Adam et moi : 2. Comment le récit de la Genèse éclaire-t-il la nature de l’homme à partir de son rapport avec les animaux ?

Posté par Bruno Synnott

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Crédit image : slavkosereda

 

Nous le savons tous et c’est un fait : nous avons beaucoup en commun avec les animaux. Pour certain, cela sonne comme une insulte. Mais voyons le côté positif : les animaux ne sont-ils pas des créatures magnifiques, chacune ayant des facultés, des sens… des instincts de survie et une sensibilité assez incroyable ?

Genèse 2.7 dit :

L’Éternel Dieu façonna l’homme avec de la poussière du sol, il lui insuffla dans les narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant

ce qui signifie littéralement une « âme vivante » (hébreux, nephesch et en grec psychè). L’âme ou néphesch ou psychè c’est la « vitalité ou la force de vie »[1]. La Bible dit que les animaux ont reçu une âme[2]. Il ne faut pas confondre l’âme avec une substance éternelle sous l’influence de la philosophie platonicienne. La pensée hébreu n’est pas dualiste. Ge 2.7 ne dit pas que l’homme « a » une âme, mais « est » une âme vivante[3]. L’âme, la chair et l’esprit forment en l’homme une unité indissoluble et non divisible.

Dans la tradition de l’église, Irénée de Lyon a combattu le gnosticisme qui est la pensée selon laquelle la chair est mauvaise et la pensée doit être libérée par une connaissance ésotérique. Il a bien compris que l’âme et le corps ne font qu’un et sont inséparables[4]. Il n’y a pas de mauvaises parties dans l’humain. La chair n’est pas en soi mauvaise. Au contraire, elle est adaptée à la vie terrestre. Elle est nécessaire pour vivre et survivre sur la terre.

Ce qui différencie l’homme des animaux, c’est qu’Adam (l’humain) soit créé à l’image de Dieu. Cela veut essentiellement dire qu’il a non seulement les facultés de se relier à Dieu, et que Dieu l’a spécifiquement choisi pour être son représentant désigné et pour avoir avec lui une relation d’alliance.

Malheureusement, lorsque l’on conçoit l’âme comme une substance spirituelle opposée à la chair et au corps (un dualisme anthropologique), ou que l’on cultive envers le corps et la chair (y compris les animaux) un mépris et une vision négative, nous avons tendance à renier qui nous sommes au lieu d’aimer ce qui nous lie avec cette création matérielle et d’apprendre à la maîtriser.

Que faut-il comprendre de cela ? Le rédacteur du récit de la création d’Adam est très réaliste concernant la nature humaine. Il semble clair pour lui qu’Adam est premièrement un « être naturel » lié aux autres. Il est chair, et il a son origine dans le sol comme les animaux. Or il affirme aussi qu’à la différence des animaux, Adam est « choisi » pour représenter Dieu, il est placé dans un jardin pour le garder et le cultiver (voir article précédent). Il est nommé pour régner sur la création (animaux inclus) au nom du créateur lui-même.

Le narrateur montre donc la solidarité que l’humain partage avec les animaux, avec qui il est proche et en interaction continuelle. Il doit non seulement agir envers eux en bon intendant, mais aussi apprendre à les dompter et à se dompter lui-même.

Toutes les réactions instinctives de peur, de colère, de jalousie ne sont pas en soi mauvaises, si nous comprenons qu’elles sont essentielles à la vie sur terre, et si nous apprenons à les maîtriser par l’Esprit de Dieu. Ces sentiments seront toujours là du seul fait que nous sommes terrestres, issus du sol. Ces émotions vives et parfois douloureuses sont aussi ce qui nous maintient en vie en plusieurs circonstances.

Dommage que devant le serpent, Adam ait cédé à sa logique animale et ce faisant se soit soumis au malin. Dieu l’appelait à dompter ses peurs et ses désirs en se soumettant à Sa Parole. Encore aujourd’hui, chaque croyant est appelé à dompter en lui les instincts et les sentiments terrestres par l’Esprit de Dieu. Il ne doit pas les mépriser car ils sont nécessaires pour vivre et survivre. Il est toujours temps d’apprendre à se connaître, de s’apprivoiser et d’exposer ses désirs, ses envies et ses craintes naturelles au Seigneur afin qu’il nous aide à les maîtriser.

 

 

Notes


[1] Gordon Zerbe, Paul on the Human Being as a « psychic Body » : Neither Dualist nor Monist, Direction Journal

[2] Même terme pour l’homme et les animaux en Ge 1.20

[3] L’esprit sémitique a été exploré et mieux compris depuis les travaux de Josh Pedersen (1946-47) Israël, its Life and Culture, oxford et Copenhagen, Tome 1-2

[4] Daniel Haynes (2011) the Transgression of Adam…, St-Vladimir’s Theological Quarterly 55, 3 (2011), p. 299


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25 Commentaires

  1. him lun 06 Août 2018 Répondre

    Bonjour Bruno
    Tu dis « Dommage que devant le serpent, Adam ait cédé à sa logique animale ».
    Les animaux n’évaluent pas les conséquences en bien ou en mal de leur actions (sauf de manière ténue pour certains mammifères). Or l’homme a cherché à être capable de distinguer le bien du mal. L’animal opère selon l’instinct que Dieu lui à donné. C’est pourquoi l’animal de chute pas (à part le serpent).
    Il semble vertueux à Dieu de ne connaître ni le bien ni le mal.
    Deutéronome 1-39 dit:
    « et vos fils, qui ne connaissent aujourd’hui ni le bien ni le mal, ce sont eux qui y entreront (dans la terre promise) ». La terre promise est justement une image du royaume de Dieu et du jardin d’Eden.

    Le Dieu de la bible semble vouloir qu’on lui obéisse aveuglément sans que nous sachions reconnaître ce qui est bien et ce qui est mal.

    Mais l’obéissance aveugle c’est mal n’est ce pas ?

    • Olivia lun 27 Août 2018 Répondre

      Dieu ne veut pas qu’on l’obéisse aveuglement, sinon il n’aurait pas donner le libre arbitre ou la possibilité de le mettre à l’épreuve.
      Aussi, Adam et Eve ne voulait pas la connance du bie et du mal, mais égaler Dieu.
      Je pense que si Dieu a donné ce commandement c’est parce que la connaissance du bien et du mal a des conséquences. Paul disait dans son épître que sans loi il n’y a point de péché. Sans la connaissance du bien et du mal, Adam et Eve ne pouvait pécher. Un peu comme un bébé qui ne sachant ce qui est bien ni mal ne peut être rendu responsable de ces actes. Mais une fois qu’ils avaient cette connaissance, lorsqu’il faisait le mal, ils en étaient conscient et ainsi péchait. Or, la présence de Dieu est incompatible au péché. Raison pour laquelle cet acte les condamnaient à l’éloignement de Dieu.
      Et quand au pourquoi Dieu a créé l’homme sachant que l’homme allait chuter, un article en parle déjà sur le site.

  2. Victor lun 06 Août 2018 Répondre

    Bonsoir,
    Pour pouvoir obéir pleinement à l’ordre de Dieu Adam aurait dû pouvoir différencier le bien et le mal or ce n’était paradoxalement pas le cas jusqu’à la transgression primordiale… quelqu’un qui ne différencie pas le bien du mal est il conscient de l’importance d’obéir à un ordre ?
    Je n’avais jamais focalisé sur le sujet en lisent ce passage..

    • him lun 06 Août 2018 Répondre

      Bonsoir Victor
      je ne comprend pas le « pleinement ». Il n’est pas nécessaire de comprendre pour obéir. De plus il le mal au sens de la la genèse est purement dans la désobéissance, pas dans la compréhension du pourquoi c’est mal de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. D’ailleurs pourquoi est-ce mal de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Dieu seul sait.

  3. Victor mar 07 Août 2018 Répondre

    Bonjour Him,

    Justement, accorder une telle importance à la désobéissance d’une créature ne sachant pleinement discerner les choses me parait très exagéré. Je trouve que différencier le bien du mal est très important quand même pour pouvoir prendre des décisions et je ne m’étonnerais pas de voir une créature naïve transgresser un ordre dont elle évalue mal la porté. Un ordre apparemment mal compris. Eve dit dans Gé. 3:3 « Dieu a dit: Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez », alors que Dieu le dit sur un ton péremptoire Gen 2:17 « mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (vers. Seg.)
    J’ai entendu et lu tant de choses au sujet de la transgression d’Adam et Eve et ce qui me surprend tjrs c’est de voir l’intransigeance des chrétiens à l’égard de leur faute. C’était pourtant pas compliqué ! il suffisait d’obéir ! ils pouvaient manger de tous les fruits du jardin !! Ils connaissaient Dieu face à face et ils ont choisi de désobéir !! c’est très grave !!
    La sentence du Seigneur est justifié !!
    Ouai.. je sais pas.. moi j’ai souvent eu du mal avec ça…

    Aujourd’hui je comprend que la genèse est remplie de mythes, et l’éden est une allégorie dont ce sont servie les premiers rédacteurs pour expliquer les origines de l’homme en prenant soin de faire remonter l’origine des hébreux jusqu’au premier adam.

    Mais ce n’est que mon impression

    • him mar 07 Août 2018 Répondre

      Bonjour Victor.
      Oui Victor. Comme toi « Je trouve que différencier le bien du mal est très important ». C’est pourquoi le texte de la Génèse m’apparaît immoral sur ce point fondamental .

  4. Victor mar 07 Août 2018 Répondre

    Bonjour him,
    Oui je crois qu’on c’est compris, le problème de l’accession à la conscience morale par le couple originel me semble étrange et paradoxale..
    Personnellement je l’explique par la tentative, à une époque très reculée, d’expliquer les origines de l’homme par l’allégorie et le mythe..
    Une personne incapable de discerner le bien du mal (conscience morale) est soit arriéré mental soit atteint de troubles psychotiques…

  5. Auteur
    Bruno Synnott mer 08 Août 2018 Répondre

    Bonjour,
    Le récit adamique (Gen 2) n’est pas une histoire de loi, mais une histoire de foi. Il est évident que l’homme nouvellement créé, comme chaque enfant, ne possède la maturité, l’intelligence pour évaluer les tenants et aboutissants. La science montre que le cerveau atteint sa maturité dans la vingtaine, voire au-delà. Ainsi en était-il de l’Adam.

    Dans ce contexte la chute d’Adam n’est ni une surprise pour Dieu ni une fin. C’est plutôt un début qui permettra à Dieu de manifester pleinement sa grâce, nourrissant ainsi davantage la foi de l’humanité naissante.

    • Victor mer 08 Août 2018 Répondre

      Bonjour Bruno,

      Si on sort du cadre légale c’est plus acceptable. L’expérience de la désobéissance serait alors, en quelque sorte, le passage vers la maturité de l’homme et les conséquences de « la chute » ne serait pas une sentence mais les suites naturelles de l’indépendance d’un être devenue parfaitement conscience et livré à lui même, c’est à dire, qui ne peut plus naïvement s’en remettre à son créateur pour tous ses besoins, auprès du quel il n’avait quasiment aucune responsabilité. Seulement ça contredit fortement, et ce n’est pas pour me déplaire, la fameuse doctrine du « péché originel » dont on m’a rabattu les oreilles depuis tant d’années..
      Au passage, j’ai apprécié l’explication sur l’âme qui à fait couler beaucoup d’encre de tous temps et qui me parait plus clair vue sous cet angle, contrairement à l’être tripartite de Watchman Nee dans « l’homme spirituel » . Merci Bruno

      • Auteur
        bruno synnott mer 08 Août 2018 Répondre

        Le problème selon moi avec la doctrine du péché originel tel que la concoit Augustin est l’idée d’une union parfaite d’adam avec Dieu avant « la chute ». Or il y a une autre manière de lire le récit d’Adam (j’ai écrit plusieurs articles là-dessus) : Adam ne peut pleinement connaître Dieu sans connaître la grâce de Dieu, i.e le pardon et l’amour inconditionnel qu’il accorde en Christ (représenté dans le récit par le sacrifice d’un animal et les habits de peaux dont ils sont recouverts).
        Je vous invite à lire le récit de Ge 2-3 davantage comme un récit de conversion et non comme un récit de chute.
        Paul enseigne que l’homme ne peut connaître Dieu sans la grâce divine, et c’est exactement ce que raconte le récit adamique. L’homme ne connaît pas réellement Dieu avant la chute, avant que Dieu se révèle à lui en descendant dans le jardin vers le soir pour parler aux humains et les revêtir du sacrifice expiatoire.

        D’ailleurs, en bonne théologie, nul ne connaît Dieu par ses propres moyens,  » c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph 2.8)

        L’erreur d’Augustin suivi par plusieurs est d’affirmer qu’Adam bénéficiait d’une grâce surnaturelle (un dualisme anthropologique) avant la chute et que Dieu avait fait avec lui une alliance des oeuvres. Mais tous ces éléments (la nature spirituelle juxtaposée et l’alliance des oeuvres) sont absents du récit.

        Cette avenue de lecture que je propose va dans le même sens que la théologie de Paul: Romains 8: « 6 De fait, la nature humaine tend vers la mort, tandis que l’Esprit tend vers la vie et la paix.
        7 En effet, la nature humaine tend à la révolte contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu’elle n’en est même pas capable. »

        Voir aussi 1 Co 15.45 et suivant: « 45 C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant. Le dernier Adam est un esprit qui communique la vie.
        46 Mais ce n’est pas le spirituel qui vient en premier, c’est le naturel ; ce qui est spirituel vient ensuite.
        47 Le premier homme, tiré de la terre, est fait de poussière, le second homme, [le Seigneur, ] est du ciel.

    • him mer 08 Août 2018 Répondre

      Bonsoir Bruno,

      Donc chercher à savoir comment distinguer le bien du mal est une bonne chose en général mais Adam était trop jeune pour … bien comprendre ? Dieu lui aurait permis de manger du fruit de l’arbre quand il serait plus grand ?
      Le mythe d’Adam me parait plutôt être de type prométhéen.

  6. Benoit Hébert mer 08 Août 2018 Répondre

    bonjour Bruno,
    j’ai vu dans tes références « Gordon Zerbe, Paul on the Human Being as a « psychic Body » : Neither Dualist nor Monist, Direction Journal » et ça m’a intrigué.
    est ce que tu pourrais donner quelques détails supplémentaires, rappelant pour chacun ce qu’est le dualisme, le monisme…et nous expliquant un peu plus cette « troisième voie », ni moniste, ni dualiste

  7. Victor mer 08 Août 2018 Répondre

    Bonsoir Bruno,
    Je vous rejoins sur le problème du péché originel selon Augustin mais comment expliquer Gen 3:14-19 ? peut on contourner et pourquoi ?

    J’ai l’impression que vous avez une vue d’ensemble que je n’ai pas et qui vous permet de lire le récit biblique d’une façon non linéaire en joignant bout à bout des séquences signifiantes qui formes un tout cohérent. J’aimerais avoir cette vue d’ensemble plus ou moins chronologique en y incluent les théories avancées sur ce site mais pour le moment ça reste parcellaire..

    • Auteur
      bruno synnott jeu 09 Août 2018 Répondre

      Bonjour Victor, bonne question, j’en ai déjà parlé ailleurs (je vais essayer de retrouver où).
      En gros, Dieu dit ceci dans Genèse 3.14-19: vous ne trouverez jamais une joie parfaite dans cette création. Hors de Dieu, pas de plénitude. Les femmes sont ravies de la maternité ? hé bien elle n’y trouveront pas le paradis. Les hommes se délectent du travail ? hé bien ce ne sera pas le pur bonheur. La création est source constante d’émerveillement ? hé bien elle ne sera pas toujours agréable (elle produira épine et ronce).

      Je ne pense pas qu’il faut conclure qu’avant la chute la création ne produisait pas d’épines ni de ronces. Toutefois, l’humanité était appelé à trouver joie, sécurité et bonheur en Dieu seul et dans une marche par la foi malgré les difficultés inhérentes à une création évolutive. Or, s’étant éloigné de cet objectif par le péché, Dieu leur signifie qu’ils ne trouverons jamais dans leurs activités naturelles la plénitude tant souhaitées.

      • Victor jeu 09 Août 2018 Répondre

        Merci Bruno, je commence à y voir un peu plus clair. J’ai tendance à observer le texte de trop près et je n’ai pas encore assez de recule pour avoir une vue d’ensemble. J’ai lu ce matin ta série d’articles « Porter le message de l’évangile au cœur d’une création évolutive » très intéressent, si tu a des liens je suis preneur..

      • temaro jeu 09 Août 2018 Répondre

        Bonjour Bruno,

        Tu sembles donner un certain crédit aux notions de péché (originel) et de chute, notions que tu évoques clairement dans ton commentaire pour justifier Genèse 3.14-19.
        Pourtant, tu sembles également admettre que les espérances et difficultés de l’humanité existaient déjà avant une hypothétique chute, je cite:
         » Je ne pense pas qu’il faut conclure qu’avant la chute la création ne produisait pas d’épines ni de ronces. »

        Pour résumer, je ne vois pas bien comment justifier Genèse 3.14-19 ni quel message en tirer.

        N’étant pas théologien (comme le plus grand nombre) et surtout, étant persuadé que le message biblique devait être accessible à tous, y compris les moins instruits,
        merci pour tes éclaircissements sur ce point.

      • Manu ven 10 Août 2018 Répondre

        « Hors de Dieu, pas de plénitude. »
        Totalement d’accord, c’est la grande vérité de ce texte, mais il faut également admettre qu’il y a dans la Bible des récits étiologiques archaïques.
        « Les femmes sont ravies de la maternité ? hé bien elle n’y trouveront pas le paradis. »
        Certes, mais ce texte de la Genèse semble dire que les douleurs de l’accouchement sont une conséquence de la désobéissance. En réalité, la raison essentielle pour laquelle la femme souffre en accouchant, c’est parce que le bébé humain a une tête relativement grosse et qu’elle a un bassin relativement étroit de bipède. Le péché n’a rien à voir là-dedans. La bipédie n’est pas un péché.
        Le péché de l’homme est la cause d’une grande partie de ses maux, mais pas de tous ses maux.

        • Auteur
          bruno synnott ven 10 Août 2018 Répondre

          J’essaie de m’imaginer comment les tenants d’une position littérale du texte conçoivent que les femmes auraient pu ne pas souffrir les douleurs de l’accouchement si Adam n’avait pas péché ?

          • Victor sam 11 Août 2018 Répondre

            Bonjour Bruno,
            On peu observer dans quelle mesure l’impacte de l’acceptation de la véracité de cette sentence par les sociétés chrétiennes à travers les siècles à été considérable pour la condition de la femme. Apparemment la douleur obstétrique ne serait ni une fatalité ni inévitable par des moyens naturels.
            Une recherche rapide sur le web à donné ceci:

            Sur le bassin et la bipédie:
            July Bouhallier, anthropologue, qui enseigne au Muséum National d’Histoire Naturelle, docteure en paléontologie humaine et spécialiste du bassin et de l’accouchement dans l’évolution humaine:

            « …l’étroitesse du bassin n’est pas une idée nouvelle. Elle serait liée, selon la scientifique, à l’apparition de la bipédie il y a 6 millions d’années et à la comparaison avec la grandeur du bassin des grands singes. Pourtant, ce ne serait pas la taille du bassin qui a été impactée mais plutôt… sa forme. Avec la bipédie, l’axe de sortie du fœtus est devenu coudé, contrairement aux primates. »

            « Les diamètres de l’intérieur du bassin sont de 10/13 cm et celui du crâne de bébé… de 9,5/12 cm ! Que veut-dire cette notion de bassin « étroit » » ? Il y a au contraire une forte adéquation, les diamètres sont compatibles », explique-t-elle. »

            « Certes le crâne du fœtus est devenu plus volumineux mais il a dû s’adapter à la forme du bassin propre aux bipèdes en sortant plus prématurément que d’autres primates. Il y a donc toujours un souci d’adéquation ». Et de toute façon, rétorque t-elle : « Un bassin trop vaste ne permettrait pas à un fœtus d’avoir l’appui nécessaire pour effectuer sa flexion et rotation afin de sortir. »
            (https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/evolution/la-cesarienne-n-est-pas-un-facteur-d-evolution-de-notre-bassin-et-autres-verites-sur-le-bassin_108796)

            Au sujet de la douleur:

             » Oui, la douleur obstétricale existe, mais, et ce « mais » est important, elle est éminemment variable. Car la douleur n’est pas toujours perçue de la même façon. Cela dépend de la fatigue, de la peur, du stress, des expériences précédentes, etc. Certaines femmes mettent leur enfant au monde sans souffrir, sans besoin de médicament. Et d’autres ont très mal, elles se sentent dépassées par la douleur et elles ont besoin d’une anesthésie. Entre ces deux extrêmes, tous les degrés existent. »
            (http://www.psychologies.com/Famille/Maternite/Accouchement/Articles-et-Dossiers/Un-accouchement-est-il-toujours-douloureux)

            « ..à partir des années 1930 naît en Grande-Bretagne un courant délibérément idéaliste initié par un médecin croyant, Grantly-Dick Read (1890-1959). Officier de santé dans l’armée britannique, il s’initie à la relaxation aux Indes. Son expérience médicale l’amène à constater l’absence de souffrance lors de certains accouchements et mieux encore, la parfaite tolérance physiologique à l’événement de femmes qui reprennent sans sourciller de lourdes activités physiques aussitôt après la mise au monde de leur enfant. »
            (https://www.cairn.info/revue-spirale-2008-1-page-79.htm#pa29)

  8. temaro ven 10 Août 2018 Répondre

    Bonjour Bruno,

    Merci pour tous ces articles qui s’inscrivent tous très clairement dans une approche théiste.
    (ben oui, je sais, votre site s’intitule « Science et Foi »)

    Pourtant, il ne faudrait pas sous-estimer une approche purement naturaliste (théorie de l’esprit), qui, si elle est aujourd’hui incomplète (comme c’est le cas pour la gravité quantique), demeure l’outil à la fois nécessaire et suffisant en théorie pour expliquer la conscience au sens large (notre relation au monde extérieur, mais aussi réflexive et morale) qui caractérise l’espèce humaine mais pas seulement.
    (de nombreux comportements guerriers mais aussi altruistes ont été observés chez un certain nombre d’autres espèces supérieures)
    Ceci m’amène à la réflexion suivante.
    Si la conscience est une conséquence de la complexité qui s’exerce dans le cadre d’une évolution darwinienne dans l’organe le plus sophistiqué que nous connaissions (le cerveau humain), quelle place reste-t-il pour une solution ontologique du type « dieu transcendant », par exemple ?

    Enfin, j’ai noté ceci sur ce lien:
    https://www.scienceetfoi.com/ressources/questions-interpretation-de-genese-1-3/

     » Quel est l’avantage d’une approche littéraire ?  »
    L’approche littéraire permet de sortir du dilemme de savoir qui a raison entre la science et la Bible.
    Les vérités scientifiques peuvent changer, mais les VERITES DE FOI DE DE VIE conformes à la volonté de Dieu (2 Tim 3.15-16) elles, demeurent toujours.  »

    Qualifier de « vérité » ce qui relève de la foi ou des choix de vie relève de l’abus de langage.
     » Valeurs  » me semble plus indiqué.
    Enfin, qui sommes nous pour évoquer « la volonté de Dieu » ?

  9. him ven 10 Août 2018 Répondre

    Voici une proposition pour une révision du mythe d’Adam:

    Dieu dit à Adam : « Vois ce magnifique jardin et ses arbres des connaissances : connaissance pour la médecine, l’agriculture, les arts, la construction, la physique, la chimie, le mathématiques … Tu pourras tirer profit de chacun d’eux. Mais tu dois d’abord apprendre de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, avant de tirer utilement profit des autres arbres du jardin, car tu n’es pas seul sur la terre et tu quitteras un jour ce jardin pour enseigner les autres hommes ».
    Quelques temps plus tard Dieu rencontra Adam et l’interrogea sur nombre de sujets savants, en allant de la mécanique quantique, à la théorie de l’évolution en passant par la théorie microbienne des germes infectieux. Et clairement Adam était devenu très savant. Mais quand Dieu questionna Adam sur la moralité, celui ne savait quoi répondre ».
    Alors la colère de Dieu s’enflamma contre Adam et lui dit:
    « Puisque tu as méprisé mon conseil, et que tu as privilégié l’accessoire et ignoré l’essentiel, alors je t’envoies vers les hommes que tu ne pourras pas aider à construire une société juste, équitable qui recherche la paix, au lieu de cela, ils prendront conseil auprès de Dieux qu’il auront créé, en disant mon Dieu sait, mon Dieu me guide, et même ce que tu as appris tombera dans l’oubli ».
    Adam répondit «  Mais c’est sur les conseils du serpent que j’ai mis de coté l’étude du discernement du bien et du mal et … »
    Ce à quoi Dieu répondit « Menteur ! Un serpent ça parle pas ! »

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