Dieu - La science - Les preuves, le livre ! La science fait-elle vraiment la preuve de Dieu ?

Notre avis sur le livre

Dieu science preuves
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Vous avez été plusieurs à nous demander un avis sur cet ouvrage,

Dieu – La science – Les preuves : L’aube d’une révolution

 

Livre Dieu la science les preuvesMichel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies viennent de publier Dieu – La science – Les preuves : L’aube d’une révolution aux éditions Guy Trédaniel. De Europe 1 au Figaro, le livre a reçu une couverture médiatique assez exceptionnelle pour le sujet, ce dont je me réjouis. Je le trouve hélas assez bancale, ce dont je me réjouis moins.

L’ouvrage entend fournir des preuves scientifiques de l’existence de Dieu. Il s’articule autour de 3 « preuves » :

  1. L’univers a eu un commencement. Si l’univers a eu un commencement, c’est que quelque chose d’extérieur a provoqué ce commencement, « tout début suppose un créateur » (page 19).
  2. Le réglage fin de l’univers (voir plus bas ce que cela veut dire).
  3. L’apparition du vivant à partir de la matière inerte.

Je ne suis pas biologiste mais physicien. Je me contenterai donc de parler des 2 premières.

 

Version courte : Etant croyant moi-même, je serais ravi que ces « preuves » soient solides. Hélas, je trouve qu’elles ne le sont pas. Il me semble en effet que les auteurs élèvent des spéculations au rang de preuves.

Version longue : Le sujet est technique. Je commencerai donc par expliquer le plus brièvement possible l’état des lieux de la physique en jeu. Puis je passerai à la critique du livre.

En avant pour la version longue.

 

Etat des lieux de la physique en jeu

L’univers est en expansion. En passant son film à l’envers, on va le voir devenir de plus en plus dense et de plus en plus chaud. Les lois de la nature que nous connaissons, Relativité Générale (RG) en tête, nous permettent même de calculer ces densités et températures passées. Or, l’on sait que la RG n’est plus valable au-delà d’une certaine densité[1]. Ainsi donc, si quand je rembobine le film de l’univers, je vois sa densité grimper, grimper, grimper, grimper, elle va bien finir par atteindre cette densité critique au-delà de laquelle ma RG perd la boussole.

En d’autres termes, une fois que dans le film passé à l’envers, la densité de l’univers a dépassé une certaine densité critique, je ne peux plus faire confiance à ce que me dit la RG, ni aux autres lois de la physique connue, d’ailleurs. Ajoutons que la chose n’est pas optionnelle. C’est une conséquence inévitable de la RG que nous connaissons. Pas le choix.

Que se passe-t-il donc avant ce moment fatidique ? On ne sait pas. Pour que la RG puisse poursuivre son rôle de guide, pour qu’elle continue à être fiable et que nous puissions la croire quand elle nous dit ce qui se passe, ses équations devraient prendre en compte la nature quantique de la matière. Il faut marier mécanique quantique (MQ) et RG. Et ça, on ne sait pas faire. On ne sait même pas définir énergie ou entropie[2] dans de telles conditions. Comme l’écrivait Carlo Rovelli dans un article de 1993,

Dans la physique actuelle, il n’y a pas de définition raisonnable de la température et de l’entropie qui tienne dans un tel régime [gravité quantique]. Ainsi, lorsque nous considérons la température et l’entropie du tout premier univers, il est très probable que nous ne sachions pas de quoi nous parlons. [3]

1993, c’était y’a longtemps me direz-vous ? Pourtant, comme le chantait Claude François, dans un contexte certes légèrement différent, « c’était hier mais aujourd’hui rien n’a changé ». Pour preuve, le même Rovelli montrait en 2017 cette carte des candidates au titre de « théorie quantique de la gravité »,

Théorie quantique gravité

 

Un vrai buisson, que l’extrême difficulté de faire des expériences ou des observations dans ce domaine, ne permet pas d’élaguer. Ce que Rovelli écrivait en 1993 est toujours valable. Dans l’état actuel des connaissances, on ne peut que spéculer sur les évènements ayant précédé ce moment où la RG tombe à l’eau.

Les curieux pourront entendre sensiblement la même chose de la part d’Etienne Klein ou d’Aurélien Barrau. J’ai également parlé du sujet lors d’un Webinaire Science & Foi en 2020, mais c’est plus long.

Enfin, le père de la RG, Einstein lui-même, était bien conscient de tout cela. Dès 1916 il écrivait,

Il semble donc que la théorie quantique devra modifier non seulement l’électrodynamique de Maxwell, mais aussi la nouvelle théorie de la gravité [4].

Puis en 1950[5],

On ne devrait pas conclure que le début de l’expansion [de l’univers] doit signifier une singularité au sens mathématique. Tout ce que nous devons comprendre, c’est que les équations [du champ] peuvent ne pas se poursuivre sur de telles régions [de très haute densité de champ et de matière].

Cette considération ne change cependant rien au fait que le « commencement du monde » constitue bien un commencement, du point de vue du développement des étoiles et des systèmes d’étoiles actuellement existants.

Passons maintenant à la critique du livre.

 

L’univers a eu un commencement (selon le livre)

Il s’agit de « l’argument Kalam », énoncé page 61 :

  1. Tout ce qui a un commencement a une cause.
  2. Or, l’Univers a un commencement.
  3. Donc l’Univers a une cause.

Je suis d’accord que si 2 est vrai, le reste suit. Le problème, c’est qu’on ne sait pas encore si 2 est vrai. Passons en revue les arguments des auteurs. Sauf omission de ma part, ce sont la mort thermique de l’univers et le Big Bang.

 

La mort thermique de l’univers (ch. 4)

L’idée est bien illustrée par l’exemple donné au début du chapitre 4 : un feu de cheminée fini toujours par s’éteindre si l’on n’y rajoute pas de bois. Partant de belles branches, il ne reste que des cendres. Le temps transforme l’ordre en désordre.

La chose est aussi vraie de notre univers. Aujourd’hui, nous avons des étoiles. Tôt ou tard, elles mourront toutes. Certaines deviendront naines brunes ou blanches, d’autres, étoiles à neutrons, d’autres encore, trous noirs. Si Hawking a raison, les trous noirs s’évaporeront et dans quelques zillions d’années, l’univers ne sera plus peuplé que de photons et de cadavres stellaires incapables de générer quoi que ce soit d’intéressant, quand bien même ils se rentreraient dedans. Bref, comme les auteurs l’écrivent en page 56,

Si l’univers existait depuis toujours, il serait arrivé à son épuisement .

Mon commentaire

Il me semble qu’il manque un élément à cette phrase du livre en page 56. Je dirais plutôt,

 Si l’univers existait depuis toujours, et s’il était statique, il serait arrivé à son épuisement.

En effet, si l’univers était statique, si l’on pouvait le comparer à la surface d’un ballon qui ne gonfle pas, alors tout ce que l’on vient de dire, étoiles mortes, trous noirs évaporés, etc., seraient forcément déjà arrivé.

Mais l’univers n’est pas statique, il est dynamique. Et rien dans la physique connue n’interdit un passé infini, pour la bonne raison que l’univers sort d’une étape à la physique non connue. Mis à part le fait qu’appliquer le second principe de la thermodynamique[6] à un univers dynamique n’est pas du tout évident, on bute encore et toujours sur cette époque passée durant laquelle, comme le dit Rovelli plus haut, on ne sait probablement pas comment définir énergie et entropie. Et si maintenant on se tourne vers les spéculations sur cette époque, on peut tout à fait concevoir des modèles d’univers éternel et cyclique, comme celui de Turok (Perimeter Institute) et Steinhardt (Princeton).

 

Le Big Bang

Les auteurs dédient le chapitre 5 à l’histoire de la théorie du Big Bang. Ils expliquent, fort bien je trouve, comment, observations après observations, l’idée s’est progressivement imposée au point de faire aujourd’hui l’objet d’un consensus très large parmi les physiciens. Sauf erreur de ma part, ne sont citées à l’appui de la thèse que l’expansion, le fond diffus cosmologique et la synthèse primordiale des éléments légers (page 83, puis page 86, note de bas de page 49). On aurait pu ajouter, entres autres, les oscillations acoustiques de baryons ou la mesure de la température du fond diffus cosmologique à diverses époques[7]. Bref, on est tout à fait d’accord.

Mon commentaire

Les problèmes commencent, à mon sens, lorsque les auteurs tirent de tout cela la conclusion hâtive que le Big Bang est « fondamentalement le commencement de l’espace, du temps, et de la matière » (page 90). Comme je l’ai dit en introduction, nos connaissances actuelles ne nous permettent pas de remonter le temps aussi loin que nous le voudrions. Ainsi, lorsqu’en page 98 on lit que « le temps et l’espace eux-mêmes sont venus à l’existence à l’instant de cette singularité cosmologique initiale », les auteurs semblent ignorer que la singularité n’est pas réelle. C’est une prédiction de la RG dans un domaine où elle n’est plus valable. Lorsque la RG prédit une singularité, c’est pour elle une manière de nous dire « attention, je ne suis pas fiable ici ».

Le chapitre 7, dans lequel les auteurs abordent les alternatives au Big Bang, me semble témoigner d’une certaine confusion. On y trouve pèle mêle des idées bel et bien réfutées qui tendaient à nier l’expansion (lumière fatiguée, état stationnaire, univers plasma), d’autres idées qui n’ont rien à voir avec le passé de l’univers mais avec son futur (big crunch), et enfin des spéculations qui n’entrent pas en conflit avec le Big Bang mais tentent de déduire ce qui a pu le précéder à l’aide de théories, toutes spéculatives sans exception, de gravité quantique (univers sans bord, cordes, gravité quantique à boucles).

Les auteurs reviennent sur ce point au chapitre 10, en qualifiant de « certitude » la thèse d’un commencement de l’univers (page 210). C’est pourtant loin d’être une certitude. Ils citent à l’appui le théorème « Borde-Guth-Vilenkin » qui prouve que sous des conditions très générales, il existe forcément une singularité dans le passé (page 213). Mais on retombe ici encore et toujours sur le même écueil : BGV ne tient pas compte des effets quantiques. Du reste, voici Alan Guth, le « G » de BGV, déclarant qu’il pense que l’univers est éternel dans le passé mais que de toute façon, personne ne sait[8]

Guth

Guth est-il donc bipolaire ? Non. C’est juste qu’il sait très bien que « son » BGV ne décrit pas la réalité. Le théorème BGV est-il donc une perte de temps ? A quoi sert un théorème qui ne décrit pas le monde réel ? A comprendre, justement. Il peut être très utile de résoudre un modèle, même si l’on sait qu’il ne décrit pas le monde réel. Comprendre le simple peut aider à comprendre le compliqué. Un exemple célèbre en physique est celui du « modèle d’Ising » qui parle d’une chaine unidimensionnelle d’atomes. Pourtant le monde n’a pas 1 dimension mais 3. Mais comprendre ce qui se passe en 1 dimension est très utile pour le reste.

Le diagramme ci-dessous résume la situation. On sait que l’univers est passé il y a 13 ou 14 milliards d’années par une phase dense et chaude et qu’il est depuis en expansion. Tout ce que l’on peut dire sur ce qui s’est passé avant relève de la spéculation, commencement ou pas. Élever la spéculation numéro 1 au-dessus des autres relève pour le moment plus de l’idéologie que de la science. Voici par exemple plus de 1600 articles[9] scientifiques, tous dans des revues à comité de lecture, traitant de la spéculation 2 (que les auteurs évoquent en page 164).

 

tps 0 univers

 

Le réglage fin de l’univers

Le « réglage fin » est le fait que compte tenu des lois de la physique que nous connaissons, les constantes[10] qu’elles contiennent ne peuvent être trop modifiées sans obtenir un univers impropre à la vie. C’est tout à fait vrai. Ce n’est pas du tout un délire mystique. Martin Rees, Cambridge University Press, Review of Modern Physics[11], Annual Review of Nuclear and Particle Science[12], Nima Arkani-Ahmed[13], grand manitou de Princeton ou bien Leonard Susskind[14], pareil à Stanford, n’ont pas pour habitude d’écrire/publier pour faire plaisir aux croyants.

Son explication, car en effet, on n’en a pas pour le moment, est une autre paire de manche. Voyons ce qu’elle pourrait être avec quelques paraboles.

Imaginez que personne d’autre que vous ne joue au Loto. Vous ne jouez qu’une seule et unique fois. Et vous gagnez ! Soit vous avez une chance phénoménale, soit vous avez triché. Vous avez joué en douce 1 million de fois, et l’un de vos bulletins était le bon.

Ou bien imaginez-vous sans personne à 10 km à la ronde. On lâche de très haut une seule goutte d’eau, et elle vous tombe dessus. De nouveau, chance incroyable. Mais s’il pleut, vous serez forcément mouillé(e).

Et bien pour le réglage fin de l’univers, c’est pareil. Les constantes qui entrent dans les équations qui le gouvernent, du moins celles que l’on connait, sont finement ajustées pour que la vie soit possible. Donc,

  1. Soit nous avons une chance incroyable.
  2. Soit il existe une multitude d’univers avec des constantes différentes, et nous sommes dans l’un de ceux qui permet la vie.
  3. Soit… un Dieu a ajusté les constantes pour que ça marche.

L’option 1 est inenvisageable vue l’incroyable improbabilité de la chose. C’est ce dont parle pertinemment le chapitre 8 du livre, tout en énumérant concrètement les ajustements que nous connaissons. Restent donc les options 2 et 3. Notons que la 2 n’implique pas l’athéisme puisqu’une explication ne nie pas du tout l’existence de Dieu. Elle pousse juste le « Dieu bouche trou » un peu plus dans ses retranchements. Mais bon, les auteurs choisissent de l’écarter. C’est donc de cela que je parlerai.

 

Mon commentaire

Si donc on écarte l’option 2, il ne reste évidemment que la 3. Il est intéressant de noter que Nima Arkani-Ahmed, cité plus haut, le reconnait tout à fait dans la conférence dont la référence figure en notes :

Nous en savons maintenant assez sur la physique pour savoir à quoi ressemblerait l’univers si nous changions les constantes. Ce serait une coïncidence très intéressante que les chiffres soient sortis de cette façon. Si cela se produisait je commencerais à devenir religieux.

Mais l’option 2 est-elle si facile à éliminer ? Je trouve que les auteurs le font d’une manière bien trop cavalière au chapitre 9. Ils y mentionnent la théorie des cordes et l’inflation d’une manière confuse qui ne rend pas justice à leur rôle.

En bref : la théorie des cordes admet des valeurs distinctes pour les constantes des lois de la nature. Elle admet donc, potentiellement, d’autres univers avec des constantes différentes. Mais sont-ils réels ? Ces autres univers avec des constantes différentes existent-ils vraiment ? C’est là qu’entre en jeu la théorie de l’inflation (du moins une de ses variantes) dans laquelle un univers peut donner naissance à d’autres, sans que cela ne s’arrête jamais. L’inflation va générer une foule d’univers, et la théorie des cordes fait qu’ils sont tous différents. Il pleut des univers ! Cordes + inflation = multivers = une foule d’univers avec des constantes différentes.

Le tandem cordes/inflation tient-il la route ? Voici les raisons pour lesquelles je trouve cavalier de le mettre au rancart en 2021,

  1. Certes, certains tiennent à l’idée pour des raisons idéologiques. Mais la théorie des cordes n’est pas née ainsi. C’était à l’origine une théorie des forces nucléaires. Il y a de surcroît de très bonnes raisons de penser que la MQ et la RG doivent pouvoir s’unifier. Et la théorie des cordes est une excellente candidate. Le multivers n’est pas qu’une « technique d’évitement » idéologique (page 207).
  2. Certes, l’inflation est spéculative, mais infiniment moins que la théorie des cordes. Dans sa version la plus simple par exemple, les prédictions qu’elle fait sur la structure du fond diffus cosmologique sont tout à fait vérifiées.
  3. Si la théorie des cordes et l’inflation sont vraies, alors le multivers est une conséquence inévitable. Des ondes de choc au boson de Higgs, il est arrivé tant de fois dans l’histoire de la physique qu’un phénomène prédit sur le papier soit finalement observé dans le monde réel, que je préfère être prudent.
  4. Le multivers vous étonne ? L’idée semble délirante ? Pour Rava Abba ben Yossef, docteur du Talmud babylonien du 4eme siècle, notre univers mesurait mille « parasanges », c’est à dire environ 30 000 km. Imaginez sa tête si on lui avait parlé de 93 milliards d’années-lumière. Imaginez la tête de Newton si on lui avait dit que le temps et l’espace sont élastiques façon Einstein. La tête de Descartes si on lui avait parlé de MQ. Celle de Christophe Collomb si on lui avait parlé de dérive des continents. Etc. Il me semble que si l’histoire des sciences nous enseigne une chose, c’est qu’une hypothèse n’est pas fausse parce qu’elle semble délirante.

Il est tout à fait vrai que la théorie des cordes n’a jamais pu être mise à l’épreuve. Et alors ? Loin de moi l’idée de penser qu’elle n’en a pas besoin. Mais ce n’est pas parce que l’on n’a pas trouvé le moyen de le faire aujourd’hui, qu’on ne pourra jamais le faire. Galilée aurait-il pu tester la MQ ou la RG ? On peut maintenant le faire dans un laboratoire de la taille d’une cuisine, mais jamais Galilée n’aurait pu y parvenir ni même, probablement, imaginer qu’on puisse le faire un jour.

Pour plus d’infos sur le sujet, je renvoie le lecteur à l’article de Tom Rudelius, Chrétien et physicien ayant fait sa thèse de doctorat sur le sujet à Harvard sous la direction de Cumrun Vafa. Ou bien au livre de Joseph Conlon, Why String Theory ?. Vous pouvez aussi écouter Don Page, physicien et Chrétien, déclarer dans cette interview,

oui, je crois que plusieurs univers existent bien que je n’en sois pas certain [15].

 

Je voudrais enfin commenter un paragraphe dérangeant : celui intitulé « Hugh Everett et la théorie des mondes multiples » en page 204. Dérangeant pour 2 raisons. Premièrement, la théorie d’Everett est présentée comme une solution naturaliste à l’énigme du réglage fin. Ce n’en est pas une, pour la simple raison que chez Everett, les mondes multiples ont les mêmes constantes que notre monde. Deuxièmement, et c’est le plus dérangeant, Everett est présenté comme un ivrogne dont les délires n’ont reçu aucun écho. Ainsi lit-on, toujours en page 204,

en 1954, au cours d’une nuit un peu arrosée au xérès, Hugh Everett, discutant des paradoxes de la physique quantique avec un camarade de cours à Princeton, émet, sous forme de boutade, l’hypothèse d’univers multiples… mais sa théorie iconoclaste ne trouve aucun écho, même si elle constitue indéniablement une source d’inspiration pour les auteurs de science-fiction.

Il est donc important que le lecteur sache,

  1. Que l’article d’Everett fut publié dans la prestigieuse Review of Modern Physics, qui n’a pas l’habitude d’imprimer des âneries. Elle publie par exemple les conférences Nobel en physique depuis des décennies.
  2. Que son directeur de thèse n’était autre que John Wheeler, l’un des physiciens les plus importants du siècle dernier.
  3. Que Wheeler consacra un article entier à la théorie d’Everett, de nouveaux dans Review of Modern Physics, dont la fin concluait : “Aucune échappatoire ne semble possible à cette formulation d’états relatifs [celle d’Everett] si l’on veut avoir un modèle mathématique complet de la mécanique quantique interne à un système isolé”[16].
  4. Enfin, que l’article d’Everett de 1954 a été cité plus de 1100 fois dans la littérature scientifique (pas dans Paris Match), et pas pour s’en moquer.

Voulez-vous un réel exemple de scientifiques dont les théories ne trouvent aucun écho ? Les frères Bogdanov, cités en pages 100 du livre et remerciés en page 565. Vous pouvez vérifier. Citer les Bogdanov et se moquer d’Everett, c’est le monde à l’envers.

 

La citation d’Alexander Vilenkin

Quelques mots pour finir sur ces mots d’Alexander Vilenkin,

Avec la preuve [le théorème BGV] maintenant établie, les cosmologistes ne peuvent désormais plus se cacher derrière la possibilité d’un univers éternel dans le passé. Il n’y a pas d’issue de secours, ils doivent faire face aux problèmes d’un commencement cosmique.

Cette citations, mentionnée 3 fois dans l’ouvrage, en pages 100, 206 et 249, revient sans cesse dans ce contexte et le lecteur informé la connait certainement. Il ne me semble donc pas inutile de lui dédier quelques mots.

Bien que j’aie déjà expliqué pourquoi le théorème BGV ne décrit pas le monde réel, je pense qu’il est utile de se poser les questions suivantes avant de déclarer Vilenkin vainqueur par KO :

  • Comment se fait-il que Alan Guth, le « G » de BGV, ait déclaré publiquement que l’univers est probablement éternel mais que fondamentalement, personne ne sait ? (Voir photo plus haut).
  • Tant qu’à décider que quelque chose est vrai parce qu’une pointure l’a dit, pourquoi ne pas sélectionner cette autre citation, de Anna Ijjas (New York University), Avi Loeb (Harvard) et Paul Steinhardt (Princeton) : « Bien que la plupart des cosmologistes supposent un bang, il n’y a actuellement aucune preuve – zéro – que l’événement qui s’est produit il y a 13,7 milliards d’années était un bang ou un rebond. »[17] Ces trois-là n’ont-ils donc jamais entendu parler de BGV ?
  • S’il a été démontré sans équivoque que le Big Bang fut le commencement, que font donc les auteurs des 1600 articles déjà cités, qui étudient la spéculation numéro 2 dans la figure plus haut, c’est-à-dire l’option «rebond» ? Ces gens aiment-ils donc perdre leur temps ? Et que font les comités de lecture, en laissant passer 1600 articles qui ne seraient que divagations si BGV s’appliquait toujours ?

Je ne sais pas trop ce que Vilenkin avait en tête quand il a écrit ça, mais il est clair qu’il exagère. Du reste, il semble qu’il ait récemment mis (un peu) d’eau dans son vin, avec une phrase qui elle, n’est jamais citée, “La question de savoir comment l’univers a commencé est toujours enveloppée dans un cocon de mystère”.[18]

Conclusion

Cette critique est déjà assez longue et je préfère en rester là. Comme je l’ai dit, je trouve l’histoire du Big Bang bien racontée. Je trouve aussi l’explication du réglage fin tout à fait satisfaisante. Je me sens également proche d’autres parties du livre que je n’ai pas commentées, comme le chapitre 18 qui pose la question « Qui peut être Jésus ? », avant de reprendre un argumentaire de CS Lewis qui m’avait ébranlé lorsque j’ai découvert celui qui fut bien plus qu’un charpentier.

Hélas, je trouve l’argumentaire scientifique empreint d’idéologie. Ce n’est pas parce qu’un argument va dans mon sens qu’il est juste. Peut-être un jour prouvera-t-on réellement que l’univers eut un commencement. Je serai alors ravi d’intégrer la chose à mon couteau Suisse apologétique. Mais ce jour-là n’est pas venu.

En attendant, je préfère que ma foi repose sur Jésus que sur un roc qui pourrait s’avérer être du sable.

 

 


Notes

[1] Toutes les lois que nous connaissons ont leur limite, sans exception.

[2] Comme l’écrivent les auteurs quand ils définissent le terme en page 558, l’entropie est une mesure du désordre dans un système. Le second principe de la thermodynamique dit que dans un système fermé, l’entropie doit croitre avec le temps.

[3] “Now, in present-day physics there is no reasonable definition of temperature and entropy that holds in such a regime. Thus, when we consider temperature and entropy of the very early universe, it is very likely that we do not know what we are talking about.”

[4] “So scheint es, daß die Quantentheorie nicht nur die MAXWELLSche Elektrodynamik, sondern auch die neue Gravitationstheorie wird modifizieren müssen.”

[5] Einstein, Albert, The Meaning of Relativity, Appendice à la seconde edition, (1950), 129.

[6] Celui qui dit que l’entropie doit tout le temps croître.

[7] Voir figure 5 de cet article.

[8] Voir son intervention dans cette conférence.

[9] Le lien renvoi à la base de données Smithsonian/NASA Astrophysics Data System (ADS). Tenue par la NASA, l’institut Smithsonian et l’université de Harvard, elle est gratuite d’accès et indexe les articles de physique ou d’astrophysique parus dans des revues à comité de lecture. Elle permet de court-circuiter la presse grand public et de se rendre compte directement de l’influence scientifique d’un chercheur. Einstein et Hawking mis à part, la renommée médiatique n’a pas grand-chose à voir avec l’importance scientifique. Des gens comme Lev Landau, Hans Bethe, Yákov Zeldóvich, John Wheeler ou Roger Blandford sont inconnus du grand public et ont pourtant eu plus d’influence scientifique que bien des prix Nobels. Vous trouverez ici un mode d’emploi de cette base de données.

[10] Vitesse de la lumière, constante de Planck, charge élémentaire, etc.

[11] Version gratuite.

[12] Version gratuite.

[13] Nima Arkani-Hamed, “Space-Time, Quantum Mechanics and the Multiverse”, Talk in Oxford, dec 3, 2013.

[14] Leonard Susskind, the Theoretical Minimum, Statistical Mechanics, Lecture 10.

[15] “Yes I do believe that multiple universes exist although I’m not certain about them.”

[16] “No escape seems possible from this relative state formulation if one wants to have a complete mathematical model for the quantum mechanics that is internal to an isolated system.”

[17] “Although most cosmologists assume a bang, there is currently no evidence—zero—to say whether the event that occurred 13.7 billion years ago was a bang or a bounce.” Anna Ijjas, Avi Loeb, Paul Steinhardt, Pop Goes the Universe, Scientific American, Janvier 2017. En ligne ici.

[18] “The question of how the universe began is still enveloped in a cocoon of mystery”. Alex Vilenkin, Cosmology for the Curious, Springer 2017, p. 331.

Antoine est physicien chercheur et enseigne à l’Université Castilla-La Mancha près de Madrid. Auteur ou co-auteur de plus de 100 articles dans des revues à comité de lecture, il est régulièrement « chercheur invité » au département d’astrophysique de l’université de Harvard. Il a également travaillé pour une église évangélique française pendant 8 ans et a été pasteur à Madrid pendant une année.

34 Commentaires

  1. Temaro sam 01 Jan 2022 Répondre

    Bonsoir Antoine Bret,
    et bonne année à tous.

    Excellente analyse…
    Je n’aurais pas fait mieux (humour)

    Toutefois, cette petite phrase conclusive m’interpelle:

     » je préfère que ma foi repose sur Jésus…  »

    En effet… Entre des pseudos preuves scientifiques et un témoignage pseudo historique sur la personne de Jésus, quelle option peut imposer sa légitimité ?

  2. Antoine Bret lun 03 Jan 2022 Répondre

    PSEUDO historique ? Non.
    Maintenant, on peut le croire ou pas.

    • Temaro lun 03 Jan 2022 Répondre

      Bonjour Antoine,

       » PSEUDO historique ? Non.  »

      Là est le problème.
      Les évangiles seraient-ils reconnus pour leur valeur historique ?

      https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangile
      Extrait: (partie Contenu des textes canoniques)

       » Les exégètes actuels vont dans le même sens en considérant les évangiles comme des OEUVRES DE FOI dont les auteurs ont plus une visée doctrinale qu’un souci historique « 

      • Marc Fiquet lun 03 Jan 2022 Répondre

        En effet Temaro « plus » et non pas « pas », les exégètes actuels ne nient pas le fait qu’en racontant l’histoire de Jésus de Nazareth, les auteurs des évangiles poursuivaient un projet théologique.

        Comme les biographes des empereurs ou des rois dans l’antiquités poursuivaient des projets politiques.

        L’histoire telle qu’on la pratique aujourd’hui n’existe que depuis le XIXe siècle.

      • ii sam 08 Jan 2022 Répondre

        Bonjour Témaro,

        Wikipédia est malheureusement une source bien trop incomplète en général qui ne reflète pas la réalité d’un consensus, comme ici pour les évangiles, c’est le cas. Malheureusement, les vrais spécialistes de la questions n’ont pas le temps ou la motivation pour modifier les articles de Wikipédia que personnellement j’évite pour toutes les questions relatives à l’histoire des religions.

        Pour réagir à votre commentaire, je rappelle que le classiciste de Cambridge John Crook, (« autorité ès Monde Antique » pour les historiens) estime que les évangiles et le livre des Actes sont « une source historique du même acabit que Tacite ou Suétone », J. J. Nicholls ajoutant qu’ils « doivent être considéré comme aussi sérieux et comme une source aussi pertinente que les écrits d’autres anciens historiens comme Hérodote, Thucydide ou Tacite » mais évidemment comme le rappelle Sherwin-White (d’Oxford, lui) : « Les évangiles et Actes doivent être traités en se souvenant de leur objectif polémiste ». 

        • Temaro lun 10 Jan 2022 Répondre

          Convenons donc de l’essentiel qui semble faire consensus, et pas si éloigné sur le fond de l’extrait Wikipedia cité plus haut.

          « Les évangiles et Actes doivent être traités en se souvenant de leur objectif polémiste ». 
          (Sherwin-White (d’Oxford)

  3. Temaro mar 04 Jan 2022 Répondre

     » L’histoire telle qu’on la pratique aujourd’hui n’existe que depuis le XIXe siècle.  »

    C’est très juste.
    Toutefois, ce que nous savons aujourd’hui de la vie de Henry IV, Charlemagne, Cesar, Cléopâtre ou même Neanderthal (par exemple) ne laisse que peu d’inconnues en comparaison de celle de Jésus.
    C’est un fait.

    Ce que je veux dire, en toute neutralité, c’est qu’il me semble tout aussi hasardeux de fonder des convictions spirituelles (et mettre toutes ses billes dans le même panier pour une même vision de la vie) aussi bien sur des pseudos preuves scientifiques que sur des recits  » historiques  » soumis à caution (à fortiori lorsque ces récits mettent en avant des  » faits  » surnaturels invérifiables, miracles, résurrection, naissance virginale, etc…)

    Je reste convaincu que penser c’est avant tout s’interroger sans cesse, au-delà tous nos préjugés liés à notre culture et notre éducation.

    • Marc Fiquet jeu 06 Jan 2022 Répondre

      Bonsoir Temaro,

      2 remarques :
      1. Jésus de Nazareth est d’après les historiens un des personnages historiques les mieux attesté de l’antiquité. Je ne remets pas l’article de David Vincent à ce sujet il est dans la liste des plus commentés.

      2. Søren Kierkegaard a absolument raison quand il affirme qu’il n’était pas plus facile de CROIRE en la divinité de cet homme là à l’époque où il foula le sol de Galilée qu’aujourd’hui. C’est ce qui explique que plusieurs ne l’ont pas reconnu pour ce qu’il était.

      Si tu cherches des preuves scientifiques des signes que tu énumères qui sont du domaine de la foi, je comprends ton désarroi. Kierkegaard n’utilise pas le mot hasardeux mais un mot plus fort encore, il parle de scandale !

      Pour Kierkegaard, la raison doit laisser place à la foi car si en Jésus dans lequel on ne voit qu’un homme fini habite l’infini de Dieu, c’est aussi l’éternité qui rejoint la temporalité. Face à ces paradoxes, la raison ne peut qu’admettre le miracle de l’incarnation. Avoir Jésus en face de soi et même voir un miracle de sa part ne chargera rien au problème pour Kierkegaard. Nous avons toujours un choix à faire, un saut à faire : ce saut il l’appelle la foi. Sinon nous restons dans ce qui nous parait être scandaleux pour la raison, il est Dieu pourtant je ne vois qu’un homme ! La foi ne saurait pour K. échapper à la confrontation du scandale.

      C’est pourquoi la foi n’est pas transmissible comme une connaissance scientifique et que la vérité sur l’être (de Dieu) ne peut être que subjective et non pas objective comme en science.

      En espérant avoir éclairé un peu ta lanterne sur cette notion fondamentale qui nous vient de K. de différentier connaissance et existence. L’existence est ce qui touche à l’être.

      • Temaro ven 07 Jan 2022 Répondre

         » SI en Jésus dans lequel on ne voit qu’un homme fini habite l’infini de Dieu, c’est aussi l’éternité qui rejoint la temporalité. Face à ces paradoxes, la raison ne peut qu’admettre le miracle de l’incarnation.  »

        Oui.
        En fait tu m’expliques que SI Dieu existe ALORS il est raisonnable de CROIRE en Dieu.

        Admet que cette implication ne repose que sur une hypothèse de foi invérifiable et on sera enfin d’accord.

        • Marc Fiquet sam 08 Jan 2022 Répondre

          Si par invérifiable tu entends une différence de nature entre la foi et la raison alors je répond oui.
          c’est tout le sens de la conclusion d’Antoine.

          C’est aussi tout le sens de l’esperluette dans le titre de notre site Science & Foi ;-) qui se complètent…

          La foi est un lâché prise…

          • Temaro dim 09 Jan 2022 Répondre

            En tant qu’activité mentale, c’est à dire en tant que manifestation de processus physiques, je ne pense pas que la foi (ou tout autre état mental) doive être opposé à nos autres manifestations purement calculatoires ou logiques (la raison)

            En effet, si l’opposition que tu soulignes ici entre science et foi est fondée du point de vue de l’épistémologie (et du bon sens populaire) elle ne l’est pas du point de vue des sciences cognitives qui ne font aucune distinction de nature parmi les processus mentaux.

            Jusqu’à preuve du contraire, reconnaître un visage, utiliser un langage, planifier, croire, aimer, sont autant de processus qui trouvent leur fondement dans l’activité neuronale de notre cerveau.

            De ce point de vue, lorsque j’évoque le caractère invérifiable d’une hypothèse de foi, je ne sous-entends rien d’autre que son caractère invérifiable.

  4. Temaro lun 17 Jan 2022 Répondre

    Bonjour,

    Dieu aime-t-il la musique classique occidentale et le jazz ?
    (ce qui devrait être le cas si, comme certains le pensent  » Dieu a fait l’homme à son image « )

    Quelle rapport avec l’article me direz-vous ?

    Voici:
    Tout le monde n’est pas acousticien ni même historien de la musique, mais le fait est que la gamme diatonique (les 7 touches blanches d’un piano à la base de la musique savante occidentale) resulte d’un  » bidouillage  » du cycle des quintes naturelles (produites par Dieu toujours d’après certains…)

    Qu’es aquo ?
    Pour faire simple, chaque son produit naturellement un ensemble d’harmoniques (des fréquences multiples de la fréquence fondamentale) d’amplitude variable qui (en passant) définissent le timbre d’un instrument.

    La première harmonique est toujours l’octave, la seconde la quinte.
    Ce qu’on appelle le  » cycle des quintes  » est le fait de générer une nouvelle quinte à partir de la quinte obtenue.

    Ainsi, on est en mesure de produire la fameuse gamme diatonique et plus largement les 12 demis-tons de la gamme chromatique (les 7 touches blanches et les 5 touches noires d’un piano)

    Problème de cette gamme dite phytagoricienne (utilisée jusqu’à la période baroque avec divers aménagements néanmoins insatisfaisants)

    Les intervalles ainsi obtenus entre chaque note sont inégaux en particulier ceux de la tierce et de la quinte.

    Par exemple, le cycle des quintes produites à partir de DO donnera SOL RE LA MI etc… en revenant sur un DO plus haut d’un comma (1/8 de ton) par rapport au DO de départ.

    En particilier, le MI obtenu (donc 2 octaves au-dessus du DO de départ) est légèrement plus haut que le MI généré à partir du LA 2 octaves plus bas.

    Il faudra attendre Simon Stevin et l’invention des logarithmes par Neper vers 1615 pour resoudre ce problème avec la gamme dite tempérée qui produit 12 demis-tons égaux.

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Simon_Stevin#Musique

    Et voilà le problème.
    Ici, la science a pu mettre en évidence (et resoudre) une difficulté entre acoustique, musique, mathématiques et physiologie humaine (notions de consonance et de dissonance)

    Le fait est que si Dieu voulait que nous aimions la musique classique  » à son image  » (dont la musique liturgique) et le jazz, il n’avait pas d’autre choix que de nous permettre de découvrir les logarithmes… Etrange conclusion !

    Ici, la science nous montre plutôt que si un Dieu existe, celui-ci (dans son infinie sagesse) n’a pas cru bon de mettre au premier rang la musique occidentale mais plutôt les musiques orientales… Autre conclusion étrange !

    Pour creuser le sujet:
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gamme_temp%C3%A9r%C3%A9e

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gammes_et_temp%C3%A9raments_dans_la_musique_occidentale

  5. Michel Salamolard sam 22 Jan 2022 Répondre

    La critique de cet ouvrage par Antoine Bret est aussi intéressante que pertinente. En résumé: les faits et les théories scientifiques ne prouvent rien concernant l’existence (et encore moins la nature) de « Dieu », ni pour ni contre, rien. Mais ce jugement ne porte pas seulement sur le livre ici critiqué, à juste titre, mais sur toute entreprise du même genre, qui chercherait des preuves scientifiques pour ou contre Dieu. C’est une fois de plus la séparation nette entre science et philosophie/foi qu’il faut rappeler ici. La confusion des deux domaines est source de tous les malentendus et de tous les faux problèmes.
    Par définition, il n’y a de science que des objets que nous pouvons connaître (toujours mieux) par nos sens, par nos instruments, par nos théories mathématiques, par nos hypothèses dans la mesure où nous pouvons les vérifier ou les infirmer par ‘expérimentation.
    De Dieu, il n’y a (par définition!) aucune définition, aucune image, aucune représentation assurée. Il est au-delà de toute connaissance scientifique. La philosophie peut certes le viser lointainement pour ce qu’il pourrait être, à savoir l’au-delà de tout, ce dont on ne peut rien dire de plus grand. Mais cette visée n’a aucun appui scientifique. Elle témoigne néanmoins d’une approche rationnelle audacieuse, qui va plus loin que la raison scientifique.
    Quant à la foi, elle repose entièrement sur une révélation de Dieu par lui-même, ce qui suppose qu’une telle révélation en soit tout à fait possible, ait bien eut lieu: où? par qui? comment?
    La fécondité ou la cohérence ou le poids de vérité d’une possible révélation de Dieu par lui-même s’atteste (ne se prouve pas) par les effets de vie, de joie, d’amour qu’elle produit dans le monde à travers le témoignage en acte et en parole qu’en donnent ceux qui croient.
    Tant mieux si on ne voit pas de contradictions entre ce que l’on croit et ce que l’on sait, comme c’est le cas pour les auteurs du livre ici critiqué, mais ces absences de contradictions, aussi heureuses soient-elles, ne sont en rien des preuves de Dieu. Si elles prouvent éventuellement quelque chose, c’est uniquement un possible et provisoire non-désaccord entre foi et science. Ce qui n’est certes pas rien, mais pas grand-chose non plus (en fait de preuve).

    • Antoine Bret sam 22 Jan 2022 Répondre

      Notons que s’il était démontré que l’univers eut un commencement, je trouverais l’argument Kalaam valable, ou tout du moins, très intriguant.
      Ce qui me gêne le plus c’est que l’on déclare démontré ce qui ne l’est pas encore.

      • Michel Salamolard sam 22 Jan 2022 Répondre

        D’accord, Antoine, tout à fait. Et comment peut-on démontrer que quelque chose a un commencement sinon en le situant dans le temps? Et si on cherche un commencement absolu de tout ce qui existe, un commencement précédé par rien d’autre, par aucun autre moment, par aucun autre temps, que trouvons-nous sinon le néant? Serait-ce peut-être là le sens d’une création (si l’on veut) ou d’un surgissement inexplicable (si l’on veut) « ex nihilo » de ce qui existe et peut exister? Ou alors, il y aurait un temps autre avant le temps, un méta-temps, qui engloberait et dépasserait le temps? Un temps, en somme, inconnaissable… Bon dimanche!

  6. RENE LAPOINTE sam 22 Jan 2022 Répondre

    Pourquoi ne pas donner un droit de réplique aux auteurs?

    • Marc Fiquet sam 22 Jan 2022 Répondre

      Bonjour René,
      Le blog est ouvert à tous, il n’y a aucun problème pour que les auteurs s’y expriment.

      Il y a eu des échanges contradictoires ds les médias comme ici sur Europe 1 :
      https://www.europe1.fr/societe/pour-luc-ferry-la-foi-et-la-science-sont-antinomiques-4071803

      La bonne chose, c’est que ça met le sujet en discussion dans l’espace public. C’est plutôt bien que chacun puisse chercher à faire un point sur ce thème des relations entre science et foi. C’est plus riche que les 2 positions proposées par le débat sur Europe 1 : convergence absolue d’un côté (proposition de MY Bolloré), séparation radicale de l’autre (proposition de L Ferry).

  7. Temaro sam 22 Jan 2022 Répondre

    Bonjour Michel Salomard,

    Je partage également l’analyse de Antoine Bret.

    Je me permets juste de rebondir sur ce que vous écrivez un peu plus haut…

     » C’est une fois de plus la séparation nette entre science et philosophie/foi qu’il faut rappeler ici  »

    En lien avec ceci:
     » Comment peut-on démontrer que quelque chose a un commencement sinon en le situant dans le temps ?  »

    Voilà, me semble-t-il un classique et parfait exemple d’aporie, nourrie par les limites de nos représentations et de notre langage.

    Car sans les réponses à ces deux questions scientifiques préalables:  » Qu’est-ce que le temps  » et  » D’où vient que le temps existe ?  » je crains que tous les autres questionnements n’aient guère de sens.

  8. Jean-Baptiste lun 24 Jan 2022 Répondre

    Bonjour Antoine, et merci pour cette critique qui m’a beaucoup éclairé sur certaines assertions du livre qui m’avait dérangé sans que je dispose d’arguments suffisamment fondés pour y répondre, notamment sur le big bang. Sur la théorie des cordes, je recommande le livre L’univers élégant, de Brian Greene, qui ne prétend en aucun cas que cette théorie est un axiome, mais propose des pistes d’unification de la quantique et de la relativité passionnantes !
    Le chapitre du livre de Bolloré avec lequel je suis le plus en désaccord est le chapitre portant sur les preuves du miracle de Fatima, vous n’y faites pas référence, est-ce parce que :
    -vous êtes d’accord avec les preuves avancées ?
    -vous jugez ce chapitre peu important par rapport au reste ?
    -vous ne souhaitiez pas aborder un sujet potentiellement clivant entre protestants et catholiques ?
    Il m’a semblé pour ma part que le raisonnement employé pour prouver Fatima tenait de l’imposture intellectuelle. En résumé, « si on ne peut prouver que c’est un canular ou un mensonge, c’est que c’est vrai »…si j’applique le même raisonnement aux ovnis, je peux être certain que les extraterrestres existent et viennent nous visiter ! Je précise que je n’attaque pas du tout le fait de croire dans ce miracle, mais je remets en cause la manière dont ce livre le justifie. Qu’en pensez-vous?

    • Auteur
      Antoine BRET lun 24 Jan 2022 Répondre

      Merci pour votre commentaire.
      Je n’ai pas abordé le thème de Fatima, pas plus que celui de l’apparution de la vie, car je souhaitais m’en tenir aux sujets sur lesquelles j’ai une certaine expertise.
      Je ne sais pas grand chose sur le miracle de Fatima

  9. RENE LAPOINTE mer 26 Jan 2022 Répondre

    Vous me dites : « Le blog est ouvert à tous, il n’y a aucun problème pour que les auteurs s’y expriment. »
    Mais pourquoi le feraient-ils comme un commentaire parmi les autres ?
    Je pensais plus à un véritable droit de réplique, dans un espace spécial et équivalent à votre article.
    Comme les auteurs sollicitent eux-mêmes la discussion, je pense qu’ils accepteraient une telle invitation. Ce qui aiderait beaucoup à notre réflexion ici.

    • Marc Fiquet sam 29 Jan 2022 Répondre

      Bonjour René,
      Je n’ai pas limité la réponse des auteurs à un simple commentaire. Un article de leur part est tout à fait envisageable.

      Mais vous aurez remarqué la teneur de la critique d’Antoine, il n’a pas porté la discussion sur le terrain théologique, mais a voulu apporter sa contribution de scientifique dans son domaine d’expertise que sont la physique et l’astrophysique. L’idée était d’apporter des éléments de précisions aux lecteurs non versés en science pour pouvoir mieux juger des arguments des auteurs qui ne font pas à notre avis un compte-rendu rigoureux mais trop souvent spéculatif du donné scientifique.

      Vous trouverez les mêmes conclusions sur le fait que la science actuelle ne peut se prononcer sur le commencement de l’univers chez des vulgarisateurs scientifiques comme Etienne Klein : par exemple dans son ouvrage Discours sur l’origine de l’univers

      Extrait :

      « En général, le terme big bang est employé telle une métonymie de l’origine, comme si les modèles de big bang avaient directement accès à l’instant zéro, présenté comme l’instant marquant le surgissement simultané de l’espace, du temps, de la matière et de l’énergie. Dans le langage courant, l’expression big bang en est même venue à désigner grosso modo la création du monde, pour ne pas dire le fiat lux originel. »

      Klein explique ensuite que la Relativité Générale constitue plutôt une théorie de la gravité (elle porte donc assez mal son nom de générale…) et n’est pas qualifiée pour prendre en compte les 3 autres forces en vigueur dans l’univers (interaction électromagnétique, interaction nucléaire forte et faible). On est donc très embêter pour décrire l’univers primordial, comme Antoine l’a expliqué dans son article, on ne dispose pas de la physique actuellement pour cela, les auteurs sont d’ailleurs d’accord avec ça… (Physique quantique et relativité générale ne sont toujours pas unifiées.)

      Klein poursuit :

      « La Relativité Générale ne donne en réalité accès qu’aux « périodes tardives de l’univers primordial », si l’on peut dire, et nullement à celles qui les ont précédées. L’instant zéro qu’on persiste à accoler au big bang ne peut donc avoir été un instant physique, le premier instant par lequel l’univers serait passé : c’est un instant fictif inventé par l’extrapolation abusive d’une théorie incapable de décrire de façon adéquate un univers très chaud et très dense. Toutes prodigieuses qu’elles sont, les descriptions des différentes phases de l’univers par les modèles de big bang exclusivement construits sur la théorie de la relativité générale n’incluent donc jamais le commencement de l’univers proprement dit, et encore moins quoi que ce soit qui l’aurait précédé ou qui pourrait en être la cause. »

      Klein, Étienne. Discours sur l’origine de l’univers, chp 3 « au commencement serait le big bang ? », Flammarion, 2010.

      A comparer avec :
      « En effet, dans la logique de la théorie de la Relativité Générale d’Einstein, l’espace, le temps et la matière sont intimement liés et ne peuvent exister l’un sans les deux autres. A tel point que l’on doit parler d’espace-temps, et c’est cet espace-temps qui surgit d’un seul coup, en même temps que l’énergie qui donnera la matière.
      Ce point est capital, car si la science confirme que le temps, l’espace et la matière ont eu un début absolu, il est alors clair, que l’Univers provient d’une cause qui n’est ni temporelle, ni spatiale, ni matérielle, c’est-à-dire d’une cause non naturelle, transcendante, à l’origine de tout ce qui existe et à l’origine, »

      Bolloré, Michel-Yves; Bonnassies, Olivier, Dieu – la science – les preuves : L’aube d’une révolution, Guy Trédaniel, p. 91.

      Ben le pb comme nous l’avons vu avec Klein et l’article d’Antoine, c’est que la science ne confirme pas que « le temps, l’espace et la matière ont eu un début absolu… ». Mais dans les pages suivantes c’est ce que les auteurs semblent comprendre en fusionnant le concept de temps absolu avec le « temps de Planck » (10E-43s).

      Si on s’en tient au compte-rendu scientifique actuel, la science n’est pas en mesure de se prononcer sur une cause à l’origine de l’univers. La question est de savoir si elle en a la capacité.

  10. RENE LAPOINTE dim 30 Jan 2022 Répondre

    Je fais part de votre critique et de votre invitation à répondre aux auteurs.

  11. RENE LAPOINTE dim 30 Jan 2022 Répondre

    En attendant, je vous soumets ce qui me semble être une preuve hors de tout doute raisonnable, que je tire du livre « Dieu – La science – Les preuves : L’aube d’une révolution »

    1) Il y a de l’être éternel et absolu (preuve de Parménide) : il faut qu’il y ait de l’être absolu et éternel autant dans le passé (parce que s’il y avait déjà eu du néant absolu, il y serait encore, et rien n’existerait) que dans le futur (parce que le passé étant infini, le « futur » serait terminé depuis un infini).

    2) Le monde est-il cet être éternel et absolu ? Non, car :
    a) L’univers va nécessairement se dissiper en poussières sans énergie (entropie); il n’est donc pas éternel dans l’avenir.
    b) L’univers accélère son expansion en dissipant son énergie (empêchant un Big Crunch ou un retour, par un mouvement cyclique – qui seul aurait pu expliquer un monde éternel et absolu avec de l’entropie)
    c) L’hypothèse des multivers me semble tout à fait invraisemblable quand on pense qu’il faudrait bien au-delà de 10(exposant 120) univers parallèles pour obtenir une simple probabilité de trouver un univers comme le nôtre, c’est-à-dire infiniment plus d’Univers que de particules dans notre Univers…)

    3) Donc, l’être éternel et absolu est un être autre que notre monde. Notre monde ne tenant pas l’existence de lui-même, il ne peut que la recevoir de l’être absolu et éternel.

    4) Que peut-on dire de « cet Être autre que notre monde »?
    a) Il est absolu, existant par lui-même, sans dépendre d’un autre être.
    b) Il est éternel, autant dans le passé, que dans l’avenir.
    c) Il donne l’existence à notre monde
    d) Il est un être d’une intelligence inouï, capable d’un ajustement extrêmement fin de multiples constances de notre univers. Si chaque ajustement est incroyablement improbable dans un univers qui serait livré au hasard, comment imaginé qu’il y en ait des centaines « par hasard » ? Et le hasard est bien incapable d’expliquer l’extraordinaire complexité de la vie – et cela dès son tout début, sans « essais et erreurs » : « Ces découvertes [ADN et ARN] ont montré, par la complexité absolument incroyable des arrangements nécessaires à la production [de la vie], qu’une intelligence a forcément dû intervenir pour faire fonctionner ensemble ces éléments extraordinairement divers. » Antony Flew

    • Antoine Bret lun 31 Jan 2022 Répondre

      Votre point 2b) suppose que l’énergie sombre à l’origine de l’expansion va se comporter de la même manière dans le futur. Vu que l’on ne sait pas ce que c’est, il est difficile d’être catégorique.
      Surtout, la probable absence de Big Crunch dans le futur n’empêche en rien un Big Bounce (entre autres) au lieu d’un Big Bang dans notre passé. C’est ce que j’explique. La singularité de la métrique FLRW n’est pas réel. Juste une prédiction mathématique dans un domaine où la Relativité Générale n’est pas valable.

  12. RENE LAPOINTE lun 31 Jan 2022 Répondre

    Bonjour
    J’ai contacté les auteurs du livre « Dieu – La science – Les preuves » et je viens de recevoir une réponse, que je vous transmet :
    « Merci de votre intérêt pour notre livre
    Je suis prêt à un débat public filmé avec les auteurs de cet article
    S’ils sont ok, c’est où et quand ils veulent …
    Bien amicalement,
    Olivier Bonnassies

    Alors, si vous voulez donner suite, vous n’avez qu’a contacter M. Olivier Bonnassies.
    Moi, j’aimerais bien voir ce débat.
    René Lapointe

    • Marc Fiquet lun 31 Jan 2022 Répondre

      Merci René,

      Le mieux est de ne pas laisser les n° de téléphone en public mais de nous les transmettre via le formulaire contact… je l’ai supprimé du commentaire.

      Pour information, nous sommes en contact avec Olivier Bonnassies et d’autres scientifiques catholiques pour voir la possibilité d’organiser un séminaire sur le sujet « Dieu et la science » qui permettrait d’aborder ce thème sous des angles différents.

  13. OHANDZA JOEL FRANCIS mar 01 Fév 2022 Répondre

    Une certaine théologie porte, elle aussi, à penser, à la suite des intuitions nouvelles de la science, qu’on ne saurait parler d’un commencement de l’univers, j’ajouterais, encore moins de sa fin. Car l’agir créateur de Dieu n’est longtemps plus considéré en théologie comme une action divine efficiente au commencement d’une chaîne de rapports mécaniques entre la cause et ses effets; Dieu étant la cause et la création son effet. Le Dieu première cause ne fait manifestement plus recette. De ce point de vue, il serait inapproprié de parler de commencement de l’univers, mais plutôt de son origine.
    Je vous propose cette citation du théologien Paul Gilbert qui pourrait nourrir notre compréhension de la différence entre commencement et origine. Il écrit (la traduction est mienne) : «l’originé ne devient jamais l’origine de son origine. Une œuvre originale, par exemple, est unique et ne sera jamais dupliquée. Un plagiat ne permet pas de comprendre le texte original, que le plagieur a sorti du contexte qui conditionne la justesse de son interprétation. Le terme ‘origine’ évoque un point de départ sans retour possible, par exemple l’origine d’une personne, sa naissance». (Cf. P. Gilbert, Principio, causa, origine, in M. Epis, La parola dell’origine. Il mondo e la storia nella prospettiva della creazione, Glossa, Milano 2021, 21).
    L’univers a donc une origine en Dieu et non un commencement, car ce qui est originé est toujours quelque chose de radicalement nouveau (novum). Vous me demanderez si on peut tout de même identifier et situer un point de départ primordial et originel de tout ce qui existe ? Y a-t-il un commencement de l’origine de l’univers ? En cohérence avec ce que nous venons de dire, précisant que la création n’est pas encore achevée, ce qui est originé et qui s’origine en permanence est chaque fois un nouveau départ. De ce point de vue, le point de départ originel n’est pas vraiment au commencement de ce que nous entendons communément par creatio originalis ex nihilo, mais plutôt à chaque commencement phénoménologique. Car chaque phénoménalité (commencement inédit et original) consacre le passage vers ce qui est radicalement autre.
    De ce qui précède, lorsque la Bible parle de commencement – nous faisons précisément référence à Gn 1,1 – elle ne poursuit pas les mêmes objectifs que la science. Nous disons par là qu’alors que la science veut décrire les premiers moments de l’univers, à savoir, son commencement matériel, la Bible en revanche veut simplement affirmer que la création est l’expression d’une volonté créatrice de Dieu : «au commencement Dieu créa…» (Gn 1,1).
    À la question donc : l’univers a-t-il un commencement ?, la Bible répond: l’univers a son origine en Dieu.

    • Marc Fiquet mar 01 Fév 2022 Répondre

      Bonjour Joël Francis,

      Merci pour cette précision bienvenue dans la discussion. Cette distinction théologique entre commencement et origine est en effet fondamentale mais pas forcément simple à appréhender et à vulgariser.

      Déjà Thomas d’Aquin avait pu insister sur ce point pour mettre l’accent sur la cohérence du texte biblique dans un contexte où la science de l’époque voyait l’univers comme statique et éternel donc sans commencement.
      Il y a un ouvrage qui traite de ce sujet spécifique mais je ne l’ai pas lu :
      https://shop.via-romana-pro.com/foi-chretienne/351-saint-thomas-d-aquin-et-la-possibilite-d-un-monde-cree-sans-commencement-9782372711555.html

    • Temaro mar 01 Fév 2022 Répondre

      À la question donc : l’univers a-t-il un commencement ?, la Bible répond: l’univers a son origine en Dieu.

      Désolé d’être bref mais…
      En quoi répondre à une énigme ou une aporie (l’origine de l’univers) par un mystère (Dieu) peut-il être intellectuellement satisfaisant ?

  14. OHANDZA JOEL FRANCIS mar 01 Fév 2022 Répondre

    Bonjour Temaro, il est aisé de constater, partant de l’article d’Antoine Bret et des commentaires qui s’ensuivent, que la science se trouve, elle aussi, – du moins pour le moment – confrontée au mystère dans ses hypothèses concernant l’origine de l’univers. Peut-être faudrait-il désormais (aussi) assumer la catégorie du mystère dans tout effort d’intelligibilité du réel.
    Bonjour Marc, Merci pour le lien.

    • Auteur
      Antoine BRET mar 01 Fév 2022 Répondre

      Le fait qu’on ne connaissent pas les lois de la gravité quantique ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de loi. Simplement, on ne les connaît pas.

      Une situation semblable s’est déjà produite il y a un peu plus de 100 ans. Quand on a découvert la structure de l’atome, on s’est rendu compte que la physique du 19e siècle, la seule disponible à l’époque, ne pouvait pas expliquer l’atome. La science était donc face un phénomène que les équations mathématiques ont elle disposait ne pouvaient pas expliquer. Voici un article très intéressant de Niels Bohr à ce sujet.
      https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14786441308634955
      Il a fallu la mécanique quantique pour venir à bout du problème.

      L’idée de base est donc qu’il doit bien y avoir des lois, mais qu’on ne les connaît pas.

    • Temaro mar 01 Fév 2022 Répondre

      Bonsoir,

      Antoine Bret pose parfaitement le problème.

      J’ajouterais, à mon sens, qu’il convient simplement de souligner la distinction entre ignorance scientifique et aporie.

      Vous dîtes:
       » la science se trouve, elle aussi, – du moins pour le moment – confrontée au mystère dans SES HYPOTHÈSES concernant L’ORIGINE de l’univers.  »

      Je suis désolé de vous contredire, mais la science ne formule aucune hypothèse sur la question d’une origine ABSOLUE de l’univers. Ce n’est tout simplement pas une question scientifique.

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