« 4 vues à propos de l’Adam historique » chez Zondervan (2/4). La vision archétypale d’Adam, selon John Walton

Posté par Benoit Hébert

>4 Articles pour la série : 4 vues sur l'Adam historique
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L’ouvrage « 4 vues à propos de l’Adam historique » est paru chez l’éditeur américain Zondervan. Dans cet ouvrage, 4 théologiens évangéliques nord américains ( Denis Lamoureux (pas d’Adam), John Walton (l’Adam archétypal), John Collins (créationnisme terre ancienne) et William Barrick (créationnisme terre jeune ) s’expriment à propos du débat concernant l’Adam historique, en lien direct avec nos discussions sur les rapports science/foi. Nous publierons 4 petits articles résumant selon les éditeurs (Barrett & Caneday) du livre  l’avis de chacun d’entre eux. L’occasion de prendre conscience de l’état du débat contradictoire, et du fait que tous ne peuvent pas avoir raison en même temps !

L’Adam historique et archétypal, selon John Walton

Wheaton College Bible and History Department Professors and Staff, November 17, 2008 © Michael Hudson, All Rights Reserved

Wheaton College Bible and History Department Professors and Staff,
© Michael Hudson, All Rights Reserved

« Contrairement à Denis Lamoureux, Walton croit qu’Adam était une personne historique. Pourtant, ce n’est pas sur son historicité que l’Ecriture met l’accent. Elle la met plutôt sur le caractère représentatif et archétypal d’Adam et Eve pour toute l’humanité. Walton soutient que non seulement certains passages de l’AT et du NT soutiennent ce point de vue, mais aussi des indices contenus dans la littérature du Proche Orient Ancien.

L’emphase sur le caractère archétypal d’Adam n’est nul part aussi évidente que dans Genèse 2. L’auteur ne se préoccupe pas de la formation physique d’Adam et Eve en tant qu’êtres biologiques. L’auteur se préoccupe plutôt des fonctions assignées à l’humanité. Par conséquent, le but et l’intention de Genèse 2 n’est pas de faire une affirmation à propos des origines biologiques d’Adam et Eve. Les évangéliques se trompent s’ils opposent la Bible à la science en ce qui concerne les origines biologiques de l’homme.

Ainsi, Walton ouvre la possibilité qu’Adam et Eve, bien que personnes historiques, ne soient peut-être pas les premiers hommes ayant existés ou les parents de toute l’humanité.

Alors que Walton reconnaît qu’on peut instrumentaliser l’évolution de mauvaise manière (par exemple en en faisant un processus sans finalité, excluant la nécessité de Dieu), il pense qu’il n’y a rien de fondamentalement dérangeant avec l’évolution « guidée intentionnellement par un Dieu infiniment puissant et souverain ». Walton ne prend pas position pour ou compte l’évolution, l’acceptant ou la rejetant, son modèle permet l’incorporation de l’évolution.

De plus, les points théologiques faits par l’Ecriture lorsqu’elle fait appelle à Adam (la mort, le péché, le second Adam, etc.) ne reposent pas sur la croyance qu’Adam et Eve étaient historiquement les premiers êtres humains, ou les parents de l’humanité. Leur parentalité est vue de manière archétypale, pas matérielle. Walton souligne que l’inerrance biblique s’applique aux affirmations explicites du texte. Comme la Bible ne fait aucune affirmation de nature scientifique à propos des origines matérielles de l’humanité, l’inerrance biblique n’est pas remise en question par les différents points de vue à propos des origines. Walton affirma qu’on ne devrait appliquer le principe d’inerrance qu’aux affirmations explicites du texte. »

Voici la réponse de Denis Lamoureux aux arguments de John Walton. Denis Lamoureux s’exprime dans le cadre d’une table ronde disponible sur internet. Cette table ronde a réuni un certain nombre de théologiens Nord américains influents et actifs dans le débat sur l’Adam historique et le péché originel :

 

Denis Lamoureux ne souscrit pas au concordisme historique et scientifique, mais au concordisme spirituel et théologique. Fidèle au principe herméneutique du message véhiculé, il rejoint John Walton sur l’interprétation spirituelle et archétypale d’Adam, mais il reconnaît aussi que ce message inspiré est « emballé » dans une conception ancienne des origines de l’humanité commune aux peuples du Proche Orient Ancien.

« John Walton a été d’une aide précieuse pour aider les évangéliques à comprendre la nécessité de lire la Parole de Dieu à la lumière de la littérature ancienne du Proche Orient. Je suis en totale résonance avec son interprétation archétypale d’Adam et Eve. Si nous ne comprenons pas que nous sommes tous Adam et Eve, nous sommes passés à côté de la vérité spirituelle infaillible contenue dans Genèse 2 et 3. Je suis en désaccord sur le fait que les récits de création ne feraient référence qu’aux origines fonctionnelles de l’humanité, et pas aux origines matérielles. A la lecture personnelle des récits des origines du Proche Orient Ancien, et à celle des deux volumes de  David A. Leeming :  Creation Myths of the World (2010), il me paraît évident que ces récits nous parlent à la fois des origines fonctionnelles et aussi des origines matérielles.« 

Pour ceux qui voudraient écouter John Walton à propos d’Adam et Eve, voici la vidéo de sa conférence donnée à Grand Rapids cet été, conférence à laquelle nous avons assisté dans le cadre du programme ‘évolution et foi chrétienne » de la fondation BioLogos.

 


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5 Commentaires

  1. rodolphe (posta01) ven 16 Oct 2015 Répondre

    Quand un évangéliste évoque la theorie de l’evolution à partir d’une conception d’Adam et Eve on peut craindre le pire.
    Le brouillage des frontières epistemologiques n’est jamais tres loin, j’en veux pour preuve cette proposition de Denis Lamoureux.
     » Walton reconnaît qu’on peut instrumentaliser l’évolution de mauvaise manière (par exemple en en faisant un processus sans finalité, excluant la nécessité de Dieu), il pense qu’il n’y a rien de fondamentalement dérangeant avec l’évolution « guidée intentionnellement par un Dieu infiniment puissant et souverain »  »
    Il faut pourtant savoir et rappeler que de nombreuses preuves (y compris experimentales) ont été apportées concernant le caractère « aveugle » de l’evolution. Ce point n’est clairement plus un débat pour les biologistes.
    C’est en faisant intervenir un createur qu’on instrumentalise la science. Ici Lamoureux inverse simplement les roles.

    • Auteur
      Benoit Hébert ven 16 Oct 2015 Répondre

      Rodolphe, Denis Lamoureux n’est pas évangéliste mais théologien évangélique, il est titulaire de trois thèses d’Etat, dont une en biologie de l’évolution…Il parle ici en tant que théologien. Concernant le rôle aveugle de l’évolution, prends connaissance des travaux du paléontologue de l’université de Cambridge, Simon Conway Morris http://www.scienceetfoi.com/levolution-convergente-en-ligne/

      • rodolphe (posta01) ven 16 Oct 2015 Répondre

        Désolé d’avoir « ecorche » le profil de Denis Lamoureux.
        Quoi qu’il en soit, la theologie n’est certainement pas la meilleure façon d’évoquer une théorie scientifique.
        Quant aux travaux de Simon Conway Morris que je n’ignore pas, encore une façon de brouiller les pistes !
        Personne ne conteste la convergence et les « îles de stabilite » en biologie.
        L’eau aussi coule toujours vers le bas (gravite) et s’accumule vers les plus grandes zones de stabilité. (les trous)
        Est-ce pour autant qu’il faille invoquer une intention ?
        Je pourrais évoquer également l’evolution du climat, la tectonique des plaques, l’evolution orbitale des planetes et de leurs satellites etc…
        Les choses arrivent parce que la probabilité non nulle, c’est tout !

        • Auteur
          Benoit Hébert sam 17 Oct 2015 Répondre

          Pas plus d’un commentaire à la fois, cher Rodolphe. On veut laisser d’autres blogueurs s’exprimer. Il me semble que tu as largement la parole ces derniers temps…

          • rodolphe (posta01) sam 17 Oct 2015 Répondre

            Affirmatif…
            Quoique une réponse sur le fond eut ete peut-etre préférable à la censure de mon « complément de reponse » …

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