Continum du Big Bang aux Humains

Posté par ROGER LEFEBVRE
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Certains chrétiens acceptent globalement l’idée d’une évolution des espèces, tout en maintenant des interventions ponctuelles du Créateur au niveau des étapes déterminantes de l’évolution :

  • pour le passage du néant à la matière,
  • pour l’apparition de la vie, le passage de la matière minérale à la matière vivante,
  • pour la distinction de la vie végétale statique et de la vie animale « animée »,
  • pour l’émergence de la dimension psychoaffective au sein du monde animale,
  • pour l’émergence de la conscience morale qui définit l’humanité.

 

Il existe des variantes de cette approche, mais en gros, l’idée retenue, c’est que certaines étapes de l’évolution n’ont pas pu se faire « toutes seules » et qu’elles ont nécessité une intervention directe de Dieu pour passer d’un état à un autre. C’est ce que pensent les partisans du dessein intelligent, et qui les distinguent des partisans d’une création évolutive, dont je fais partie.

 

Beaucoup de croyants font souvent une sorte de fixation autour des premiers homo-sapiens, c’est-à-dire des premiers humains, dans le sens biblique de ce mot. Mais comment expliquer leur coexistence, et surtout leur interfécondité avec d’autres membres du groupe homo, tels que l’homme de Neandertal qui a transmis une part de son bagage chromosomique aux européens. Ce lointain ancêtre a disparu depuis longtemps, mais nous a laissé des tombes dont le contenu prouve clairement qu’il croyait à une vie après la mort. C’est troublant, car alors, au cours de l’évolution, nous n’aurions pas été les seuls à disposer d’une croyance dans l’au-delà, croyance qui implique l’existence d’une conscience morale. Or, si tel est le cas, et tout semble le prouver, la conscience morale ne serait pas seulement le propre des homo-sapiens ; ce qui suppose qu’elle aussi soit apparue progressivement. Voilà qui témoignerait en faveur d’un continuum évolutif depuis l’origine de la vie jusqu’à nous !

 

Mais alors, cela nous renvoie au problème de l’émergence de la vie au sein d’un monde inanimé : une question tout aussi difficile, sinon plus, que l’émergence de la conscience morale au sein du monde animal. En d’autres mots, la vie fut-elle aussi l’objet d’une émergence progressive hors de l’univers inanimé et apparemment stérile qu’est le monde minéral ? À cette question, il semblait que Louis Pasteur avait apporté une réponse définitivement négative en prouvant que la génération spontanée n’existait pas. Mais rien n’est jamais définitif en science, puisque par définition, elle évolue elle-même de façon continuée. Dès lors, faut-il s’étonner de ce qu’aujourd’hui, certains chercheurs semblent sur le point de percer le mystère de l’apparition de la vie sur notre planète ; une vie qui, peut-être sous d’autres formes, existe aussi ailleurs dans l’univers.

 

Dans le mensuel « Science et Vie » de mars 2019, Émilie Rauscher a mené une enquête sur les « presque-vivants » qui nous font progresser vers de « nouvelles frontières de la vie ». Évidemment, il ne faut pas attendre d’un tabloïd aux titres aguicheurs, la rigueur d’une publication scientifique. Mais sans se laisser leurrer par le marketing journalistique, on peut relever quelques références aux travaux de vrais scientifiques œuvrant dans la recherche fondamentale. En fait cet article avait attiré mon attention du fait qu’il met aussi en évidence un « continuum entre ce qui est inerte et ce qui est vivant », par le biais de diverses manifestations de vie qui viennent s’intercaler entre les étapes attestées depuis longtemps à propos de l’évolution.

 

En quelques mots – dans le langage journalistique – voici de quelles expressions du vivant il s’agit :

– des pré-vivants : des vésicules lipidiques appelées composomes, c’est-à-dire des entités chimiques dynamiques capables de grandir, de se reproduire et d’évoluer ;

– des para-vivants : des virus géants qui produisent des particules virales qui libèrent leur ADN (des pseudo-gènes où il ne manque que le ribosome) dans la cellule infectée qu’ils vont épuiser ;

– des post-vivants : les organelles ou mitochondries, nées de la rencontre d’une bactérie (une rickettsie ?) et une archée (un procaryote) il y a plus de deux milliards d’années, et qui, intriquées l’une dans l’autre, sont devenues des mitochondries : les centrales énergétiques de nos cellules.

 

Voici comment ces manifestations de vie s’inscrivent dans la chronologique conventionnelle en milliards d’années :

-4,56  Formation de la terre

-4,5    Impact et formation de la lune

>>>   Pré-vivants : les vésicules lipidiques

-4.2    Refroidissement des océans >> la vie devient possible

>>>   Para-vivants : les virus géants

-3,7    Apparition des premiers procaryotes (des cellules simples)

>>>   Post-vivants : les mitochondries

-2,3    Apparition des eucaryotes (des cellules plus grandes pourvues d’un noyau)

-1,9    Apparition des organismes pluricellulaires

 

Certes, il serait prématuré de chanter la victoire de l’évolutionnisme et de pousser des cocoricos retentissants destinés à réveiller les créationnistes censés dormir sur leurs certitudes. Mais ceci s’ajoutant à cela, on peut déjà entrevoir une création conforme au programme d’un continuum ininterrompu partant de l’origine de l’univers pour arriver aux êtres doués de conscience morale que nous sommes devenus il y a quelque 250 mille ans. Autrement dit, nous nous trouvons clairement devant des avancées conformes au schéma proposé dans la « création évolutive » – ou « évolution théiste » – défendue en francophonie entre autres par les chrétiens évangéliques de Science & Foi.

ROGER LEFEBVRE
De formation Ingénieur agronome, et après ses études à la faculté de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, Roger devient pasteur de l’église protestante évangélique d’Ath, en Belgique, où il travaille aussi comme professeur de religion protestante dans divers lycées jusqu'à sa retraite en 2009. De 1998 à 2013, il assure la présidence de l’Alliance Évangélique Francophone de Belgique (AEFB).

15 Commentaires

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    Temaro jeu 21 Nov 2019 Répondre

    Bonjour Roger,

     » nous nous trouvons clairement devant des avancées conformes au schéma proposé dans la « création évolutive » – ou « évolution théiste » – défendue en francophonie…  »

    Attention toutefois à ne pas succomber à une forme de concordisme qui consisterait à soutenir une option spiritualiste en particulier à partir d’éléments scientifiques. (ceux que vous soulignez ici en l’occurrence)
    En effet, de nombreuses autres options philosophiques ou spiritualistes sont compatibles avec la science (entre autres le bouddhisme, l’agnosticisme, l’athéisme, le panthéisme…)

    A mon sens, la problématique est la suivante: quelles sont nos croyances qui peuvent être à la fois justifiées rationnellement et indexées sur nos connaissances, en dehors de tout anthropocentrisme ? (confusion entre le sens que nous pouvons donner à la vie et dynamique propre de l’Univers)

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    ROGER LEFEBVRE ven 22 Nov 2019 Répondre

    Bonjour Temaro,

    Eh bien, je pense que nous sommes parfaitement d’accord, puisque la position de Science&Foi est justement de distinguer la foi de la science, en laissant à la science les « quand ? » et les « comment » de l’univers pour ne laisser à la foi que les « qui? », les « pour qui ? » et les « pour quoi? ». Autrement dit nous sommes par définition des anti-concordistes, contexte dans le quel je me plaçais d’entrée de jeu pour ce très court article, me semblait-il.

    Si j’y fais allusion au continuum évolutif, c’est pour montrer aux concordistes, justement, et plus particulièrement aux tenants de l’I.D. qu’ils risquent d’avoir un problème s’ils persistent à vouloir faire appel à Dieu pour boucher les trous laissés par ce qu’ils appellent les « chaînons manquants ».
    Mais comme je l’ai dit, je me place dans le contexte étroit d’un débat évangélico-évangélique qui n’exclut pas que d’autres religions et philosophies aient adopté une distinction comparable à la nôtre… Heureusement, d’ailleurs.

    La foi n’a pas plus à s’occuper de science, que la science des religions et philosophie… Bien que, d’une façon ou d’une autre, chaque être humain soit bien obligé de concilier les deux sous peine de schizophrénie intellectuelle. Ce que nous nous efforçons aussi de montrer : ce qui ne peut être assimilé à du concordisme… Sauf dérapage ! Et je te remercie d’avoir attirer l’attention sur ce danger.

    Le but de S&F est donc (entre autres), de montrer que (moyennant la réserve ci-dessus) on peux parfaitement être à la fois scientifique et croyant ; et donc, que c’est une erreur de persister à faire dépendre la foi et la science l’une de l’autre, … dans un sens comme dans l’autre, d’ailleurs !

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      Temaro ven 22 Nov 2019 Répondre

      Bonsoir Roger,

      Voila le coeur du sujet, me semble-t-il.
      Lorsque je souligne l’importance de distinguer entre le sens que nous pouvons donner à la vie et à l’Univers (nos differentes visions anthropocentriques) et la dynamique propre de l’Univers, tu sembles penser au contraire qu’il convient de laisser à la science les « quand ? » et les « comment » de l’univers pour ne laisser à la foi que les « qui ? », les « pour qui ? » et les « pour quoi ?  »

      Ce qui m’interpelle est le point suivant:
      en vertu de quel principe une approche scientifique de l’Univers s’interdirait de répondre à de telles questions encore souvent qualifiées de métaphysiques ?

      Par exemple, il n’existe aucun élément dans la théorie de l’évolution qui soutienne ou même suggère l’îdee de projet ou d’intention.
      Le buisson du vivant, si on le considère dans le cadre des differentes ères geologiques avec ses grandes périodes d’extinction, est à lui seul très évocateur d’une absence de toute idée de  » progrès « . (les huitres existent depuis plus de 500 millions d’années)

      De même, les théories de  » pré Big bang  » (même s’ils sont encore très speculatifs) ne suggèrent en aucune manière l’idée de progrès ou d’intention.

      Par conséquent, plutôt que d’évoquer la spécificité de l’être humain par rapport au reste du monde animal pour justifier une position spiritualiste (qui relève clairement d’une vision anthropocentrique) ne devrions-nous pas évoquer notre INSIGNIFIANTE spécificité, quitte à bousculer la ligne éditoriale de Science et foi ?

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        Manu sam 23 Nov 2019 Répondre

        « Notre INSIGNIFIANTE spécificité » ?
        « Mais à ceux qui disent que la conscience est partagée avec certains animaux, je réponds qu’on n’a jamais vu des chimpanzés se réunir en forêt pour discuter de leurs origines ! » (Yves Coppens, Paris Match, 13 juin 2011)

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          Temaro dim 24 Nov 2019 Répondre

          Bonsoir Manu,

          Oui, donc ?
          Quelles conclusions pouvons nous raisonnablement tirer de ce constat… Sans parler du fait que d’autres homininae comme Neandertal avaient vraisemblablement des facultés cognitives équivalentes aux notres ?

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        Thibault HEIMBURGER dim 24 Nov 2019 Répondre

        Bonsoir Temero:

        « Ce qui m’interpelle est le point suivant:
        en vertu de quel principe une approche scientifique de l’Univers s’interdirait de répondre à de telles questions encore souvent qualifiées de métaphysiques ? »

        En vertu de la définition même de la science. Celle-ci s’est construite, historiquement, sur une approche à la fois modeste et féconde. C’est toute la différence avec le scientisme qui n’est rien d’autre qu’une idéologie en ce qu’il dépasse les limites que la science s’est elle-même imposée: étudier la série des causes et effets.

        Et il est faux de dire que: « de nombreuses autres options philosophiques ou spiritualistes sont compatibles avec la science (entre autres le bouddhisme, l’agnosticisme, l’athéisme, le panthéisme…) »
        La science, strictement parlant, n’a pu se développer historiquement que dans un contexte judéo-chrétien et ce n’est pas par hasard.

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          Temaro dim 24 Nov 2019 Répondre

          Bonsoir Thibault,

          Pour info, je m’adressais initialement à Roger Lefebvre, mais bon, ce n’est pas un probleme.

           » Celle-ci (la science) s’est construite, historiquement, sur une approche à la fois modeste et féconde.  »

          Certainement.
          C’est d’ailleurs ce qui la distingue de la religion qui s’est historiquement construite sur une approche à la fois prétentieuse, autoritaire et inféconde.

           » La science, strictement parlant, n’a pu se développer historiquement que dans un contexte judéo-chrétien  »

          Il serait de bon aloi de cesser cette récupération en forme de révisionnisme historique.
          Quand l’Inquisition sévissait en Europe au nom du dieu chrétien, les arabes, les grecs et les chinois étaient à la pointe de la connaissance scientifique dans tous les domaines. (astronomie, mathématique, médecine etc…)
          Par ailleurs, le siècle des Lumières n’a jamais été initié par l’église. On apprend ça au collège… Me semble-t-il !

          Merci par avance de ne pas polémiquer davantage sur ses sujets qui ne s’y prêtent pas.

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            Thibault HEIMBURGER lun 25 Nov 2019 Répondre

            Bonsoir Temaro,

            1) « … la religion qui s’est historiquement construite sur une approche à la fois prétentieuse, autoritaire et inféconde. »
            Il y a beaucoup d’athées qui n’ont pas cette approche méprisante ….et sur un site chrétien. Réalises-tu la liberté dont tu profites ici (et c’est bien) ? Je doute que des chrétiens convaincus ont la même liberté sur des sites athées.

            2) « Il serait de bon aloi de cesser cette récupération en forme de révisionnisme historique… »
            As-tu remarqué que, malgré leurs découvertes et avancés remarquables dans de nombreux domaines, ni la Chine, ni l’Inde, ni le monde arabe n’ont été le berceau de la science au sens où nous l’entendons tous aujourd’hui?
            C’est bel et bien dans l’Europe chrétienne, et grâce à des génies profondément chrétiens que naquit la science. Ce n’est aucunement un hasard. Il y a de nombreuses et profondes raisons à cela. Je pourrai te les donner si besoin mais stp renseigne toi et lit les très nombreux bons auteurs (chrétiens ou athées), historiens ou philosophes, qui reconnaissent ce fait historique indubitable.
            Tu as vraiment du mal à distinguer deux niveaux: celui de l’héritage judéo-chrétien en dialogue avec la culture hellénistique qui a permis plus tard l’éclosion de la science en Europe (c’est exactement ce que je voulais dire) et celui du dévoiement de ce même héritage par l’Eglise, à partir de Constantin, qui a engendré par exemple le procès de Galilée (même si les choses sont bien plus complexes que ça).

            Quand tu écris: « Par ailleurs, le siècle des Lumières n’a jamais été initié par l’église. On apprend ça au collège… Me semble-t-il ! », je m’inquiète.
            Si les Lumières n’ont effectivement pas été initiées par l’Eglise, et même, pour certains philosophes des Lumières, contre l’Eglise, il n’en reste pas moins vrai que c’est l’héritage judéo-chrétien présent en eux qui a permis l’éclosion des Lumières et non pas l’héritage chinois, indien ou arabe.

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          Temaro lun 25 Nov 2019 Répondre

          A méditer:

          Quelques exemples historiques qui montrent le vide conceptuel de cette affirmation, régulièrement et consciencieusement servie.

           » La science, strictement parlant, n’a pu se développer historiquement que dans un contexte judéo-chrétien  »

          L’esclavage, la science, l’évolutionniste, la révolution industrielle, la laïcité, l’eugénisme, le nazisme (et autres dictatures occidentales) le libéralisme, les corridas, les autoroutes, les trains, l’aviation, le smartphone, Internet etc…Sont autant de phénomènes et d’innovations qui se sont développés dans un contexte judéo-chrétien…
          Pour autant, il est absurde d’identifier les causes profondes et multiples à l’origine d’un changement ou d’une évolution dans une société à leur simple contexte historique.

          CQFD

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    ROGER LEFEBVRE lun 25 Nov 2019 Répondre

    Hello Tamaro,
    Je reviens vers toi après un weekend quelque peu chargé…

    Que te dire… Ta question contient la réponse : si l’on ne distingue plus la science de la métaphysique, c’est vrai que l’on ne peut pas prouver qu’il y a une intention derrière l’évolution, mais on ne peut pas non plus prouver qu’il n’y en a pas… Donc on sort du domaine de la science, c’est-à-dire du « vérifiable » et du « vérifié ».
    Le bon sens commun invite donc à séparer ce qui est de l’ordre de l’existentiel (une forme de l’anthropomorphisme qui semble tant te déranger) et de l’ordre scientifique que tu sembles assimiler à l’objectivité absolue… Si je te suis bien.

    Si je parle d’existentiel, c’est parce que la foi chrétienne relève d’une expérience relationnelle plutôt que de croyances et de rites qui relèvent plutôt de la religiosité : une religiosité qui répond plus ou moins aux mêmes principes dans toutes les religions, quelles que soient les différences au niveau des formes et expressions.

    La foi chrétienne relève pour sa part d’une relation entre Dieu et l’homme, qui est toute personnelle et qui n’a de sens que pour celles et ceux qui la vivent : comme toute relation d’amour fondée sur la confiance, et donc l’acceptation de l’autre dans sa différence, fût-il le « Tout-Autre ». Une relation qui mûrit souvent en allant de l’anthropocentrisme vers le théocentrisme, avec tous les aléas que peut connaître une expérience relationnelle.

    Dans cette perspective, me parler de la religiosité ou (dans une moindre mesure) de philosophie, c’est me parler de l’institution du mariage dans les différentes cultures (domaine de l’étude scientifique), quand moi je parle de l’harmonie des relations au sein du couple : domaine de l’expérience personnelle. Qui répond à des principes de bases, certes, mais qui n’ont de sens que dans leur application. Pour revenir à la foi, ces principes, je les trouve dans la Bible (bien lue) pour les vivre au quotidien, à travers une relation qui donne sens à ma vie, dans la mesure où elle impacte tous les autres domaines.

    Il est donc normal, qu’étant un simple mortel, je m’efforce d’établir, d’une façon anthropocentrique décomplexée, non pas une interdépendance, mais une compatibilité intellectuelle entre mon expérience de vie et ce que je sais du monde. Ce n’est donc pas par hasard que j’ai intégré une petite équipe qui s’appelle « Science & Foi », plutôt que « Sciences & Religions », ou même que « Bible et Science », puisque dans ce dernier cas, je dénonce un littéralisme biblique qui conduit à des aberrations scientifiques.

    Cela n’exclut pas des champs d’explorations plus larges, mais personnellement, je ne prétends pas avoir les compétences requises pour m’y engager. J’aime rappeler que ma double formation d’ingénieur agronome et de pasteur fait seulement de moi une sorte de « généralise », disposant des compétences nécessaires pour évaluer les enjeux de la science et de la théologie… Aussi, c’est donc dans cette perspective limitée que j’en parle, laissant les débats « technique » plus pointus à-aux plus compétents que moi, notamment à mes collègues de S&F.

    S&F dont je ne m’efforce d’ailleurs pas de bousculer la ligne éditoriale ; puisqu’il ne s’agit pas d’accepter certaines contraintes, et encore moins de subir une quelconque censure, mais de s’en tenir au champ d’activités que nous nous sommes fixés : celui de « l’exploration théologique » en harmonie avec les données récentes de la science. Il serait donc vain de nous attribuer d’autres prétentions que celle-là.

    • Avatar
      temaro lun 25 Nov 2019 Répondre

      Bonsoir Roger,

      Pour éviter tout malentendu et pour ne pas être trop chronophage, je précise ma pensée de façon la plus concise possible.
      Je dis simplement que l’idée même de transcendance implique un  » en dehors  » du monde (ou du réel) dont rien ni personne ne pourra jamais rien dire.
      C’est en vertu de ce constat (ou principe) que je pose la question:
      en vertu de quel principe une approche scientifique de l’Univers s’interdirait de répondre à certaines questions traditionnellement qualifiées de métaphysiques ou existentielles (par exemple le sens de la vie) OU de ne pas y répondre en soulignant leur illégitimité ou incohérence interne ?
      Parmi ces questions qui ne semblent pas admettre de réponse, un grand classique:  » pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien  » que l’on peut reformuler par  » quelle est l’origine de l’Univers ?  » (le mot  » origine  » étant pris ici au sens absolu)

      Vaste sujet.

      Au plaisir

      • Avatar
        Thibault HEIMBURGER lun 25 Nov 2019 Répondre

        Bonsoir Temaro,
        Je m’immisce à nouveau.

        « C’est en vertu de ce constat (ou principe) que je pose la question:
        en vertu de quel principe une approche scientifique de l’Univers s’interdirait de répondre à certaines questions traditionnellement qualifiées de métaphysiques ou existentielles (par exemple le sens de la vie) OU de ne pas y répondre en soulignant leur illégitimité ou incohérence interne ? »

        Je répète et même si ça ne te plait pas: en vertu du principe que la science, par définition, je dis bien par définition, s’interdit de se poser ce genre de questions métaphysiques et en particulier celle du sens de la vie. Elle n’y répond pas si elle est fidèle à elle-même, à sa méthode, et partant elle ne peut pas souligner leur illégitimité ou leur incohérence interne. Elle ne peut que signaler, et c’est déjà énorme, l’incohérence de certaines représentations religieuses (comme le créationnisme) historiquement datées et de ce fait elle aide profondément la religion à se débarrasser de ces représentations datées.

        • Avatar
          Temaro mar 26 Nov 2019 Répondre

          Bonjour Thibault,

           » Je répète et même si ça ne te plait pas: en vertu du principe que la science, par définition, je dis bien par définition, s’interdit de se poser ce genre de questions métaphysiques  »

          Ce n’est pas que ce que tu dis me déplaise mais surtout que c’est faux !
          Le sens de la vie n’est pas une question qui n’admettrait qu’une perspective unique (métaphysique)
          Elle peut être posée à un niveau plus global, celui de l’espèce. On quitte alors le domaine de la métaphysique pour entrer dans celui de la biologique et donc de la science.
          La survie de l’espèce, voilà le sens de la vie… Au sens biologique !
          Et libre à chacun de faire cohabiter ses options métaphysiques personnelles avec le schéma général que nous suggère une approche scientifique.

          • Avatar
            Thibault HEIMBURGER jeu 28 Nov 2019 Répondre

            Bonsoir Temaro,

            -> »Et libre à chacun de faire cohabiter ses options métaphysiques personnelles avec le schéma général que nous suggère une approche scientifique. »

            Totalement d’accord. Et donc où est le problème ?

            • Avatar
              Temaro ven 29 Nov 2019

              Bonjour Thibault,

              Si nous sommes d’accord, alors pourquoi ne pas indexer nos convictions métaphysiques sur le schéma général que nous suggère une approche biologique du sens de la vie ?
              Par exemple, les individus meurent… Quelle pourrait donc être la raison profonde de croire dans une vie après la mort ?

              Pour répondre à cette question, tournons-nous vers la psychologie comportementale (encore de la science)

              Pourquoi par exemple deux personnes proches qui savent devoir se séparer pour une longue période éprouvent-elles le besoin de se prendre dans les bras ?
              Pour faire court, pourquoi se tenir quand on va se séparer ?

              Voilà clairement une  » faille de la raison  » (un comportement irrationnel) qui trouve son origine dans nos émotions.

              Si tu vois une autre explication qui pourrait justifier la croyance d’une vie après la mort je suis preneur.

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