Le déterminisme en physique

Posté par Antoine BRET
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DÉTERMINISME : Doctrine selon laquelle les phénomènes de la nature, y compris les conduites humaines, sont produits par un enchaînement nécessaire d’antécédents et de conséquents, de causes et d’effets .

Telle est, en partie, la définition du mot selon la 9eme édition du dictionnaire de l’Académie Française.

La question du déterminisme est étroitement liée à celle du destin, du libre arbitre et même de la connaissance de Dieu. Si mon avenir est prédéterminé, un peu comme la fin du film que je viens juste de commencer, dans quelle mesure peut on parle de ma liberté ? Et si l’avenir n’est pas déterminé, Dieu le connait-il quand même?

Philosophes, théologiens et scientifiques se sont emparés de la question depuis des siècles. Dans son ouvrage Le déterminisme et la liberté dans la philosophie stoïque[1], la philosophe Susanne Bobzien explore le traitement du sujet dans la Grèce du III siècle avant J C. Cela fait donc au moins 2 millénaires que les hommes planchent sur la question.

Parmi toutes les disciplines qui ont été invitées au banquet, il est intéressant de se demander ce que la physique y a apporté. La notion même de « lois de la physique » tendrait à plaider en faveur d’un déterminisme absolu, à l’image du point de chute d’une balle qui ne dépend que de sa position et de sa vitesse initiale. Si telle était plus ou moins l’apport de la physique il y a 2 siècles, la mécanique quantique, la relativité, puis la théorie du chaos sont passées par là, brouillant passablement les pistes.

Qu’en est-il aujourd’hui ? C’est le sujet de l’article « Où la physique en est-elle du déterminisme? » qui tente de présenter une synthèse, forcement partielle et limitée, de la contribution de la science moderne à ce sujet millénaire. Bonne lecture.

[1] Titre original: Determinism and Freedom in Stoic Philosophy. Pas traduit en Français à ma connaissance.

Antoine BRET
Antoine est physicien chercheur et enseigne à l’Université Castilla-La Mancha près de Madrid. Auteur ou co-auteur de plus de 100 articles dans des revues à comité de lecture, il est régulièrement « chercheur invité » au département d’astrophysique de l’université de Harvard. Il a également travaillé pour une église évangélique française pendant 8 ans et a été pasteur à Madrid pendant une année.

3 Commentaires

  1. Avatar
    Pascal dim 28 Juin 2015 Répondre

    Passionnant article ! Merci Antoine !

    Je ne connaissais pas l’argument de Rietdijk–Putnam ! Grande découverte. Il me semble que l’on peut passer sa vie entière à toujours apprendre quelque chose de nouveau !

    Je me demande si la limite à l’étendue de nos connaissances du monde et de ses lois, n’est pas finalement, non l’horizon cosmologique, mais l’horizon « cognitif » inhérent à notre nature humaine, mais, c’est un autre débat que voilà…

    • Avatar
      Antoine lun 29 Juin 2015 Répondre

      Merci Pascal,

      Je trouve quant à moi étonnant qu’on ne puisse pas en dire plus. C’est comme si un progrès dans un sens était systématiquement neutralisé par un autre, dans l’autre sens.

  2. Avatar
    Antoine ven 03 Juil 2015 Répondre

    Je viens de trouver cela, au sujet de  » l’univers bloc « : http://discovermagazine.com/2015/june/18-tomorrow-never-was

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