L’ADN, nos ancêtres et nous – ARTE, en replay

Posté par Benoit Hébert
Print Friendly, PDF & Email

Un documentaire à voir ou à revoir. Le documentaire est « idéologiquement » neutre, à part les habituels « piques » de Pascal Pick concernant la vision biblique de l’homme.

L’ADN, nos ancêtres et nous – ARTE

« Comment, grâce à la génétique, les chercheurs ont pu remonter le fil de l’histoire de l’humanité jusqu’à son origine. Où l’on découvre que les 6,8 milliards d’individus qui peuplent la planète sont tous issus d’un petit groupe d’hommes, de femmes et d’enfants qui vivaient en Afrique il y a deux cent mille ans.

Si nos différences physiques sautent aux yeux, la science a prouvé que deux individus pris au hasard sur la planète présentent un matériel génétique identique à 99,9 %. À partir d’études sur l’ADN, les chercheurs sont en mesure de retracer, avec une précision impressionnante, l’histoire de l’humanité. Ils ont ainsi établi que la population mondiale descend d’un petit groupe de 10 000 individus, contenant toute la diversité génétique actuelle. Ce groupe formé il y a 200 000 ans en Afrique a d’abord colonisé l’Asie et l’Europe, puis le reste de la planète. Les corps se sont alors peu à peu différenciés pour s’adapter aux spécificités des nouveaux territoires occupés.

Tous parents
Franck Guérin et Emmanuel Leconte nous convient à une fascinante exploration de l’ADN, éclairée par les témoignages limpides de généticiens, de paléoanthropologues et d’archéologues de premier plan. Le documentaire se penche également sur l’esclavage du peuple noir, légitimé par l’invention du concept de « race ». Si la recherche démontre que nous sommes tous parents, le généticien des populations Mark Stoneking soutient que « c’est à nous de décider comment on se comporte les uns envers les autres ». Une belle manière de rappeler que le respect de la différence devrait pouvoir se passer de justifications scientifiques… »

12 Commentaires

  1. rodolphe mer 15 Juil 2015 Répondre

    Bonjour Benoit,

    Effectivement, un docu exemplaire et riche d’informations les plus récentes.
    Chacun pourra découvrir, par exemple, que la population d’Homos qui a quitté l’Afrique il y a environ 70 000 ans (ne sont donc pas concernées les populations subsahariennes) partagent de 1 à 4% du génome de Néandertal, un autre homme disparu il y a environ 30 000 ans.
    Ainsi, contrairement à l’enseignement biblique qui « enseigne » que Dieu a fait l’homme à son image (l’inverse semble plus vraisemblable), la science, et particulièrement la génétique, nous révèle que la population mondiale actuelle demeure la seule représentante d’une famille humaine beaucoup plus diversifiée par le passé. (Neandertal, Homme de Dmanisi, Homme de Flores, et peut-être d’autres encore inconnus)
    Cette réalité suffira, je pense, à justifier « les habituels « piques » de Pascal Pick concernant la vision biblique de l’homme. »

  2. Auteur
    Benoit Hébert mer 15 Juil 2015 Répondre

    Bonjour Rodolphe,

    Comment définis-tu l’image de Dieu dans l’homme? On peut très bien admettre que cette « image » se soit formée progressivement au travers du processus évolutif, pour atteindre son plein épanouissement chez l’homme « moderne » (rationalité, spiritualité, capacité relationnelle). Il peut aussi s’agir d’une vocation pour l’homme d’être le représentant, l’intendant de Dieu sur terre, auquel cas c’est le décret divin qui attribue cette « image » à l’homme, selon son bon plaisir.
    Pascal Pick est certainement un bon communicateur et paléoanthropologue, c’est un théologien de qualité moyenne ;-)

    • rodolphe mer 15 Juil 2015 Répondre

      Mais si c’est l’homme qui a créé Dieu, alors cette vocation est tout simplement une illusion de plus et nous sommes seuls maîtres de nos pensées et responsables de nos actes.

  3. Manu mer 15 Juil 2015 Répondre

    « Mais à ceux qui disent que la conscience est partagée avec certains animaux, je réponds qu’on n’a jamais vu des chimpanzés se réunir en forêt pour discuter de leurs origines ! » (Yves Coppens, Paris Match, 13 juin 2011)

    • rodolphe jeu 16 Juil 2015 Répondre

      Bonjour,

      Gare à la tentation d’interpréter une citation au-delà de l’intention de son auteur.
      Ce procédé n’engage que ceux qui y ont recours.
      Yves Coppens exprime ici son opinion sur le fossé qualitatif qui nous sépare de nos cousins primates. Il ne laisse nullement entendre (mais peut-être est-ce ton cas ?) qu’il puisse exister une corrélation entre la conscience humaine et une forme de réalité divine.
       » Je voudrais rappeler le message essentiel de tous les travaux de ma discipline: les cinq milliards d’hommes qui peuplent aujourd’hui la terre ont, tous, la même origine, animale, tropicales, africaine. »
      Yves Coppens – Le Monde – 03/09/1996

      • Manu jeu 16 Juil 2015 Répondre

        Bonjour Rodolphe,

        Je suis d’accord avec les DEUX citations d’Yves Coppens. Nier la parenté de l’homme avec les autres êtres vivants est aussi stupide que de nier sa singularité. Cette singularité résulte d’une très longue évolution déterminée par les lois de la nature. Ces lois physiques opèrent une complexification dans l’univers (principe de complexification plutôt que principe anthropique). A partir de ce constat indéniable, les avis divergent : certains pensent que les lois de la nature résultent du seul hasard, d’autres pensent qu’un Créateur est à l’origine de ces lois. C’est ce qu’on appelle le pluralisme, et c’est très bien ainsi. Personne ne veut vivre en Corée du Nord.

        • rodolphe jeu 16 Juil 2015 Répondre

          Manu,
           » Certains pensent que les lois de la nature résultent du seul hasard, d’autres pensent qu’un Créateur est à l’origine de ces lois. C’est ce qu’on appelle le pluralisme, et c’est très bien ainsi. Personne ne veut vivre en Corée du Nord. »

          Exact, il parait que le climat y est chaud et humide…
          Bon, plus sérieusement.
          Pluralisme, tolérance, etc… Je suis pour… à 100%.
          Il ne faudrait pas toutefois voir dans ces vertus un motif intellectuellement légitime pour valider les yeux fermés une thèse qui ne tient que par un acte de foi. Disons pour être tout à fait honnête que nous ne savons pas.

          « Ces lois physiques opèrent une complexification dans l’univers (principe de complexification plutôt que principe anthropique) »
          Ici, plusieurs points me gênent.
          1. Il n’est pas démontré qu’il existe un « principe » de complexité.
          (la majorité des planètes dans l’univers sont vraisemblablement stériles, ce qui n’exclut pas qu’il puisse en exister tout de même des milliards où la vie a pu évoluer sous une forme ou sous une autre)
          Tout au plus, la complexité apparaît plutôt comme une exception au second principe de la thermodynamique. Et dans ce cas, on devrait plutôt parler d’exception qui confirme la règle ou de « principe d’exception ».

          2. Pour quelle(s) raison(s) sembles-tu opposer principe anthropique et processus (et pas principe) de complexification alors que ce dernier est une condition requise au principe anthropique ? (qu’il soit fort ou faible)

          Je rappelle que le principe « faible » énonce simplement que les conditions initiales de notre univers doivent être nécessairement compatibles avec notre existence. C’est un principe scientifique qui ne doit pas être confondu avec le principe fort qui lui est un principe métaphysique.

          • Manu jeu 16 Juil 2015 Répondre

            Comme Hubert Reeves ou Trinh Xuan Thuan, je trouve que l’expression « principe anthropique » est anthropocentrique. Que la complexification soit un principe ou une exception, le fait est que les lois de la nature opèrent une complexification dans l’univers. Du Big Bang au cerveau humain, il y a eu une complexification, le nier est absurde.

            Quant à la « thèse qui ne tient que par un acte de foi », je reprends ma phrase en la complétant : « certains pensent que les lois de la nature résultent du seul hasard, ce qui suppose un acte de foi en l’existence (par définition invérifiable) d’un multivers, d’autres pensent qu’un Créateur est à l’origine de ces lois. »

            • rodolphe jeu 16 Juil 2015

              Si tu avais raison (le multivers serait par définition invérifiable), les plus grands physiciens seraient donc des fous à lier à étudier ce qui ne releve pas de la science !
              Tu sembles oublier que des preuves indirectes (des traces) peuvent être accessibles de la même manière que l’existence des quarks n’a jamais été validée à l’aide de l’observation directe !
              C’est le même phénomène qui se produit lorsqu’on suit la trace d’un avion volant à haute altitude. On ne voit pas l’avion mais la trainée qu’il produit. Donc, pas de conclusion un peu trop péremptoire ou hâtive sur les limites d’une science qui restent inconnues à ce jour.

              « Du Big Bang au cerveau humain, il y a eu une complexification, le nier est absurde. »
              Nier un constat serait en effet absurde. La réalité est que ce remarquable parcours ne semble linéaire (la représentation obsolète de l’arbre de l’évolution avec nous tout en haut) que selon notre point de vue. Pour le coup ça c’est une vue anthropocentrique.
              C’est un peu comme si un futur gagnant au LOTO assistait en direct à la sortie de ses numéros. Comment interpréter cette situation ? Hasard ou finalisme ?

               » Je trouve que l’expression « principe anthropique » est anthropocentrique. »
              Pourtant, ce principe est tout aussi valide si on se met à la place d’un vers nématode, d’une mouche ou d’un éléphant.
              Ainsi considérée, en quoi cette expression te sembles anthropocentrique ?

            • Marc jeu 16 Juil 2015

              Rodolphe tu fais qq amalgames qu’il faudrait éviter.

              Même si l’on observe pas certaines particules directement, on possède un modèle solide et TESTABLE (le modèle standard) maintes fois éprouvé et qui fait consensus depuis bien des années dans le monde entier.

              Le multivers reste une théorie spéculative NON TESTABLE au dire de la plupart des scientifiques. Aucun consensus à ce niveau, certains avancent même l’idée qu’on pourra un jour prouver que ce modèle théorique est improuvable.. C’est loin d’être le cas des quarks…
              Ceci dit tant que nous n’en sommes pas là, il convient de continuer à chercher… Et si un quelconque modèle venait à démonter que notre univers n’est pas unique, je ne voirt pas en quoi cela remettrait en cause l’existence d’un être transcendant à l’origine de ces lois et de ces mondes multiples…

            • Manu ven 17 Juil 2015

              Bonjour Rodolphe,

              Comme Hubert Reeves ou Trinh Xuan Thuan, je trouve que l’expression « principe anthropique » est anthropocentrique, puisqu’elle comporte le mot « homme » (anthropos), alors que l’évolution-complexification de l’univers n’a pas produit que l’homme, mais aussi en effet le vers nématode, la mouche et l’éléphant, sans compter peut-être d’autres formes de vie dans l’univers, peut-être encore plus complexes que l’homme.

              Vous semblez penser que nous sommes les heureux gagnants de la loterie du hasard. « Notre numéro est sorti au jeu de Monte-Carlo » (Jacques Monod, Le hasard et la nécessité). Jackpot ! Mais, étant donné l’ajustement fin (fine tuning) de l’univers, qui est indéniable, ce jackpot suppose l’existence d’univers multiples, un multivers, qui est par définition indémontrable. Par définition, car on ne peut pas observer un autre univers que le nôtre, puisque, comme le dit Hubert Reeves, ce qu’on appelle l’univers, c’est l’ensemble de ce qu’on peut observer ou détecter, de façon directe ou indirecte.

              https://www.youtube.com/watch?v=wHT5uGAA-cg

              Je ne vois pas comment on pourrait observer un autre univers que le nôtre, puisque tout ce qu’on peut observer fait partie de l’univers. Quand des Européens ont découvert « l’Amérique », ils n’ont pas découvert une autre Terre, mais une autre partie (continent) de la Terre. Un autre univers serait régi par des lois ou constantes différentes de celles qui régissent notre univers. Le premier qui découvrirait et décrirait un autre univers recevrait certainement le prix Nobel de physique. En attendant, rien ne vous interdit de croire en l’existence d’un multivers et en votre statut d’heureux gagnant de la loterie du hasard. C’est un acte de foi que je respecte, comme vous respectez l’acte de foi de ceux qui croient en Dieu.

  4. rodolphe ven 17 Juil 2015 Répondre

    Bonjour,

    Quelques petites remarques avant des congés bien mérités.

    @Manu,
    On est d’accord sur le choix discutable de l’expression « principe anthropique ». Quoi qu’il en soit, c’est l’expression qui est anthropocentrique, pas le principe lui-même.
    Et que dire de l’expression Big Bang ? (grande explosion)
    Ce ne sont que deux exemples parmi d’autres.
    En biologie évolutive également, on trouve régulièrement dans un certain nombre de revues de vulgarisation des expressions utilisées plus ou moins consciemment et qui font place à un finalisme non requis, du genre:
    « Les oiseaux ont développé leurs ailes « pour » voler » (dans le but de) ou encore « Les girafes ont un long cou pour mieux manger les feuilles en haut des arbres » (dans le but de) ou encore « l’homme a développé la bipédie pour mieux marcher dans la savane » (dans le but de)
    A ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller cette lecture de référence: « Le guide critique de l’évolution » – Guillaume Lecointre – 2009

    @Manu et Marc,
    « Le multivers reste une théorie spéculative NON TESTABLE »
    A propos d’amalgame, il conviendrait de ne pas confondre la notion de multivers qui est la CONSEQUENCE d’un modèle avec les MODELES de gravités quantique eux-mêmes. Or, ces modèles sont en théorie réfutables, une caractéristique de tout objet scientifique.
    Une dernière remarque.
    Que penser des trous noirs, ces « singularités » qui ne sont détectables qu’indirectement et qu’aucun paramètre physique ne distingue d’une particule élémentaire ?
    (masse, moment cinétique et charge électrique)
    Dire qu’ils appartiennent à « notre » espace-temps a-t-il même un sens ?

    « Si un quelconque modèle venait à démontrer que notre univers n’est pas unique, je ne vois pas en quoi cela remettrait en cause l’existence d’un être transcendant à l’origine de ces lois et de ces mondes multiples. »
    Disons qu’un tel modèle serait alors la meilleur approximation pour expliquer POURQUOI et COMMENT un univers en particulier (ou une bulle d’univers) en vient à exister.
    Resterait alors la question la plus déroutante de toutes. Pourquoi en est-il ainsi ?

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*