Ces théologiens de l’A.T. qui reconnaissent que Genèse 1 est écrit avec une conception ancienne du cosmos!(2/3)


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Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament (raqia) au milieu des eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux ! » (Gen 1:6)

Dans cette série de trois articles, mon but est de montrer que le mot raqia, décrivant le ciel créé le deuxième jour (Genèse 1 :6-8) décrit un dôme solide, contrairement à la traduction qu’a choisi Matthieu Richelle dans De la Genèse au génome (raqia= étendue). Ce point pourrait paraître à beaucoup comme tout à fait insignifiant et sans conséquence. Il n’en est rien, les conséquences sont ENORMES. C’est la porte ouverte pour reconnaître le principe d’accommodation ou d’adaptation du saint Esprit en matière de science dans le processus d’inspiration. Ce principe permet de comprendre pourquoi la Bible, bien qu’inspirée ne correspond pas à la science moderne !

Le firmament et les eaux d’en haut.

La signification de raqia (Genèse 1 : 6-8)

En voici quelques extraits significatifs pour ceux qui ne lisent pas l’anglais ou ceux qui veulent aller vite à l’essentiel. La démonstration est puissante !

« Le lexique hébreux standard ainsi que de nombreux spécialistes modernes de la Bible (S. P. Driver, H. Gunkel, J. Skinner, G. von Rad, C. Westermann) ont défini le raqia (« firmament ») comme un dôme solide surplombant la terre. Pourtant, depuis Calvin, d’autres spécialistes « conservateurs » l’ont défini comme une étendue atmosphérique. Certains d’entre eux ont mis un soin tout particulier à réfuter le concept d’un dôme solide sur la base du fait que la bible fait aussi référence au ciel comme une tente, et que ses références à des fenêtres (ou écluses des cieux) et aux piliers de la terre sont visiblement poétiques. Ils affirment donc que le mot raqia signifie simplement « étendue ». Ils disent aussi que la compréhension du raqia comme un dôme solide repose sur la traduction de la septante (stereonoma), qui reflète simplement la vision grecque des cieux au moment où les traducteurs ont fait leur travail. Ainsi la traduction de raqia comme une étendue atmosphérique est la version historique, alors que la traduction par firmament serait simplement le résultat du fait de forcer le langage poétique biblique pour lui faire dire quelque chose en accord avec un concept que l’on trouve dans l’épopée babylonienne d’Enuma Elish.

Pourtant, comme nous allons le montrer en grand détail, l’histoire nous montre que le raqia était initialement conçu comme un dôme solide et pas une étendue atmosphérique. Les preuves grammaticales de l’A.T. que nous examinerons dans un second temps reflètent et confirment cette conception de solidité. Le fait historique simple qui nous permet de connaître la signification de raqia dans Genèse 1 est simplement le suivant : tous les peuples dans le monde ancien pensaient que le ciel était solide. Ce concept n’a pas commencé avec les Grecs.

Cette question est pourtant soulevée dans l’esprit des hommes modernes, puisqu’ils ont connaissance du fait que le ciel et l’espace sont presque infinis. Est-ce que les peuples scientifiquement naïfs croyaient vraiment dans un ciel solide, ou bien employaient-ils simplement un concept mythologique ou poétique ? Ou bien peut-être s’exprimaient-ils juste en langage phénoménologique, sans s’attendre à ce que le ciel soit effectivement solide ? C’est-à-dire faisaient-ils référence à l’apparence du ciel, mais étaient-ils capables de faire la différence entre l’apparence et la réalité ?

La réponse à cette question, comme nous allons le voir plus clairement plus bas, est que les peuples scientifiquement naïfs utilisaient leur concept de ciel solide dans leur mythologie, mais qu’ils croyaient néanmoins que le ciel solide faisait partie de la réalité physique. Et c’est précisément parce que les peuples anciens étaient scientifiquement naïfs qu’ils ne faisaient aucune différence entre les apparences du ciel et leur conception scientifique du ciel. Ils n’avaient aucune raison de croire que ce qu’ils voyaient n’était pas la réalité, c’est-à-dire les étoiles au dessus d’eux étaient fixées dans un dôme solide et le ciel touchait littéralement la terre à l’horizon. Ainsi, l’apparence était pour la réalité et ils en ont conclu que le ciel devait être une partie solide de l’univers, tout comme la terre elle-même. »

Pendant plus de 6 pages, Seely démontre en citant de nombreux anthropologues que cette conception d’une terre plate surmontée d’un dôme solide étaient partagées par tous les peuples primitifs, dans un passé plus ou moins lointain. Les Indiens d’Amérique (Seneca, Cherokee), les Lapons, les Yakuts de Sibérie, les peuplades du Pacifique ou les tribus d’Afrique.

Plus loin dans le temps les Chinois, les Japonais, les Indiens (d’Inde !), les Sumériens, les Egyptiens de l’antiquité et bien entendu les babyloniens, là d’où venait Abraham !

« Mais sur quelle base peut-on nier que les Hébreux croyaient que le ciel était solide ? Partout, les peuples primitifs ont cru que le ciel était solide, et il n’y a aucune raison de croire que les Hébreux étaient scientifiquement moins naïfs que leurs voisins…

Ce n’est qu’en extrayant Genèse 1 de son contexte historique qu’on peut affirmer que raqia signifie juste « une étendue atmosphérique ». Dans le monde ancien, le ciel n’était pas juste phénoménologique. Les anciens ne faisaient pas juste référence au ciel comme paraissant solide. Ils concluaient de cette apparence qu’il était solide…

Lorsque les premiers lecteurs de Genèse 1 ont lu raqia, ils ont pensé à un dôme solide. Et pratiquement tout le monde en a fait autant jusqu’à la Renaissance !…

Origène a dit que le firmament était « sans aucun doute ferme et solide », ….Augustin a écrit que le mot firmament a été utilisé « pour indiquer non pas son immobilité, mais pour dire qu’il était solide et qu’il constituait une barrière infranchissable entre les eaux d’en haut et celles d’en bas. « 

Celui qui nie que le firmament de Genèse 1 ait été solide a sur lui un lourd fardeau de preuves du contraire. Il me semble qu’aucune affirmation claire d’un auteur de l’Ancien testament ne pourrait nous permettre en toute bonne conscience de mettre de côté cette signification historique claire du mot raqia. »

Paul Seely se livre ensuite à une analyse biblique grammaticale très poussée de l’utilisation du mot raqia et de ses dérivés dans l’A.T. . Cette analyse est difficile à résumer, et elle est très convaincante. Nous en reparlerons en citant Denis Lamoureux dans un autre article.

Paul Seely conclut :

« Il faut mettre au crédit de E. J. Young, bien que croyant dans l’inerrance biblique  (au sens le plus fort de ce mot : note du traducteur) comme tous les autres conservateurs, il est le seul à n’avoir pas altéré ou rationalisé la signification historico-grammaticale de raqia. Dans son étude de Genèse 1, il définit le raqia comme « ce qui est martelé » et note que « la traduction de la septante stereonoma, et de la vulgate firmamentum sont des traductions fidèles. »

De plus et finalement, la signification historico-grammaticale de raqia pourrait illustrer les mots de B.B. Warfield, qui a dit alors qu’il définissait l’inerrance biblique, qu’un auteur inspiré pouvait :


Partager les opinions ordinaires de son époque dans certains sujets s’étendant en dehors du but de son enseignement, comme par exemple, la forme de la terre, ou sa relation avec le soleil ; et, il n’es pas inconcevable que la forme du langage lorsqu’il s’exprimait fortuitement sur de tels sujets, pouvait occasionellement reposer sur de telles suppositions.


La signification de raqia est certainement « l’opinion ordinaire à l’époque de l’auteur ». Certainement aussi Gen 1 :7 n’a pas pour but de nous enseigner la nature physique du ciel, mais de nous révéler le créateur du ciel. En conséquence, la référence au firmament « s’étend en dehors du but de son enseignement » et ce verset et encore infailliblement vrai. »

Dans le même style, un article de Paul Seely (en anglais) sur la signification du mot « terre » et « mer » dans Genèse 1:10.


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