Cours en ligne : science et religion, un mariage impossible ?

Auteur : Marc Fiquet
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Crédit illustration : https://fr.123rf.com/profile_auremar

 

l’opinion populaire voudrait que le modèle de relation qui caractérise la science et la religion soit le modèle conflictuel, que les deux s’opposent systématiquement.

selon J Hauht que l’on présente plus bas, un adage courant est :

Vous ne pouvez être à la fois religieux et scientifique
(surtout si vous êtes honnête ou si vous n’êtes pas fou !!!)

 

Depuis les années 1990, une nouvelle discipline universitaire a fait son apparition, celle justement de l’étude de ces relations, vous découvrirez que si ce modèle conflictuel peut exister, il est loin d’être le seul et le plus représentatif des relations entre science et religion et notamment entre science et christianisme.

Ces 2 premières séquences du nouveau chapitre du cours du biologiste et théologien Denis Lamoureux s’appuie sur les études du théologien catholique américain  John Haught connu pour ses débats publics avec les fervents militants du nouvel athéisme comme le philosophe Daniel Dennett ou pour s’être opposé lors d’un procès en 2005, à l’enseignement de la doctrine du dessein intelligent (Intelligent Design – ID) dans les écoles publiques et laisser ainsi la science de l’évolution au programme comme seul enseignement officiel.

Après une présentation générale du sujet il s’attarde sur l’approche prônée par les sceptiques scientifiques, cette catégorie est partie prenante du modèle conflictuel (voir le diaporama 2) en adoptant une vue populaire de la religion qu’elle qualifie de subjective et qu’elle oppose systématiquement à l’objectivité de la science.

C’est une forme de pensée en « noir et blanc », n’admettant que tout l’un ou tout l’autre.

 

Après avoir visionné ces courtes séquences, n’hésitez pas à laisser vos avis sur la manière dont John Haugt décrit le rapport science / religion d’après les sceptiques scientifiques.

 

67 John F. Haught – MODÈLES « CONFLIT »

 

N’oubliez pas de télécharger les notes de cours associés à ces modules :   Notes 67 à 89

 

R_Cours_Denis_Lamoureux

 Module 67 | 5 mn | Définition et point de vue populaire

 Module 68 |  4 mn | Les sceptiques scientifiques

 

 

Sommaire du Cours en ligne

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9 Commentaires

  1. Avatar
    temaro mar 15 Jan 2019 Répondre

    Vous évoquez la notion de mariage entre science et religion.
    Ne serait-il pas plus juste, eu égard au fossé qui sépare les deux magistères, de parler de vie maritale ?
    Je rappelle que la vie maritale n’engage aucune des parties…

    • Avatar Auteur
      Marc Fiquet lun 21 Jan 2019 Répondre

      Salut Temaro,

      Tu partagerais donc la définition du couple selon Oscar Wilde ? ;-)
      « ETRE UN COUPLE, C’EST NE FAIRE QU’UN. MAIS LEQUEL ?”

      Je pense que la lecture de ce cours te sera très profitable.. Tu persistes à conserver les options populaires du modèle conflictuel.
      On peut très bien être deux domaines différents mais complémentaires et établir des échanges productifs et harmonieux, comme dans le mariage, chacun gardant son identité propre dans le respect de l’autre et engagé dans une relation de pleine confiance, à méditer…

      • Avatar
        temaro lun 21 Jan 2019 Répondre

        Bonjour Marc,
        Je constate simplement que les modèles conflictuel (dont Dawkins est un représentant) ET celui du NOMA de Gould sont les positions majeures, non seulement de la communauté scientifique mais plus largement de la plupart des philosophes ou intellectuels contemporains de haut niveau.
        Et il y a deux raisons incontournables qui expliquent cette situation:
        1. Les progrès de la science qui nous révèle moins un créateur transcendant que notre ignorance face à l’étrangeté du monde réel. (conséquences des modèles de gravité quantique)
        2. la diversité des cultes dont aucun n’est en mesure de proposer de réponses vérifiables, même en théorie.
        A partir de là, chacun est bien sûr libre d’ajouter une croyance à son ignorance.

        • Avatar Auteur
          Marc Fiquet lun 21 Jan 2019 Répondre

          Qu’entends-tu exactement par le NOMA de Gould ?

          Car il faut lire Gould pour savoir ce qui’il entendait par là et ne pas se contenter de l’acronyme (non recouvrement des magistères). Le modèle d’indépendance qui distingue les 2 domaines marque déjà une belle différence par rapport à la position de Dawkins, mais Gould va beaucoup plus loin.Car il invite au dialogue entre ces deux domaines comme nous le verrons dans le cours !!

          Voir le dernier article posté à ce sujet qui introduit déjà le modèle de contraste (ou indépendance) selon Haught, https://www.scienceetfoi.com/cours-en-ligne-science-et-religion-litteralisme-biblique/

          Gould n’était pas un athée militant à la différence de Dawkins même si ses positions ont parfois été ambiguës ou mal interprétées, Gould était un parfait agnostique. Il a su en général rester neutre comme la science l’est. c’est pour cela qu’il est contre le modèle du Conflit entre science et religion à l’inverse de Dawkins. Mais il constate également que si les magistères ne se chevauchent pas, Ils ne sont néanmoins pas sans points de contact, pour Gould, la science et la théologie « s’entrechoquent, s’imbriquent sur bon nombre de nos questions les plus profondes » (Natural History p. 106 (1997))… A suivre.

          • Avatar
            temaro lun 21 Jan 2019 Répondre

            Il est vrai que le continuum du modèle « indépendance » est assez large…
            Peut-être trop, si on considère, par exemple, des positions aussi diverses que celle d’Einstein qui ne croyait pas à un dieu personnel, d’Hubert Reeves qui aime rappeler régulièrement lorsqu’on l’interpelle sur ce sujet « il y a sûrement quelque chose, mais quoi ? », la vôtre avec la création évolutive, en passant par des postures plus médianes comme celle de Gould… On pourrait aussi évoquer les partisans de l’immanence (Trinh Xuan Thanh et la philosophie bouddhiste)
            Tu dis: « Gould était un parfait agnostique… »
            C’est exact, et j’ajouterai que le fait d’être agnostique ne préjuge en rien au fait d’adhérer ou pas à une croyance. Bref, ce modèle de l’indépendance n’en est pas vraiment un, ou ne veut pas dire grand chose dès lors que des profils aussi divers allant de l’athée au croyant, en passant par les agnostiques croyants et non croyants le revendiquent à des degrés divers.
            Pour finir, je reformulerai la dernière remarque de mon commentaire précédent par cette question: au nom de la Vérité, est-il bien raisonnable d’ajouter une croyance à notre ignorance ?

  2. Avatar Auteur
    Marc Fiquet mar 22 Jan 2019 Répondre

    Le problème c’est que la connaissance humaine ne se limite pas au domaine de la physique, et que se priver de la philosophie ou du religieux dans sa réflexion donc d’une réflexion sur l’ÊTRE (métaphysique) nous priverait de la compréhension d’un pan complet de notre existence.

    Séparer les magistères c’est déjà bien car on peu travailler certaines questions sans conflit en cherchant des réponses. Mais le dialogue, qui est encore une étape supplémentaire, permet à l’un et à l’autre des domaines de l’instruire réciproquement en travaillant sur les questions limites ou philosophiques (pourquoi un univers ?) ou éthiques.

    Voir ici ce qu’un physicien et théologien Ian Barbour en a écrit (il sera à nouveau cité dans le cours de Lamoureux).

    https://www.scienceetfoi.com/quatre-facons-de-concevoir-les-rapports-entre-science-et-foi/

    • Avatar
      temaro mar 22 Jan 2019 Répondre

       » Le problème c’est que la connaissance humaine ne se limite pas au domaine de la physique… »

      Allons donc un peu plus loin et posons la question déterminante:
      qu’est-ce qu’une connaissance ?
      Et plus précisément quelles en sont les conditions et les limites ?
      Je t’invite à (re)visiter les principes posés en philosophie des sciences (épistémologie) qui définissent le champ des activités humaines qui produisent de la connaissance, au sens large.
      Cette clarification me semble indispensable pour un dialogue peut-être frustrant mais fructueux.

      Je terminerai avec cette question:
       » Pourquoi un Univers  » et plus particulièrement  » Pourquoi NOTRE Univers ? »
      Une piste à creuser:
      Nous ignorons les conditions initiales qui expliquent cette conséquence.
      A méditer

      • Avatar Auteur
        Marc Fiquet mar 22 Jan 2019 Répondre

        Sur la première partie de ton commentaire nous avons déjà eu l’occasion de discuter, je te renvoie aux excellents travaux d’Alvin Plantinga et de sa philosophie analytique.

        Quant à la dernière question, c’est bien parce que l’origine demeure un mystère et que la question du sens demeure que nous pouvons la nourrir d’un dialogue enrichissant entre science, philosophie et foi.

        • Avatar
          temaro mar 22 Jan 2019 Répondre

          Désolé, mais en matière d’épistémologie, il me semble que pour la communauté scientifique la référence reste Popper…
          Quand au dernier point (la question d’une origine absolue de l’Univers) il s’agit moins d’un mystère que d’une aporie.
          En conséquence, en quoi une réflexion sur le sens pourrait répondre de façon pertinente à une question simplement mal posée ?
          Et si le Big Bang était une conséquence, le résultat d’un processus, plutôt qu’un point de départ ?
          Voilà qui ouvre des perspectives exaltantes…
          Et testables, au moins en théorie.

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