Noé et le déluge : garder la foi sans perdre la raison ! (1/3)

Posté par Benoit Hébert

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La machine de guerre hollywoodienne est en marche, nous aurons du mal à échapper au harcèlement médiatique. Ce sera peut-être l’occasion de passer une bonne soirée en famille et d’avoir une discussion sur un des passages les plus intrigants de la Bible pour les lecteurs contemporains : l’histoire de Noé, de son arche, de sa famille et des animaux recueillis dans ce grand bateau.

Beaucoup n’échapperont pas non plus d’ailleurs au sentiment d’avoir à choisir entre deux réactions :

  • Pour certains chrétiens, revendiquer la « véracité » de cette histoire « parce qu’elle est dans la Bible », en mettant toute l’énergie nécessaire pour dénoncer les épisodes du film en désaccord ou extrapolant le récit biblique (je sais qu’il y en a), et en soulignant que l’invraisemblance de l’histoire vient précisément de ces manques ou de ces rajouts.

 

  • Pour certains non croyants, se délecter du caractère « mythique » du film, ses  invraisemblances scientifiques et historiques. Se conforter dans l’idée que  la Bible est un livre purement humain sans autorité spirituelle, ce qui ne fera au passage que renforcer les convictions du premier groupe.

 

C’est le principe de la « dichotomie« , une notion à l’honneur ces temps-ci sur notre site et blog: la présentation d’un problème en seulement deux solutions, dont aucune ne paraîtra  satisfaisante aux chrétiens qui prennent l’inspiration de la Bible très au sérieux (j’en suis!), mais qui sont aussi très conscients de la pertinence de certaines objections scientifiques et historiques opposées à une interprétation historique et littérale de ce récit.

Cette série d’article s’adresse à ceux qui ne font pas partie de ces deux catégories, en particulier aux chrétiens qui aiment la Bible, et s’intéressent aussi aux découvertes scientifiques.

Au risque de ne satisfaire ni les » défenseurs de Noé » ni ceux qui voient dans ce récit un mythe sans valeur, j’aimerais proposer dans une série de trois articles les clés qui m’ont personnellement permis de garder la foi, sans tuer la raison!

 

Je ne vais pas réécrire tous les articles qui ont déjà été publiés sur le sujet sur ce site, mais simplement vous servir de guide dans toutes ces ressources, et j’espère vous donner envie de percer le mystère du déluge de Noé. Vous pourrez aussi profiter des commentaires déjà parus, et pourquoi pas, continuer la discussion. Mais avant, posons quelques bases et anticipons quelques conclusions.

  •  Est-il crédible de continuer à croire dans les leçons spirituelles véhiculées par cette histoire ?

La réponse est un grand OUI! Nous pouvons continuer de croire qu’au travers de  ce texte, le Saint Esprit parle  et enseigne des vérités universelles et éternelles. Ce qui déplaira au second groupe cité, et confortera les croyants dans leur foi.

  •  Est-il possible de lire ce récit comme nous lirions une histoire relatée par un journaliste, un historien, ou même un simple témoin des faits ?

La réponse est non. Les découvertes de la géologie et de l’archéologie nous apprennent qu’aucun déluge universel n’a recouvert la terre depuis que l’homme peuple le globe. L’humanité, pas plus que la faune actuelle ne sont issue des rescapés d’une arche échouée quelque part au Proche Orient il y a quelques milliers d’années. Ces affirmations pourront choquer certains membres de notre premier groupe.

 

  •  Les découvertes scientifiques et bibliques nous permettent-elles de comprendre quand et comment ce récit a été élaboré ?

Oui, nous disposons aujourd’hui des clés pour résoudre le mystère scientifique et historique dans ses grandes lignes.

 

Attention, vous serez peut-être bousculés dans certaines idées reçues, mais gardez surtout à l’esprit le but le la démarche : renforcer la foi, lui permettre de conserver sa crédibilité face aux critiques de tous bords.

Avertissement :
si vous n’êtes pas prêt à remettre en question certains préjugés, n’allez pas plus loin!

Dans ce premier article, nous posons le problème suscité par le récit biblique du déluge. Dans un deuxième article, nous proposerons des éléments de solution qui nous paraissent résoudre le problème et qui sont largement admis chez de nombreux théologiens et scientifiques chrétiens. Parce que cette solution bouscule quelque peu des conceptions traditionnelles chez les évangéliques, nous reviendront sur un certains nombre d’objections ou d’interrogations légitimes soulevées par la solution proposée (Le déluge dans le Nouveau Testament, les récits du déluge sur le globe, le lien entre histoire et inspiration biblique).

Le problème

Le théologien et spécialiste de l’A.T. Jean Louis Ska explique simplement le problème posé par le récit du déluge dans « les énigmes du passé » (Ed Lessius)

« Le récit du déluge pose un problème particulier. Selon la Bible, le déluge a détruit l’humanité entière. Il s’agit donc d’un phénomène universel. Serait-il possible de trouver les traces d’un tel phénomène? D’un côté, l’étude des religions et des traditions populaires du monde entier semble confirmer une telle idée. Il existe effectivement des récits semblables à celui de la Bible, non seulement dans le Proche orient ancien, spécialement en Mésopotamie, mais aussi sur tous les continents: en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique de Sud en Europe, en Afrique, en Inde, en Chine, etc. Il semble donc que la « mémoire collective » de l’humanité ait conservé le souvenir de ce déluge universel. » (p.28)

Voici donc des liens vers trois articles de notre blog:

Local, universel ? Bien des auteurs comme Alfred Kuen n’osent pas proposer de solutions définitives tant ils sont tiraillés entre « inspiration » et « géologie ».

 

Et à ce titre, certains chrétiens défendent la véracité  d’un déluge universel.

« Mais un autre élément nous oblige à corriger cette première impression positive. L’analyse scrupuleuse des récits du déluge qui ont été retrouvés en Mésopotamie- c’est à dire dans une culture voisine de celle de l’Israël biblique- conduit à une conclusion très sobre: à la base de ces récits il y a un phénomène bien connu dans les grandes plaines de ces régions: la crue annuelle des deux fleuves de la Mésopotamie, le Tigre et l’Euphrate. » (J.L. Ska p28)

Ainsi, de nombreux théologiens et scientifiques, chrétiens authentiques sont aujourd’hui pleinement conscients de ce fait.  Les prédictions scientifiques faites par les partisans d’un déluge universel (créationnistes de la jeune terre) sont contredites par toutes les observations. C’est ce qu’explique Denis Lamoureux dans ce diaporama commenté qui esquisse déjà des éléments de solution (la création évolutive et le non concordisme), et explique une notion fondamentale: le concordisme scientifique dans la Bible.

 

 

 

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Dans un prochain article, des éléments de solution !


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9 Commentaires

  1. Jean-Baptiste sam 30 Mai 2015 Répondre

    Je me permets d’intervenir sur votre sujet bien intéressant comme des tas de choses sur ce blog.
    Ayant vu le film en Avril 2014 avec des amis chrétiens (fondamentalistes), eux furent choqués par un récit qui ne collait pas au récit biblique, normal pour des fondamentalistes, moi plutôt par des indices maçonniques si je puis dire ainsi, par exemple la place prépondérante de Tubal Cain dans le film, je me demandais pourquoi une telle insistance sur ce personnage biblique de la Genèse qui a droit à un verset si je me souviens dans la Genèse, eh bien son nom correspond a un mot de passe dans le rituel Maçonnique ! Les deux artisans suprêmes des Maçons étant Tubal Cain et Hiram de Tyr !

    Dans le film, on remarque qu’il monte en secret dans l’Arche, pourquoi donc un tel scénario de la part d’Hollywood ?? Glorification des Francs-Maçons ?? On remarque aussi qu’il porte aussi un Tablier, un objet du rituel Maçonnique.
    Je suis sûr que des tas de Chrétiens sont allés le voir et ont été choqués par tout autre chose !

    A Noter que le Producteur est Noachite ou quelque chose comme celà, je n’ai pas encore bien vérifié ce que c’était exactement, le Noachisme donc.

  2. Auteur
    Benoit Hébert sam 30 Mai 2015 Répondre

    Merci Jean Baptiste pour ton commentaire,

    Le film n’a été qu’un « prétexte » pour sortir cette série d’articles à propos du déluge…pour être franc, je n’ai même pas vu le film!!

    A l’issue de la conférence d’hier soir,, un participant est venu m’expliquer comment cette série lui avait procurée les clés pour résoudre ce casse tête pour les rapports science/foi…rien ne pouvait me faire plus plaisir!

  3. Jean-Baptiste dim 31 Mai 2015 Répondre

    Bonjour Benoît, Merci pour votre retour par rapport à ce film :) J’ai posé une question à propos du déluge, dans un fil Adventiste, je n’ai pas eu de réponse probante pour l’instant, je doute en avoir une. Je m’étais aperçu de celà lorsque j’étais encore Adventiste, ainsi que pas mal d’autres choses dans la Genèse !

    Celà concerne le fameux rameau d’olivier ramené par la Colombe à Noé en Gen 8:11, comment un olivier aurait pu survivre immergé un an dans de l’eau salé ou saumâtre au mieux on va dire, avec une colonne d’eau équivalente à 800 bars, donc en fait des pressions abyssales si je ne me trompe pas !
    8000 métres d’eau sur la tête de l’olivier ! C’est vrai que le texte reste évasif et mysterieux car cette colombe ramène un rameau bien vivant et on nous dit juste après « Noé sût ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre  »
    Qui plus est, l’olivier n’est pas un arbre de croissance rapide et poussant en sol mal drainé !

    A Bientôt pour votre avis:)

  4. Legros François dim 25 Mar 2018 Répondre

    Concernant la création : Genèse chapitre 1 verset 2, nous dit « La terre était informe et vide… » littéralement « tohu-bohu », nous pourrions « imaginer » une création avant l’ère adamique (préhistoire?) et que cette ancienne création ait été détruite d’où le « tohu-bohu », pour des raisons que Dieu seul connaît, le premier jour selon la création n’étant qu’au verset 3… Cela pourrait expliquer la différence entre le récit Biblique de la création qui effectivement est daté autour de -4000 ans avant Jésus et les découvertes géologiques beaucoup plus anciennes qui proviendraient de cette ancienne création. Des millions d’années pourraient séparer le verset 2 et le verset 3, mais pour Dieu qui est éternel qu’est-ce que c’est ?

    • Auteur
      Benoit Hébert lun 26 Mar 2018 Répondre

      cher françois,
      vous faites certainement référence à la théorie de la « restitution » popularisée par la bible scofield. de nombreux exégètes s’accordent pour considérer que cette interprétation revient à imaginer tout un scénario entre deux versets…et est rejetée pour cette simple raison (sans parler des pb insurmontables que cela pose avec les découvertes de la science…)

  5. Legros François lun 26 Mar 2018 Répondre

    Bonjour Benoit, pouvez-vous étayer un peu? Sur quelle base le scénario « entre 2 versets » est rejeté (trop simple?) et quels seraient les pb insurmontables que les découvertes de la science poseraient ?

  6. Auteur
    Benoit Hébert mer 28 Mar 2018 Répondre

    cette théorie de la, »restitution  » a été élaborée par Thomas Chalmers (1780-1847), Alfred Kuen y consacre un chapitre entier dans son livre « le labyrinthe des origines »
    Selon cette théorie, due à Thomas Chalmers, les 6 jours de la Genèse ne concernent pas la Création, mais l’œuvre de Dieu pour réparer le drame de la chute de Satan et de ses anges, entre les versets 1 et 2, se traduisant par : « …et la Terre devint informe et vide ». D’ailleurs, dit-il, la présence des ténèbres (symboles du Mal) montre bien qu’il s’est introduit dans le monde. Auparavant donc, la terre aurait été peuplée de plantes et d’animaux et des préadamites (d’où les fossiles qu’on retrouve partout). Augustin et beaucoup d’anciens partageaient ce point de vue déjà. ‘extrait de cet article (https://www.scienceetfoi.com/discussion-a-propos-du-labyrinthe-des-origines-dalfred-kuen-partie-6-2/)
    Les objections à cette théorie sont nombreuses aujourd’hui. D’abord, la Bible elle-même est silencieuse concernant cette catastrophe antérieure à la Genèse. Et les mots tohu bohu peuvent signifier simplement une absence de forme, l’état de départ étant une matière brute, comme l’argile du potier. Ensuite, comment expliquer qu’après chaque Jour Dieu s’écrie « C’est Bon! » et au 6e Jour « C’est très Bon! ». Cette théorie est donc largement spéculative, dit Luc de Benoît. Beaucoup d’arguments et toutes les découvertes scientifiques la réprouvent : il n’y a pas eu entre les différentes périodes géologiques et le temps actuel une rupture radicale; au contraire, la géologie atteste une continuité entre l’époque tertiaire et notre temps.

  7. Limousin sam 09 Fév 2019 Répondre

    Bonjour, merci pour cette vidéo forte intéressante. Néanmoins, il me semble que puisque vous parler d’un point de vue scientifique, que vous n’ayez pas parlé de la loi d’érosion terrestre par l’hydro dynamique sous flux continu, qui explique clairement que les couches sédimentaires peuvent ne pas donner une description fiable des différents âges de la terre même voir le contraire. Vous ne parlez pas non plus de l’invraisemblance de la création des continents qu’on nous sert aujourd’hui et qui sont lorsqu’on les regardent plus précisément comme ayant dérivés par un brusque changement rapide en même temps. Merci de m’avoir lu

    • Marc Fiquet sam 09 Fév 2019 Répondre

      De rien,
      cependant il n’y a aucune publication (j’insiste sur ce terme) sérieuse qui vienne seulement égratigner les connaissances géologiques qui sont enseignées dans les universités aujourd’hui.

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