Les mystères de la foi, les mystères de la science.

Posté par Benoit Hébert
Print Friendly, PDF & Email

La foi chrétienne donne un certains nombres de réponses à nos questions les plus profondes. « Kant  disait qu’il y a trois grandes questions qui déterminent notre existence : Pourquoi suis-je sur cette Terre ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? ». Merci à David Vincent pour cette citation, allez lire sa série d’articles). Pourtant, les chrétiens reconnaissent que certains mystères de la foi résistent à une analyse purement rationnelle, et que la Bible nous appelle parfois à accepter des réalités qui nous paraissent contradictoires, ou au moins incompréhensibles. Les exemples les plus fréquents sont: l’origine du mal, l’omniscience de Dieu et le libre arbitre de l’homme, la trinité…

Alister McGrath en parle très bien

Il y a toujours un danger quand nous disons : »Je ne peux pas comprendre ceci, donc c’est faux. », en pensant que cela démontre l’irrationalité de l’idée alors qu’en fait, cela ne fait que souligner les limites de notre raison. L’imagination humaine est si importante, parce qu’elle compense les limites de la raison; elle nous avertit contre le fait de supposer que la réalité est seulement ce que nous voyons ou comprenons. Parler de Dieu comme d’un « mystère », c’est reconnaître que nous avons été attiré par quelque chose ou quelqu’un de plus grand que nous, nous incitant à étendre, plutôt qu’à limiter l’horizon de notre conscience. (Faith and the creeds p. 55)

La réaction de certains septiques face à cet apparent « aveu de faiblesse » des chrétiens à propos des mystères de la foi est précisément  d’y voir  la démonstration de son irrationalité. Les chrétiens reconnaissent humblement qu’ils n’ont pas réponse à tout, mais que leur foi a répondu aux grandes questions de la vie, et qu’ils considèrent que c’est un appel divin que de chercher à comprendre toujours mieux Dieu et le monde qui nous entoure.

La pensée positiviste remise au goût du jour par le « nouvel athéisme »,  ou plutôt servie comme un plat réchauffé laissé au congélateur depuis le 19ème siècle, oppose souvent la démarche scientifique à la démarche de la foi. La première nous conduisant sur le terrain objectif de la « réalité », la deuxième étant le parfait exemple de la plus pure subjectivité.

Cette opinion simpliste résiste-t-elle à une analyse plus fine, en particulier au comportement de la matière tel que décrit par la mécanique quantique?

Si vous ignorez tout de cette discipline fascinante née au début du 20ème siècle, il existe sur internet quelques vidéos qui vous permettront sans pratiquement aucune équation de vous faire une idée de ce monde étrange qui est le notre quand on l’observe à l’échelle des atomes et des particules élémentaires.

Allez par exemple regarder cette conférence grand public de Serge Haroche, prix Nobel français (2012) de Physique dans le domaine (les 35 premières minutes vous donneront déjà quelques idées!)

Le bon sens commun est complètement mis à mal quand il faut traiter une particule quantique A LA FOIS comme une onde et comme une particule.

Un autre chercheur français très connu, Alain Aspect explique ici comment la mécanique quantique nous permet mathématiquement de décrire le phénomène, mais reconnaît lui même qu’il existe un mystère fondamental à ce comportement qu’il n’arrive pas à « expliquer rationnellement » .

C’est aussi ce que reconnaissait  Richard Feynman (  l’un des physicien américain des plus brillants, prix Nobel lui aussi) dans son cours de physique mondialement connu

« Quelqu’un demandera encore: » Comment cela fonctionne-t-il? Quelle est la machinerie derrière cette loi physique? » Personne n’a trouvé la machinerie derrière la loi. Personne ne peut l' »expliquer ». Personne ne vous donnera une compréhension plus profonde de la situation. Nous n’avons aucune idée d’un quelconque mécanisme duquel on pourrait déduire ces résultats.

Si donc la science  reconnaît qu’elle tient pour « vraie » une théorie réconciliant des aspects complètement contradictoires dont elle ignore tout du mécanisme, n’est-il pas ironique que certains s’appuient sur la démarche scientifique pour dénoncer le caractère transcendant des mystères de la foi ?

P.S.: merci à « Yogi » pour son inspiration dans la rédaction de cette petite réflexion.

 

 

 »

 

 

 

Avatar

29 Commentaires

  1. Avatar
    Coco Panache jeu 28 Août 2014 Répondre

    Oui, c’est très ironique :)

  2. Avatar
    Marc jeu 28 Août 2014 Répondre

    Merci Benoit pour cette réflexion qui montre qu’une des plus grandes qualités qui soient (et pour tous les domaines) semble bien être notre capacité de synthèse et d’embrasser un concept dans son ensemble avec toutes ses interactions.

    Notre tendance à suivre d’emblée et parfois de manière inexplicable une intuition ou une affection particulière, à opposer les 2 versants d’une montagne plutôt que de les voir comme 2 vérités d’une même entité nous poussent souvent dans une démarche dualiste qui nous éloigne de la vérité.

    Que ça soit l’incroyant qui en effet ne parvient pas à déceler toutes les démarches de foi qu’il fait dans son quotidien ou le croyant qui applique sans aucune nuance le même niveau de lecture à l’ensemble de la Bible sans chercher aucune correspondance avec le contexte voire le visible et l’explicable (nous en avons une brillante démonstration avec les derniers commentaires postés sur ce blog…) nous pouvons percevoir comment la nature humaine peine à embrasser des concepts complémentaires ou paradoxaux et tend à y voir d’irrémédiables oppositions…

  3. Avatar
    rodolphe (posta01) jeu 28 Août 2014 Répondre

    Bonsoir à tous,

    Merci de m’avoir autorisé de rejouer une partie !
    (il me semble pourtant avoir respecté la consigne: « pas de nouveau message avant qu’un internaute intervienne »)
    Bien, je vais essayer d’être bref et de faire un tir groupé.

    Premier point.
    Attention à la tentation d’un « concordisme questionnant » (mais oui, je sais que vous n’êtes pas concordistes, mais là, ça y ressemble quand même un peu !) qui consiste à convoquer la science (le paradoxe dualité onde/particule) dans le but de donner plus de consistance à ce qui relève d’une simple incompatibilité logique. (omniscience divine et libre arbitre humain)
    Dans le premier cas, le paradoxe est purement FACTUEL et ne repose sur aucun présupposé. Il ne fait que révéler notre ignorance.
    Dans le second, il est purement CONCEPTUEL et ne repose que sur le présupposé qu’il existe une omniscience divine…
    Je ne vois personnellement pas où se trouve l’ironie dans ce simple constat !

    Second point:
    Il concerne mon dernier message sur la page « Commentaires ou suggestions » qui attend toujours une réponse.

    Au plaisir de vous lire.

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert ven 29 Août 2014 Répondre

      Bonjour Rodolphe,

      La nouvelle consigne est un « minimum » à respecter. Tu as pratiquement posté un commentaire sur 2 publiés ces dernières semaines…Nous voulons aussi laisser la place à d’autres.

      Je ne vois pas ce que tu veux dire avec ta notion de « condordisme questionnant! ». Dans les deux cas, la raison de l’homme est mis devant des situations où elle doit gérer des données apparemment contradictoires. La mécanique quantique ne résout nullement le paradoxe, mais propose simplement un formalisme mathématique qui s’en accommode, en validant la théorie sur les prévisions expérimentales qu’elle produit. Et ça marche sans que personne ne sache pourquoi.

      Le chrétien met sa confiance dans le Dieu de la Bible, n’ayant pas toutes les réponses à certaines interrogations difficiles. Il vit sa vie par la foi, et ça marche ;-)

      Si c’est pas du pragmatisme scientifique, ça y ressemble!

      Continue d’être synthétique. Ce n’est pas la peine de nous harceler avec tes suggestions. Nous les avons lues. Mais comme je te l’ai déjà expliqué, ce n’est pas à toi de fixer notre ligne éditoriale et le contenu de nos articles. Si tu veux ouvrir des débats, tu as ton blog, non?

  4. Avatar
    Yogi ven 29 Août 2014 Répondre

    Tout d’abord, je suis très honoré de me voir cité comme source d’inspiration de vos réflexions :-)

    Ensuite, je suis un peu déçu de me voir traité de « septique », c’est à dire selon le dictionnaire « atteint par une espèce de putréfaction, caractérisé par la présence de germes pathogènes » … mais mon grand coeur me pousse à vous pardonner ;-)

    Enfin et plus sérieusement, j’ai deux objections aux remarques formulées dans ce billet.
    D’une part, selon moi l’opposition entre libre-arbitre humain et omniscience divine n’est pas celle d’une simple conciliation difficile à imaginer, mais bien celle d’une stricte négation mutuelle. L’un ne peut pas exister si l’autre existe. C’est comme d’affirmer une chose et son contraire, et non d’affirmer une chose et une autre chose différente. C’est en cela très différent de la nature trinitaire de Dieu ou de la présence du mal, qui me paraissent résolus par des questions de « points de vue différents sur un même objet », un peu en effet comme la dualité onde-particule.

    D’autre part et comme le mentionne rodolphe, la question ici n’est pas de concilier deux constats, mais de valider une hypothèse. Car pour moi l’omniscience divine est un postulat, une hypothèse que les croyants viennent poser sur le monde de manière gratuite. Ainsi à supposer (!) que le libre-arbitre humain existe bien, les croyants viennent dire « posons qu’il n’existe pas ».
    On est pas dans le cas « l’électron est une particule, posons qu’il soit en plus une onde, ou une projection holographique, ou un calcul subquantique, ou etc » mais plutôt « l’électron existe, posons qu’il n’existe pas » … Là c’est un peu plus difficile, et il nous faut je crois rejeter cette hypothèse, sauf à prouver que le libre-arbitre humain n’existe pas.

  5. Avatar
    rodolphe (posta01) ven 29 Août 2014 Répondre

    Bonjour à tous,

    @Yogi,
    Merci pour ça:
    « comme le mentionne rodolphe, la question ici n’est pas de concilier deux constats, mais de valider une hypothèse. »

    @Benoit,
    1. En complément de la réponse de Yogi, si j’ai utilisé l’expression « concordisme questionnant » dans mon dernier message, c’est parce que tu convoques la science sur une question de théologie… C’est simple et limpide !
    Je te cite:
    « Si c’est pas du pragmatisme scientifique, ça y ressemble ! »
    Que vient faire la science la-dedans ?

    2. Concernant la constatation étonnante du fait que l’univers s’observe (puisqu’il existe des observateurs) je trouve suspect le fait d’invoquer la ligne éditoriale du site pour ne pas donner au moins un point de vue !
    On est bien sur « science et foi » ou pas ?

  6. Avatar Auteur
    Benoit Hébert ven 29 Août 2014 Répondre

    Bonjour Yogi,

    Cette conversation a au moins le mérite de te permettre d’exercer la charité, tout n’est pas perdu!

    J’avoue que cette définition du « septique » paraît en effet bien traumatisante, ma pensée n’allait pas jusque là!

    Toute analogie a ses limites, pourtant, je persiste à croire que tu sous estimes largement la perplexité et la véritable contradiction fondamentale qu’il y a à constater le comportement dual de la matière, onde et corpuscule.

    Ce n’est pas pour rien que les physiciens les plus brillants comme Einstein ou même Schrödinger ont eu énormément de mal à accepter la théorie quantique, pour ne pas dire qu’il l’ont rejetée pendant un temps. (Dieu ne joue pas au dés!)

    Il s’agit d’un véritable paradoxe, et il est impossible de donner une explication « RAISONNABLE » de la situation (selon les mots même d’Alain Aspect dont je t’invite à regarder qq minutes de conférence en lien sur mon article).

    Comment expliquer que dans une expérience d’interférence, la lumière reconstitue par grain d’énergie, photon par photon la figure d’interférence prédit par la description ondulatoire? C’est tout simplement incroyable et défie le bon sens commun! Ce n’est ni plus ni moins un défi pour la raison humaine que de concilier libre arbitre de l’homme et omniscience divine et d’autres mystères de la foi, tel est mon humble avis.

    @Rodolphe,

    Bien sûr l’utilisation de l’expression « pragmatisme scientifique » est une petite provocation. Elle renferme pourtant là aussi une analogie profonde. De la même façon que l’on se contente parfois d’énoncer des lois scientifiques empiriques dont la seule validité réside dans leur pouvoir prédictif, le chrétien qui prend le parti pris de la foi et de la prière ne manque pas d’en expérimenter concrètement les effets sur sa vie…Et ça l’encourage inévitablement à persévérer dans la foi!

    • Avatar
      Yogi ven 29 Août 2014 Répondre

      > « il est impossible de donner une explication « RAISONNABLE » de la situation »

      Allons, allons, il ne faut pas désespérer des progrès des théoriciens :-) Newton aurait-il trouvé la relativité générale « raisonnable » ? Ce n’est pas pour rien que j’ai mentionné la projection holographique, qui est une des voies explorées pour expliquer la dualité onde-particule.

      http://webinet.cafe-sciences.org/articles/lunivers-est-il-un-hologramme/

  7. Avatar Auteur
    Benoit Hébert ven 29 Août 2014 Répondre

    C’est à Alain Aspect qu’il faut le dire, Yogi, pas à moi !!

  8. Avatar
    Marc ven 29 Août 2014 Répondre

    @yogi

    je ne partage pas ton analyse aussi tranchée sur B = non A entre omniscience divine et libre arbitre humain.

    je ne comprends pas d’ailleurs ton « blocage » à ce sujet.

    SI on accepte une entité transcendante à l’espace-temps, appelons là Dieu… n’est-il pas logique que celle-ci embrasse d’un seul coup toute la réalité de cette dimension en terme de connaissance indépendamment de son action même dans une création pourvue de liberté ??

    • Avatar
      Yogi dim 31 Août 2014 Répondre

      @ Marc : « je ne partage pas ton analyse aussi tranchée sur B = non A entre omniscience divine et libre arbitre humain »

      Pour moi la question est simple.

      Hypothèse A : Dieu, au 5e jour, sait ce que je vais faire ce soir.
      Dieu omniscient dispose de cette connaissance avant même de m’avoir créé. Mon « choix » de ce soir préexiste à mon existence, il n’est donc pas le mien. Je n’ai pas de libre-arbitre : j’exécute le plan que Dieu a conçu pour moi avant même de décider de me créer.

      Hypothèse non-A : Dieu, au 5e jour, ne sait pas ce que je vais faire ce soir.
      Comme cela était vrai concernant mes parents, Dieu ne sait même pas que j’existerais un jour. Il ignore tout des êtres qui vivront et des choix qu’ils feront. Dieu ignore tout de l’histoire de l’humanité, et constate chaque matin comme nous tous comment se déroule l’histoire du monde.

      B=non A. Deux hypothèses strictement l’opposée l’une de l’autre et mutuellement exclusives. On est pas dans la cohabitation de deux points de vue, on est dans la négation frontale.

      • Avatar
        Marc dim 31 Août 2014 Répondre

        Bonsoir Yogi,

        Pour ne pas polluer ce post avec un autre sujet (ton favori) je ne vais pas développer ici .
        On essaiera de le faire dans une rubrique dédiée.

        Je dirais courtement que si ces réflexions mettent à mal qq chose, ce n’est certainement pas l’existence de Dieu mais plutôt notre piètre capacité humaine à saisir ces choses (en dehors du temps et de l’espace).

        J’essaierai cependant de t’apporter des éléments de réflexions satisfaisants.

  9. Avatar
    Coco Panache ven 29 Août 2014 Répondre

    « Car pour moi l’omniscience divine est un postulat, une hypothèse que les croyants viennent poser sur le monde de manière gratuite. Ainsi à supposer que le libre-arbitre humain existe, les croyants viennent dire : posons qu’il n’existe pas »

    Conception personnelle irrationnelle : partant de prémisses fausses, on aboutit à l’absurde.

    Pour comprendre une doctrine, il faut en accepter les concepts dans le sens qui leur est donné (par cette doctrine).

    Définir indûment que « l’omniscience est la capacité de connaître le futur de créatures libres », et s’étonner que cela rentre en conflit avec une doctrine qui comprend l’omniscience différemment, ce n’est pas une démarche rationnelle.
    C’est assez ironique pour qui se déclare raisonnable…

    L’omniscience vient de la philosophie et de la théologie, et ne fait pas partie du vocabulaire habituel du chrétien (mais il revient sans cesse chez les athées, dans un usage et une répétition légèrement névrotique).

    Si Dieu suscite des créatures libres, c’est qu’il les dote d’une part d’inconnaissable, y compris pour lui-même.

    Donc Dieu sait tout, il sait aussi que les choix des hommes appelées par lui à la liberté lui sont connus qu’au moment où ces hommes posent des actes libres. Le dieu trinitaire est donc omniscient, tout en ne devançant pas un futur humain qui n’existe de toute façon pas.

    C’est pourtant pas compliqué, pas de quoi revenir là-dessus pendant des années ;)

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert ven 29 Août 2014 Répondre

      « Si Dieu suscite des créatures libres, c’est qu’il les dote d’une part d’inconnaissable, y compris pour lui-même »

      Bon Coco, je ne sais pas si c’est si simple. Les différentes opinions sur cette question existant dans la tradition chrétienne (calvinisme, arminianisme, molinisme…) nous invite à la prudence, non?

      J’aime mieux la remarque de Marc concernant un Dieu à la foi hors du temps, et agissant dans une création soumise à l’écoulement du temps.

      Si j’ai mis cette situation dans la catégorie des « mystères de la foi », c’est surtout pour illustrer le fait que certains aspects de notre foi ne seront jamais expliqués de façon purement rationnelle, mais ce n’est pas vraiment un problème. Même les scientifiques ne rechignent pas devant ce type de démarche…

      • Avatar
        Coco Panache ven 29 Août 2014 Répondre

        Mais ce n’est pas de l’ordre du mystère, mais de l'(onto) logique !! et pourquoi cela ne serait pas simple ? parce d’autres opinions se sont affrontées et mutuellement exclues, en se compliquant à l’envie ??

        Je ne sais pas, quelle est ta conception de la liberté ?

    • Avatar
      Yogi dim 31 Août 2014 Répondre

      @ Coco : Je ne comprends pas ce que tu veux dire par  » Dieu sait tout » s’il ne connaît pas à l’avance les décisions humaines.
      Car dans ce cas il ne sait rien de l’histoire humaine, il est soumis au temps qui passe, pour la découvrir se dérouler sous ses yeux comme nous tous. Il connaît le passé, le présent mais rien du futur.

      Ton « Dieu qui sait tout » en sait à peine plus que le patron de la CIA.

      • Avatar
        Coco Panache dim 31 Août 2014 Répondre

        Tu n’y comprends rien, et tu te compliques la vie inutilement. Considère que Dieu est dans l’éternel présent, et qu’il sait tout de ce présent.

        • Avatar
          Yogi dim 31 Août 2014 Répondre

          Par définition même du présent, nous aussi nous sommes dans « l’éternel présent ». Donc Dieu dispose en gros des moyens de la CIA, de la NSA et de Google, décuplés, mais ignore tout des êtres à venir et de l’histoire du monde. Soit.

          • Avatar
            Coco Panache dim 31 Août 2014 Répondre

            Nous passons effectivement dans un présent éternel, qui est fait d’instants successifs. Non, Dieu ne dispose pas de moyens, puisqu’il est l’origine de toute réalité : il n’a pas besoin d’outils de connaissance intermédiaires, puisque toute choses émanant de lui, il les connaît « par l’intérieur ». C’est ça l’omniscience.
            C’est pas le fait de connaître ce qui n’existe pas (le futur); on avait eu droit au même syllogisme avec la toute-puissance il y a qques temps.

            • Avatar
              Yogi dim 31 Août 2014

              Eh bien voilà ! Dieu connaît tout du présent mais ignore tout du futur : tu vois qu’on y arrive ! Il est donc soumis au temps comme nous tous, et doit attendre chaque nouvelle heure qui passe pour savoir ce qu’elle va apporter. Ok.

            • Avatar
              Coco Panache dim 31 Août 2014

              Rien ne te permet de déclarer que Dieu est soumis au temps avec ce que j’ai écrit. Décidément, tu t’affranchis bien facilement des règles élémentaires de la logique ; pour un esprit qui se dit scientifique, je trouve ça bizarre. Dieu n’attends pas non plus, puisqu’il n’est pas dans la succession du temps, ce qui ferait de lui un être non-simple, morcelé par cette succession.

            • Avatar
              Yogi dim 31 Août 2014

              Tu as dit « Dieu ne connaît pas le futur ». La prochaine heure, c’est le futur. Dieu ne la connaît pas. Il la connaîtra quand elle sera là, comme nous tous. Dieu doit attendre la prochaine heure pour la connaître. Il est donc soumis au temps. CQFD.

  10. Avatar
    rodolphe (posta01) ven 29 Août 2014 Répondre

    @ Benoit,

    Désolé de poster un nouveau message (ça fera 2 aujourd’hui) MAIS:

    Point 1:
     » pragmatisme scientifique » est une petite provocation. Elle renferme pourtant là aussi une analogie profonde. »
    Cela ne fera que la troisième fois que je te fais remarquer que tu convoques la SCIENCE au sujet d’une question de THEOLOGIE !
    Je maintiens donc mon expression de « concordisme questionnant ».

    Point 2:
    je reste toujours sur ma faim. Que penser d’un univers qui semble s’observer ?

    @Coco,
    Bonjour.

  11. Avatar
    Coco Panache ven 29 Août 2014 Répondre

    Salut Rodolphe :)
    Regarde comme je suis bon : grâce à mon message, tu gagnes 1 crédit de message supplémentaire :)
    Utilise-le bien :)

  12. Avatar
    rodolphe (posta01) sam 30 Août 2014 Répondre

    Bonjour Benoit,

    Ton raisonnement est vraiment incompréhensible et voici pourquoi:
    tu es le premier à admettre (à juste titre) que les réponses scientifiques doivent être distinguées des réponses spirituelles ce qui implique que les questions doivent l’être également, non ?
    Or, tu déroges à la règle en convoquant le questionnement scientifique pour justifier un questionnement spirituel. Ne serait-ce pas simplement parce que ça t’arranges ?
    Par ailleurs, tu étayes ta position avec des citations qui ne contribuent pas vraiment à éclaircir la situation, je cite Alister McGrath:
    « Il y a toujours un danger quand nous disons : »Je ne peux pas comprendre ceci, donc c’est faux. »
    Mais de quoi parle-t-on ? Et qu’est-ce que le « ceci » évoqué par McGrath ?
    Que je sache, personne ne remet en question les résultats paradoxaux de la mécanique quantique, on parle là de FAITS.
    S’agissant du concept d’omniscience divine, où sont les faits ???

    En attendant, l’univers continue toujours à s’observer lui-même, ça par contre, c’est un fait auquel il convient de s’interroger.

  13. Avatar
    Coco Panache dim 31 Août 2014 Répondre

    Yogi a écrit : « Tu as dit « Dieu ne connaît pas le futur ». La prochaine heure, c’est le futur. Dieu ne la connaît pas. Il la connaîtra quand elle sera là, comme nous tous. Dieu doit attendre la prochaine heure pour la connaître. Il est donc soumis au temps »

    Dieu ne connaît pas le futur du choix des êtres qu’il fait capables de liberté.
    Connaître, c’est naître-avec. Donc Dieu ne peut pas (naî)être-avec le choix de l’homme quand celui-ci ne l’a pas encore posé (tu vis dans le futur, toi ? non; donc tu ne peut pas être connu là où tu n’est pas).

    Ensuite, tu ramènes sans arrêt cette connaissance aux éléments non-vivants du monde : les heures, l’histoire…

    • Avatar
      Yogi dim 31 Août 2014 Répondre

      Dieu ne sait pas ce que je vais faire dans la prochaine heure. Il ne peut donc pas « me doubler » dans le temps, ni examiner cette prochaine heure depuis un poste d’observation « hors du temps ». Il est obligé d’attendre pour savoir ce qui va se passer. Il est donc soumis au temps.

  14. Avatar
    Coco Panache dim 31 Août 2014 Répondre

    Au début c’est juste, c’est ta conclusion qui est fausse : tes prémisses ne permettent pas de soumettre Dieu au temps, puisqu’elles peuvent aussi bien décrire un Dieu respectueux, qui donne à l’homme le temps (sans y intervenir) pour qu’il y construise sa liberté ; car même Dieu ne peut pas donner la liberté à l’homme (s’il la donnait, ce n’en serait plus une).

    Ce temps humain qui n’est pas connu à l’avance par Dieu, c’est un don pour la possibilité de notre liberté. L’histoire divine étant une histoire de libération (du coté de l’homme), il ne fait pas de doute que Dieu ne va pas investir le temps de son regard scrutateur, encore moins d’y être soumis.

    Bon salut

  15. Avatar
    Marc lun 01 Sep 2014 Répondre

    Hello Yogi,

    As-tu déjà potassé des philosophes des sciences comme Etienne Klein spécialiste de la représentation du temps ?

    Bien que Klein ne verse jamais dans la théologie (surtout de bas étage), la notion du temps qui s’écoule et qui reste une illusion inhérente à l’esprit humain me semble tout à fait compatible avec l’idée d’un Dieu qui sait sans forcément tout décider d’avance.
    En effet si on admet l’existence d’un être transcendant notre espace temps, il n’y a pour lui plus de notion de passé ni de futur (gasp !). Le principe de causalité que tu décris ne fonctionnerait que dans notre prison temporelle.

    D’ailleurs si Dieu était à l’origine de tout activement, il faudrait aussi lui imputer la manifestation du mal, un pas qu’on osé franchir certains philosophes mais qui reste foncièrement contraire à l’enseignement biblique.

    L’intérêt du saut de la foi est de recevoir en son fort intérieur l’assurance que donne la conviction de l’Esprit en rapport avec l’existence de Dieu. Ensuite ces questions ne font plus blocage et comme Benoit le soulignait, le croyant s’accommode facilement de certains mystères.
    Il n’empêche que nous pouvons (et devons) poursuivre (humblement) le chemin qui nous amène à plus de cohérence possible dans notre compréhension du monde et de Dieu, d’où l’utilité de ces discussions.

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*