Comment la méditation de la Bible m’a conduit à accepter l’évolution. (1)

Posté par ROGER LEFEBVRE

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« Pourquoi j’ai écrit « Adam, l’homme nu »…

Comment la méditation de la Bible m’a conduit à accepter l’évolution. (1)

 

Je suis pasteur d’une église évangélique et je crois fermement à l’inspiration et à l’inerrance des Saintes Écritures. Autrement-dit, je crois vraiment que les rédacteurs des différents livres de la Bible ont été inspirés par l’Esprit Saint, tout en écrivant dans la langue et la culture de leur époque ; dès lors, pour peu qu’on la lise bien, la Bible ne contient rien qui puisse induire notre foi en erreur. Pourquoi cette réserve concernant la Bible « bien lue » ? Parce que j’ai constaté qu’en lisant le texte sans les a priori habituels, certains postulats généralement qualifiés de « bibliques », ne l’étaient pas autant qu’on voulait bien le dire. Extrait :

 

« À ce propos, il est sans doute important de rappeler que le nom d’Adam n’apparaît pas comme un nom propre avant la fin du quatrième chapitre de la Genèse. Dans les textes qui précèdent, le mot adam est un nom commun précédé de l’article défini (hébreux « ha-adam » : le adam) et doit se traduire par l’homme, l’être humain au sens générique de ce mot, ou encore par leur ensemble : l’humanité, les humains, comme c’est d’ailleurs le cas dans tout l’Ancien Testament. (E.g. Genèse 6:1, 2, 3, 4, 5, 6… Exode 8:17, 18… Etc.)

Cela signifie que les premiers chapitres de la Bible ne parlent pas d’un Adam-individu, mais plus exactement d’un Adam-collectif, représentant l’ensemble des humains : lecture plus conforme aux règles de la sémantique et à l’usage général de ce terme dans l’hébreu biblique. Cela explique un pluriel qui a pu intriguer certains lecteurs de la Bible : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, pour qu’il domine (litt. « pour qu’ils dominent ») sur les poissons de la mer, etc. » (Genèse 1:26, Segond 1910) Verset que la NBS corrige avec raison en traduisant : « Dieu dit : Faisons les humains à notre image, selon notre ressemblance, pour qu’ils dominent sur les poissons de la mer… » Ce qui est beaucoup plus cohérent !

(Adam, l’homme nu, Roger Lefèbvre, Éd. Science & Foi, 2014, p. 23)

 

Or, si les deux récits de la création contenus dans les quatre premiers chapitres de la Genèse ne nous parlent pas d’un premier homme, mais d’une première humanité, nous nous trouvons en parfait accord avec ce que l’on sait aujourd’hui de l’évolution des espèces. Celle-ci, en effet, ne se fait jamais d’individu à individu, mais selon un processus de « spéciation », c’est-à-dire par évolution d’une population entière, isolée de la population dont elle est issue. »

 

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ROGER LEFEBVRE
De formation Ingénieur agronome, et après ses études à la faculté de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, Roger devient pasteur de l’église protestante évangélique d’Ath, en Belgique, où il travaille aussi comme professeur de religion protestante dans divers lycées jusqu'à sa retraite en 2009. De 1998 à 2013, il assure la présidence de l’Alliance Évangélique Francophone de Belgique (AEFB).

16 Commentaires

  1. Avatar
    rodolphe (posta01) jeu 23 Avr 2015 Répondre

    Tres rigolo cet article.
    Je viens d’apprendre que la meditation (de preference de la Bible) etait un bon moyen d’accepter la theorie de l’evolution !
    Ouf, la Bible est toujours compatible avec la science.
    Si on a pas a faire la a une forme de concordisme renverse ca y ressemble etrangement. ( la Bible qui confirme la science… ) Vive l’exegese alors que ce sont les memes exegetes qui nous expliquent que la Bible n’est pas un livre de science… Allez comprendre.
    Le probleme voyez-vous est toujours le meme: un concept indecidable comme par exemple celui d’un createur sea toujours compatible avec n’importe quoi, par definition.
    C’est comme affirmer que le postulat des corbeaux rouges est compatible avec la realite au pretexte que l’observation ne permet pas de refuter cette these. (si ce n’est au bout d’un temps infini)

  2. Avatar
    Manu ven 24 Avr 2015 Répondre

    Oui, la Bible est toujours compatible avec la science, étant donné que la Bible n’est pas un livre de science.

    De même, le marteau est toujours compatible avec le tournevis. Les deux sont utiles et complémentaires. Le bon ouvrier ou bricoleur utilise les deux, mais chacun selon sa fonction. Il ne faut pas demander à la Bible des informations d’ordre scientifique, ce n’est pas sa fonction. Il ne faut pas demander à la science de nous révéler le sens de la vie. La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a…

    • Avatar
      rodolphe (posta01) ven 24 Avr 2015 Répondre

      Bonjour Manu,

      Si la Bible n’est pas un livre de science
      en quoi le fait de la mediter pourrait donc contribuer a admettre l’evolution ou d’autres sujets relevant de la science ? La methode scientifique aurait-elle besoin d’une exegese biblique pour etre convaincante comme semble le penser l’auteur de l’article ?
      Quant au sens de la vie, libre a chacun de lui donner le sens qu’il veut, le Dieu chretien n’est pas non plus un prerequis objectif en la matiere mais une option personnelle qui n’a de valeur que celle qu’on lui confere.
      Bref, je m’etonnerai toujours de toute cette ferveur au service de l’irrationnel, de principes indecidables, c’est a dire sur lequels rien ni personne ne peut rien dire.

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        Manu ven 24 Avr 2015 Répondre

        « cette ferveur au service de l’irrationnel, de principes indécidables, c’est à dire sur lesquels rien ni personne ne peut rien dire », c’est peut-être parce que « l’homme est un animal métaphysique » (Schopenhauer).

        « La vérité, c’est que personne ne sait si Dieu existe, et que beaucoup, chez les croyants comme chez les athées, sont prêts à reconnaître cette ignorance indépassable, qui est le lot de l’humanité et qui fait le charme subtil, et parfois enivrant, de la métaphysique. Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres. » (André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Albin Michel, 2006).

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          rodolphe (posta01) ven 24 Avr 2015 Répondre

          Oui Manu, la description de Schopenhauer est exacte.
          Toutefois, la question de savoir si « l’animal metaphysique » que nous sommes est ce que l’evolution a produit de plus pertinent reste entiere.
          A en juger par les innombrables conflits motives par des raisons irrationnelles,(religions en tete) j’en doute.
          Quant a cette citation de Comte Sponville, tu veux sans doute parler de ce philosophe qui prone une metaphysique materialiste et cherche a repondre a cette question:
          « comment atteindre la sagesse sans se soumettre aux religions ? »

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            Manu sam 25 Avr 2015 Répondre

            Bonjour Rodolphe,

            Parce que je suis croyant, je ne devrais pas citer le philosophe André Comte-Sponville qui est athée ? Quelle ouverture d’esprit…

            Comte-Sponville dit justement que la question de l’existence de Dieu relève de la métaphysique. Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres. Mais si la question de l’existence de Dieu ne vous intéresse pas, pourquoi perdez-vous votre temps sur un blog qui traite des rapports entre la science et la foi ?

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              rodolphe (posta01) sam 25 Avr 2015

              Bonjour Manu,

              Est-ce perdre son temps que d’eclairer la metaphysique sous un autre angle que celui habituellement envisage… Quelle ouverture d’esprit !
              Donc, si vous avez bien compris la notion d’indecidabilite, vous devriez convenir sans mal que la question de l’existence de Dieu est et demeurera aussi peu instructive que peuvent l’etre l’etude de la reproduction des licornes ou des dragons.
              Bien plus instructives par contre sont les etudes en sciences cognitives qui expliquent pourquoi la question du sens peut prendre une dimension irrationnelle chez l’humain.

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              Manu sam 25 Avr 2015

              « Toute marée dénonce au delà des nuages un astre vainqueur ; l’incessante marée des âmes est-elle seule à palpiter vers un ciel vide ? » (François de Curel, La Nouvelle idole)

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    Roger Lefèbvre ven 24 Avr 2015 Répondre

    Bien vu Rodolphe… Si on s’en tient aux apparences.
    Petite pub en passant : Il faudrait lire le tout pour voir que ce sont des apparences. ;-))
    Plus sérieusement, je dénonce surtout une lecture de la Bible « orientée » qui pose un problème d’honnêteté intellectuelle et qui, soit dit en passant m’avait longtemps interdit de « croire » la science : ce qui est absurde, bien entendu. Mais je n’ai jamais prétendu avoir la science infuse : il m’a fallu lire la Bible de plus près pour m’en rendre compte. Je me réjouis donc d’une lecture qui ne prouve rien, évidemment, ni sur le plan spirituel, ni sur le plan scientifique, (la Bible n’est pas un livre de science) mais qui en son temps, m’avait évité de verser dans une certaine schizophrénie !
    Il faut donc regarder ceci comme l’un de mes premiers pas vers la « vérité qui libère »…

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      rodolphe (posta01) ven 24 Avr 2015 Répondre

      Bonjour Roger,

      Merci pour ces explications.

      Vous dénoncez, je cite  » une lecture de la Bible « orientée » qui pose un problème d’honnêteté intellectuelle. » Vous faites référence, je pense à tous ceux qui en font une lecture plus ou moins littérale.
      Si c’est le cas, il me semble que c’est bien cette lecture là qui a toujours été préconisée par les plus hautes instances religieuses et pas seulement une lecture au nième degré comme il est de bon ton aujourd’hui et qui voudrait ne considérer que la dimension spirituelle en occultant toutes les autres affirmations que la science a depuis rendues obsolètes.
      J’ai trouvé ceci particulièrement intéressant et propice à une ouverture certaine:
      « Il faut donc regarder ceci comme l’un de mes premiers pas vers la « vérité qui libère »…
      Pensez-vous donc que quelques pas supplémentaires soient nécessaires pour tendre vers une réelle liberté intellectuelle ?
      Au plaisir de vous lire.

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    Roger Lefèbvre ven 24 Avr 2015 Répondre

    Bonsoir Rodolphe,
    L’honnêteté intellectuelle, on l’a ou on ne l’a pas… A quoi ça tient ? J’en sais rien… Par contre je suis convaincu que c’est le seul prérequis nécessaire pour vivre une expérience spirituelle authentique. « La vérité vous rendra libre » est une citation de Jésus. Et je ne sais pas s’il songeait à l’évolution ? ;-))
    Par contre le littéralisme biblique a engendré énormément d’allergie à l’égard de la religion chrétienne… Et on peut le comprendre !
    C’est pourquoi notre équipe s’inscrit en faux et défend le « chacun chez soi » : à la science le quand et le comment des choses ; à la philosophie ou à la religion le qui, le pour qui et le pourquoi…
    Quand à savoir s’il te reste des pas à faire, je me garderais bien de juger qui que ce soit : chacun suit le chemin qui est le sien à son propre rythme. Mais en ce qui me concerne, je sais que j’ai progressé chaque fois que j’ai accepté de chercher la réponse à une question qui me dérangeait…
    Bien cordialement,
    Roger

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      rodolphe (posta01) ven 24 Avr 2015 Répondre

      Bonsoir Roger,

      Si la verite rend libre, il s’agit donc de s’en approcher au plus pres.
      Or, les religions sont si diverses qu’elles ne peuvent pretendre detenir cette verite. Elles peuvent tout au plus proposer une esperance… C’est deja ca de gagne mais esperance n’est pas connaissance.
      Quant a la dichotomie que tu evoques ( la science s’occupe du comment et la philosophie ou la religion du pourquoi)
      il serait plus juste, a mon sens, de distinguer ce qui releve des faits d’une part et des valeurs d’autre part.
      En effet, il n’y a pas de raison que la recherche des causes echappe a la methode scientifique.
      Par exemple, si ma voiture tombe en panne, mon garagiste sera en mesure d’en trouver la cause, il aura repondu au pourquoi.
      En revanche il ne sera pas en mesure de juger du choix de mon trajet. (nous sommes la sur le terrain des valeurs)
      Quant a la chaine causale qui a produit « l’animal metaphysique » que nous sommes, la theorie de l’evolution repond a l’essentiel des interrogations sans qu’il soit necessaire de faire appel a la metaphysique.

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    Roger Lefèbvre sam 25 Avr 2015 Répondre

    Yesss… C’est pour cela que nous défendons l’idée d’une « création évolutive » : un Dieu concepteur, initiateur mais non interventionniste dans le déploiement de l’univers et le processus évolutif… (Donc, même pas « l’intelligent design ».) Je suis donc globalement d’accord avec toi, tout en étant croyant et toi pas, apparemment. Mais encore une fois, chacun suit sa voie !
    Par contre, pour moi, la foi chrétienne, telle que proposée dans la Bible, n’est pas une religion au sens général du terme, comme tu les présente. OK ! chacun affirme : la mienne est la bonne et les autres ont tout faux !… Non, ce n’est pas cela que je veux dire. Ce que je « sais », c’est que la foi chrétienne ne se limite pas au domaine de la croyance ou de l’espérance, mais relève plutôt de l’expérience et même de la « connaissance » (et là, je te promets que je ne me balade pas avec un entonnoir sur la tête en me prenant pour Napoléon)… Dans cette optique, la religion est à la foi ce qu’est la bouteille de plastique, de verre ou la canette alu au Coca : un simple emballage. Ce qui compte c’est le contenu : hélas trop méconnu et surtout très mal vécu par beaucoup de ceux qui se disent « chrétiens », ce qui en décourage plus d’un.
    Je suis toutefois convaincu, (et je t’assure que je n’ai rien d’un mystique !) pour l’avoir expérimenté comme des milliers d’autres personnes, qu’une relation entre « l’animal métaphysique » que nous sommes et Dieu est possible en Jésus-Christ.
    Le problème, of course, c’est qu’on peut le vivre à titre personnel… On peut encourager d’autres à tenter l’aventure… Mais on ne peut pas l’expliquer vraiment et encore moins le prouver rationnellement… Même si la foi s’inscrit dans une certaine logique, je veux dire une logique spirituelle.
    En fait, c’est comme expliquer ce qu’est l’orgasme à une enfant de 5 ans qui poserait la question… On peut lui dire que c’est agréable, que ceci ou que cela, mais il ne sera pas plus avancé tant qu’il ne sera pas en mesure de l’expérimenter lui-même. OK. Ce n’est qu’une image, mais elle vaut bien celle de la bagnole, non ? ;-))
    Il me semble, en effet, que dans le domaine relationnel, le terrain des valeurs n’est guère indissociable de la connaissance… D’ailleurs ne dit-on pas « connaître » au sens biblique du terme pour « avoir des relations intimes » : ce qui correspond effectivement au sens de ce mot en hébreu.
    Cela dit : je partage ! Je ne cherche pas à te convertir…
    Bien cordialement.

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      rodolphe (posta01) sam 25 Avr 2015 Répondre

      Bonjour Roger,

      J’aime bien cette expression: « Même pas l’intelligent design !  »
      Après le créationnisme jeune Terre, est apparu son descendant spirituel le Dessein intelligent (pas davantage tenable scientifiquement) puis maintenant la création évolutive, troisième génération du créationnisme, nec plus ultra de la réconciliation science et foi… Que du beau !
      Donc, pour faire simple en reprenant en substance une célèbre pub des années 70, la religion serait à la foi ce que le Canada Dry est à l’alcool. Si c’est le cas, pourquoi pas, c’est une façon sympathique de voir les choses. Pourtant, la foi perd peu à peu de son mystère à mesure que les sciences cognitives progressent. Par exemple, la psychologie cognitive explique comment et pourquoi notre cerveau travaille souvent à notre insu en cherchant par exemple du sens dans des structures ou des problématiques qui n’en n’ont pas. Les paréidolies sont des exemples édifiants de ce phénomène purement neuronal.
      Cordialement.

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    Marc sam 25 Avr 2015 Répondre

    OK Rodolphe ça ira, sur chaque article tu pourras nous opposer ta vision réductionniste des choses, je pense que tout le monde aura compris ton point de vue, pas la peine de renchérir à chaque fois.

    D’ailleurs qd je lis ce que tu écris ça génère aussi des courants ioniques dans mon cerveau, bizarre que dans ce cas là tu ne remettes pas en cause ta propre existence ;-)

  7. Avatar
    Benoit Hébert dim 26 Avr 2015 Répondre

    Bonjour Rodolphe,
    Le dernier mail de Marc était une invitation sympathique à arrêter les « trolls ». J’ai supprimé tes deux derniers commentaires puisque visiblement, tu n’as pas accepté ou saisi cette invitation…

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