Non démontrées, les connaissances sont des croyances

plongeoir
Posté par ROGER LEFEBVRE
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Quand on réfléchit à ce qui oppose ou rapproche la science et la foi chrétienne, on se trouve tout naturellement amené à considérer ce qui différencie une connaissance d’une croyance. Et pas seulement dans le domaine de la religion, car nous avons tous acquis certaines connaissances et, d’une façon ou d’une autre, nous cultivons tous certaines croyances. C’est, par exemple, ce qui oppose la médecine allopathique de la médecine homéopathique. La première accuse la seconde de n’avoir d’autres résultats que l’effet placebo, et la seconde fait valoir son efficacité sur les animaux et les nourrissons qui, par définition, demeurent insensibles à la méthode Coué… Et chacun d’avancer ses preuves !

 

À la question désabusée de Pilate qui lui demandait : « Qu’est-ce que la vérité ? » Jésus avait anticipativement répondu en affirmant : « Je suis le chemin, la vérité et la vie : nul ne vient au Père que par moi ! » Affirmation péremptoire que Mahomet mettra en question quelques siècles plus tard en alléguant : « À toi, ta religion et à moi, ma religion… » Sous-entendu : « Et ne compte pas m’en faire changer ! » Si bien que le relativisme contemporain a cru mettre tout le monde d’accord en proclamant « À chacun sa vérité ! » Hélas, prétendument conciliante, cette formule ne fait qu’ajouter une croyance à toutes les autres !

 

Certains profiteront sans doute de tels exemples pour dire qu’il n’existe pas de vérité objective, même scientifique, puisque – autre exemple – ce qui est vrai en physique quantique ne l’est plus pour la relativité générale et inversement. Le scepticisme systématique est ainsi devenu le refuge pseudo-intellectuel, et donc honorable, pour les ignorants. Surtout pour qui veut garder la face dans un monde en pleine mutation, où rares sont ceux qui arrivent encore à suivre le mouvement. Mais qu’on se rassure, ces quelques réflexions ne comptent pas faire appel à autre chose qu’au bon sens commun.

 

Prenons donc un exemple « tout bête » : chacun « sait », aujourd’hui, que la terre est sphérique et tourne sur elle-même en 24 heures. Mais qui est capable de démontrer que notre terre est une sphère ? Or – et c’est le titre de cet article – si je ne suis pas capable de démontrer ce que j’affirme, ce n’est plus une connaissance, mais tout simplement une croyance. Certes, une croyance peut être une vérité, mais – par définition – pour qu’elle devienne l’une de mes connaissances, je dois être à même de la démontrer.

Si bien que confronté à un illuminé – souvent un « complotiste » – qui prétend que la terre est plate, je n’aurai rien d’autre à opposer à sa croyance que ma propre croyance ; et nous voici enfermés dans une discussion aussi idiote que surréaliste ! Et si, en plus de cela, nous sommes chrétiens tous les deux, nous allons discréditer la Bible aux yeux de ceux qui nous écoutent, en cherchant – vainement ! – dans ses pages, les arguments censés justifier nos divergences de croyants attachés à « la seule vérité qui vaille la peine en ce bas monde »… La situation devient franchement kafkaïenne !

 

C’est dans de telles situations, loin d’être exceptionnelles, que la science peut vraiment venir au secours des chrétiens qui prétendent défendre leur foi avec un minimum de bon sens. Mais il arrive qu’ils ne puissent pas faire valoir les arguments scientifiques qu’ils savent exister, mais qu’ils ne peuvent présenter par eux-mêmes. C’est ici que renvoyer leurs interlocuteurs vers des chrétiens qui peuvent les faire valoir pour eux – tel le site de Science & Foi – devient le gage d’une défense cohérente de la foi chrétienne.

 

En général, la première réponse du croyant « scientifique » consulté ne sera pas celle que l’on attend. Car le plus souvent, la priorité consiste à « rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »… Entendez : rendre à la science ce qui relève de son domaine et non de celui de la religion ; et rendre à la foi ce qui appartient à la foi et non au domaine de la science. Ainsi, l’existence de Dieu relève du domaine de la foi, puisqu’elle implique une relation en Christ qui est de nature clairement spirituelle et qui, de ce fait, échappera toujours à toute démonstration scientifique. D’ailleurs, s’il est quelque peu honnête, même un athée devrait admettre qu’un Dieu « démontrable » n’aurait plus rien de commun avec le concept de « foi » défendu par les chrétiens. En général, on constate que mettre ainsi les choses à leur place suffit déjà à éviter bien des débats hors propos.

 

Encore faut-il accepter l’idée que le principe est valable dans les deux sens. En voulant prouver « scientifiquement » que la terre n’a que six mille ans, certains chrétiens sincères se laissent subjuguer par des scientifiques chrétiens qui versent dans la confusion inverse de celle qui vient d’être dénoncée et qui les contraint à une sorte de schizophrénie intellectuelle. D’une part, ils ont en main tous les arguments scientifiques conformes au consensus interdisciplinaire pour confirmer l’âge réel de la terre : quatre milliards cinq cent soixante millions d’années. Et d’autre part, ils utilisent essentiellement un raisonnement prétendument « biblique » pour « prouver » que la terre n’a que six mille ans. Il est vrai que ces arguments s’appuient parfois sur l’une ou l’autre étude de caractère vraiment scientifique, mais toujours des études de niche, relevant plus de la recherche que de la découverte.

 

Mais de toute façon, ils interpréteront ces études à la lumière d’une lecture littérale, et donc discutable, de quelques versets bibliques… Interprétations que les chercheurs eux-mêmes se gardent bien de donner à leurs travaux, les sachant encore non aboutis. C’est ainsi que la découverte récente de tissus mous dans des os fossilisés de dinosaures fut interprétée par certains créationnistes comme la preuve évidente d’une terre jeune, alors que l’on ne sait encore rien de la possibilité de survivance de tels tissus dans des fossiles très anciens. Les « découvreurs » quant à eux, n’y voient aucune contradiction avec une terre ancienne, et se réjouissent seulement de la possibilité que cette découverte ouvre sur une meilleure compréhension du passage des reptiles aux oiseaux au cours de l’évolution… sans aucun lien avec une terre jeune !

 

L’interprétation des scientifiques chrétiens réactionnaires part sans aucun doute d’un bon sentiment ; celui, peut-être, d’avoir la responsabilité de prouver l’exactitude de la Bible, et donc que la création du monde remonte bien à six mille ans. Mais en réalité, leur démarche n’est rien d’autre que l’assimilation de ce que dit la Bible avec la compréhension, quasi déifiée, qu’en avaient les croyants des siècles passés : une approche qui rejetait d’office toute lecture autre que littérale, bien qu’elle soit souvent incompatible avec le genre littéraire du texte concerné. Malheureusement, cette forme de trahison de la Révélation biblique ne peut que compromettre une saine perception de la foi et, notamment, de la Rédemption.

 

Bref ! Si une connaissance non démontrée n’est plus qu’une croyance, il faut aussi savoir que dans le domaine des sciences, toutes les connaissances ont d’abord été des « croyances » : c’est-à-dire des intuitions et des hypothèses qui exigèrent d’être démontrées par des arguments et des expérimentations scientifiques. Mais prétendre les démontrer, comme le font certains chrétiens, par des preuves religieuses soi-disant « bibliques », c’est assurément les condamner à demeurer dans le champ des croyances.

 

De la même façon, dans le domaine religieux, il serait totalement vain d’imaginer que certaines croyances puissent se muer en connaissances spirituelles en étant « démontrées » par des « preuves » scientifiques totalement inadéquates. La foi chrétienne ne pourra jamais sortir du domaine des « croyances » religieuses, autrement que par des expériences spirituelles fondées sur la mise à l’épreuve – c’est-à-dire la mise en œuvre – de la Parole de Dieu sous la conduite de l’Esprit saint.

 

Chercher des preuves scientifiques à des croyances religieuses se révèle donc aussi absurde que de chercher des preuves religieuses à des croyances scientifiques. Cela relève d’une « confusion des genres », impliquant le risque évident de compromettre la foi dans des croyances pseudo-scientifiques : des croyances qui ne lui apportent strictement rien et qui vont surtout lui nuire de façon définitive. Elles imposent, en effet, la mise en veilleuse de tout esprit critique, comme un prérequis à tout dialogue et à tout échange, ainsi condamnés à tourner court ? Car ces dialogues de sourds ne pourront jamais qu’engendrer des débats stériles qui discréditeront l’Évangile dans l’esprit de nos contemporains, lorsqu’il celui-ci leur sera annoncé.

 

À ce propos, et pas seulement dans le domaine religieux, il est vrai que ceux qui défendent leurs croyances font toujours preuve d’un prosélytisme beaucoup actif, et parfois même agressif, que ceux qui détiennent certaines connaissances dans le domaine en question. Des connaissances, cela se partage comme du bon pain ; des croyances, on cherche plutôt à les imposer pour se rassurer soi-même. En effet : « Le grand nombre de gens qui acceptent d’adhérer à ce que je pense prouve bien que j’ai raison de croire ce que je crois, même si je ne peux pas le prouver rationnellement ! » Et il est vrai que beaucoup peuvent se laisser séduire par ce genre de sophisme. Mais, Dieu merci, il y aura toujours des personnes de bon sens qui feront la différence entre la foi et la science, entre le domaine spirituel et le domaine scientifique, même si, dans un cas comme dans l’autre, la connaissance ne s’acquiert qu’à travers l’expérimentation.

 

 

ROGER LEFEBVRE
De formation Ingénieur agronome, et après ses études à la faculté de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, Roger devient pasteur de l’église protestante évangélique d’Ath, en Belgique, où il travaille aussi comme professeur de religion protestante dans divers lycées jusqu'à sa retraite en 2009. De 1998 à 2013, il assure la présidence de l’Alliance Évangélique Francophone de Belgique (AEFB).

4 Commentaires

  1. Avatar
    Temaro lun 02 Déc 2019 Répondre

    Bonjour Roger,

    Je comprends tout à fait la vision épistémologique que tu défends, et au-delà le fond, j’apprécie également la forme de tes interventions, toujours très humaine…

    Toutefois, j’ai noté quelques points problématiques.

     » Le scepticisme systématique est ainsi devenu le refuge pseudo-intellectuel, et donc honorable, pour les ignorants  »

    Je ne sais pas trop comment comprendre cette proposition, je m’explique:
    il me semble que face à l’ignorance (à laquelle sont aussi bien confrontés croyants et non croyants) le scepticisme soit la position intellectuelle la plus raisonnable (ce qui ne signifie pas qu’elle soit la plus neutre d’un point de vue spiritualiste)

    Pourrais-tu préciser ta pensée sur ce point ?

     » Même un athée devrait admettre qu’un Dieu « démontrable » n’aurait plus rien de commun avec le concept de « foi » défendu par les chrétiens. En général, on constate que mettre ainsi les choses à leur place suffit déjà à éviter bien des débats hors propos.  »

    Je ne vois pas quel principe pourrait justifier cette affirmation.
    À moins de considérer qu’il existe un mur de nature infranchissable entre le monde physique et un monde transcendant (Dieu)
    Et dans ce cas, comment Dieu aurait-il même pu créer le monde ?

    Une autre façon de le dire:
    Est-il pertinent de poser arbitrairement sur cette question d’un dieu « démontrable » une fin de non recevoir de type:  » circulez, il n’y a rien à voir !  »

     » il serait totalement vain d’imaginer que certaines croyances puissent se muer en connaissances spirituelles en étant « démontrées » par des « preuves » scientifiques totalement inadéquates. La foi chrétienne ne pourra jamais sortir du domaine des « croyances » religieuses, autrement que par des expériences spirituelles fondées sur la mise à l’épreuve – c’est-à-dire la mise en œuvre – de la Parole de Dieu sous la conduite de l’Esprit saint.  »

    Encore faudrait-il, pour que cette affirmation ait un sens, comprendre le fonctionnement de notre cerveau, décrypter nos mécanismes cognitifs, définir les propriétés du dieu dont on parle et ce que recouvre le terme  » d’esprit saint  » en terme de concept opérationnel.
    Bref, une telle affirmation me semble impliquer de nombreux prérequis.

    Pour info, une discussion sur ce thème à laquelle je participe, rattachée à l’article  » L’homme n’est-il qu’un paquet de neurones  » est en cours.

    Plus on est de fou…

    Au plaisir

  2. Avatar
    Temaro lun 02 Déc 2019 Répondre

    Je souhaitais ajouter un second niveau de réflexion sur ce qu’implique cette proposition:
     » Non démontrées, les connaissances sont des croyances  »

    En effet, au niveau sémantique, la connaissance est un terme assez polymorphe.
    On peut distinguer la connaissance scientifique, celle du mathématicien, du biologiste, de l’astronome, du physicien, mais aussi un autre type de connaissance, celle de l’historien, du boulanger ou encore de l’ébéniste, du musicien, du philosophe etc… Bien que dans ce dernier cas (philosophie) je pense plutôt qu’elle produise de la métaconnaissance (réflexion ou connaissance sur la connaissance)

    Toutes ces productions intellectuelles et savoir-faire de l’activité humaine sont des formes de connaissance très diverses qui n’impliquent pas nécessairement de démonstration au sens formel et ne sont pas non plus des croyances injustifiées.

    Pourquoi est-ce que je précise  » croyance injustifiée  » ?
    Parce qu’il existe des croyances justifiées comme par exemple celle de l’ébéniste qui ne s’attend pas à ce qu’il puisse traverser avec sa main la pièce de bois sur laquelle il travaille ou le bébé qui a déjà acquis des connaissances empiriques de base sur le monde qui l’entoure.
    Ce type de croyance repose donc sur un fondement, le plus souvent une forme d’expérience objective et universelle (on ne traverse pas les murs, sur Terre les objets ne tombent pas vers le haut, un objet caché par un autre n’a pas disparu pour autant, la Lune existe même si je ne la regarde pas, etc…)
    Il existe par contre un autre type de croyances, non justifiées elles, et qui ne reposent pas sur une forme d’expérience objective et universelle. Elles peuvent être vraies, mais par pur hasard (qui a pris mon Flanby dans le frigo ? Qui a volé mes clés, Dieu (le mien bien sûr) a créé le monde (en 6 jours ou en 14 milliards d’années, peu importe) toutes les affirmations métaphysiques seraient pertinentes (une vie après la mort ?)

    Décidément oui, toutes les connaissances non démontrées sont des croyances mais toutes les croyances n’ont pas le même statut épistémologique.

    Au plaisir

  3. Avatar
    ROGER LEFEBVRE ven 06 Déc 2019 Répondre

    Hello Tamaro,
    Sorry pour ce décalage horaire : je fais pas la tête, c’est juste que je n’ai pas beaucoup de temps disponible pour le moment.

    1ère intervention : que te dire ? Sinon qu’un scepticisme pseudo intellectuel relève de la bêtise et ne peut que sauver la face en paraissant honorable, du fait que, précisément, c’est en général l’attitude raisonnable des vrais intellos.
    Cela me paraissait évident, mais bon…
    Un Dieu scientifiquement démontrable devrait nécessairement appartenir à l’espace-temps (domaine de la science) que la Bible appelle « création » et Dieu ne pourrait donc en être le créateur, tout aussi nécessairement extérieur à cet espace-temps. (On ne peut être en même temps le chanteur et la chanson, même quand la chanson reflète exactement ce que pense et ressent le chanteur.
    Quant aux démonstrations philosophique ou autres (du genre : « Je ne puis concevoir que cette horloge existe sans horloger ») elles n’ont jamais convaincu que les déjà croyants.
    Encore une fois (je me répète) la seule preuve que l’on puisse avoir de l’existence de Dieu, c’est de le rencontrer… Car les évidences se passent de démonstration, elles ne peuvent que s’accepter et se vivre.
    En ce qui concerne le fonctionnement de notre cerveau, ce que tu en dis concerne aussi ce que tu en écris, me semble-t-il… Et partant de là, on devrait se taire. ;-)
    À propos des prérequis et de la foi, je préférerais parler d’absence d’a priori : difficile d’entrer dans une relation avec quelqu’un qui n’est pas censé exister et selon le mode opératoire que l’on a soi-même établi à l’avance : une bonne excuse pour dire que ça ne marche pas. Si Dieu existe, il a tout de même son mot à dire sur la question… Et comme le dit un livre de Maurice Clavel : « Dieu est Dieu, non de D… ! »

    2e intervention : OK : tout cela me paraît relever de l’évidence, si ce n’est que pour moi, la foi relève de l’expérience, donc d’une connaissance pratique, et non d’une croyance qui demeure purement hypothétique jusqu’à preuve du contraire… Mais qui, en effet, peut précéder la connaissance. En hébreu, « connaître sa femme » c’est avoir une relation intime avec elle ! ;-)
    On peut croire que Dieu existe sans le connaître. Mais difficile d’envisager de connaître quelqu’un dont on pense qu’il n’existe pas. Bien qu’en matière de foi, de nombreuses exceptions existent, à travers un éblouissement instantané… Ne dit-on pas que les voies de Dieu sont impénétrables ? (Voir la citation ci-dessus !)

    Bon, sur ce, le devoir m’appelle. Bon weekend.

    • Avatar
      temaro ven 06 Déc 2019 Répondre

      Bonjour Roger,

      » Le scepticisme systématique est ainsi devenu le refuge pseudo-intellectuel, et donc honorable, pour les ignorants »

      J’avais bien noté que tu mettais en lien cette expression  » scepticisme pseudo intellectuel  » avec le relativisme contemporain. J’ose espérer que tu reconnais tout de même un autre scepticisme,  » légitime  » celui-là, et qui s’impose dans toute démarche scientifique.

       » Un Dieu scientifiquement démontrable devrait nécessairement appartenir à l’espace-temps (domaine de la science)  »

      Savons-nous seulement ce qu’est fondamentalement l’espace-temps ?
      Clairement non. On ne sait toujours pas définir ce concept autrement que par l’intuition qu’on en a !
      D’ailleurs, l’espace-temps se manifeste sous deux aspects physiques pour le moment irréconciliables, celui de la relativité générale et celui de la mécanique quantique.
      Par conséquent, je ne vois pas bien quel sens donner à l’expression  » Appartenir à l’espace-temps  » ni comment il pourrait être légitime de déduire des vérités transcendantes à partir d’une simple ignorance.
      Voilà, pour faire le lien avec le point précédent, ce qui me paraît être un exemple de scepticisme légitime.

       » La seule preuve que l’on puisse avoir de l’existence de Dieu, c’est de le rencontrer… Car les évidences se passent de démonstration  »

      Dieu serait donc un  » objet  » ontologique qu’il faudrait admettre comme un axiome mathématique (évident en soi et ne réclamant pas de démonstration)
      Ne penses-tu pas que cette proposition plutôt péremptoire pose question, surtout lorsqu’on considère le nombre  » d’évidences  » que l’on pensait incontestables avant l’avènement de la physique moderne, comme le géocentrisme, le fixisme, la loi sur la chute des corps, l’idée d’éther ?

      Je ne conteste pas que qu’une  » rencontre personnelle et intime avec Dieu  » représente pour le croyant une réalité aussi authentique que la douleur qu’on peut ressentir quand on coince le doigt dans une porte.
      Il y a néanmoins une différence majeure entre ces deux expériences.
      La seconde est universelle dans le genre humain alors que la première ne l’est pas !

       » En ce qui concerne le fonctionnement de notre cerveau, ce que tu en dis concerne aussi ce que tu en écris, me semble-t-il… Et partant de là, on devrait se taire  »

      Ce n’est pas vraiment l’idée que je voulais exprimer mais plutôt qu’il me semble fructueux de s’efforcer de penser contre son cerveau, c’est à dire de rester vigilant à ce que nous disent nos premières pensées, être capable de dire  » Non, là il faut investiguer « , car penser vraiment c’est interroger sa propre pensée.

      « Peut-on penser contre son cerveau ?  » (Etienne Klein)
      https://www.youtube.com/watch?v=X7PS6RTkCDc

       » À propos des prérequis et de la foi, je préférerais parler d’absence d’à priori  »

      J’étais pourtant clair dans mes propos.
      Je n’évoquais pas les  » à priori  » contre la foi mais simplement les prérequis indispensables pour en parler sereinement.

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