Bienvenue dans le dialogue foi évangélique et évolution

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Nous voulons organiser un espace de dialogue entre chrétiens à propos du rôle de l’évolution dans la création divine, et des implications d’un tel processus pour la foi.  Je fais partie de ce nombre grandissant de chrétiens évangéliques qui croient en l’inspiration de la Bible et en son autorité et qui pensent que l’évolution n’est pas en opposition avec la révélation biblique. Ceci est très souvent l’aboutissement  d’un processus de réflexion plus ou moins long (et parfois difficile),  qui s’effectue fréquemment en plusieurs étapes.

Notre deuxième objectif concerne la défense de la foi chrétienne. Non, les progrès de la science n’ont pas « tué Dieu » et la foi chrétienne n’est pas un suicide intellectuel. Jésus a effacé mes péchés, pas mon cerveau. La foi évangélique est compatible avec les découvertes de la biologie de l’évolution, pourvue bien entendu qu’on  débarrasse cette dernière de l’idéologie anti-chrétienne que plusieurs ont voulu lui associer.

Paradoxalement, deux groupes très différents se rejoignent pour affirmer que l’évolution des espèces est une théorie intrinsèquement athée.

Il s’agit des rationalistes, des sceptiques, les « brights »… comme Richard Dawkins, Daniel Dennett et les partisans du nouvel athéisme. Richard Dawkins a par exemple déclaré dans l’Horloger Aveugle (1986) : « Je ne pourrais pas imaginer être un athée avant 1859, lorsque Darwin a fait publier L’Origine des Espèces… Darwin a rendu possible le fait d’être un athée intellectuellement comblé. » Les athées se moquent des croyants « enfermés dans leurs croyances médiévales et hostiles à la science ».

Certains croyants sont d’accord pour affirmer que Bible et évolution sont incompatibles. Un courant anti-évolutionniste puissant  s’est développé principalement aux Etats-Unis et dans le monde entier. On qualifie généralement ce mouvement de « créationniste » ou de mouvement de l’Intelligent Design (ID). Ce courant n’est pas très actif en Europe, mais cependant assez répandu au sein de la communauté évangélique francophone.

Tous les chrétiens s’accordent sur l’essentiel : Dieu est le créateur, l’univers a un but, l’homme est l’unique créature terrestre créée à l’image de Dieu, mais le péché a brisé notre communion avec Dieu et entre nous. Seul Jésus-Christ peut rétablir cette relation. L’unité de l’église de Christ est bien plus précieuse que de savoir qui a raison dans ce débat concernant les origines de l’univers et de l’homme. Ce genre de considérations secondaires ne devraient pas la détourner de sa mission : répandre la bonne nouvelle de l’évangile. Nous voulons donc aborder ces questions avec humilité et avec une volonté de dialogue sincère et respectueuse des autres croyants et de leurs motivations, et surtout ne jamais perdre de vue la portée spirituelle des textes fondateurs. La façon dont cette discussion sera conduite est aussi importante (et même plus) que son contenu.

Notre désir est donc que ce blog devienne un véritable espace de dialogue où chacun, croyant ou non, pourra partager sans crainte ses interrogations, nous enrichir de ses réflexions. Je souhaite que vous trouviez beaucoup de réponses et que la participation à ce blog nous permettent ensemble d’approfondir notre compréhension de Dieu et de sa façon d’agir dans la nature.

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17 Commentaires

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    Never sam 23 Jan 2010 Répondre

    Merci pour ce site. Merci pour tout le travail fait pour le réaliser, j’espère qu’il servira de ressource pour tous les chrétiens qui cherchent à reconciler leur foi et la science !

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    Pascal DOS REIS sam 30 Jan 2010 Répondre

    Bonjour Benoît !

    Ainsi que je te l’avais déjà exprimé, c’est pour moi un vrai bonheur de trouver ici formulé de manière cohérente des choses que j’entrevoyais confusément mais pourtant de façon insistante depuis plusieurs années.
    Je pense notamment que nous ne pouvons imposer aux enfants de nos assemblées une charge par trop insupportable en les plaçant dans un aussi inextricable dilemme : l’enseignement scientifique ou bien la lecture littéraliste de l’Écriture !

    Merci pour ton engagement et la franchise de ton propos. Que le Seigneur continue à te venir en aide dans ce travail.

    Bien amicalement en Jésus,

    Pascal DR

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      benoît Hébert sam 30 Jan 2010 Répondre

      Merci Pascal pour tes encouragements!

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    Roger Lefèbvre lun 01 Fév 2010 Répondre

    Merci pour ce blog, Benoît !
    Il vient combler un vide qui subsistait en langue française.
    Il vient également à point nommé pour briser un tabou récurant dans le chef de bien des chrétiens évangéliques qui n’osent pas lire la Bible autrement que de façon littérale.
    Ce faisant, ils mettent la Parole de Dieu en position de faiblesse par rapport à la Science athée, puisqu’en définitive, c’est celle-ci qui préside à son interprétation :
    – Quand la science a prouvé que la terre tourne autour du soleil, les croyants ont revu leur lecture des passages bibliques affirmant que le soleil « se lève » et « se couche »…
    – Quand la science a prouvé la grande ancienneté de l’univers, les six « jours » de la création sont devenus des périodes géologiques…
    – Et maintenant que la science prouve l’évolution des espèces, on reverra peut-être notre notion de « création » d’Adam et Ève…
    Quand donc aurons-nous la sagesse de lire les textes de la Bible pour se qu’ils sont et s’affichent : les textes poétiques comme des textes poétiques, les textes symboliques comme des textes symboliques, les témoignages historiques comme des témoignages historiques, etc.
    Cela nous éviterait ce perpétuel et artificiel conflit de la Bible avec la science…
    Bon vent, donc à ce site et à ce blog : celui de l’Esprit Saint !
    Roger
    http://voxclamantis.skyrock.com/

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    Michel Julien lun 12 Avr 2010 Répondre

    POURQUOI DÉPOUILLER OU DILUER LE CRÉATEUR DE SON DROIT D’AUTEUR?

    Est-ce pour se trouver une niche dans le monde scientifique? Est-ce pour s’attirer des nouveaux fidèles? Il m’apparaît immoral de diluer les faits observables et scientifiquement prouvé comme par exemple «une vie provient toujours d’une autre vie» et que tout système laissé à lui-même se détériore immanquablement. Pour pactiser avec l’idéologie évolutionniste athée. On ne peu pas mesurer la vérité par la majorité. Ce ne sont pas des synonymes. Demandez-le à Louis Pasteur qui était presque seul dans son coin face à la communauté scientifique vendu à la génération spontanée car elle rejetait l’idée d’un Créateur. Mettant leur idéologie avant la vérité scientifique, ces derniers étaient donc prêts à croire qu’à partir de chiffons pouvaient apparaître des souris! L’évolution c’est de la génération spontanée recyclée tout simplement. De la matière est apparue la vie! Il n’a rien de plus complexe que la vie. Nous savons grâce à l’ADN qu’elle était complexe dès le début. L’information contenue dans la plus simple des cellules vivante est hallucinant. Tous se doivent d’être présents en même temps, car un ne peu pas fonctionner sans l’autre. Non seulement en même temps mais dans un ordre exact! Non seulement dans un ordre exact mais la cellule se devait d’être programmée dès le début! Qui dit programme, dit programmeur! L’information contenue dans la plus humble des cellules représente des centaines de volumes. Non seulement cette première cellule ce devait de posséder tous ces attributs, elle se devait d’être prête à se reproduire. Tout ça dans un instant! Aucune marge d’erreur possible et en plus se devait d’être protégée des rayons cosmiques mortels!

    S’il y eut évolution, l’évolution aurait laissée des traces faciles à reconnaître sur les milliards de milliards d’animaux décédés. Toutes les espèces sont apparues dans une même période de temps, sans membres à moitiés conçus, c’est contraire à l’évolution. Le document fossile n’apporte pas de preuves. On ne voit pas de transition d’une espèce à l’autre. De plus on trouve parmi les espèces éteintes chiffrées en plusieurs dizaines de millions d’années, des animaux semblables à ceux d’aujourd’hui. On dispose de millions de fossiles aujourd’hui et les évolutionnistes sélectionnent ceux qui pourraient le mieux appuyer leur idéologie. Malgré cela, beaucoup d’évolutionnistes ont renoncés de s’appuyer sur le document fossile. Les preuves irréfutables auraient dû depuis très longtemps être faites par les fossiles. Quant aux mutations, elles n’ajoutent rien, c’est de la perte d’information, le contraire de l’évolution. Ces dernières sont en grandes majorité négatives ou au mieux neutres. À Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki par exemple des centaines de milliers de gens exposés aux radiations ont été victimes de mutations génétiques. Aucune n’a été bénéfique pour eux.

    Est-ce par hasard que notre soleil, la lune et la terre et son axe soient positionnés si parfaitement? Est-ce par hasard que la terre contient autant d’eau, qu’il y a un mélange de gaz idéal pour nous protéger des météorites et des rayons cosmiques et pour respirer? Est-ce un hasard que la terre se trouve à l’endroit idéal dans la voie Lactée? Est-ce par hasard que l’Univers est régi par des lois? Qui dit lois dit législateur.

    Si nous examinons l’histoire de l’évolution, ce sont d’interminables séries de preuves annoncées avec éclats qui avec le temps sont réfutés les une après les autres. Elles sont remplacées par d’autres qui finirons immanquablement de la même manière un jour ou l’autre. Entre temps ces fausses découvertes sont enseignées comme des faits hélas et ont servis d’outils principaux d’endoctrinements autant chez les professeurs, les élèves que celui du grand public. Dans les manuels scolaires on en retrouve toujours. Si l’évolution était prouvée alors pourquoi avoir recours si souvent à la falsification? Si l’évolution était prouvée, pourquoi il n’y a-t-il pas d’unanimité? Pourquoi limiter ou interdire le droit de parole aux opposants? Pourquoi de plus en plus d’hommes de science critiquent ouvertement cette doctrine?

    Nous remarquons que les animaux se reproduisent selon leurs espèces. Une vie vient d’une autre vie. On n’a jamais été capable d’observer la vie qui est apparue par la matière. Dans la généalogie de Marie et de Joseph dans la bible, Adam et Ève y figure comme tous premiers parents. Jésus fit allusion à Adam et Ève également ainsi que du déluge. Génétiquement tous les humains sont liés. Alors que des récits bibliques disent que des anges se matérialisèrent en un instant, pourquoi le Tout Puissant se serait servit de l’évolution pour atteindre son but? Il a crée l’homme à son image. Il n’a rien dit de tel pour les animaux, le primate inclus. D’ailleurs ce dernier est bien plus éloigné génétiquement de l’homme qu’on le croyait. On s’est encore une fois basé sur des études biaisées dans le seul but de prouver l’évolution.

    Les droits d’auteurs sur l’univers et sur la vie appartiennent uniquement au Créateur, il n’y a aucune place pour le hasard ainsi qu’une IMPOSSIBLE évolution.

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    benoit hébert lun 12 Avr 2010 Répondre

    Cher Michel,

    La teneur de votre commentaire me montre plus que jamais le bien fondé et la nécessité de l’existence du blog création et évolution et du site science et foi! Evolution ou pas, tous les chrétiens reconnaissent en Dieu l’auteur de la création!

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    Jean Chapelain mar 29 Nov 2011 Répondre

    Félicitations pour la qualité de ce site. Je n’ai pas la prétention ni le savoir nécessaire pour commenter des articles complexes. Je peux uniquement témoigner de l’unité qu’il y a entre science et foi dans ma vie. Il me semble que le point commun entre science et foi est tout simplement le fait que la création et la vie reposent sur l’existence de lois : physiques, biologiques, morales, spirituelles. Comprendre le mécanisme de ces lois me révèle toute la grandeur du créateur et son insondable complexité. Elles m’obligent aussi à remettre en question une certaine conception naïve de Dieu. Il est bien sur amour, vérité, justice, paix mais aussi tellement plus. Jésus est le chemin , la vérité et la vie et c’est pour cela qu’il est mon référentiel.

    • Avatar Auteur
      Benoit HEBERT mar 29 Nov 2011 Répondre

      Merci Jean pour ce témoignage et ces encouragements!

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    Stephen Nery mar 17 Oct 2017 Répondre

    Bonjour,

    Ces efforts necessaires et salutaires de liaisons entre foi et science me font penser a l’oeuvre de Paul Diel.

     » Dieu n’est pas une illusion ni une réalité, c’est un symbole mythique : la réponse émotive et imagée à la question sans réponse, mais qui ne cessera jamais de se poser à l’être humain.  » Tel est le postulat, tiré de son analyse psychologique des mythes, sur lequel Paul Diel fonde ce livre consacré à l’histoire et à la signification du symbole Dieu, image centrale de toutes les mythologies.
    Le symbole mythique Dieu pointerait en direction du mystere legal (lois interieures – immanentes et exterieures – transcendantes) et reel de l’existence.

    Qu’en pensez-vous ?

    Salutations,
    Stephen

    http://introspective.psychology.pagesperso-orange.fr/

    La Divinité, le symbole et sa signification, Paris, Payot, 1950, coll. « PBP », (ISBN 2-228-89868-6).
    Le Symbolisme dans la mythologie grecque, Paris, Payot, 1952, coll. « PBP », (ISBN 2-228-89606-3).).
    Le Symbolisme dans la Bible, Paris, Payot, 1975, coll. « PBP », (ISBN 2-228-89605-5).
    Le Symbolisme dans l’Évangile de Jean, Paris, Payot, 1988, coll. « PBP », (ISBN 2-228-89815-5).

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    Stephen Nery mar 17 Oct 2017 Répondre

    http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/3247

    Et la lumière luit dans les ténèbres ..
    « Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne s’en sont pas saisie. » (Jean 1,5)

    Paul Diel (1893, 1972), psychologue français d’origine autrichienne, bien que méconnu du grand public est une référence dans le milieux scientifique, principalement pour sa théorie sur la ‘Psychologie de la motivation’ qui est rapidement abordée dans cet ouvrage. Il a en outre écrit différents ouvrages qui traitent du symbolisme dans les mythes grecs et judéo-chrétien, dont celui-ci.

    Son analyse symbolique de l’évangile de Jean est passionnante, on peut parler d’une révélation tellement la lecture habituelle avait rendue ce texte obscur. Une obscurité causée par l’institution de dogmes d’une part (selon l’auteur) et également due au fait que notre culture actuelle à perdu le niveau d’abstraction nécessaire à une compréhension correcte du langage symbolique utilisé par l’évangéliste.

    Pour P. Diel, une analyse symbolique de l’évangile, en acceptant sa dimension purement mythique, permet de rétablir la vérité exprimée dans ce texte fondamental pour notre culture. Bien plus, (je cite): « Comprendre la pensée symbolique serait la solution pour tant d’esprits qui s’égarent, soit dans la croyance aux images, soit dans la dérision des images. La réconciliation entre les matérialistes, qui dénient toute signification au symbole mythique de la Divinité, et les spiritualistes qui le considèrent comme une réalité, ne pourra se faire qu’autour de la compréhension du symbolisme […] L’homme de notre époque scientifique est, quand à sa vie intérieure, en grande partie sous l’emprise de croyances, autant dire de superstitions, qu’elles soient spiritualistes ou matérialiste […] il risque de régresser jusqu’à une vision simpliste du monde, éliminant la dimension mystérieuse de la vie et son sens biologiquement immanent. » (je m’arrête, car je pourrai taper tout le texte).

    Selon P. Diel, poser comme un dogme l’existence de Dieu en tant qu’être réel et externe, interpréter le verset ‘Le Verbe s’est fait chair’ au sens littéral (dogme de l’incarnation, Jésus est Dieu fait homme), conduit inévitablement à des absurdités. Pire, une interprétation basée sur ces dogmes en arrive à masquer la vérité exprimée par l’évangéliste. Et finalement une foi basée sur une telle croyance, qualifiée de superstitieuse, ne peut donner qu’une croyance morte, comme celle des Pharisiens que Jésus combat tout au long de l’évangile.

    Je cite: « Ce qui, par la compréhension littérale, par la croyance en l’incroyable, disparaît, ce n’est pas l’obscurité, mais le sentiment du mystère, la condition de toute vraie foi. L’obscurité demeure, elle est seulement remplacée par une autre forme de l’obscur, par le miraculeux, autre expression de l’incroyable […] Dieu réel, ce revenant anthropomorphe, n’est que l’expression de la prétention vaniteuse du moi accidentel, l’amour exalté de soi-même, le désir insensé que ne disparaisse pas ce moi adoré, et qu’il trouve auprès du Dieu réel quelqu’un capable de comprendre sa grandeur, capable de récompenser selon ses justes mérites ».

    Intéressant également, le fait que P. Diel qualifie l’évangile de Jean de récit purement mythique (bien qu’il ne nie pas l’historicité de Jésus). Ainsi la tentation de Jésus dans le désert est une ‘évolution’ du mythe du péché originel, montrant que l’homme doté d’un ‘élan évolutif’ peut résister à l’exaltation désordonnée de ses désirs, qui conduit à la mort de l’âme (la, je résume assez fort). Par ailleur, les aveugles et les sourds guéris par Jésus ne sont pas handicapés physiquement, il s’agit des gens incapable (ou qui refuse) de voir/entendre la vérité. La multiplication des pains (pain = nourriture non pas terrestre mais de l’âme), la transformation d’eau en vin,.. ces épisodes, ainsi que la presque entièreté de l’évangile sont traduit verset par verset par l’auteur qui nous met en garde contre une interprétation littérale (c’est-à-dire: ces miracles on réellement eu lieu). Mais notons à ce propos que l’église reconnaît également le symbolisme de ces miracles, même si l’interprétation diffère parfois.

    Ce livre est excessivement intéressant, carrément indispensable pour ceux qui s’intéresse de près ou de loin à la bible ou au christianisme. Les croyants (j’en suis) ne seront peut-être pas d’accord avec la thèse soutenue par l’auteur, il n’empêche que le livre leur permettra de remettre leur foi en question, de la mesurer à l’aune d’une ‘croyance morte’, une foi ‘superstitieuse’, à l’instar de celle des Pharisiens. Et pour les croyants comme les non-croyants, ce livre redonne à l’évangile de St Jean sa dimension unique: on comprend mieux comment le christianisme a pu se développer sur un texte aussi fondamentalement profond et intelligent.

    Pourquoi ce verset en particulier dans l’en-tête de ma critique ? Parce que je le trouve beau, mais à ce propos, le prologue dans son entièreté est un véritable bijoux, d’un point de vue du sens comme d’un point de vue littéraire. Ce n’est pas le moindre mérite de ce livre de nous le montrer.
    NB:
    1. Un grand merci à Persée pour la référence. J’ai noté d’ailleurs le reste de la biographie de P. Diel pour de prochaines lectures. A ce propos deux autres oeuvres de l’auteur (‘Psychologie de la motivation’, ‘La peur et l’angoisse’), sont régulièrement citées.
    2. Ma critique ne donne qu’un aperçu incomplet de l’ouvrage.

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    Stephen Nery mar 17 Oct 2017 Répondre

    Maintenant, l’hypothese immanente d’un surconscient (instinct humain) legalement directif et introspectivement decelable (le Royaume en nous, Dieu en nous, le Saint Esprit en nous), n’exclut en rien l’hypothese d’une realite exterieure transcendante legale (peut-etre douee d’intention) avec laquelle une communication serait possible.
    Nier cette possibilite mysterieuse est tout aussi imprudent que d’en nier categoriquement l’existence. J’en suis la de mon aporie, soutenu neanmoins (« neant-moins ») par une intuition-esperance tenace.

    Salutations,
    Stephen

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    Stephen Nery mar 17 Oct 2017 Répondre

    « Dieu n’est pas une réalité, Dieu n’est pas une illusion ; Dieu est un symbole  »

    « On peut exclure le mystère de la science, mais on ne peut l’exclure de la vie. » « Le mystère expliqué tue le mystère senti ». Entre un « Dieu réel » des croyants, et « Aucun Dieu » des incroyants, Diel a magistralement tranché: Dieu est une image pour désigner le mystère de la vie. Et « combien plus belle est la vérité », l’insondable mystère de l’existence, « D’où vient-il que quoi que ce soit existe? »

    « LA JUSTICE IMMANENTE est une manifestation de l’ « esprit » de la vie. Immanente et non transcendante, elle stipule que chacun est responsable de ses joies et de ses peines car, quelles que soient les difficultés, il est possible, en principe, de les surmonter soit en changeant ce qui est changeable de façon sensée soit en acceptant l’inchangeable »
    Jeanine Solotareff –
    « La conquête de soi – dialogues analytiques -la méthode introspective de Paul Diel »
    2006 p 249 « Glossaire

    Ainsi, la religiosité, antagoniste de la religion ; la foi, antagoniste de la croyance :
    « La croyance, par contre, ne concerne plus le mystère en soi [le mystère de la vie et de la mort], mais la façade des mythes. La croyance s’attache aux images prises pour réalité. On peut croire à tel ensemble d’images ou on peut ne pas y croire. La croyance en tel ou tel ensemble d’images exclut la croyance en d’autres images. Chaque cycle de culture croit à un autre ensemble d’images.
    La croyance devient superstition, lorsqu’elle perd son soubassement, la foi, lorsque les images, se détachant du mystère, s’arrogent une indépendance injustifiable et insensée.
    La foi est une fonction psychique ; les croyances sont ses produits. La fonction est forte ou faible ; le produit est véridique ou erroné. La fonction est faible, si elle prend son propre produit, l’image symbolique pour une image réelle, pour l’image d’une réalité qui existerait indépendamment du fonctionnement psychique. La fonction est forte si elle sait éviter cette erreur fondamentale  »
    Paul DIEL  » La Divinité- Le symbole et sa signification » p 52 dans l’édition Payot PBP de 2004

    « L’excitabilité, principe fondamental de la vie, étant une limite, atteignable par l’explication mais qui ne peut être franchie, a pourtant outre son côté inexplicable, un côté phénoménal constatable, un aspect définissable. Ce qui est inexplicable, ce sont ses modes d’existence. (Le philosophe dirait que l’excitabilité est la substance de la vie. Le danger serait ici de donner à cette substance un nom, par exemple « Dieu », et d’omettre que cette « substance » est précisément le Mystère inexplicable ; l’erreur dangereuse serait d’accorder à ce Mystère une existence réellement comparable à celle des objets du monde extérieur, ou, même, à celle des objets du monde intérieur : de l’appeler par exemple « Esprit, Amour », etc., et d’oublier que toutes ces dénominations ne sont tout au plus que des symboles mythique, des anthropomorphisme, exprimant toutefois cette vérité profonde : l’excitabilité et ses modes d’existence, la vie apparente, sont les manifestations, l’expression du Mystère en soi inexplicable.) P Diel – « Psychologie de la motivation –Théorie et application thérapeutique » p 48. 1ère éd. 1947 Préfacée par H Wallon, Pr au Collège de France

    La Psychologie de la Motivation est de méthode introspective. elle a une visée thérapeutique : « la mesure de la réussite en psychothérapie existe, c’est la mesure de la transformation de l’angoisse en joie ». Elle prétend définir le sens de la vie « sans considération métaphysique ni transcendantale » (avant-propos à « la Peur et l’Angoisse- phénomène central de la vie et son évolution »).

    « L’élan de dépassement est l’ethos, et l’ethos est immanent à la vie parce que l’angoisse de la mort et les voies de la sublimation et de son pervertissement le sont aussi. L’ethos est le sens immanent de la vie, car il transforme l’angoisse de la mort en joie de vivre  »
    Paul DIEL  » Angoisse et joie » 2011 (œuvre posthume) Chapitre « Faire face à l’angoisse de la mort » p 55

    En bref : une vision du monde naturaliste qui a pour volonte d’etablir l’introspection comme science psychologique. Pour ma part elle me seduit.
    Quels liens possibles etablir entre cette « science introspective » et la foi evangelique?

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    Marc Fiquet ven 20 Oct 2017 Répondre

    Bonjour Stephen,

    Je ne connaissais pas les travaux de Paul Diel, merci de nous les faire découvrir.

    C’est une position assez éloignée du réalisme critique ou d’une théologie de la nature que nous défendons pour notre part.
    Et pour répondre à la dernière question posée à part des liens de courtoisie, je ne vois pas trop quelle autre relation pourrait exister entre la foi évangélique et ce type de conception qui nie jusqu’à la transcendance…

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    Stephen Nery sam 21 Oct 2017 Répondre

    Bonjour Marc,

    Pour Diel Dieu n’est pas une réalité improuvable scientifiquement
    Dieu n’est pas non plus une illusion : puisque si sa réalité ne peut être prouvée, elle ne peut non plus être infirmée (position de prudence de la logique agnostique)
    Dieu est donc pour Diel un symbole pointant vers le mystère de la légalité réelle et constatable du monde (lois à la fois immanentes et transcendantes à l’homme en ce sens qu’elles sont agissantes en lui et tout autour de lui).
    L’étude scientifique (et le respect) de ces lois = le comment, se fait toujours dans le rappel du respect du Mystère de l’origine de cette légalité = le pourquoi cela est ainsi. Parler ainsi Mystère c’est le respecter pour ce qu’il est : un mystère effrayant, emouvant.

    – Si vous croyez que la foi et la science nous conduisent toutes les deux à la vérité en ce qui concerne Dieu et la création.
    – Si vous soutenez une vision des origines de la vie qui soit valable à la fois dans le domaine scientifique et aussi théologique et la recherche de la vérité à la fois dans le domaine spirituel et aussi naturel en mettant en évidence l’harmonie entre ces deux perspectives différentes.
    Pourquoi donc ne pas prendre en compte les Lois « naturelles » du psychisme (et ses conséquences sur les rapports sociaux – le bien et le mal que se font les hommes) découvertes par Diel au même titre que les decouvertes de l’évolution des organismes vivants et l’histoire de la Terre ?
    Darwin était athée, Paul Diel plutot agnostique. Pourquoi ne pas a minima faire un pont entre le contenu de la Bible et les découvertes de Diel si celles-ci s’avèrent effectives. Diel est d’un point de vue éthique beaucoup plus dérangeant que la psychologie/psychiatrie/psychanalyse institutionnalisée. Ce n’est je pense par pour rien qu’il a été écarté par ces derniers, malgres le fait qu’il ait été soutenu par Darwin et Henri Wallon et que son apport semble maintenant plus solide en general que celui de la psychanalyse freudienne.

    Salutations,
    Stephen

    • Avatar
      Marc Fiquet dim 22 Oct 2017 Répondre

      Bonjour Stephen,

      La position vis à vis de Darwin nécessite certainement un rectificatif, de croyant, il est devenu agnostique mais pas athée, voir cet article qui retrace rapidement son cursus : http://www.scienceetfoi.com/ressources/darwin-atheisme-nouvel-dieu/

      Nous prenons très au sérieux la psychologie comme science en tant que telle et ce qu’elle peut apporter au débat sur notre connaissance de l’humain et du monde au sens large et je suis d’accord avec le fait d’explorer les différents univers pour accéder à la vérité, mais encore une fois, n’ayant pas lu Diel hormis les qq lignes ci-dessus, je ne peux pas en dire grand chose, sa définition de Dieu me paraissait néanmoins largement « suspicieuse » dans vos explications (Dieu fait homme est le fondement et la base de la foi chrétienne, il en découle ensuite pour chaque chrétien une expérience réelle de sa rencontre du Christ par le Saint-Esprit).

      Quant à prouver l’existence de Dieu (première phrase) nous resterons plus circonspects dans la mesure où il nous semble qu’un saut métaphysique subsiste toujours entre les réalités matérielles et spirituelles (accessibles par la foi), et l’expérience dont je parle plus haut est une expérience subjective (personnelle) qu’on ne peut appliquer aux autres qui vient a posteriori, d’où l’intérêt d’une complémentarité entre les domaines de la science et de la foi et d’un dialogue entre les deux. (voir pour en particulier cela le cours en ligne du théologien Denis Lamoureux http://www.scienceetfoi.com/diaporamas-et-cours-en-ligne-de-denis-lamoureux/ par exemple le diaporama 12 PHILOSOPHIE : catégories générales (partie 1 & 2).

      Après je me perds un peu, la phrase 2 semble contredire la une..
      1: Dieu n’est pas une réalité improuvable scientifiquement
      2 : sa réalité ne peut être prouvée

  13. Avatar
    Stephen Nery dim 22 Oct 2017 Répondre

    Oui, sorry, j’ai oublie les deux points

    1: Dieu n’est pas une réalité : improuvable scientifiquement

    • Avatar
      Peter ven 21 Juin 2019 Répondre

      Encore trop peu de lecteurs de Diel .
      Sa pensée est trop en avance.
      A la lecture de « la divinité » j’ai pleuré tellement cela me paraissait évident.
      J’avais dialogué en 2013 sur le blog du site sur Diel.
      Plus de trace.
      C’est trop puissant comme pensée et cela remet en cause beaucoup de choses, mais je pense que c’est la seule solution pour la religion chrétienne de sortir par « le Très Haut » et de rétablir un enthousiasme réel et qui peut être vraiment universel.
      Un ouvrage « Le sens de le vie ?: une illusion » écrit par un disciple de Diel est monumental.
      Difficile de rendre la venue de Dieu sur terre , symbolique quand on considère encore que faire parler un serpent a vraiment été un fait réel ! Je ne plaisante qu’a moitié….

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