les bases de l’alphabet hébreux et le mystère du chiffre de la Bête 666 !

Posté par Marc Fiquet

>12 Articles pour la série : Cours en ligne de Denis Lamoureux ♥♥♥
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Après cette pause « vacances », nous sommes très heureux de reprendre les cours de Denis Lamoureux, un cursus universitaire inédit sur les rapports entre Science & Religion.

Merci à Benoit pour son implication et sa ténacité pour nous livrer une traduction de qualité pour ces cours exceptionnels !..

DL_bt

Cliquez pour lancer le diaporama

 

Avant d’aborder la série de diaporamas spécifiques à la définition et au domaine de la religion, Denis Lamoureux nous propose cette annexe fort intéressante sur l’alphabet hébreux et livre une explication très pertinente sur le chiffre de la bête mentionné par Jean dans l’Apocalypse. Certainement l’un des passages qui aura donné lieu (et qui ne cesse de le faire) à une pléthore d’interprétations de la plus farfelue à la plus mystique !…

 

Alors convaincu par cette version  ? :cool:

 

 

 

 

Pour rappel ou si vous découvrez ce cours fabuleux de Denis Lamoureux, le sommaire de ce cours complet Science & Religion se trouve ici.


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26 Commentaires

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    Benoit Hébert sam 29 Août 2015 Répondre

    Notre cher David Vincent va dans le même sens que Denis Lamoureux à propos de l’interprétation de la « bête : 666 « qu’il identifie à l’empire romain.

    http://didascale.com/apocalypse-17-et-18-la-grande-prostituee-et-la-bete-1re-partie/

  2. Avatar
    Éosine sam 29 Août 2015 Répondre

    Ce que personnellement je trouve remarquable dans cette vidéo, c’est que son auteur donne l’explication du nombre de la bête par la somme des lettres hébraïques de CÉSAR NÉRON, sans aucune mention de son origine ! Or tous les biblistes savent que cette hypothèse remonte à la première moitié du dix-neuvième siècle, et qu’elle a suscité à l’époque des débats houleux, puisque son enjeu n’atteint rien moins qu’à celui de l’inspiration de l’Apocalypse et donc de la confiance que les chrétiens peuvent apporter à cet écrit.

    En effet si dans le nombre 666, l’apôtre Jean (supposé par la tradition avoir écrit l’Apocalypse), a voulu cacher le nom de Néron, il est évident qu’il s’est complètement trompé dans ses prédictions, puisque cet empereur n’est jamais revenu à la vie, après avoir reçu une blessure mortelle. De même, si Néron une fois mort les premiers chrétiens s’attendaient à le voir ressusciter, comme le prétendait sans doute une rumeur, pour devenir le dernier antéchrist et les persécuter de nouveau, ils ont eu tout faux, et nous-mêmes n’avons plus qu’à classer l’Apocalypse à la rubrique des créations poétiques opiacées.

    Volià donc presque deux siècles qu’il a été répondu à ce calcul de gématrie sur le nom de César Néron qu’il est épelé incorrectement pour pouvoir arriver au nombre souhaité : la véritable orthographe est קיסר נרו dont la somme vaut 676, (il faut supprimer le yod pour obtenir 666). Mais le présentateur n’en souffle mot ! (le format, le format que voulez-vous…) Idem pour l’histoire du manuscrit dans lequel il y a 616 à la place de 666, c’est connu depuis deux siècles, la preuve :

    https://books.google.com/books?id=4u4RAAAAYAAJ&pg=PA347&lpg=PA347&dq=caesar+nero+in+hebrew+yod+omitted&source=bl&ots=LdQQ8bEXOJ&sig=-jxfEUZ5Isugtddl4OSad1nsUbk&hl=fr&sa=X&ved=0CBQQ6AEwAGoVChMI2NSIu_XOxwIVic-ACh23kwmO#v=onepage&q&f=false

    On hausse les épaules en réponse à ceux qui par le même procédé parviennent à retrouver dans 666 Napoléon, Hitler, Mussolini, ou Obama ; ce qui est présenté ici comme une sorte de scoop n’est guère plus sérieux.

    Un lien vers un article (datant de 1865 !) de F. Godet qui réfute cette explication « moderne » de l’apocalypse.

    https://books.google.com/books?id=OZKWUG0tdJ4C&pg=PA232&dq=L%E2%80%99explication+moderne+de+l%E2%80%99Apocalypse.&hl=fr&sa=X&ved=0CBsQ6AEwAWoVChMIj7TF9YHPxwIVzKGACh3ZYw_V#v=onepage&q&f=false

    Derrière tout cela on reconnaît tout de même une certaine logique, inhérente à la tendance générale des articles : La Genèse, premier livre de la Bible, n’a qu’une valeur allégorique quand elle prétend nous parler des origines de l’humanité, l’Apocalypse dernier livre, qui clôt un ouvrage ouvert par des récits légendaires, ne permet pas plus de voir dans l’avenir que le premier dans le passé. Les chrétiens évangéliques qui le croient encore sont des jobards, dont on ne sait pas trop s’il convient de les traiter par la moquerie ou la pitié. Reconnaissons du moins à leur crédit, que lorsqu’ils donnent une exégèse de l’Apocalypse, eux citent généralement leurs sources, puisqu’ils se font une sorte de point d’honneur à croire ce que l’Eglise a toujours cru, dans les questions de foi.

    • Avatar
      Benoit Hébert dim 30 Août 2015 Répondre

      Merci Eosine pour toutes ces infos!

      Sachez que cette interprétation du nombre de la bête ne fait pas partie du cœur de nos convictions et du message que nous voulons faire passer. Pour ne rien vous cacher, je l’ai découverte en traduisant ce module…

      Vous avez beaucoup l’habitude de raisonner en amalgame, et le cours de Denis Lamoureux pourrait bien vous être d’un grand secours sur ce point, son mantra est « séparez, n’amalgamez pas ». Pourquoi quelqu’un qui pense que la bête était « Néron » devrait-il croire que  » l’Apocalypse dernier livre, qui clôt un ouvrage ouvert par des récits légendaires, ne permet pas plus de voir dans l’avenir que le premier dans le passé. »?

      N’est-ce pas encore là un procès d’intention?

      Denis Lamoureux cite au moins une source, celle de la nouvelle Bible révisée standard qui indique dans ces notes de bas de pages l’existence du manuscrit avec le chiffre « 616 » plutôt que 666…

      Que cette interprétation soit controversée ne surprendra personne, qu’elle date du 19ème siècle encore moins (si c’est vrai), puisque beaucoup d’évangéliques ont adopté le cadre dispensationnaliste de Darby qui date de la même époque, et la plupart l’ignorent également :-)

      Ceci dit je vais transmettre vos objections à Denis Lamoureux, j’espère qu’il aura le temps de vous répondre…Encore une fois, ce point précis est pour nous d’une importance très secondaire, je le considère plus comme une curiosité.

      « Séparons, n’amalgamons pas », et bon dimanche!

      • Avatar
        Éosine dim 30 Août 2015 Répondre

        @Benoît

        N’est-ce pas encore là un procès d’intention?

        Bien sûr ! Du point de vue chrétien les intentions comptent beaucoup plus que les actions, car les premières traduisent l’état de notre coeur, tandis que les secondes restent contingentes, soumises à la souveraineté de Dieu : Il peut vouloir qu’une bonne action particulière ait un résultat catastrophique, ou qu’il résulte un grand bien d’une mauvaise. C’est pourquoi il nous est demandé de veiller sur notre coeur, c-à-d de surveiller nos intentions, et de nous décharger sur Dieu du résultat de nos (bonnes) actions.

        Voilà, c’était le sermon du Dimanche. Pour l’appliquer, je vous partagerai mes intentions générales quand j’écris un commentaire ici : j’ai en vue non les auteurs des articles, que je ne connais pas, et qui peuvent être au demeurant des personnes fort agréables, mais je vise leurs lecteurs réguliers ou accidentels. Je me dis : « Ils faut qu’ils sachent que ce machin est toxique pour la foi, c’est plein de poison libéraliste du 19ième ! »

        Mes avertissements sont ils efficaces ? pour certains je l’espère, car contrairement à la mauvaise image que vous en avez, l’amalgame est une puissante méthode d’enseignement. L’esprit humain fonctionne par associations, il ne retient bien que ce à quoi il s’intéresse déjà ; on essaiera donc d’exploiter judicieusement cette faculté que Dieu nous a donnée, d’où les paraboles de Jésus etc.

        Bon dimanche à vous aussi.

        • Avatar Auteur
          Marc dim 30 Août 2015 Répondre

          Nos commentaires se sont croisés, voir plus bas.. ;-)

        • Avatar
          Benoit Hébert dim 30 Août 2015 Répondre

          Eosine,

          Merci pour le sermon du dimanche ;-)…

          Denis Lamoureux a du mal à comprendre votre commentaire en français, mais il vous donne sa référence, qu’il qualifie lui même de « standard » en ce qui concerne cette interprétation: il s’agit du  » New Jerome Bible Commentary ».

          En ce qui concerne les amalgames et les procès d’intention, je ne partage pas votre avis, ce sont pour moi des procédés intellectuellement malhonnêtes et moralement douteux , surtout que certains, non habitués à séparer les concepts s’y laissent facilement prendre.

          Je m’explique. Dans vos commentaires précédents, vous écrivez:

          Celui qui ne considère pas l’historicité d’Adam et Eve comme un fondement de la foi en viendra forcément à adopter des positions libérales concernant le mariage entre personnes de même sexe !?

          Celui qui pense que Néron pourrait être la bête évoquée par Jean l’Apocalypse considère forcément que l’Apocalypse ne contient aucune prophétie à propos de l’avenir surnaturellement révélée !?

          Celui qui ne cite comme miracle que la résurrection de Jésus et sa naissance virginale ne croit pas dans ses miracles de guérison…

          Donc en fait vous brodez sur ce que je peux penser, alors que je vous affirme croire aux miracles, à la réalité des prophéties et au retour physique de Jésus sur la terre, aux miracles de Jésus et des apôtres…

          Reconnaissez simplement que pour des raisons qui vous échappent peut-être, la situation n’est pas aussi simple et que tous ceux qui ne pensent pas comme vous n’ont pas forcément abandonné la foi et ne sont pas devenus des méchants libéraux. Ils sont peut-être juste à la recherche d’une cohérence plus grande de leur foi.

          La réalité est parfois complexe Eosine, il existe d’autres couleurs que le noir ou le blanc.

  3. Avatar
    Peel Olivier dim 30 Août 2015 Répondre

    J’appelle toujours à la prudence quand il s’agit de gématrie. Le débat sur le chiffre de la Bête remonte à plus haut que le 19e siècle! On retrouve des débats sur le sujet au Moyen-âge. Même Irénée de Lyon ( IIe siècle pcn) rapporte une tradition comme quoi le calcul du chiffre de la Bête avait été établi en lettres grecques et non en hébreu (Adv. He. V, 30).
    Oui, les chiffres ont une signification. Le 6 représente le mal, l’iniquité, l’apostasie. Le 7 la perfection. « ièsous » par exemple vaut 888.
    Mais comme le signale Benoît, ne perdons pas trop de temps avec ce genre de spéculation.

  4. Avatar Auteur
    Marc dim 30 Août 2015 Répondre

    Chers amis et Eosine Bonjour !

    L’aspect interprétatif était bien naturellement à prendre avec le recul nécessaire, la photo du lien (merci à Denis pour son sens de l’humour qui nous dit avoir apprécié le clin d’œil) me semblait pourtant assez connotée pour montrer dans quel état d’esprit nous pouvions aborder la fin du diaporama et le sujet du nombre de la Bête.

    L’interprétation du 666 est dans le contexte, uniquement une illustration dans le cours pour montrer aux étudiants l’importance que peut revêtir le fait de connaitre les langues bibliques dont l’Hébreux.

    Comme le souligne Benoit, Denis cite sa source dans le diaporama sans entrer dans le détail car son objectif était celui de montrer l’importance du caractère gématrique de la langue hébraïque. L’exemple du 666 est tellement populaire et marquant qu’il n’a pas pu résister à le servir ici dans un but uniquement pédagogique…

    Donc Eosine, si j’apprécie la première partie de ton article, j’eusse apprécié que tu t’abstiennes du dernier paragraphe qui démontre non seulement une certaine propension aux procès d’intention mais aussi à un réflexe aux amalgames qui s’avère une fois encore inutile…

    Sans aller jusqu’à faire de la théologie de grands étages, il n’y a qu’à ouvrir WIKIPEDIA pour voir que cette interprétation de NERON ne date pas d’hier : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_la_B%C3%AAte

    J’espère que ces quelques commentaires sauront au moins te rassurer sur nos intentions à mille lieues de tes suppositions initiales, désolé de t’avoir inquiété !…
    Godet que tu cites en lien me servira de conclusion : « La question du sens et de l’origine de l’Apocalypse n’est point d’une importance capitale pour le christianisme. Personne ne prétendra qu’aucune doctrine vitale repose uniquement sur les enseignements renfermés dans ce livre »

    PEACE

  5. Avatar
    Éosine dim 30 Août 2015 Répondre

    @Benoît & Marc

    Je ne savais que Robert Lamoureux était principalement anglophone, son nom m’a trompé… mais voici donc pour son bénéfice un lien vers F. Godet traduit en anglais qui explique pourquoi il n’est pas d’accord avec la gématrie de Néron comme explication du 666, ni avec l’argument du 616. Ce texte de Godet n’est pas le même que le premier que j’avais donné en français, mais les idées sont identiques.

    https://books.google.com/books?id=B7ACAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=godet+biblical+studies+new+testament&hl=fr&sa=X&ved=0CB4Q6wEwAmoVChMIsY62-tHRxwIV0IQNCh0MfgAB#v=onepage&q=%226.%20The%20strongest%20proof%22&f=false

    p. 350 et suivantes, toute l’étude d’ailleurs est remarquable

    Merci aux uns et aux autres pour leur sens de l’humour, sans lequel ce genre d’échanges ne pourrait avoir lieu ; et pour remettre une couche de grosse farce sur l’amalgame : ce lien vers un youtube (en anglais) dans laquelle on apprend que Coca-Cola finance une étude scientifique démontrant que la consommation de soda ne cause pas l’obésité. Pas d’amalgame qu’ils disaient !

    https://www.youtube.com/watch?list=PL3ZQ5CpNulQlPHQnQBombQ9f6fhAcZrTJ&feature=player_detailpage&v=2ttTex2ypxg

    • Avatar
      Benoit Hébert lun 31 Août 2015 Répondre

      Oui Denis Lamoureux a beaucoup de sens de l’humour et sa caricature lui a beaucoup plu…mais ce n’est pas une raison pour le confondre avec ROBERT Lamoureux :-)

      Denis Lamoureux est en effet anglophone, il est titulaire d’une thèse en dentisterie,d’une en biologie de l’évolution et d’une autre en théologie! Il est professeur de « Science et religion » à l’Université d’Alberta au Canada. Denis Lamoureux est aujourd’hui considéré comme l’un des théologiens les plus en pointe sur ces questions, et nous sommes très reconnaissant
      qu’il ait accepté gratuitement que nous traduisions son cours pour la francophonie!

      Voici l’adresse de sa page perso : https://www.ualberta.ca/~dlamoure/

      • Avatar
        Benoit Hébert lun 31 Août 2015 Répondre

        Une réponse plus complète communiquée par Denis Lamoureux (ma traduction):

        Il s’agit d’une translitération du grec « kaiser », pas d’une traduction. De plus la différence textuelle entre 666 et 616 prend tout son sens dans cette interprétation :

        Nron Qsr

        La version grec du nom et du titre « Néron César » en hébreux est נרון קסר, et possède la valeur numérique 666:

        Resh (ר) Samekh (ס) Qoph (ק) Nun (נ) Vav (ו) Resh (ר) Nun (נ)

        Nro Qsr
        La version latine du nom ne contient pas le second nun (נ), donc est Nro et est translitéré en hébreux en eנרו קסר, avec comme valeur numérique 616

        Resh (ר) Samekh (ס) Qoph (ק) Vav (ו) Resh (ר) Nun (נ) Sum

        See https://en.wikipedia.org/wiki/Number_of_the_Beast

  6. Avatar
    Éosine mar 01 Sep 2015 Répondre

    @Robert Lamoureux

    The answer of F. Godet :

    =========

    Now, if we admit the Latin form of the name indicated (Caesar Nero, without the final n), we reach precisely the number 616, since in Hebrew the letter n is equal to fifty. We will not object to this calculation that in a Greek book we should expect the name and title to be rather in Greek than Hebrew. As the Apocalypse bears, from one end of it to the other, the character of a Hebrew prophecy, it would not be impossible that the author should have wished at once to reveal and to disguise his thought under a form borrowed from that language. Neither will we insist upon the inaccuracy of translating the Greek text, as M. Renan does, « it is the number of a man ; » whereas it really means, it is a man’s number; that is to say, human, calculable in the manner of men, just as in 21.17, « the measure of a man » does not mean that of any individual man, but the measure of man (human), as opposed to that of an angel. But what is more important is, that in order to arrive at the number 666, it is necessary to cut out the second letter of the name Caesar, which represents the e, and which in Hebrew is a consonant, and therefore forms part of the body of the name itself. M. de Vogue has proved by a Nabathean inscription of the year 47, that the name Caesar used to be written in Hebrew with four letters (k e s r), and not with three only (k s r), which agrees with the inscription on the Asiatic coins where we find this name (NERON KAISAR). It is said, it is true, that in the Talmudic writings, and in some inscriptions of the third century, the word Caesar is reduced to three letters by simply cutting off the e; and that in the word Caesaraea, the second letter, which ought to be ai, is abridged into e, which leads to its suppression as a consonant; and that consequently it may be omitted in the same way in the name Casar. But in the word Casarea, this abbreviation arises naturally out of the lengthening of the name, just as in the word aromatique, the letter o loses the circumflex which it bears in arôme; or as in the word suprématie, the e becomes short, while it is long in suprême. Does it follow from that that we might write, arome, supreme? This example, therefore, proves nothing; and as to the inscriptions of the third century, they scarcely prove anything, particularly in the face of the instance quoted relating to the orthography which was received in the first century. The true sum of the letters of the name Ccesar Neron is therefore 676, not 666.

    The subsidiary proof which has been drawn from the other reading, 616, turns, when examined more closely, into an insurmountable objection. If the application of this number to the name of Nero was so well known that the copyists in the West, who knew the name under this form Nero, had intentionally modified the number 666 in order to make it agree with their orthography, how could an interpretation so widely prevalent have been totally unknown to Irenaeus, who had occupied himself specially with this question, and who quotes all the attempts which had been made in his time to solve the mystery(1) ? Above all, when once the mistake of the prophecy had been so completely unveiled, how could the credit of the book survive such an ordeal, and even grow still greater? The inadequacy of this explanation of the number of the beast is so evident, that two of its most recent defenders find themselves obliged to make the following concessions. M. Renan thinks that the second letter in the name Caesar has been cut out because the number 676 would  » look less well » than 666, which is made up of a threefold repetition of the same figure. Is not this allowing that this number has a symbolical value independently of the letters of which it is the sum, and of the name which it represents?

    [1] It is well known that he mentions the Greek words Lateinos, Teiton, and others, of which the letters make 666.

    ===============en français ….
    Et ce qui est plus important, on fait remarquer que l’on n’arrivait à la somme 666 qu’au moyen de la suppression de la seconde lettre du nom de César. Cette lettre (é), ne devrait pas être comptée sans doute si en hébreu elle était une simple voyelle ; car les consonnes seules valent comme chiffres. Mais dans cette langue ce é (ou j) est un consonne, qui vaut 10 ; et par conséquent la vraie somme des lettres formant le nom César Néron est 676, et non 666. On a répondu que le nom de la ville de Césarée s’écrit avec un é bref qui ne compte pas. Mais ce fait ne prouve rien ; car c’est là une abréviation de la syllabe é résultant de l’allongement du mot comme quand en français de « suprême » nous faisons « suprématie », ou d’ « arôme » « aromatique. » La légende des monnaies asiatiques à l’effigie de Néron est toujours NERON KAISAR (et non KESAR). M. de Vogüé a, constaté également dans une inscription nabatéenne l’orthographe KÊSR et non KESR. Quel expédient a trouvé M. Renan pour se défaire de cette difficulté ? Il pense que la seconde consonne du nom César a été retranchée parce que le nombre 676 aurait eu « moins de physionomie » que celui de 666 ! Mais c’est reconnaître que ce nombre a une valeur symbolique et doit s’expliquer autrement que par la valeur des lettres dont il est la somme.

    La preuve subsidiaire tirée de la variante du nombre 616, examinée de plus près, se change en une grave objection contre cette interprétation. Elle suppose que cette explication du nombre de la Bête par le nom Néron était déjà avant Irénée, tellement un secret public, que les copistes latins en ont modifié le chiffre pour l’accommoder à la manière d’écrire ce nom dans leur propre langue. Mais dans ce cas la fausseté des prophéties renfermées dans ce livre n’eût pu manquer, après trois ou quatre ans écoulés, de sauter à tous les yeux ; et leur crédit n’eût pu survivre à ce démenti éclatant que leur donnait chaque jour les faits, encore bien moins aller toujours en croissant.

    Ajoutons enfin qu’Irénée, le plus savant des Pères de cette époque, élevé en Asie Mineure et vivant en Gaule, qui s’est occupé tout spécialement de cette question et qui énumère les divers essais faits jusqu’à lui pour éclaircir ce mystère, ne paraît pas connaître encore l’explication que nous combattons. …..

    Si c’était là le sens du tableau de la Bête, il aurait suffi de quelques années pour convaincre de fausseté toute cette prophétie. D’après elle, en effet, le successeur du sixième (de Galba) ne doit régner que peu de temps (17.10) ; puis Néron, la tête blessée à mort, doit reparaître pour jouer le rôle de l’Antéchrist. Mais, comme on sait, rien de semblable n’arriva. Vespasien succéda à Galba, et eut un règne de dix ans ; puis vint Titus qui certes ne fut nullement un Néron. De plus d’après l’Apocalypse ainsi interprétée, Néron devait régner trois ans et demi comme Antéchrist, établir la monarchie universelle, persécuter l’Eglise, détruire Rome, tuer les deux témoins à Jérusalem etc. ; puis l’empire romain devait crouler devant l’apparition du Christ, tout cela dans l’espace des trois ans et demi. Mais rien de tout cela n’eut lieu ; Rome et l’empire restèrent debout ; nul témoin divin ne parut à Jérusalem ; les faux Nérons qui se présentèrent furent immédiatement anéantis. Et cette prophétie, qui peu d’années après la publication, aurait été si cruellement démentie par les faits, au lieu de perdre alors tout son crédit aurait constamment gagné en considération ! Cette œuvre due à quelque chrétien en délire, aurait même été bientôt attribué par toute l’Eglise à l’apôtre Jean ! Ainsi le livre aurait été canonisé au moment même où les faits en démontraient le plus clairement l’absurdité. Est-ce facile à croire ?

    ====== Devinette :

    Pourquoi F. Godet est-il si opposé à cette interprétation de l’Apocalypse qui fait identifie « l

  7. Avatar
    Éosine mar 01 Sep 2015 Répondre

    oups la réponse est partie toute seule, j’ai dû accrocher la touche return, je répète donc ma devinette :

    Pourquoi F. Godet est-il si opposé à cette interprétation qui identifie « la bête » de l’Apocalypse à Néron, et pourquoi E. Renan y-est au contraire très favorable ? Y-a-t’il quelqu’un ici qui sait encore qui fut Ernest Renan ? Quelle a été son « oeuvre » dans l’histoire du christianisme ?

  8. Avatar
    Peel Olivier mar 01 Sep 2015 Répondre

    Il serait plus sage d’arrêter les spéculations. Tout cela nous avance à quoi? Mais chacun reste libre de continuer le débat. Mais pour moi, c’est stérile.

  9. Avatar
    Éosine mar 01 Sep 2015 Répondre

    Il serait plus sage d’arrêter les spéculations.

    Ceci http://www.bibletranslation.ws/gfx/p115.jpg n’est pas une spéculation, mais un fait photografiable, et l’erreur n’est stérile que lorsqu’on ne cherche pas à la comprendre.

    666 s’écrit en grec : ἑξακόσιαι ἑξήκοντα ἕξ ; c’est un peu long, car les gens n’avaient pas encore l’usage des chiffres arabes.
    616 s’écrit : ἑξακόσιοι δέκα ἕξ, comme on le voit le δέκα (10) du milieu n’a franchement pas de ressemblance avec le ἑξήκοντα (60) précédent, et on ne voit pas bien comment un copiste aurait pu confondre les deux.

    Mais voici une explication. Copier à la main tout un N.T. c’est bourrin ! comme aurait dit Calvin. Les copistes se permettaient donc de temps en temps quand ils le pouvaient des abréviations (le nom de Jésus par exemple) ; certains ont remplacé le six cent soixante six en lettres par χξσ (χ=600, ξ=60, σ=6) ; c’est d’ailleurs cette forme abrégée du 666 que l’on trouve dans le fameux Textus Receptus.

    Quelques exemples de diverses variantes des manuscrits, tirées d’un appareil critique donné par David Robert Palmer dans sa traduction de l’Apocalypse.
    ===========
    ξακόσιοι ἑξήκοντα ἕξ (666) ⁴⁷ A 1828 copsa RP NA27 {A} ‖ ἑξακόσιαι ἑξήκοντα ἕξ (666) א ‖ χξϛ (with 3 individual overlines) (666) 051 82 424 456 627 920 1852 1859 1862 1888 2019 2060 2074 2081 2138 2329 ‖ χξϛ (with one continuous overline) (666) 2020 2059 2814 TR ‖ χξσ (with one continuous overline) (666) 046? ‖ χξσ « 666 » (with circumflex above, plus one continous overline above that) ƒ052 35 94 175 469 1611 1678 2017 2042 2436 ‖ χξς (666) 757 ‖ χξϛ, (666) Steph 1550 TR ‖ ἑξακόσια ἑξήκοντα ἕξ (666) P 104 241 (792) 922 1006 1841 1854 2040 2053 2065 2073 ‖ sexcenti sexaginta sex (666) vg Beatus ps-Ambrose ‖ sexingenti sexaginta sex (666) itgig ‖ ἑξακόσιοι ἑξήκοντα πέντε (665) 2344 ‖ (646) itar ‖ ἑξακόσιοι δέκα ἕξ (616) ¹¹⁵ C vgms mssacc. to Irenaeus; Caesarius Tyc2 arm4
    ==========

    Z’avez remarqué ? y a même un 665 et un 646 ! mais bizarrement ces deux nombres-là n’ont jamais excité la haute critique… pourquoi ?

    La version abrégée de 616 est χις (ι=10), on voit que la distance à χξσ devient maintenant minime, et peut expliquer la photographie donnée en lien plus haut. Il suffit qu’après cela un autre scribe plus scrupuleux retranscrive en lettres, et voilà.

    Je ne m’étendrai pas sur les explications psychologiques et spirituelles qui rendent compte du buzz énorme et hors de proportion avec l’importance réelle de la variante 616 de la gématrie de Néron, car là évidemment il faut instruire tout un sérieux procès d’intention : en un mot, l’Apocalypse annonce-t-elle réellement un antéchrist à venir ?

    Pour Robert Lamoureux : link toward David’s Palmer translation, read notes under 13.18
    http://bibletranslation.ws/trans/revwgrk.pdf

  10. Avatar
    Coco Panache mar 01 Sep 2015 Répondre

    Tout ça est intéressant, mais je ne vois plus où vous voulez en venir : Éosine, si vous pouviez me faire un résumé très bref, sans allusion aucune, cela m’aiderait à comprendre. Renan a écrit une « vie de Jésus », qui avait eu un certain succès à l’époque.

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    Éosine mer 02 Sep 2015 Répondre

    @Coco Panache

    C’est très simple : si dans l’Apocalypse le nombre de la bête, 666, désigne Néron César, la prophétie biblique à propos de sa résurrection pour devenir l’Antéchrist est fausse.

    Néron est mort en l’an 68 ; l’apôtre Jean vers 90, à Éphèse, où il avait émigré, le temple de Jérusalem ayant été détruit en 70. Il faudrait donc que l’Apocalypse eût été écrite, non à la fin du premier siècle, mais avant la mort de Néron ou juste après ; elle ne mérite alors même plus le titre de fausse « prophétie », mais elle est de l’histoire imaginaire écrite au rebours de la réalité.

    Au 19ième siècle Ernest Renan a incarné en France le libéralisme théologique qui niait la divinité de Jésus-Christ et ses miracles de l’Evangile. Voici quelques unes de ses nombreuses déclarations dans ce sens :

    ==============
    Liberté de penser, tom. III :

    « Quant au Galiléen, qui a porté le nom de Jésus, je ne le connais pas… Et que nous importe tel petit fait arrivé en Palestine il y a dix-huit cents ans? Celui-là il mourra. Mais le Jésus idéal est immortel… Dans le Christ évangélique lui-même, une partie mourra… Le Dieu et le prophète mourront; l’homme et le philosophe resteront; ou plutôt la nature humaine, source éternelle de beauté, vivra à jamais dans ce nom sublime… Voilà le Dieu vivant, voilà celui qu’il faut adorer !  »

    « Un homme incomparable, si grand que, bien qu’ici tout doive être jugé au point de vue de la science positive, je ne voudrais pas contredire ceux qui, frappés du caractère exceptionnel de son œuvre, l’ont appelé Dieu. »

    Jésus-Christ est un « théurge » ; ses miracles sont des « farces de possédés »… des prestiges, qui ne seraient aujourd’hui que des « jongleries de charlatan ». (cité par Dupanloup)

    « Jésus, s’étant donné la mission d’avancer le règne de Dieu sur la terre, en vint à se persuader que le ciel, la terre, la nature tout entière, la folie, la maladie et la mort ne sont que des instruments pour lui. Dans son accès de volonté héroïque il se croit tout-puissant. » (cité par Roussel dans le Jésus de M. Renan)

    Sur la Résurrection (Vie de Jésus) :

    « Jésus, quoique parlant sans cesse de résurrection, de nouvelle vie, n’avait jamais dit bien clairement qu’il ressusciterait en sa chair. Les disciples, dans les premières heures qui suivirent la mort, n’avaient à cet égard aucune espérance arrêtée. Les sentiments dont ils nous font la naïve confidence supposent même qu’ils croyaient tout fini. Ils pleurent et enterrent leur ami, sinon comme un mort vulgaire, du moins comme une personne dont la perte est irréparable ils sont tristes et abattus ; l’espoir qu’ils avaient eu de le voir réaliser le salut d’Israël est convaincu de vanité ; on dirait des hommes qui ont perdu une grande et chère illusion.
    Mais l’enthousiasme et l’amour ne connaissent pas les situations sans issue. Ils se jouent de l’impossible, et, plutôt que d’abdiquer l’espérance, ils font violence à toute réalité. »
    ==============

    A ce stade, de la mise en doute de la résurrection de Jésus-Christ, on ne peut plus accorder à Renan le titre de chrétien. Son intérêt dans l’identification de 666 avec le nom de Néron, a été celui que trouve tout ennemi du surnaturel divin à jeter le discrédit sur l’inspiration de la Bible et son autorité.

    Frédéric Godet, à la même époque, a été au contraire un des principaux chefs de file du protestantisme dit « évangélique », par opposition au protestantisme libéral qui niait l’historicité des miracles bibliques. D’où ce débat sur le 666, qui ne sera sans doute clos qu’au retour du Seigneur.

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      Benoit Hébert mer 02 Sep 2015 Répondre

      Un grand merci Eosine de nous faire réfléchir aux tenants et aboutissants de cette hypothèse concernant le nombre de la bête, qui je le répète pour nous ne revêt par rapport à nos objectifs qu’un caractère anecdotique.

      Nos lecteurs saurons au moins pourquoi certains interprètent ce nombre en utilisant la gématrie…

      Je ne tiens pas particulièrement à défendre cette thèse, comme je l’ai déjà dit.

      Il semble que certains partisans de cette interprétation aient donné une réponse aux remarques d’Eosine/

      « It has also been suggested that the numerical reference to Nero was a code to imply but not directly point out emperor Domitian,[34][35] whose style of rulership resembled that of Nero and who put the people of Asia (Lydia), whom the Book of Revelation was primarily addressed to at the time, under heavy taxation.[ »

      que l’on trouvera convaincante…ou pas! (https://en.wikipedia.org/wiki/Number_of_the_Beast)

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    Coco Panache mer 02 Sep 2015 Répondre

    oKayyy, je comprends mieux les enjeux qui sous-tendent les différents lecteurs, selon ce qu’ils veulent comprendre du texte, et pour rester cohérents avec leur conception générale, croyante ou mécréante (Godet et Renan). En posant ma question, cette notion m’avait un peu échappé (il devait être tard…)

    Pour moi, les prophéties bibliques ne sont pas ‘mécaniques’ en ce sens qu’elles ne désignent pas une réalité que l’on peut appréhender et circonscrire dans leur totalité (et qui permettrait de dire : 666, c’est Néron). Mais les événements marquants s’inscrivent dans une signification plus globale, que la prophétie à déjà éclairée.

    Ces événements sont comme des préparations, des répétitions de ce qu’a voulu dire un prophéte, qui se déploiera plus complétement, plus tard.

    En ce sens, ce qu’on peut comprendre du 666 peut se voir dans Néron, ou même Hitler si l’on veut, mais pas complétement , seulement en partie, avec une différence ou un manque (‘616’) qui nous dit : attention, ça y ressemble, ça sera un peu comme cela, mais ce n’est pas encore cela.

    Pareil pour l’action de Seigneur rapportée par les prophètes : on reconnait des éléments, mais ils ne sont pas tous encore là : dans Joël, la venue de l’Esprit est décrite comme s’accompagnant de signes (vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens auront des songes, vos jeunes gens des visions, tous recevront l’Esprit (même les ‘esclaves’), et on l’a vu, mais le signe du sang, de feu de la colonne de fumée reste obscur…

    Quoiqu’on parle en ce moment de la prochaine lune rousse !

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    Benoit Hébert jeu 10 Sep 2015 Répondre

    Comme je l’avais mentionné, David Vincent développe une vision « prétériste » des prophéties concernant la fin des temps sur son blog.
    Pour information, il cite un article faisant référence à l’interprétation de la Bête comme étant Néron:
    http://www.patrickfontaine.org/chapitre-v-la-datation-de-l-apocalypse-en-question/

    Et une série d’articles de Patrick Fontaine sur le même sujet:
    http://didascale.com/sommaire-apocalypse-now-patrick-fontaine/

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    David jeu 10 Sep 2015 Répondre

    Bonjour Eosine,

    Quelques remarques.
    Ernest Renan et Frédéric Godet sont deux personnes qui m’intéressent beaucoup. F. Godet est kénotiste comme moi (pour ceux qui ne connaitraient pas le kénotisme :http://didascale.com/sommaire-la-personne-de-jesus/), quant à Ernest Renan son parcours m’a donné à réfléchir, puisque je suis moi même étudiant en histoire des religion.

    Oui il n’est plus chrétien quand il écrit cela, mais pourquoi ? Ernest Renan a perdu la foi lors de la crise moderniste à cause du faux choix qu’on lui proposait. Soit accepter l’inerrance biblique, soit rejeter complètement la foi. Ne pouvant se résoudre au premier choix, il a abouti au second.

    Cette issue malheureuse fait partie des évènements qui ont contribué à nourrir ma réflexion sur le sujet :
    http://didascale.com/inerrance-biblique-infaillibilite-bible/

    Pour en revenir plus directement au débat, admettre que le 666 renvoie à Néron est loin d’être une interprétation libérale. Certains fondamentalistes « purs et durs » la défendent.

    De mon côté, je n’ai pas encore d’avis tranché. Dans les jours à venir, je termine une série d’articles sur l’eschatologie et je signale, dans l’article de conclusion, que la signification de ce nombre fait justement parti des questions sur lesquelles je travaille encore.

    Au passage, je me permets de signaler l’interprétation (originale) de Claude Tresmontant qui propose d’associer le « 666 » à Hérode :
    http://didascale.com/recension-lapocalypse-claude-tresmontant/

    Bonne journée à tous :)

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      Éosine ven 11 Sep 2015 Répondre

      Bonjour David,

      Merci pour ton partage.
      Au regard de l’éternité, ce n’est pas à moi de juger de Renan, mais en ce qui concerne son reniement de la foi chrétienne, je ne pense pas que l’intransigeance de l’Eglise sur le littéralisme biblique puisse lui être comptée comme circonstance atténuante. D’abord parce qu’en bon breton il a été élevé dans le catholicisme, qui n’a jamais trop insisté sur la lecture de la Bible. Ensuite parce qu’au moment de la crise du libéralisme au 19ième siècle, les protestants évangéliques qui ont pris la défense de la réalité des faits surnaturels rapportés dans la Bible, ne réclamaient pas une inspiration plénière du moindre trait de lettre ; ils se sont désolidarisés de la théorie théopneustique de Gaussen qui faisait du texte une sorte de dictée écrite sous la voix de Dieu.

      Tous les grands noms du protestantisme évangélique : Vinet, Monod, Babut, Jalaguier, Godet, enseignaient des conceptions « modérées » de l’inspiration des écrivains bibliques, qui laissaient une certaine latitude aux particularités de chacun, à leurs imperfections, et même à leurs erreurs. Aussi Renan n’a pas eu à trébucher sur la pierre d’achoppement, d’une Bible présentée sur le modèle d’un texte coranique donné par Dieu en personne, sans que l’intermédiaire humain n’y participe en quoi que ce soit. Cette conception étroite de l’inspiration de la Bible, n’a prévalu que dans des cercles piétistes limités et de culture anglo-saxonne plus que française.

      Pour revenir à Godet et son opposition à l’interprétation qui voit Néron dans le 666, cela s’explique en définitive parce qu’il était millénariste, comme là aussi la plupart des protestants évangéliques francophones du 19ième. Millénariste mais non dispensationaliste : Godet et les autres se sont opposés fermement au darbysme ou plymouthisme comme on disait à l’époque. C’est aussi ma position eschatologique personnelle.

      Aussi intéressantes puissent être les analyses prétéristes de l’Apocalypse, ou celle de Tesmontant, elles ne peuvent satisfaire entièrement ceux qui ont fait par conviction le choix d’une interprétation futuriste. Pour eux, si d’une certaine manière le Seigneur est bien venu en 70, juger Jérusalem, l’essentiel du jugement du monde reste à venir ; ils croient à un antéchrist littéral, à une persécution des derniers temps, et le dernier cri de l’épouse dans Apocalypse : Viens Seigneur Jésus ! n’est pas encore exaucé.

      Amitiés en Christ.

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    David sam 12 Sep 2015 Répondre

    Bonjour Eosine,

    Certes Renan a été élevé dans le milieu catholique breton, mais il ne faut pas non plus oublié qu’il a ensuite été formé au séminaire de Saint-Sulpice qui était à l’époque un des meilleurs lieux pour étudier la Bible en France. Il ne faut donc pas sous-estimer sa formation de bibliste. C’est là notamment qu’il a été initié aux langues anciennes par d’excellents professeurs.

    Pour ce qui est du monde évangélique, je suis bien d’accord avec toi, il était beaucoup plus diversifié que ce que certains fondamentalistes veulent nous faire croire. On pourrait aussi évoquer la figure de Philémon Vincent.
    En revanche, je n’irai pas jusqu’à dire que les évangéliques se soient vraiment désolidarisés de la théorie de Gaussen. Encore aujourd’hui, l’ouvrage de Gaussen reste quand même une référence importante. Le livre de René Pache, qui est probablement l’ouvrage sur l’inspiration le plus diffusé dans les milieux évangéliques francophones, s’inspire encore largement de Gaussen.
    La plupart des leader évangéliques de l’époque, notamment Ruben Saillens, affichent clairement une ligne fondamentaliste.

    Mais de toute façon cela n’a pas grand chose à voir avec Renan car celui-ci n’a certainement jamais connu ce monde évangélique. Quant à cette conception étroite dont tu parles, c’était justement la conception officielle du catholicisme de l’époque et c’est pour cela que Renan a trébuché. Il ne s’agit pas de lui trouver des circonstances atténuantes ou non, mais juste de constater un fait.

    Pour ce qui est du prétérisme et du futurisme, je veux bien croire que les explications prétéristes ne satisfassent pas les tenants du futurisme, mais à titre personnel, je suis un prétériste convaincu :)

    Je viens d’ailleurs de terminer ma série d’articles sur le sujet. Je posterai un sommaire récapitulatif demain, en attendant voilà ma conclusion :

    http://didascale.com/disciples-de-jesus-quelle-est-notre-esperance-eschatologique/

    Bonne journée,

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      Éosine sam 12 Sep 2015 Répondre

      OK David,

      Je te ferai remarquer que Ruben Saillens a été à cheval sur le 19° et le 20°, et très fortement influencé par le baptisme anglais (il admirait inconditionnelement Spurgeon). Tandis que les pasteurs français du 19° que l’on appelait « protestants évangéliques », suite au schisme libéral, étaient plutôt issus du milieu réformé (Dhombres, Babut, Jalaguier…) et avaient souvent une culture plus germanique qu’anglaise. Ceux-là, comme Godet, ont déclaré explicitement qu’ils ne suivaient pas Gaussen dans sa théorie de l’inspiration biblique (qui la plaçait dans les livres et non dans les écrivains).

      Je ne me suis pas spécialement intéressé à la biographie de Renan, cependant au 19° le cloisonnement entre protestants évangéliques et catholiques n’était pas si étanche que cela. Godet avait de très bonnes relations avec Emile Le Camus, évêque de La Rochelle, qui lisait quotidiennement ses fameux commentaires, et qui est allé le visiter en Suisse. Quant à Renan, il a très probablement lu de quelque chose de la littérature évangélique qui lui fut consacrée, par exemple : « Le Jésus de Monsieur Renan » par Napoléon Roussel.

      Bon weekend.

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    cecile mar 11 Oct 2016 Répondre

    Bonjour, j’ai une théorie sur le nombre de la bête, si le 6 a une correspondance dans l’alphabet hébraique, il s’agit du vav. puisque dans les temps anciens, les voyelles n’étaient pas mentionnées, il nous reste vv. par conséquent 666 donnerait www
    Or, ce sont bien les 3 lettres qui nous donnent accès à la toile d’araignée mondiale, sans laquelle nous ne pouvons ni acheter ni vendre à l’heure actuelle.
    Cette marque sur le front ou la main , c’est bien ce que nous utilisons pour se connecter, la tête et la main. Si, au lieu d’être une personne, ce serait une personne morale, une big société par laquelle tout transiterait et qui passerait outre les les principes étatiques, du genre impôts, etc. et qui aurait ses propres lois qui ferait plier tout le monde. Je pense que nous y sommes…

    • Avatar Auteur
      marc mar 11 Oct 2016 Répondre

      Bonjour Cécile,

      Oui on entend ça parfois… Il faut espérer que ce genre d’interprétation concordiste soit fausse car que sommes nous en train de faire ??? :twisted:

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