Discussion à propos de « De la génétique à Dieu » de Francis Collins– Partie 2b

Posté par Marc Fiquet

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Introduction (Benoît Hébert)

Nous collaborons depuis plusieurs années avec la fondation BioLogos, fondée par Francis Collins, dans le but de montrer à l’église et à chacun que le christianisme évangélique est tout à fait compatible avec les découvertes de la science moderne, et des sciences de l’évolution en particulier.

Merci à Marc Fiquet d’avoir pris l’initiative de résumer pour nous cet ouvrage!! Marc est un chrétien engagé, lecteur assidu de ce blog et désireux de contribuer positivement à l’émergence d’une génération témoignant de l’harmonie possible entre la Science et la Foi.

 

Discussion à propos de « De la génétique à Dieu » de Francis Collins, par Marc Fiquet (2b/4)

 

Suite de l’article http://www.scienceetfoi.com/discussion-2a-a-propos-de-de-la-genetique-a-dieu-de-francis-collins-par-marc-fiquet/

 

Nous poursuivons la deuxième partie du livre qui  aborde « LES GRANDES QUESTIONS DE L’EXISTENCE HUMAINE » avec

  •  La vie sur terre : des microbes à l’homme.

Francis Collins rappelle tout d’abord les dangers causés par une foi qui commande la science. La révolution héliocentrique contraignit l’église qui avait placé la terre au centre de l’univers, à réviser ses positions.

Nous devons éviter le même type d’erreur concernant la complexité de la vie terrestre, même « si l’élégance inhérente à la complexité de la vie force en effet l’admiration, elle représente toutefois également une raison de croire en Dieu – mais il ne s’agit pas de la croyance simple, directe et incontestable que défendaient de nombreuses personnes avant que Darwin se manifeste. »

Le fait que la complexité de la vie plaide positivement pour un créateur a été particulièrement bien illustré par le philosophe et prêtre anglican William Paley en 1802 : Qui, s’il trouvait une montre en plein champ remettrait en cause l’existence d’un horloger ? De même, comment ignorer Dieu au travers de la complexité de la nature ?

En termes de logique pure, la démonstration de Paley laisse Collins sur sa faim qui en explique les limites par l’image suivante :

Ce n’est pas parce que le courant électrique de ma maison et la foudre partagent la même caractéristique d’être composés d’un flux d’électrons qu’ils proviennent tous les deux de la compagnie d’électricité.

La quête des origines de la vie s’avère donc plus compliquée, mais gardons à l’esprit ces questions auxquelles la science ne saurait répondre « dans quel but y-a-t-il de la vie ? » et « pourquoi suis-je ici ? »

  •  Les origines de la vie sur la planète Terre

L’âge de la Terre ainsi que les différentes étapes géologiques semblent aujourd’hui plutôt bien maîtrisés grâce notamment à notre découverte de la radioactivité et de la désintégration naturelle de certains isotopes radioactifs permettant de dater avec une bonne précision les différentes roches de notre planète âgée d’environ 4,55 milliards d’années.

L’apparition de la vie reste plus énigmatique, les premiers microbes apparaîtraient 150 millions d’années après la formation de la terre et s’il existe quelques hypothèses sur la réplication et l’échange d’informations grâce à l’ADN entre ces organismes primitifs, nous ne savons absolument rien de leur origine, c’est à dire « comment sont-ils apparus en premier lieu ? »

Les recherches s’orienteraient plutôt vers l’ARN capable de transporter de l’information : l’ADN illustre l’auteur, pourrait s’apparenter à « un disque dur d’ordinateur » tandis que l’ARN s’apparenterait davantage à « une clé USB » se déplaçant avec sa programmation…

Il est bon de rappeler que l’origine spontanée de la vie sur terre reste compatible avec la deuxième loi de la thermodynamique : « le système fermé et symbolisé par l’univers global est la source d’énergie disponible par le soleil, ainsi le premier assemblage aléatoire de macromolécules suscitant l’augmentation de l’ordre localement ne violerait cette loi en aucune façon »

Nous devons cependant rester prudents sur le manque d’explication des origines de la vie, le raccourci théiste d’un Dieu créant l’ARN et l’ADN pour aider à l’apparition de la vie témoigne de l’approche du « Dieu bouche-trou » qui a déjà tellement porté préjudice à la foi :

« Il existe de bonnes raisons de croire en Dieu, notamment l’existence des principes mathématiques et de l’ordre dans la création. Il s’agit de raisons positives, fondées sur des connaissances, plutôt que des hypothèses par défaut, basées sur un manque (temporaire) de connaissances. »

  •  Le registre fossile

les conditions de fossilisation sont tellement drastiques que la majorité des organismes ayant vécu sur la terre n’ont laissé aucune trace de leur existence. Le registre fragmentaire fossile reste néanmoins un outil très utile.

Les couches les plus anciennes datant de moins de 550 millions d’années ne révèlent que l’existence d’organismes monocellulaires même si des formes plus complexes ont pu exister avant cette époque.

L’explosion cambrienne survient il y environ 550 millions d’années et montre un grand nombre de plans d’organisation d’invertébrés, le nombre et la diversité de ces plans d’organisation donne lieu aujourd’hui à différentes interprétations, y voir sans plus d’analyse une manifestation surnaturelle témoigne encore de l’attitude du « Dieu bouche-trou ».

Les plantes issues d’organismes aquatiques laissent des traces à partir d’environ 400 millions d’années, 30 millions d’années plus tard ce sont les premières apparitions d’animaux terrestres, des formes de transition entre organismes marins et tétrapodes vivant sur terre ont été récemment découvertes et représentent des faits indiscutables de l’évolution. S’ensuit le règne des dinosaures puis celui des mammifères avant que n’apparaisse l’homme il y a environ 195 000 ans pour l’Homo sapiens moderne.

Collins s’attache à rappeler que les différentes espèces transitoires découvertes l’ont toujours été aux moments et lieux prédits par la théorie de l’évolution qui n’est donc pas prise en défaut.

Une petite partie est ensuite consacrée à Darwin, et son « idée révolutionnaire« .

L’hypothèse de Darwin est que toutes les espèces vivantes descendraient d’un petit nombre d’ancêtres communs.
Collins veut rendre justice au découvreur en démystifiant son image populaire d’athée convaincu et expose en quelques lignes le parcours agnostique de l’homme travaillé par ses découvertes en proposant quelques citations tirées des différents écrits et correspondances du père de la théorie de l’évolution.

Il nous rappelle que les tumultes avec les religieux de l’époque ne furent pas aussi importants que prétendus aujourd’hui, en témoigne le fait que Darwin lui-même fut enterré à l’abbaye de Westminster.

Il s’agit d’éviter de diaboliser l’homme, pour conclure « aucun biologiste sérieux ne douterait, aujourd’hui, du fait que la théorie de l’évolution permet d’expliquer la merveilleuse complexité et l’inénarrable diversité de la vie. Le lien de parenté existante entre toutes les espèces via le mécanisme de l’évolution est, en réalité, un fondement si profond à la compréhension de toute la biologie qu’il serait difficile d’imaginer pouvoir s’en passer pour étudier la vie. »

  •  L’ADN, le patrimoine génétique héréditaire

Nous entrons ici dans le domaine de compétence par excellence de l’auteur, il souligne tout d’abord le mérite de Darwin d’avoir émis un certain nombre d’hypothèses sans connaissance des lois de la génétique.

Après un bref historique sur la découverte de l’ADN, Collins propose un petit parcours initiatique très didactique sur le fonctionnement de cette molécule à double hélice et de sa cousine l’ARN. Nous y apprenons comment l’information est stockée, codée et transmise au sein des cellules vivantes avec une parfaite homogénéité.

Ainsi l’acide glutamique par exemple est codé exactement de la même manière dans le langage de la bactérie que dans celui de la graine de moutarde, de l’alligator ou « celui de votre tante Gertrude… »

Conscient que bien des croyants pourraient être troublés par cette connaissance de plus en plus fine des processus complexes de la vie, l’auteur assure pour conclure ce chapitre : « Nombre de personnes ayant évalué toutes les preuves scientifiques et spirituelles dont nous disposons aujourd’hui perçoivent aujourd’hui Dieu comme le moteur de la création. Ces découvertes relatives à la nature de la vie ne m’inspirent pas l’ombre d’une désillusion – bien au contraire ! La vie est si merveilleuse et si complexe ! […] L’évolution, en tant que mécanisme, peut et doit être vraie. Mais elle ne dit rien sur la nature de son auteur. Tout croyant n’a désormais que davantage de raison d’être admiratif – et non moins. »

 


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