l’image de Dieu et quand exactement nous devenons pécheurs, alors cela signifie que ces caractéristiques spirituelles n’existent pas. Bien entendu, aucun chrétien n’accepterait une telle affirmation.Le fait que la Bible ne nous révèle pas quand chacun d’entre nous commence à manifester ces composantes métaphysiques ne remet pas en cause leur réalité. Le polygénisme graduel affirme que l’image de Dieu et que le péché de l’homme sont deux réalités spirituelles non négotiables.

      Si les caractéristiques spirituelles de l’homme ont émergé au travers d’un nombre incalculable de générations, alors la destinée éternelle des créatures de « transition » aujourd’hui disparues est problématique.
      Déterminer la destinée éternelle de n’importe qui reste le privilège de Dieu, pas le notre. La encore, le développement dans le sein maternel nous donne un éclairage utile. A peu près 50% des oeufs fertilisés finissent en fausse couche. Quel est leur statut éternel? C’est une autre bonne question, mais qui demeureura clairement un mystère. De même, la destinée éternelle d’êtres éteints; dont certains semblent exprimer des comportement religieux, est au delà de la compréhension humaine et n’est en fin de compte pas un problème au polygénisme graduel.

  2. Yogi mer 01 Sep 2010 Répondre

    Bonjour,

    Bravo tout d’abord pour ces multiples réflexions et analyses.
    Une question cependant me paraît importante et je n’ai pu la retrouver sur le site : celle de l’existence réelle (ou non) de Adam et Eve, et son impact sur la doctrine du péché originel.

    Il me semble en effet que la théorie de l’évolution et nos connaissances anthropologiques ne sont pas compatibles avec l’idée que toute l’humanité actuelle serait la descendante d’un couple unique composé de deux vraies personnes physiques. Les raisons en sont entre autres qu’une espèce ne peut apparaître sous la forme d’un couple unique mais nécessairement en tant que population entière, et qu’aussi la question serait alors de savoir ce qu’il serait advenu des descendants des couples contemporains d’Adam et Eve.

    Mais si l’on admet que ce couple est « symbolique », sous quelle forme le péché originel a-t-il pu alors se produire ? S’il s’agit ici de centaines ou de milliers d’homo-sapiens primitifs qui ont tous fait, en toute conscience, le choix du péché entraînant l’humanité entière dans leur chute ? Sous quelle forme Dieu a-t-il pu proposer ce choix, pour qu’il aboutisse à un rejet aussi unanime ? Et si ce choix, pour être aussi inacceptable, était de fait biaisé, peut-on dire alors que Dieu a véritablement laissé le libre arbitre à l’être humain, ou bien qu’il l’a en quelque sorte « volontairement » précipité dans la chute ?

    Pourriez-vous nous donner votre éclairage sur cette question ?

    Merci d’avance

    • Auteur
      Benoit HEBERT mer 01 Sep 2010 Répondre

      Bonjour Yogi,
      je suppose que vous avez lu l’article de Darrel Falk à propos de l’origine de la race humaine et du polygénisme.
      http://www.scienceetfoi.org/2010/07/27/la-genetique-nous-montre-t-elle-que-l%e2%80%99humanite-descend-d%e2%80%99un-premier-couple-unique/

      La question que vous posez est pour moi le problème théologique le plus sérieux posé par l’évolution, beaucoup plus difficile à résoudre que l’entrée de la mort dans le monde.

      J’ai une certitude: le péché est une réalité, certainement la doctrine de la Bible la plus facile à démontrer lorsqu’on regarde l’état de l’humanité autour de nous et lorsqu’on a le courage d’affronter ses propres fautes!

      J’ai une autre certitude: le péché est effectivement entré dans le monde et il n’est pas un simple sous produit de l’évolution mais il est la conséquence d’un choix collectif et individuel de tous les hommes. sans cette certitude, la notion de salut n’a aucun sens, la mort et la résurrection du Christ non plus et le jugement dernier non plus.

      Sur les modalités d’entrée du péché dans le monde, ma position est très proche de Denis Lamoureux: c’est un mystère théologique au même titre que d’autres mystères théologiques (la trinité, la naissance virginale de Jésus…)

      Ceci dit, des théologiens évangéliques réfléchissent très sérieusement à ces questions. Je vous mets ici en lien deux articles.
      Une discussion pointue sur cette question entre 4 théologiens

      http://www.scribd.com/doc/13459608/Evolution-and-Original-Sin

      un article plus accessible

      http://www.scibel.com/scibel/materials_questions%20-%20did%20adam%20and%20eve%20really%20exist.html

      j’espère que vous lisez l’anglais. Sinon, nous reparlerons de ces questions sur le blog

      • Yogi jeu 02 Sep 2010 Répondre

        Merci Benoît pour cette réponse. Non je n’avais pas vu l’article de Darrel Falk ni les intéressants échanges auquel il a donné lieu, et j’ai lu également les liens que vous m’avez fournis : je vois que ce sujet a en effet déjà reçu une large attention de votre part !

        Le problème en tous cas semble encore très ouvert. De plus, les diverses discussions citées ne m’ont pas paru aborder le sujet sous l’angle du libre arbitre : je suis toujours troublé par l’aspect de « guet-apens » que peut revêtir l’Arbre et l’avertissement de Dieu à Adam, en tant que condition posée par le Créateur à Sa propre créature, alors qu’on peut supposer qu’Il en connaît les processus mentaux voire les choix finaux avant Adam lui-même.

        Ainsi si l’on pose que l’homme a été créé par Dieu véritablement libre et maître de son destin, et que la présence de l’Arbre et l’avertissement divin constituaient un choix véritablement libre, je peux admettre que face à ce choix, un seul individu particulier, Adam, ait hélas choisi de désobéir (à la grande surprise de Dieu peut-on penser, ce qui me semble poser le problème de l’omniscience mais passons).

        Alors que si ce choix funeste a finalement été le fait unanime de nombreux individus, ou s’il s’agit d’un choix « symbolique » effectué par l’humanité dans son ensemble, il me semble alors plus difficile de dédouaner le Créateur de toute responsabilité dans le fait que Sa création choisit le Mal, et que tous les modèles de Sa gamme présentent le même défaut, si je puis m’exprimer ainsi.

        Mais il semble que le sujet soit loin d’être épuisé … Je vous félicite en tous cas pour la rigueur que vous apportez à ces travaux !

      • Yogi jeu 02 Sep 2010 Répondre

        PS : et selon moi ce mystère théologique est d’une autre trempe que la trinité (car après tout que savons-nous de la notion « d’identité » au niveau de Dieu ?) ou que la naissance virginale de Jésus (laquelle ne requiert me semble-t-il « que » un miracle ponctuel).

        • Auteur
          benoit hebert ven 03 Sep 2010 Répondre

          Après réflexion, je suis d’accord avec vous et j’ai fait cette comparaison des « mystères » trop rapidement. Je voulais surtout illustrer le fait que certaines question sont à la limite de ce qu’il est possible à l’homme de saisir, même s’il nous appartient de repousser toujours plus cette limite, que ce soit par la science, la philosophie ou la théologie.

          C’est la raison pour laquelle nous avons mis en devise du site science et foi une citation de Francis Bacon :
          Pour conclure : que personne, sur la base d’une conception peu solide de la tempérance ou par une modération appliquée là où elle n’a pas lieu d’être, ne pense ni ne soutienne qu’un homme peut pousser trop loin ses recherches, ou être trop versé dans l’étude du livre de la parole de Dieu ou dans celle des œuvres de Dieu, c’est-à-dire en théologie ou en philosophie (science). Au contraire, que les hommes entreprennent d’avancer ou de progresser indéfiniment dans l’une ou dans l’autre ; qu’ils prennent seulement garde à mettre en pratique l’une ou l’autre en vue de la charité et non de l’orgueil, en vue de leur utilité et non de l’ostentation ; et enfin que, dans leur manque de sagesse, ils ne mêlent ni ne confondent ces deux savoirs imprudemment.»
          Extrait de Du progrès et de la promotion des savoirs (Francis Bacon), cité par Darwin en épigraphe de l’Origine des espèces.
          En ce qui concerne le libre arbitre de l’homme et la prescience de Dieu, votre question me fait penser aux éternels débats entre calvinistes partisans de la prédestination et arminiens mettant en évidence le libre arbitre de l’homme. Je pense d’ailleurs que ces deux points de vue ne sont pas irréconciliables.

          Un ouvrage de théologie systématique est devenu une référence et j’y puise souvent des réflexions sur ces questions. Il s’agit de Christian Theology de Millard J. Erickson. Il aborde la question que vous posez dans plusieurs chapitres, et donne quelques pistes tout en étant bien conscient que le problème du mal n’a pas reçu et ne recevra peut-être jamais de solution totalement satisfaisante pour l’entendement humain.

          Quelques extraits glanés ici ou là :

          « Une question importante est celle de savoir comment le péché a pu apparaître la première fois. Si les humains ont été créé bons, ou tout au moins sans nature mauvaise, faits à l’image de Dieu, et si la création a été qualifiée de très « bonne » (Gen 1 :31), alors comment le péché a-t-il pu apparaître ? Qu’est-ce qui a pu le motiver ?…Une force mauvaise était présente dans la création (Satan, l’ange déchu), et son appel les a poussé à pécher.
          Mais ceci ne fait que repousser le problème d’un cran…Comment les anges bons…ont-ils pu pécher en premier ?…Dieu n’a-t-il pas été l’auteur de ce péché, n’en est-il donc pas responsable et pour les autres péchés qui ont suivi ?
          Cette façon de penser est caractéristique d’une mauvaise façon de comprendre la nature du péché, une supposition qu’il faut qu’il existe une sorte de substance nécessaire pour que le péché puisse se manifester. On pourrait l’appeler la « théorie du germe » du péché : il faut « l’attraper » ou en être « infecté » pour pécher. Mais il n’est pas nécessaire d’être en contact avec quelqu’un qui s’est cassé un os pour être victime d’une fracture ; il est simplement nécessaire de se tordre un membre d’une mauvaise façon. De même, le péché se manifeste lorsque la relation avec Dieu et la volonté d’une personne sont tordues de la mauvaise manière, lorsque la mauvaise des deux possibilités est actualisée.
          Pour que les hommes soient vraiment libres, il faut qu’il y ait un choix. Le choix d’obéir ou de désobéir à Dieu. Dans le cas d’Adam et d’Eve, l’arbre de la connaissance du bien et du mal symbolisait ce choix. La tentation du serpent faisait appel à des désirs qui n’étaient pas mauvais en eux-mêmes, mais qui pouvaient s’exprimer et s’actualiser de la mauvaise façon (en désobéissant à Dieu)…

          Il est clair que Dieu n’a pas créé le péché. Il a simplement pourvu aux options nécessaires pour la liberté de l’homme, options qui pouvaient être le péché….Bien sur, certains objecteront que Dieu aurait pu empêcher que le péché ne se produise, ou même la possibilité qu’il en soit ainsi. »

          Erickson traite aussi ces questions, j’en reparlerai dans mon prochain commentaire.

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