Comprendre la science, le scientisme et la religion – Faraday Paper 22

scientisme
Auteur : Marc Fiquet
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Faraday Paper 22

 

Fête de la science et vulgarisation scientifique

Jusqu’au 11 octobre, la fête de la science est l’occasion un peu partout en France de la rencontre du monde de la recherche et du grand public. Ce RDV annuel à l’initiative du ministère de la recherche permet de rapprocher tout un chacun d’un domaine parfois jugé abscons et affaire de spécialistes.

Science & Foi est partie prenante de ce genre  d’initiative qui vise à promouvoir la vulgarisation scientifique, Pascal Touzet, président de notre association, a pu participé à cet événement le 6 octobre en animant une discussion publique sur l’extinction des espèces organisée par le pavillon des sciences à Belfort.

 

Neutralité scientifique et axiologique

Pour que la fête ne soit pas gâchée et profiter pleinement des bénéfices de la recherche et de la science en général, il convient de rappeler notre attachement à un principe fondamental, celui de neutralité scientifique.

Parmi ces critères, figure une posture  qui a été formalisée par un des pères de la sociologie moderne, Max Weber sous le nom de neutralité axiologique (voir fiche Wiki). L’axiologie étant en philosophie la science visant à expliquer et à classer les valeurs. Pour Weber, la neutralité axiologique impose à chaque scientifique non pas de ne pas avoir d’opinons personnelles, politiques, idéologiques ou religieuses, mais d’avoir la capacité de ne pas en faire état pendant ses travaux de recherche.

 

Le problème du scientisme

Or à lire certains vulgarisateurs scientifiques, on peut se rendre compte que cette  règle n’est pas toujours respectée dans leur restitution auprès du grand public, d’où une grande confusion pour discerner ce qui relève de la science et de l’idéologie. Un des exemples les plus connus que nous relevons régulièrement sur notre site est celui du biologiste Richard Dawkins qui utilise la science de l’évolution pour en faire une idéologie anti-religieuse. Par exemple,  il écrit dans l’Horloger Aveugle (1986) :

 Je ne pourrais pas imaginer être athée avant 1859, lorsque Darwin a fait publier L’Origine des espèces…Darwin a rendu possible le fait d’être un athée intellectuellement comblé.

Cette attitude ne relève bien évidement pas de la science mais d’une idéologie guidée par des aprioris scientistes que le scientifique revendique par ailleurs ; il n’existe pour lui rien d’autre que le monde matériel accessible à l’investigation scientifique.

Pour faire le point sur cette théorie de la connaissance qui génère tant de conflits entre le monde scientifique et religieux, voici un article du Faraday institute de Cambridge :

 

Comprendre la science, le scientisme et la religion

Faraday paper 22 du Faraday Institute for Science and Religion

Lire l’article

 

A propos de  l’auteur

Ian Hutchinson est professeur de Sciences nucléaire et d’ingénierie au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il a beaucoup parlé de la relation entre la science et le christianisme. Dans son dernier livre, Can a scientist believe in miracles, il aborde nombre de difficultés en tout genre, posées par ses étudiants lors de ses présentations.

Merci à Elodie Meribault pour la traduction.

 

 

 

 

Crédit illustration : Depositphotos 

 

 

Après un cursus universitaire et professionnel dans les technologies de l’information, Marc poursuit désormais des études en Master de recherche "théologie et société" à l'université de Strasbourg.. Il est le webmaster du site scienceetfoi.com et responsable éditorial de l'association.

2 Commentaires

  1. Temaro sam 16 Oct 2021 Répondre

     » Lorsqu’un antithéiste affirme qu’il n’y a aucune preuve de l’existence de Dieu, il entend par là qu’il n’existe pas de preuve scientifique. Les
    nombreuses autres preuves — historiques, person-
    nelles, philosophiques, etc. — qui ont persuadé des
    milliards de personnes que Dieu existe, ne constituent pas une preuve formelle, mais fournissent une
    base solide et rationnelle pour amener quiconque à croire.  » (page 7)

    Il n’y a rien de plus faux !
    La diversité des croyances et des religions dans le monde suffit à réfuter cette affirmation.

    D’ailleurs, pour la très grande majorité des croyants, la foi relève davantage d’une prédisposition mentale inconsciente (le vécu intérieur) que d’un corpus de  » preuves  » (le terme  » argument  » serait plus juste) historiques, philosophiques ou personnelles.

    • Temaro lun 18 Oct 2021 Répondre

      En fait, ce qui est en question ici, ce n’est pas le scientisme (que je conteste également) mais l’affirmation à peine voilée que la foi chrétienne relèverait d’une forme de connaissance.

      Voyez-vous la nuance ?

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