« Adam, l’homme nu », le nouveau livre de Roger Lefebvre. Interview.

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Bonjour Roger, ton nouveau livre publié par notre association s’appelle « Adam l’homme nu ». Ce nouveau livre fait environ 150 pages, le précédent « Le faux problème de l’évolution » était plus volumineux. Lequel conseillerais-tu  en premier à des lecteurs qui n’ont lu ni l’un ni l’autre?

Bonjour Benoit. Mon désir, en publiant ce deuxième livre, c’est qu’il puisse encourager la réflexion des personnes qui voudront bien me lire. Avec le recul, je me suis rendu compte que mon premier livre paraissait un peu copieux aux yeux des personnes intéressées par le sujet, mais qui n’étaient pas forcément au fait de données scientifiques que je considérais comme acquises. J’ai donc voulu écrire quelque chose de plus accessible à un large public. D’autre part, après avoir réfléchi sur la question de l’origine de l’homme, et donc de l’évolution, j’avais envie de remonter un peu le temps pour voir en quoi ce que l’on sait aujourd’hui des origines de l’univers pouvait contribuer à la foi en un Dieu « créateur ».

 

Science & Foi tiendra un stand lors de la rencontre évangélique de Lognes ces 16, 17 et 18 novembre. Y seras-tu présent pour présenter ce livre ?

Oui, je serai là avec Françoise pour représenter notre association. Et bien sûr, ce sera l’occasion de présenter mes deux livres sur le stand. Ils sont aussi distribués par la CLC, la Librairie Chrétienne. Le premier se trouve en e-book sur Amazon et le second sera très bientôt en ligne également. Nous le présentons en « avant-première » au centre évangélique de Lognes.

 

Ce livre s’adresse-t-il à des croyants et/ou des non croyants? Faut-il avoir des connaissances particulières avant d’aborder ce livre?

Comme je viens de dire, cette deuxième publication de Science & Foi est « tout public » et les premiers échos reçus m’ont confirmé qu’il se lit beaucoup plus facilement. À la différence du premier livre qui visait un créneau bien précis : celui des chrétiens tentés d’abandonner la foi en la Parole de Dieu après avoir découvert qu’aujourd’hui, l’évolution était devenue un fait incontournable. Je pense que ce premier livre pouvait aussi intéresser d’autres croyants, même ceux demeurés « créationnistes », dans la mesure où ils disposaient là d’un outil susceptible d’aider l’un ou l’autre croyant sur le point d’abandonner la foi. Je songe notamment aux témoignages reçus de chrétiens, parents inquiets d’étudiants considérés comme « en perte de vitesse » spirituelle.

 

Ce nouveau livre comporte un sous-titre qui peut étonner: « Et si la nudité des premiers humains nous renvoyait à la nôtre ». Quel est le sujet et le message principal de ton livre?

Tout est parti du rapprochement de différents symboles présents, à la fois, dans les premiers chapitres de la Genèse et dans certaines lettres de l’Apocalypse. Ceux-ci touchaient notamment aux thèmes de la « nudité » et de la « honte », d’où mon sous-titre. Mais dans ces mêmes textes, le parallèle entre le début et la fin de l’humanité s’étend aussi au début et à la fin de notre univers. C’est donc tout naturellement que je me suis trouvé amené à élargir ma réflexion sur cette question particulièrement intéressante, du fait qu’elle met particulièrement en évidence la grandeur de celui que nos bibles appellent « l’Éternel ». Mais ces considérations demeurent toutefois secondaires par rapport au thème central qui est celui de la « nudité » de l’humanité devant son Créateur, c’est-à-dire sa culpabilité et la honte qui s’y rattache.

 

Tu abordes des questions difficiles, à la fois scientifiques et aussi théologiques, telles que: l’expression « péché originel vient-elle de la Bible ou de la tradition?

Comme je l’ai déjà dit ailleurs, je ne revendique ni le titre de « scientifique » ni celui de « théologien ». Je ne suis qu’un agronome appelé au ministère pastoral, tout en ayant exercé une carrière « alimentaire » d’enseignant dans divers lycées de Belgique. Ma modeste formation me permet toutefois d’évaluer les enjeux en présence et d’en proposer modestement une synthèse provisoire. En fait, ma réflexion part toujours de questions que tout le monde pourrait se poser… Et que beaucoup de posent !

Ainsi, le « péché originel » étant une expression inventée par Saint-Augustin, au 4ème siècle de notre ère, comment se retrouve-t-elle dans l’enseignement de plusieurs églises évangéliques qui proclament pourtant : « La Bible, toute la Bible et rien que la Bible » ?

De même, si ce péché se transmet de façon quasi héréditaire, comment Jésus peut-il dire : «  Quiconque reçoit en mon nom ce petit enfant, me reçoit moi-même ; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. » (Luc 9:48)

 

Dans le même ordre d’idées : pour toi, l’humanité est-elle issue d’un seul couple?

Pour le premier couple humain, il est vrai qu’il faut avoir quelques notions d’hébreu pour constater que le mot « Adam » n’a valeur de nom propre qu’à parti du 5ème chapitre de la Genèse. Et donc, que dans les textes de la création ce vocable est un non commun signifiant « l’humanité », comme dans presque tout l’Ancien Testament, d’ailleurs. Ce qui suggère une toute autre perspective pour aborder le récit de la création de nos « premiers parents ». Mais tout ceci appelle un développement, bien sûr !

 

Quels sont les enjeux pour toi d’une telle discussion au sein en particulier du monde évangélique?

À vrai dire, je ne recherche pas à débattre avec celles et ceux qui ont déjà des convictions différentes bien affirmées et qui s’en trouvent bien. Mais comme je viens de le dire, le pasteur que je suis a découvert qu’il n’est pas le seul à se poser ce genre de questions. Or à partir d’un certain degré d’interrogation, les questions qui demeurent sans réponses – à la fois bibliques et raisonnables – risquent bien d’affecter la foi des chrétiens, aussi sincères soient-ils.

À Worms, en 1521, Luther n’affirmait-il pas devant ceux qui voulaient le voir renier ses écrits : « À moins que l’on puisse me convaincre par les Écritures ou par des raisons évidentes, je ne puis ni ne veux me rétracter… » S’il est certain que Dieu se révèle dans la Bible, il est aussi vrai qu’il se révèle dans le livre de sa Création ; et cela, d’une façon tout ensemble accessible à la foi et à l’intelligence. (Cf. Romains 1:20)

 

Tu partages des réflexions passionnantes par rapport à l’éternité, au temps à la naissance de notre univers, sa fin, et aussi notre propre fin. Pourrais-tu nous en dire quelques mots?

Volontiers. C’est vraiment un sujet qui me pousse à louer et à glorifier la grandeur de notre Dieu ! J’espère avoir pu faire passer mon enthousiasme dans les quelques pages qui traitent de ce sujet. D’autres l’ont fait avant moi et de façon bien plus brillante que moi : je songe notamment aux très médiatiques Frères Bogdanov, si ce n’est que je me risque à être un peu plus qu’un agnostique en affichant ma foi en un Dieu « créateur ». Alors, pourquoi ces guillemets ? Parce que l’idée conventionnelle  qui veut que : « Dieu dit et la chose est » ne se trouve pas du tout remise en cause, mais seulement la nature de la « parole créatrice » de Dieu qui serait ici de nature à la fois physique et mathématique.

De plus, remonter avant ce qu’il est convenu d’appeler le « big bang » ouvre une notion de l’univers divin qui échappe à notre « espace-temps » : conception qui invite le croyant à considérer l’éternité à laquelle il se sait appelé, non plus en terme de « toujours, toujours… » mais plutôt comme une vie dans une autre dimension : celle-là même dont Jésus est venu et où il est retourné nous préparer une place !

 

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plus d’infos sur notre stand Science et Foi au centre évangélique de Lognes ici.

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