L’évolution compromet-elle la moralité?

Posté par haarsma
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chimp_hug  Après nos discussions passionnées avec « Eosine » pour qui les débats récents sur le mariage entre personnes de même sexe sont étroitement liés au problème de l’existence historique d’Adam et Eve, géniteurs de toute l’humanité, non issus d’un processus évolutif, nous publions un extrait de l’essai de Loren Haarsma « L’évolution et la révélation divine: la synergie et non le conflit dans la compréhension de la moralité « .

Dans cet essai, le Dr. Haarsma s’intéresse à une préoccupation troublante pour de nombreux chrétiens : si la science pouvait démontrer que la moralité est apparue au travers d’un processus évolutif, alors cela signifierait que nos fondations éthiques n’ont pas de statut objectif et ne contiennent aucune vérité absolue.

 

Le Professeur Haarsma répond que le principal problème dans cette façon de penser n’est pas que la science soit erronée, mais la logique sous-jacente à ce raisonnement est fallacieuse. Décrire la façon (le comment) quelque chose existe n’est pas équivalent à décrire le pourquoi ultime. Les descriptions mécaniques du développement historique n’excluent pas nécessairement les explications théologiques, et elles ne permettent sans aucun doute pas de rejeter la possibilité d’une révélation divine personnelle au cours de l’histoire humaine.

 

Vous trouverez la version complète de l’essai du Dr Haarsma dans le livre Evolution and Ethics: Human Morality in Biological & Religious Perspective, édité par Jeffrey Schloss and Philip Clayton. Cet extrait est reproduit avec l’autorisation de l’éditeur, tous droits réservés.

Cet article est d’abord paru sur le site de la Fondation BioLogos

 

 

 L’évolution compromet-elle la moralité?

Lorsque nous disposons d’une hypothèse scientifique qui explique comment telle ou telle chose ou phénomène est venu à l’existence, il est très tentant d’en déduire philosophiquement  la raison ultime pour laquelle cette chose existe. C’est ce que font Richard Dawkins (1976), Michael Ruse et Edward O. Wilson (1993) à propos de l’évolution de la morale humaine. D’un point de vue scientifique, ils avancent qu’une fois que l’homme a commencé à vivre au sein de grands groupes sociaux complexes, les individus dont les gènes les rendaient constamment égoïstes ont été punis par le groupe et ont donc eu moins de descendants que les individus dont les gènes les faisaient croire dans un code moral objectif. D’un point de vue philosophique, Ruse et Wilson (1993) écrivent : « La moralité, ou plus précisément notre croyance, sont principalement une adaptation mise en place pour améliorer notre vocation reproductrice. »

D’importantes théories scientifiques nous poussent à la réflexion théologique et philosophique. Dawkins, Ruse, et Wilson nous ont livré leurs conclusions. Mais les théories scientifiques sont souvent compatibles avec de multiples interprétations philosophiques et religieuses. Par exemple, les lois de Newton du mouvement et de la gravité permettent des interprétations théistes et athées.

Pour éviter les conclusions de Ruse et de Wilson, nous n’avons pas besoin de contredire leur hypothèse scientifique à propos de la façon (le « comment ») dont la moralité a évolué. Il nous suffit de nous opposer à l’extrapolation philosophique concernant leur réponse à la question : « pourquoi » la moralité existe-t-elle ? Même si nous adoptons une vision athée du monde, cette extrapolation est discutable. Donald MacKay (1965) y verrait un bel exemple de réductionnisme, “ce n’est rien que…”. Par exemple, on pourrait avancer l’idée qu’un sonnet de Shakespeare n’est rien que des  taches d’encre sur une page (MacKay 1965). Cette description est valide et complète au niveau auquel elle se situe ; pourtant, on peut aussi étudier le sonnet à un niveau linguistique, émotionnel, social, historique, et à d’autres niveaux encore. Si on est en train de programmer une imprimante à jet d’encre, le plus important est que les taches d’encres soient bien coordonnées pour former des lettres. Pourtant,  pour n’importe quel autre but, ce niveau de description est sans intérêt. De même, une description complète de l’existence de la moralité en termes de mécanisme évolutif n’invalide pas nécessairement la vérité, l’utilité et la signification d’autres niveaux d’explication de la moralité.

Si nous ne nous restreignons pas à un point de vue athée mais que nous envisageons l’existence d’un Créateur, l’extrapolation du « comment » la moralité au « pourquoi » la moralité existe prend une autre signification. Supposons qu’un inventeur construise un robot qui pourrait rendre bien des services : tondre la pelouse, nettoyer la maison, faire les devoirs, écrire des chapitres entiers de livres, etc….Ce robot peut aussi se dupliquer lui-même à partir des pièces détachées qui le constituent.

A chaque fois que l’inventeur a besoin d’un nouveau robot, il fournit à un robot les pièces détachées nécessaires et le robot en fabrique un nouveau. Parmi toutes les procédures programmées chez le robot, l’une d’entre elles est responsable de l’autoréplication du robot, y compris la réplication de la procédure d’autoréplication. Serait-il juste d’affirmer que le but de l’existence du robot consiste simplement à assurer sa propre réplication ? Toutes les autres procédures et les autres logiciels, par exemple ceux permettant la tonte du gazon, et d’autres encore ne sont-ils dédiés qu’à des fins de réplication des procédures d’autoréplication ?

A un certain niveau d’explication, les logiciels du robot servent bel et bien à la reproduction de ces procédures secondaires d’autoréplication. A un autre niveau d’analyse, pourtant, ces logiciels d’autoréplication servent au robot à produire plus de copies de lui-même. A un niveau encore supérieur, ces logiciels d’autoréplication servent au créateur du robot. Le créateur du robot aura bien le dernier mot concernant le niveau de description le plus fondamental de la situation.

Chez les hommes, la moralité existe-t-elle pour permettre la reproduction de certains gènes, ou bien ces gènes existent-ils pour permettre la production d’autres humains qui peuvent agir de façon morale ? Si les hommes ont un créateur, ce créateur aura bien le mot de la fin à la question de la signification ultime. Le mécanisme que le créateur a choisi pour fabriquer ces gènes, que ce soit à partir de rien ou par l’évolution, est secondaire. Le but du créateur en créant ces gènes est l’élément décisif.

 

Notes

  • Dawkins, Richard. 1976. Pp. 1-11 in The Selfish Gene. Oxford: Oxford University Press.
  • MacKay, Donald. 1965. Christianity in a Mechanistic Universe. Chicago: InterVarsity.
  • Ruse, Michael, and Edward O. Wilson. 1993. The approach of sociobiology: The evolution of ethics. InReligion and the Natural Sciences, ed. James E. Huchingson. Fort Worth: Harcourt Brace Javonovich.

Le Dr. Haarsma a un doctorat de l’Université d’ Harvard, et a effectué des recherches postdoctorales dans le domaine des neuro-sciences. Son domaine de recherche actuel est l’électrophysiologie des cellules et la modélisation informatique de la complexité auto-organisée. Il a écrit et a donné de nombreuses conférences à propos de plusieurs sujets concernant la science et la théologie, il est le coauteur du livre Origins: Christian Perspectives on Creation, Evolution, and Intelligent Design

haarsma

30 Commentaires

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    Coco Panache lun 17 Août 2015 Répondre

    Ah bon d’accord. Donc le créateur, qui aime bien laisser des traces de ce qu’il dit et ce qu’il fait, pour qu’on cherche avec notre intelligence le sens de toutes choses, a suscité un premier couple comme signe que la morale vient de lui. Ça me paraît logique ; il est bien fait cet article.

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    Benoit Hébert lun 17 Août 2015 Répondre

    Cher Coco,

    Je signale simplement que c’est moi qui suggère un lien possible entre les craintes d’Eosine et cet article, qui, à l’origine, n’a pas été conçu pour répondre à la préoccupation mentionnée dans mon introduction.

    J’avoue ne pas bien comprendre la logique de tes deux derniers commentaires. Dois-je percevoir de l’ironie dans ce dernier ?

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    Coco Panache lun 17 Août 2015 Répondre

    Oui, une légère ironie dans mon commentaire ci-dessus, car l’article semble tourner autour du pot : le créateur a un but, il propose une morale, mais elle est peut-être dans les gènes, ou peut-être dans l’évolution…

    Il est plus simple de comprendre que le signe de la moralité pour aujourd’hui, c’est le premier couple d’il y a environ 50.000 ans :)

    J’avais compris que tu es réticent à ce mythe ; dans doute as-tu besoin de brûler ce que tu as adoré, et qu’après t’être soumis à une interprétation qui ne te conviens plus, il te faille maintenant un grand degré de liberté à ce sujet.

    Tu parles d’un autre commentaire que tu ne comprends pas, ça m’étonne car je croyais être bien clair. Décidément, y’a de la friture sur la ligne…

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    Peel Olivier lun 17 Août 2015 Répondre

    J’aime bien la première partie de cet article car il souligne l’obstination des scientifiques athées à vouloir expliquer tout soit par le hasard soit par la génétique (le nouveau bouche-trou). Et comme le souligne parfaitement Haarsma, il s’agit avant tout d’une philosophie et non d’une preuve scientifique. Mais j’entends déjà les échos de « et la religion et la foi en Dieu ne sont-ils pas des opinions philosophiques? » Certes, mais on n’a jamais prétendu expliquer le monde que d’une manière matérialiste.

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    Benoit Hébert lun 17 Août 2015 Répondre

    Merci Coco de préciser ta pensée, tu es certainement très clair, désolé si j’ai du mal à comprendre.

    Je ne crois pas que l’article tourne autour du pot. Il dit simplement que nous avons la tendance à croire qu’une explication sociologique ou psychologique pourrait exclure un autre niveau d’explication à l’existence d’un phénomène, comme par exemple l’apparition d’un sens moral chez l’homme, voulu par Dieu comme révélation de ses exigences pour l’humanité.

    Je n’ai pas besoin de brûler ce que j’ai adoré, parce que je n’adore pas mes croyances, mais Celui dont elles sont l’objet ;-)

    Simplement, j’ai dû mal à trouver la cohérence de ton point de vue. D’un côté, tu affirmes ne pas être « concordiste » (au passage la définition que je t’ai donnée n’est pas de moi, mais c’est la définition la plus courante dans le contexte de l’interprétation biblique). Donc tu ne crois pas que Dieu par « révélation surnaturelle » a révélé l’existence d’un premier couple: « Adam et Eve » géniteurs de toute l’humanité, mais tu tiens à croire en l’existence de ce couple comme vérité de foi, et tu les places il y a 50 000 ans environ, ce qui pose à la fois des problèmes scientifiques très sérieux (l’humanité ne s’est pas réduite à un couple mais à une population, même si tu considères une « sous population »), et même biblique, puisque les enfants d’Adam et Eve sont placés au Néolithique (agriculture, ville (cain)…)

    Je t’ai mentionné un excellent ouvrage écrit par des savants catholiques, qui dit exactement la même chose, j’aurai l’occasion d’en reparler…

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    Coco Panache lun 17 Août 2015 Répondre

    Bon, je résume ma pensée : si, je crois que Dieu a, par « révélation surnaturelle », révélé l’existence d’un premier couple: « Adam et Eve ». Je répète, pour que ce soit bien clair : je crois que Dieu a surnaturellement participé à l’advenue d’un premier couple, d’où descend toute l’humanité. Ai-je été assez clair, cette fois-ci ? ou subsiste-t-il une zone d’ombre ? (je me demande où tu as vu que je ne croyais pas cela).

    Donc il s’ensuit naturellement, pour suivre ton raisonnement plus haut, que oui, je tiens à croire en l’existence de ce couple comme vérité de foi. Je le place à environ cette date, car c’est à cette date qu’on retrouve les premiers rites d’enterrement des humains morts : c’est un signe parmi d’autre d’un comportement qui n’est plus animal.

    Oui, je connais l’ouvrage que tu m’indique, mais vois-tu, quand j’ai besoin de consulter des choses dans ce domaine, je vais directement à la source, dans mon Église il y en a une de bonne qualité.

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    Coco Panache lun 17 Août 2015 Répondre

    C’est assez curieux que tu comprennes de façon inverse, ou confuse, ce que je croyais dire clairement. Parce que je le suis, clair. En fait, je devrais pas développer, ça irait plus vite : la révélation propose un premier couple à l’origine de l’humanité, garant de l’unité humaine, duquel nous descendons tous. Si on ne l’accepte pas, on suit une doctrine qui n’est plus chrétienne.

    C’est plus simple, dit comme ça, tu ne trouves pas ?

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    Coco Panache lun 17 Août 2015 Répondre

    Ça y est !!! j’ai compris ton message (je ne comprenais pas comment tu en arrivais à écrire que je ne croyais pas que Dieu avait, par révélation surnaturelle, révélé l’existence du premier couple):

    « Simplement, j’ai dû mal à trouver la cohérence de ton point de vue. D’un côté, tu affirmes ne pas être « concordiste » (au passage la définition que je t’ai donnée n’est pas de moi, mais c’est la définition la plus courante dans le contexte de l’interprétation biblique). Donc tu ne crois pas que Dieu par « révélation surnaturelle » a révélé l’existence d’un premier couple »

    Ta définition du concordisme n’est pas la bonne;

    http://www.scienceetfoi.com/inspiration-concordisme-inerrance-et-kenose-expliques-simplement/
    ou :
    Système d’exégèse qui consiste à interpréter la Bible de manière à la mettre en accord avec les résultats des sciences intéressées (géologie, préhistoire, histoire).

    Ce qui te faisait mal interpréter ma position.
    A moi de te poser une question : crois-tu en l’existence d’un seul couple humain à l’origine de l’humanité ?

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      Benoit Hébert lun 17 Août 2015 Répondre

      Pas de pb Coco, discutons tranquillement.

      Il y a plusieurs facettes au concordisme, Bruno en a utilisé une autre dans son article.

      J’ai utilisé la définition donnée par Denis Lamoureux, celle d’une « révélation surnaturelle » concernant le premier couple humain. Pour répondre à ta question, non, je ne crois pas à l’existence d’un premier couple humain, géniteur de toute l’humanité, révélée par le Saint Esprit comme vérité de foi. J’ai en effet renoncé au « concordisme » au sens où je te l’ai défini, après avoir réalisé que la science contenue dans la Bible était une « science ancienne », c’est à dire celle des écrivains bibliques dans leur contexte culturel et historique, comme le montre bien la description du firmament (« raqia ») en Genèse 1.

      L’étude de la diversité génétique actuelle nous montre que l’humanité est issue d’une population, par plusieurs chemins indépendants, et placer Adam et Eve en -50 000 ne me paraît pas faire justice au texte biblique lui-même, qui les met au Néolithique. On peut bien sûr faire cette hypothèse pour accorder les données scientifiques avec la Bible, mais cette hypothèse nous permet de faire des prédictions scientifiquement testables, et le test est négatif. Si tu y crois, c’est donc contre les évidences. Si tu rejettes les évidences, je ne vois pas la différence avec ceux qui rejettent l’âge de la Terre avec le même type d’argument. C’est ce que j’ai essayé de te communiquer :-)

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    Coco Panache lun 17 Août 2015 Répondre

    D’accord, j’ai compris ce que tu essayais de me communiquer. Je te signale quand même que ton utilisation du concept de concordisme prête à confusion, parce qu’en général, on ne le comprend pas comme toi ; la définition en est plutôt simple, et je ne suis pas sûr qu’il présente plusieurs facettes. Mais peut-être est-ce une façon courante de le comprendre comme cela dans le milieu évangélique, je comprendrais alors pourquoi tu l’utilises comme ça, à partir de la référence qui est la tienne.

    J’ai aussi compris le cheminement de ton raisonnement. Peut-être prend-tu quelques aises avec la Sola Scriptura, ou le Saint-Esprit, mais bon, c’est comme ça, on peut rester copains, on va pas refaire les erreurs du passé.

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      Benoit Hébert lun 17 Août 2015 Répondre

      Merci Coco. Yes, restons copains!

      Les questions soulevées ici sont au cœur de toutes les discussions entre science et foi, depuis Galilée!! Quelle place pour les découvertes de la science dans l’interprétation biblique? Devrions-nous permettre à la science d’interférer dans notre interprétation, si oui, dans quelle mesure? That’s the point!

      Est-il légitime de soumettre l’interprétation de la Bible à la science?

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    Peel Olivier lun 17 Août 2015 Répondre

    Voici un des propos de Lamoureux:
    « Dit plus explicitement, la science a la primauté herméneutique par rapport à la Bible dans les passages parlant de la structure, du fonctionnement et de l’origine du monde physique. »

    Ah bon? Première nouvelle. Et Lamoureux a trouvé çà où pour prétendre que c’est ce qu’il faut impérativement faire? En réalité, lorsque l’on critique l’Eglise d’avoir eu la mauvaise idée de condamner Galilée et son opinion sur la terre qui tourne autour du soleil, voilà que l’on veut soumettre les Ecritures à la science. Si le texte biblique de la Genèse 1 à 11 n’a aucune prétention scientifique, je ne vois pas pourquoi ces passages seraient soumis à la primauté herméneutique de la science.
    Que la science continue à expliquer comment cela c’est éventuellement passé et la Bible nous dira pourquoi cela c’est passé.
    D’ailleurs, à propos du pourquoi ou pour quoi. Nous constatons un langage mythologique dans les premiers chapitres de la Genèse. Sachant que Dieu est omniscient, comment expliquer que Dieu utilisa ce langage mythologique alors qu’il aurait bien pu attendre la période historique pour expliquer l’origine du monde?
    J’avoue que pour ma part, je sèche. D’ailleurs comment pourrais-je le savoir? Est-ce même fondamental? M’étant intéressé quelque peu à la mythologie, j’ai déduit que pour les sémites, il y avait toujours un fond historique derrière le mythe. La mythologie iranienne est, à ce titre, notamment très instructive.

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      Benoit Hébert lun 17 Août 2015 Répondre

      Merci Olivier pour ton commentaire qui permettra d’éclaircir la citation de Denis Lamoureux. Tu découvres cet article, ça fait plusieurs années qu’il est sur le site ;-)

      Il faudrait bien entendu lire le livre complet « evolutionary creation » pour remettre ce paragraphe dans son contexte.

      Premièrement, ne mélangeons pas tout. DL ne parle pas ici d’histoire mais de description scientifique du monde. En ce qui concerne l’histoire, il cite par exemple les histoires de déluge en Mésopotamie, et fait comme toi la supposition qu’il a pu exister un homme qui a échappé à une inondation, et dont l’histoire serait la base commune aux récits mésopotamiens de déluges, donc une base historique à ces histoires « mythiques », si tu n’as pas peur d’employer le terme.

      DL parle ici de la description physique du monde. Un théologien aussi « conservateur » que John Walton reconnaît que la Bible ne contient AUCUNE révélation divine en matière scientifique, c’est à dire que la description biblique de la nature correspond aux connaissances de l’époque en matière d’astronomie, de cosmologie…l’univers est décrit à la manière de celle des peuples du Proche Orient Ancien, la terre est plate, avec un dôme solide la surplombant, retenant les eaux d’en haut…

      Comment savons-nous aujourd’hui que cette description est fausse scientifiquement…? c’est parce que nous utilisons nos connaissances modernes pour interpréter le texte biblique. C’est la « primauté herméneutique de la science par rapport à la Bible en matière de description « scientifique » du monde. » ça m’a fait mal aussi, mais passé la douleur, ça fait du bien, c’est plus cohérent, et ça solutionne pas mal de choses ;-)

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    Éosine lun 17 Août 2015 Répondre

    Le propre de la moralité, de la distinction entre le bien et le mal, c’est de se révéler en tant que loi située au-dessus des consciences individuelles. Qu’il soit croyant ou athée, l’homme qui dit : « je fais mon devoir », confesse par là sa subordination à un Dieu, ou à un principe, qu’il estime plus grand que lui. La notion de moralité ne peut par conséquent aucunement trouver son origine dans une description mécanistique de la vie.

    Que par figure de langage on puisse parler de bien ou de mal dans le domaine génétique : bons gènes, bonnes mutations, etc., qui font favoriser l’extension de l’espèce, par opposition aux mauvais gènes qui vont la freiner, est acceptable tant qu’on reconnaît qu’il n’y là qu’une image. Aller plus loin et prétendre y trouver la justification du bien et du mal, qui par nature sont des notions spirituelles, ne pourrait être qu’un sophisme. C’est exactement ce qui arrive dans l’illustration du robot développée dans l’article. Un robot n’a pas de but : nous n’employons ce mot à son égard que par un raccourci commode de la langue, tout en sachant pertinemment que seul un être conscient et volontaire peut avoir un but. En ce sens donc, les notions de moralité, de but, d’intention, de volonté, n’interviennent strictement en rien dans la théorie de l’évolution. Ni même d’ailleurs la notion de « progrès », qui n’existe que pour un jugement rendu par une conscience qui s’auto-situe au-dessus de l’évolution.

    Revenons à la question du mariage ; d’abord le mariage n’existe que chez les humains. Il y a bien des couples d’oiseaux fidèles l’un à l’autre pour la vie, mais par instinct et non suite à un serment, prononcé devant témoins. On peut trouver à cette institution toutes sortes d’avantages excellents pour la société : accueil, protection, éducation des enfants, division des tâches dans le couple, soutien mutuel dans la vieillesse etc. Mais en aucun cas ces justifications du mariage ne sont morales en elles-mêmes, elles sont seulement utilitaires ; tout comme l’honnêteté dans les comptes est favorable au commerce tandis que la malhonnêteté finit par le ruiner. Le mariage ne peut trouver son côté moral que dans un commandement de Dieu, tout comme le : Tu ne voleras point. Le mariage est bon et saint parce que Dieu a l’institué.

    S’il n’y a pas de Dieu, ou s’il y en a un mais qu’il n’ait rien commandé sur le mariage, il n’existe absolument aucun raison de condamner en soi l’union de deux humains de même sexe. Tous les arguments qu’on pourra opposer seront de nature utilitaires, et non morales, et ils pourront être battus en brèche en invoquant des cas particuliers.

    Un couple d’homosexuels reste stérile ! Et alors ? les femmes ménopausées aussi, on ne leur interdit point pour autant le mariage ! Les enfants élevés par deux femmes manquent de l’image du père… Et ceux élevés en tant de guerre, quand tous les hommes étaient au front ? et les orphelins ? et les familles monoparentales ? On y échappera pas : point de parole de Dieu sur le mariage ? la loi Taubira devient tout à fait raisonnable.

    Reste, la position de ceux qui comme notre ami Benoît, affirment que le Créateur, n’a jamais formé un premier couple humain composé d’un homme et une femme donnés l’un à l’autre, mais qu’il a institué le mariage à une date t inconnue de l’axe du temps, lorsque l’humanité comptait déjà N milliers d’individus. Le côté gratuit de cette assertion n’échappera à personne.

    Si le mariage existait dans la plupart des sociétés antiques, comment savez-vous que c’est Dieu qui l’a imposé ? ce pouvait très bien être une mesure utilitaire et non divine, puisque vous-même tenez à prouver que le mariage est bon pour la société.

    Comment savez-vous que Dieu a interdit le mariage unisexe, puisque vous ne pouvez vous référer à aucun document sur son origine ? Les passages bibliques qui condamnent les pratiques homosexuelles, ne se situent pas dans le cadre du mariage, et ne peuvent par conséquent pas être invoqués ?

    Comment savez-vous que Dieu n’a pas changé d’avis sur la question dans les temps modernes, depuis que la terre est à peu près remplie ? Si Dieu n’a rien dit la première fois sur le sujet, pourquoi parlerait-il maintenant ?

    Dans la pensée chrétienne le mariage est l’image de l’union de Christ et de son Eglise. Il est évident que sans un premier homme et une première femme, la comparaison devient boiteuse, arbitraire, incompréhensible.

    Terminons comme dans les séries américaines :

    — Si quelqu’un dans l’assistance s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant ou qu’il se taise à jamais…

    — Moi, moi ! je suis contre ! leurs parents et leurs grands-parents n’étaient même pas mariés !

    Une autre voix de vieille dans le fond :

    — et ça vient à l’église en robe blanche ! guenon va…

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      Benoit Hébert mar 18 Août 2015 Répondre

      Cher Eosine,

      Notre propos n’est pas de réduire le comportement à une explication « mécanistique  » de la vie. Je crois, comme vous, à l’existence d’une la loi morale inscrite dans le cœur des hommes, qui n’est pas simplement une convention sociale, quelque idéal que nous inculque l’éducation ?

      Nous voulons éviter le discours réductionniste que l’on retrouve chez certains athées matérialistes militants, mais aussi et paradoxalement chez certains chrétiens que cela dérange que l’on trouve des explications « naturelles », même partielles, à certains comportements.

      Il existe une nouvelle discipline universitaire intitulée la « science cognitive de la religion » qui, à cet égard peut apporter des éléments qui ne contredisent pas la vision chrétienne de l’homme, mais plutôt la renforce. Justin Barrett, de l’université d’Oxford, nous explique cela dans cette série d’articles : « la foi est-elle naturelle? » dont voici un extrait

      « Pour certains, le fait d’être une personne religieuse ou pas pourrait être un héritage biologique seulement, ou bien le fruit d’une révélation spéciale ou d’une sélection spéciale seulement, ou bien encore un conditionnement culturel seulement. La SCR et le christianisme rejettent ces trois options. Beaucoup dans la SCR disent que la plupart des hommes ont des prédispositions naturelles qui dans des circonstances normales les conduiront à la croyance religieuse, mais que les particularités de ces croyances dépendront de chaque individu ainsi que du milieu culturel. Il semble que le christianisme rejoigne ces notions en mettant l’accent sur la grâce commune et aussi la révélation spéciale ainsi que la valeur de l’Ecriture et la contribution de la communauté au développement de la foi. »

      Ceci dit, pour vous et pour Coco, je vais écrire un article dont le but sera de montrer que quelle que soit l’option que l’on choisit : monogénisme ou polygénisme, on peut aboutir aux mêmes conclusions concernant l’émergence de la conscience morale et la révélation divine de la loi morale. La foi en « Adam et Eve : géniteurs de toute l’humanité » n’est pas le fondement du christianisme.

      • Avatar
        rodolphe mar 18 Août 2015 Répondre

        Bonjour Benoit ?

        Seul petit problème : l’auteur passe sous silence la capacité des processus physiques, des organismes vivants (mais pas des robots) ou encore des systèmes sociaux à s’organiser d’eux-mêmes. Par conséquent, une conception téléologique du monde n’est pas seulement infalsifiable, elle est aussi inutile, à moins de considérer que tout à toujours existé en germe depuis le Big Bang, y compris le Code de la route !
        Par ailleurs, dans son analyse de l’explication naturaliste concernant l’émergence et l’évolution de la morale, l’auteur commet l’erreur d’assimiler réductionnisme méthodologique et ontologique dans une même démarche simplificatrice.
        Enfin, l’auteur nous explique que « les lois de Newton du mouvement et de la gravité permettent des interprétations théistes et athées. »
        Dans un autre article, Alister McGrath nous explique que si la téléologie a un sens en biologie, elle n’en a aucune par exemple, dans le phénomène de la chute d’une pierre !
        Petite question : qui décide que tel ou tel phénomène relève d’un processus téléologique ou pas, en fonction de quel critère ?

        • Avatar
          Marc mar 18 Août 2015 Répondre

          La capacité à s’organiser à partir de l’information il me semble.

          • Avatar
            rodolphe (posta01) mar 18 Août 2015 Répondre

            Désolé, comprends pas la reponse. Tu réponds à quoi là ?
            Et en plus tu évacues les différents points souleves.

            • Avatar
              Marc mar 18 Août 2015

              qui décide que tel ou tel phénomène relève d’un processus téléologique ou pas, en fonction de quel critère ?

            • Avatar
              rodolphe (posta01) mar 18 Août 2015

              On ne s’est pas bien compris. Je faisais simplement remarquer les différences d’appréciation entre McGrath et Haarsma sur les phenomenes qui admettent ou pas une explication teleologique. D’où ma question que je reformule:
              Avec de telles conceptions à géométrie variable (une teleologie « à la tête du client » si tu preferes) ne vois – tu pas la une bonne raison de douter ?

            • Avatar
              Marc mar 18 Août 2015

              En effet on ne se comprend pas bien car je pense que tu mélanges un peu tout et tu interprètes cette confusion (ou ces amalgames) comme de la théologie à géométrie variable.

              L’article de MC Grath parlait de téléologie en science selon les principes biologiques de convergence par exemple.
              Ici Loren Haarsma évoque des conclusions ou présupposés philosophiques extrapolés à partir de données scientifiques. Personne n’a jamais démontré scientifiquement à ma connaissance que la morale ou l’amour pouvait se réduire à des comportements émanant de la chimie, ceux qui l’affirment le font sous l’égide du réductionnisme, certainement pas dans une démarche scientifique rigoureuse.

      • Avatar
        rodolphe mar 18 Août 2015 Répondre

        Ah oui, j’avais oublié ça:
        « Certains athées matérialistes militants… »
        Joli pléonasme « athées matérialistes »… C’est vrai, vu comme ça, y font encore plus peur ces gens là !
        Il existe pourtant une autre approche plus sereine.
        Celle qui consiste à considérer les conséquences d’ordre épistémologique qui découlent naturellement de l’athéisme méthodologique pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire une généralisation (certes incomplète et sujette à révision) à partir d’un ensemble de faits particuliers dans le cadre des seules ressources disponibles dans la nature, et non pas comme l’expression d’une philosophie matérialiste à priori.
        On peut effectivement qualifier de « militantisme », et dans son acception la plus noble, la démarche qui consiste à interpeller sur le danger que représente l’intrusion d’une forme de spiritualisme dans les sciences, comme par exemple cette marche forcée entre science et foi, expression avantageusement remplacée par le doux euphémisme de « dialogue » et qui ne fait que brouiller les frontières épistémologiques en laissant penser qu’un présupposé métaphysique quel qu’il soit puisse être compatible avec une démarche fondée sur une connaissance objective.

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    rodolphe (posta01) mar 18 Août 2015 Répondre

    Non Marc, je ne pense pas tout mélanger lorsque McGrath nous explique que la chute d’une pierre ne relève pas d’un processus teleologique alors que Haarsma nous explique dans le même temps que la loi du mouvement et de la gravité (comme la revolution d’une planete autour de son soleil ?) peut admettre une interprétation teleologique !
    Il va falloir expliquer cette différence de traitement entre une pierre qui tombe et une planète qui « tombe ».

    Quant a l’interprétation teleologique de la convergence evolutive par McGrath
    je t’invite à prendre connaissance de mes messages des 13 et 14/08
    (Dieu et son action créatrice dans le monde)

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    Marc mar 18 Août 2015 Répondre

    Rodolphe, relis ! L. Haarsma ne parle pas de téléologie en rapport avec les lois de la gravité mais d’interprétation philosophique !…

    Toi tu crois que ces lois se sont faites toutes seules, pour un croyant, ces lois ont été conçues par Dieu, c’est tout ce que ça veut dire.

    Quant à l’article de Mc Grath, c’est du même acabit dans les confusions, tu m’excuseras de ne pas y répondre, il suffit de relire l’article qui donne de meilleures explications que je ne pourrais le faire en paraphrasant.

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      rodolphe mer 19 Août 2015 Répondre

      Bonjour Marc,
      Il est vrai qu’un premier niveau de lecture des affirmations de L.Haarsma et McGrath ne laisse pas apparaître de manière très évidente le problème soulevé.
      Aussi, pour une meilleure compréhension, je te suggère de lire (ou relire) mes messages des 13 et 14/08 qui se suivent ainsi que celui du 15/08 dans lesquels je montre en quoi McGrath se trompe lorsqu’il évoque les domaines qui selon lui seraient concernés par des processus téléologiques, et réfute l’interprétation qu’il fait du principe de convergence évolutive.
      Je ne vais pas recopier mes messages.
      Voir ici : http://www.scienceetfoi.com/hasard-et-action-creatrice-de-dieu-dans-le-monde/
      Bien. Dieu serait donc le Maître d’ouvrage, il aurait créé les lois (dans un but précis) avec toutefois cette réserve, je cite McGrath : « Dieu a choisi de faire toutes choses se faire elles-mêmes. », principe que l’on appelle en science « auto organisation ». (le maître d’oeuvre)
      Et voilà le problème : l’absence de communication entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre. Si le maître d’œuvre est autonome dans la réalisation du projet, quelle garantie aura le maître d’ouvrage quant au respect du cahier des charges ?

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    Marc mer 19 Août 2015 Répondre

    Rodolphe, je pense malheureusement que tu abordes ces lectures avec beaucoup trop de préjugés, tu traques les incohérences à la manière des créationnistes qui veulent démonter la théorie de l’évolution en se focalisant sur des exceptions.. Du coup tu fais des contresens ou tu butes sur des difficultés théologiques par manque de connaissance de cette discipline.

    Comme en plus tu réfutes toute possibilité de révélation (le fondement même de la foi) ça devient très compliqué de trouver un terrain de discussion.

    Je n’ai malheureusement pas le temps de reprendre tes arguments pour te montrer qu’ils sont biaisés. Mais il y a assez d’articles et d’autres viendront pour compléter le tableau.

    La fin de ton commentaire glisse vers un point théologique absolument mystérieux même pour les théistes qui est de pouvoir décrire l’action d’un Dieu transcendant dans un monde régi essentiellement par des lois naturelles (créées par lui). La réflexion évolue au fil des sicles, mais comme pour « le problème du mal », les réponses apportées demeurent incomplètes.

    Mais encore une fois, si Dieu était un instrument de laboratoire et nous serions des supers Dieux pour pouvoir l’étudier sous toutes ses coutures, n’inversons pas les rôles, sachant que d’autant plus, il n’y aurait plus besoin de la foi. Or nous vivons dans un monde à la fois rationnel et à la fois ouvert au mystère de la foi, sans quoi il y aurait un sacré problème de liberté humaine !..

    Il nous faut marcher sur nos 2 jambes et non pas à cloche-pied.
    http://www.scienceetfoi.com/ressources/pourquoi-la-foi-et-la-raison-devraient-elles-marcher-ensemble/

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      rodolphe mer 19 Août 2015 Répondre

      Marc,
      Je reconnais bien volontiers que je n’ai peut-être pas été très rigoureux sur la distinction entre la notion spécifique de téléologie développée par McGrath et la réflexion plus générale de L.Haarsma concernant l’interprétation théiste qui peut être faite (selon lui) des phénomènes naturels.
      Quant aux incohérences que je cherche à débusquer, il ne me semble pas qu’elles pointent sur des exceptions mais au contraire sur un ensemble de sujets fondamentaux.
      Le problème de la souffrance et du mal, de l’injustice, le dialogue problématique voire incompatible entre le maître d’ouvrage (Dieu) et le maître d’œuvre (l’auto organisation dans la nature), la question d’une création ex nihilo impossible que n’évite pas une conception théiste, toutes ces questions ne me semblent pas être des détails. Au contraire, elles bousculent les bases mêmes de la foi (la révélation) pour quiconque cherche honnêtement à s’ouvrir à ces questions.
      Mes arguments seraient biaisés. Dont acte, j’attends qu’on m’en fasse la démonstration.
      Dans l’attente, je m’en vais de ce pas… Et comme je ne suis pas unijambiste, ce sera sur mes deux jambes, celle du scepticisme et l’autre de la raison.

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    Fidel-Bill lun 24 Août 2015 Répondre

    J’ai un peu de mal à comprendre la démarche de ce site, et en lisant cet article je suis encore plus perplexe.
    Il est vain d’essayer de donner des intentions à la science, il ne s’agit que d’une méthodologie pour acquérir des connaissances sur le monde. La religion est plutôt destinée à donner un sens à ce qui nous entoure et une moralité pour ceux qui y croient. Essayer de mélanger les deux n’à pas vraiment de sens, la science apporte la connaissance et la religion sert de guide à la spiritualité de certains, c’est tout.

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    Benoit Hébert lun 24 Août 2015 Répondre

    Cher Fidel-Bill,

    La science suscite des questions qui vont effectivement au-delà de ses compétences, et elle interfère inévitablement avec l’interprétation de la Bible.

    Nombreux sont nos contemporains qui ne peuvent se suffire de vivre avec des compartiments complètement étanches dans leurs cerveaux mais qui cherchent une cohérence, forcément incomplète, entre tous les domaines de leur vie et de leur connaissance, spirituelle et physique.

    Je t’invite aussi à suivre la série en cours http://www.scienceetfoi.com/series/quand-la-science-rencontre-la-religion/

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    pat065 lun 18 Juin 2018 Répondre

    L’évolution est une colossale ineptie.

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