Discussion à propos de « De la génétique à Dieu » de Francis Collins– Partie 3c

Posté par Marc Fiquet

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Résumé – 3c/4

PARTIE III : La foi en la science, la foi en Dieu

Nous voilà enfin parvenu à la vision d’équilibre proposée par Francis Collins, ce chapitre explique clairement (mais succinctement)  la vue que nous partageons sur ce blog et sur le site www.scienceetfoi.com.

Option 4 : BioLogos

(Science et foi en harmonie)

Un bref rappel du parcours du jeune scientifique découvrant la foi ainsi que les différents génomes au cours de la même période, nous montre comment il fut amené à croire en Dieu tout en s’émerveillant de l’évolution de la vie. Il se retrouve de lui-même, sans en connaître alors le nom, en phase avec l' »Evolution Théiste« .

Cette approche bien moins connue que le créationnisme ou l’Intelligent Design, représente pourtant la position dominante parmi les biologistes chrétiens.

L’évolution théiste dans sa définition la plus courante énonce les principes suivants :

  1. « L’univers est né à partir du néant, il y a environ 14 milliards d’années.
  2. Malgré d’énormes improbabilités, les propriétés de l’univers semblent avoir été précisément ajustées pour engendrer la vie.
  3. Le mécanisme précis de l’origine de la vie nous reste inconnu, cependant le processus d’évolution et de sélection naturelle a permis sur de très longues périodes de temps, le développement de la diversité biologique et de la complexité.
  4. Une fois l’évolution enclenchée, aucune intervention surnaturelle particulière ne fut nécessaire.
  5. Les humains font partie de ce processus, partageant un ancêtre commun avec les grands singes.
  6. Mais l’homme est également unique et possède des caractéristiques défiant toute explication évolutionniste et révélant sa nature spirituelle. Cela comprend l’existence de la loi morale (la connaissance du bien et du mal) et la recherche de Dieu qui caractérise toutes les cultures humaines à travers l’histoire. »

Cette vision des choses est totalement compatible avec les découvertes de la science moderne et avec les grandes religions monothéistes du monde. « L’évolution théiste ne saurait cependant pas prouver que Dieu soit réel, la croyance en Dieu nécessitera toujours un acte de foi. »

L’évolution théiste est parfois critiquée en relevant le nombre peu élevé de ses adhérents, mais l’auteur souligne deux facteurs principaux expliquant ces faibles chiffres :

  1. La crainte d’être critiqué par l’Eglise
  2. La difficulté d’acquérir des bases solides en science biologique afin de souscrire à ce point de vue en toute confiance.

Pour décrire cette synthèse d’équilibre entre la science et la foi, Francis Collins ressent le besoin d’éviter les termes galvaudés associant création, évolution, etc.. C’est pourquoi il créa l’expression de BioLogos (La vie créée à travers le Logos) issue de la fusion de deux mots grecs : Bios=la Vie et Logos=la Parole ou le Verbe c-a-d Dieu.

Pour le scientifique athée, BioLogos peut s’apparenter à la théorie du « Dieu bouche-trou », qui se plait à placer Dieu dès qu’une énigme échappe à la science. Mais l’auteur de rappeler : « le logos ne cherche pas à adresser Dieu sur ce qui manque à notre compréhension du monde naturel ; il présente Dieu comme une réponse potentielle aux questions que la science n’a jamais été destiné à traiter, tels que « comment l’univers en est-il arrivé là ?, Quel est le sens de la vie ? Qu’adviendra-t-il de nous après la mort ? » »

L’opposition principale à BioLogos proviendrait cependant de certains croyants ne pouvant pas accepter que Dieu ait recours à un processus aléatoire et potentiellement cruel pour faire évoluer sa création. Le scientifique prend alors le recul nécessaire pour faire réfléchir son lecteur sur la définition que nous donnons communément au hasard et explique qu’un Dieu en dehors de la nature et du temps pu très bien ordonner les choses de telle manière qu’elles nous paraissent à nous, humains prisonniers du temps et de l’espace, aléatoires tandis qu’elles seraient issues d’un plan parfaitement dirigé.

Quant à l’interprétation littérale des premiers chapitres de Genèse, nous avons déjà conclu qu’il s’agissait d’une erreur que d’assimiler les saintes Ecritures à un traité d’astronomie, de géologie ou de biologie.

Concernant le récit d’Adam et Eve, comment pouvons-nous le concilier avec les découvertes de la science qui explique nos origines au travers environ 10 000 ancêtres et non pas au travers d’un couple unique ?

L’auteur rappelle alors les différentes lectures qui ont été faites de ces textes bien avant Darwin et les questions difficiles soulevées (de qui Caïn avait-il peur lorsqu’il fut chassé du jardin ? Y avait-il d’autres hommes qui peuplaient la terre ? Caïn s’est-il marié avec sa sœur ? Etc…)

C’est par les mots de C.S. Lewis, théologien souvent admiré par les chrétiens conservateurs, que l’auteur se veut insister sur la possibilité d’accepter Adam et Eve comme des représentants de la condition humaine sans en faire un récit littéral historique.

Bien des chrétiens craignent que ces « libertés » prises avec les textes nous conduisent à une théologie libérale mettant en danger les fondements de la foi. Cependant, en observant attentivement les différents textes de la Bible nous trouverons en eux-mêmes des signes clairs nous permettant d’établir s’il s’agit d’une histoire rapportée par un témoin oculaire « et dans ce cas en tant que croyant nous devons nous en tenir à ces vérités.
Pour des récits tels que Job, Jonas ou Adam et Eve nous nous devons reconnaître qu’ils ne disposent pas du même canevas historique. « 

L’interprétation littérale de certains passages nous amène à des conflits inextricables avec les découvertes scientifiques d’aujourd’hui. Est-il dans la volonté de Dieu « que nous niions les vérités incontestables du monde naturel que la science nous a révélées dans le but de prouver l’amour que nous éprouvons pour lui ? »

cet angle de vue parait pour le moins étrange à Francis Collins qui conclu alors en ces termes :

 » l’évolution théiste, ou BioLogos, me semble être, à cet égard, l’alternative de loin la plus cohérente d’un point de vue scientifique et la plus gratifiante d’un point de vue spirituel. Cette position n’endurera pas de changement de mode ni ne sera réfutée par des découvertes scientifiques futures. Elle est rigoureuse sur le plan intellectuel, elle fournit des réponses à de nombreuses questions étranges, et elle permet à la science et à la foi de se fortifier l’une l’autre, tels des piliers inébranlables maintenant conjointement un bâtiment appelé vérité. »

Les chercheurs de Vérité

Dans ce dernier chapitre, l’auteur nous livre ses réflexions sur l’amour et la loi morale au travers de son expérience personnelle comme médecin en Afrique. Il nous livre avec sincérité comment sa foi lui permit de répondre à des situations inaccessibles à la science et donne quelques précisions sur son cheminement personnel.

Il remet les choses à leur place, évoquant que « la science est le seul moyen légitime d’enquêter sur le monde naturel […] mais elle ne saurait répondre à toutes les questions importantes. […] Le monde spirituel est une autre voie à emprunter afin de trouver la vérité. »

En guise de conclusion générale, Francis Collins s’adresse alors aux croyants, les invitant à discerner la grandeur de Dieu au travers des découvertes de la science plutôt que de se sentir menacés par elle, il exhorte également les scientifiques incroyants à examiner de plus près les indices innombrables plaidant en faveur d’un créateur.

Raison et culte peuvent tout à fait cohabiter harmonieusement, c’en est même un principe divin : « La science n’est pas menacée par Dieu, elle en est renforcée. Dieu n’est certainement pas menacé par la science, puisque c’est lui qui a rendu tout cela possible. »

—-

 Un petit mot du « résumeur »

Ainsi s’achève le résumé de cet ouvrage plutôt rare dans le monde de l’édition francophone.

Je ne peux que vous en recommander la lecture complète pour vous permettre de rentrer plus en détail dans la pensée de son auteur et d’accéder à certains points non traités dans ces synthèses.

Pour les lecteurs attentifs qui auront remarqué l’existence d’une 4eme partie, sachez que le livre contient un appendice sur la Bioéthique, thème que nous n’abordons pas souvent dans le cadre de ce blog, ça sera donc l’occasion d’y remédier…

 


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