« 11 erreurs courantes dans le « débat » à propos d’Adam », selon Peter Enns (1/2)

Posté par Benoit Hébert


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Les origines évolutives de l’homme et l’existence d’Adam et Eve sont certainement le défi théologique le plus sensible que les découvertes de la science aient jamais posé à la tradition chrétienne. Cette question est à n’en pas douter beaucoup plus complexe à gérer que l’ « affaire » Galilée.

De façon étonnante, c’est seulement maintenant que cette question prend toute son actualité, en tout cas chez les évangéliques, 150 ans après Darwin. Il est vrai que la génétique a confirmé au-delà du doute raisonnable depuis une douzaine d’années seulement que :

  • L’homme a bien une origine biologique commune avec le reste du monde vivant.
  • L’émergence de l’espèce humaine a eu lieu au sein d’une population de plusieurs centaines voire quelques milliers d’individus. Nous ne descendons pas d’un seul couple.

On peut choisir d’ignorer ou de rejeter ces avancées de la connaissance, les chrétiens devront pourtant y faire face un jour ou l’autre. L’histoire des rapports entre christianisme et science nous suggère que le plus tôt sera le mieux ! Les leçons de l’histoire nous apprennent aussi que ceux qui soulèvent des questions de ce type ne sont pas toujours bien compris ;-)

Les théologiens chrétiens dont certains évangéliques y réfléchissent déjà depuis plusieurs années. Tous sont convaincus que ceci ne remet pas en cause les grandes vérités de l’évangile, en particulier la valeur du salut acquis par notre Sauveur Jésus-Christ. Par contre, certaines particularités théologiques de telle ou telle sensibilité sont remises en question, et osons le dire, c’est le cas pour beaucoup d’évangéliques.

Nous avons déjà publié un certain nombre de points de vue différents, car on ne peut se faire une opinion qu’en étant confronté à plusieurs manières de voir, avec leurs forces et leurs faiblesses. C’est pourquoi nous proposons au public chrétien toutes ces options.

Dans cette discussion, la voix du théologien américain Peter Enns a attiré l’attention de plusieurs en quête d’une solution théologiquement attractive et surtout intellectuellement honnête. Peter Enns a un style assez tranché (parfois même provocateur) , mais il a le mérite de ne pas esquiver les difficultés. Il est partisan d’une lecture symbolique d’Adam et Eve. Il l’ explique dans son livre The Evolution of Adam: What the Bible Does and Doesn’t Say about Human Origins (L’évolution d’Adam: ce que la Bible dit et ne dit pas à propos des origines de l’homme.)

Dans un article récent paru sur son blog, Peter Enns énonce 11 erreurs qui, selon lui, sont commises par ceux qui maintiennent une vision historique traditionnelle d’Adam et Eve, et il y répond. Que l’on soit ou non convaincu par ses arguments, il me parait important de les connaître. Je ne traduirai pas la totalité de l’article, mais seulement les phrases clés, développées dans l’article original.

« 11 erreurs « récurrentes » dans le débat sur « l’Adam historique »

  1. Il s’agit de l’autorité de la Bible
  2. Vous donnez à la science plus d’autorité qu’à la Bible
  3. Mais l’église n’a jamais remis en question l’existence d’Adam et Eve
  4. A la fois Paul et l’auteur de la Genèse pensait qu’Adam était une personne réelle, le premier homme. Nier l’historicité d’Adam signifie que vous savez mieux que l’auteur biblique.
  5. La Genèse dans son ensemble, le récit d’Adam y compris, est un récit historique, et donc doit être pris comme récit historique.
  6. L’évolution est une véritable « religion » hostile au christianisme.
  7. Puisqu’Adam est nécessaire à la foi chrétienne, nous savons que l’évolution ne peut pas être vraie.
  8. La science change sans cesse, on ne peut donc pas s’y fier.
  9. Il y a des scientifiques qui questionnent l’évolution, et ceci conforte la crédibilité de la vision biblique des origines de l’homme.
  10. Les preuves pour et contre l’évolution sont ouvertes chacun et peuvent être établies par n’importe qui.
  11. Croire en l’évolution est synonyme d’abandonner sa foi évangélique. »

Je me demande bien comment Peter Enns va répondre à des arguments aussi populaires et aussi forts ??? Se serait-il mis lui-même la corde autour du cou ?

Les réponses à ces arguments dans un prochain article !!!


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Réponses à  » 11 erreurs « récurrentes » dans le débat sur « l’Adam historique » » selon Peter Enns (2/2) >>
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26 Commentaires

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    Manu ven 22 Mai 2015 Répondre

    « On peut choisir d’ignorer ou de rejeter ces avancées de la connaissance, les chrétiens devront pourtant y faire face un jour ou l’autre. L’histoire des rapports entre christianisme et science nous suggère que le plus tôt sera le mieux ! Les leçons de l’histoire nous apprennent aussi que ceux qui soulèvent des questions de ce type ne sont pas toujours bien compris. »

    C’est vrai, et je salue votre courage.

    J’ai entendu dernièrement (janvier 2015) un pasteur (docteur en théologie) d’une grande Église évangélique (CAEF) qui prêchait sur l’inerrance de la Bible et qui affirmait que celle-ci est inerrante non seulement en matière de foi, mais aussi en matière de science, en citant l’article 12 de la Déclaration de Chicago de 1978 sur l’inerrance biblique :
    « Nous affirmons que l’Écriture dans son intégralité est inerrante, exempte de toute fausseté, fraude ou tromperie.
    Nous rejetons l’opinion qui limite l’infaillibilité et l’inerrance de la Bible aux thèmes spirituels, religieux, ou concernant la rédemption, et qui exclut les énoncés relevant de l’histoire et des sciences. Nous déclarons, en outre, illégitime l’emploi d’hypothèses scientifiques sur l’histoire de la terre pour renverser l’enseignement de l’Écriture sur la création et le déluge. »

    Comment voulez-vous que les communautés évangéliques puissent affronter la réalité tant qu’ils seront maintenus dans le déni de la réalité par l’enseignement de pasteurs eux-mêmes mal formés par les instituts et facultés de théologie évangélique ?

    Exemple, dans la Déclaration de foi de l’Institut biblique de Genève :
    « L’Homme et le Péché :
    Nous croyons que l’homme, créé à l’image de Dieu, a chuté en la personne et par la faute originelle et historique d’Adam. Toute l’humanité naît sous la domination de Satan, dans la révolte, la corruption, la culpabilité et la condamnation, dans un état de déchéance et de perdition totales. »

    Et pendant ce temps, nos enfants apprennent au CE2 quelles sont les origines de l’homme…

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert ven 22 Mai 2015 Répondre

      Merci Manu pour tes encouragements et tes commentaires toujours très pertinents!

      Mon fils en première S apprend les preuves génétiques de l’évolution, humaine en particulier…Les nier revient en gros à rejeter une partie très importante des programmes des « Sciences de la vie et de la terre » (biologie et géologie)…c’est une lourde responsabilité!

      Nous avons pris le parti de la franchise ET de la recherche de l’unité spirituelle des chrétiens. Ce n’est pas toujours évident, mais nous sommes conscients qu’il faudra du temps pour que la situation….évolue ;-)

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      Spidherrmann lun 25 Mai 2015 Répondre

      « Et pendant ce temps, nos enfants apprennent au CE2 quelles sont les origines de l’homme… »
      Je rajoute:
      « Et pendant ce temps, nos enfants apprennent au CP, quelle est leur identité sexuel! »
      Tout ce qui est enseigné à l’école n’est pas vérité.
      Là aussi, nous constatons une évolution…
      Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons (1 Tim 4.1)
      Là aussi, nous constatons une évolution…

      « Dans le système évolutionniste de la pensée, il n’est plus nécessaire et il n’y a plus de place pour le surnaturel. La terre n’a pas été créée ; elle a évolué. Cela concerne tous les animaux et toutes les plantes qui l’habitent, y compris nous les hommes, âme et esprit, tout comme le cerveau et le corps. Ainsi en est-il aussi de la religion. […] L’homme évolué ne peut plus échapper à sa solitude dans les bras d’une figure paternelle divinisée qu’il a lui-même créé. […] Notre nouvelle organisation de la pensée – système de croyances, cadre de valeurs, idéologie, appelez ça comme vous voulez – doit grandir et être mise au point à la lumière de notre nouvelle vision de l’évolution. Donc, en premier lieu, il faut, bien sûr, que cette vision soit elle-même évolutive. C’est-à-dire qu’elle doit nous aider à penser en termes d’un processus majeur de changement, de développement et d’amélioration éventuelle ; à avoir les yeux fixés sur l’avenir plutôt que sur le passé ; à trouver de l’aide dans la substance de nos connaissances, non pas dans un dogme fixe ou une ancienne autorité.
      De même, bien sûr, les perspectives de l’évolution doivent être scientifiques, pas dans le sens qu’elles rejettent ou négligent d’autres activités humaines, mais dans la croyance en la valeur de la méthode scientifique pour susciter la connaissance à partir de l’ignorance, et la vérité à partir de l’erreur, en se basant sur le solide terrain des connaissances scientifiquement établies. Contrairement à la plupart des théologies, [les nouvelles perspectives] acceptent la fatalité et, en fait, l’opportunité du changement, et elles avancent en accueillant de nouvelles découvertes, même si celles-ci entrent en contradiction avec de vieilles façons de penser. »
      Julian Huxley – Célébration du 100aine anniversaire de la parution du livre De l’origine des espèces de Charles Darwin – Chicago, 21 novembre 1959

      • Avatar Auteur
        Benoit Hébert lun 25 Mai 2015 Répondre

        Comme d’habitude, cher Spiderhermann, vous mélangez tout,

        Ce qui relève de la démarche scientifique et ce qui relève de l’idéologie.

        Vous faites le même type d’amalgame que Julian Huxley, que vous condamnez pourtant…

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          Spidherrmann lun 25 Mai 2015 Répondre

          Cher Benoît,

          Il n’y pas de confusion ni d’amalgue.
          Le CRNS est a la botte du gouvernement et produit des études en faveur de la théorie du genre.
          http://www.cnrs.fr/mpdf/spip.php?article563
          Quel est le but recherche par ce genre d’étude?

          Quant à Julian Huxley, dois-je rappeler qu’il était le premier président de l’UNESCO après la fin de la 2nde guerre mondiale. Je ne pense pas qu’il soit resté les bras croisés lorsqu’il a participé à l’établissement des contenus des programmes scolaires postérieures à la guerre. Je rappelle aussi que l’objectif de l’UNESCO est le contrôle de la pensée pour éviter une nouvelle guerre mondiale.
          Dans ce cadre, la science a aussi son rôle à jouer pour arriver à ce but.
          Pour le père du transhumanisme, théoricien de l’eugénisme, il faut vraiment avoir des oeillères.
          Maintenant Benoît, c’est à toi de savoir ce que tu veux bien croire.

          • Avatar Auteur
            Benoit Hébert lun 25 Mai 2015 Répondre

            Cher Spiderhermann,

            Nous sommes autant en désaccord que toi à propos de l’eugénisme, de la « théorie du genre » ou du transhumanisme, et nous nous sommes largement exprimés sur ces sujets. Ce ne sont pas des débats scientifiques, mais éthiques et moraux…Ta technique réthorique qui consiste à amalgamer théorie de l’évolution et toutes ces dérives est précisément ce qui t’empêche d’analyser sereinement les preuves scientifiques pour ce qu’elles sont, et les raisons pour lesquelles bcp de chrétiens authentiques les reconnaissent.

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    Jean-Baptiste sam 23 Mai 2015 Répondre

    Bonjour, trés bons articles sur votre site que je découvre tout juste, j’ai imprimé certains articles sur Genèse 1 et ceux sur Adam donc.

    J’ai été élevé chez les Adventistes du 7 éme jour depuis tout jeune, mouvement que j’ai quitté il y a un certain temps déjà. J’étais passionné et je le suis encore, de Botanique, et je m’interrogeais sur l’origine de la Flore en général, enfin sur la diversité incroyable d’espèces, petit à petit je suis venu à des choses plus scientifiques que cet obscurantisme religieux dans lequel j’avais baigné depuis tout jeune.

    Ce fût un choc pour moi il y a quelques années, ayant début un cursus en Théologie Protestante Libérale j’avais été choqué d’entendre des enseignants affirmer que l’Arche de Noé était un Mythe, tout comme le déluge donc et la Création, tellement choqué que j’ai arrêté la deuxieme année, un genre de Traumatisme intellecuel/Spirituel, je me suis « accroché » un certain temps à l’Adventisme c’était un refuge face aux évidences qui m’avaient choquées, outrées même, pour revenir aux évidences développées sur votre site donc.

    Je me suis rendu compte de l’endoctrinement des églises sur toutes ces questions, j’étais inconscient de mon état, aujourd’hui je suis bien content d’avoir trouvé toutes ces choses.

    Je peux juste témoigner du fait qu’il y a un « décrochage » douloureux par lequel passer pour se débarasser une fois pour toutes de mythes bibliques utilisés à certaines fins.
    Dans l’Adventisme, ce n’était pas les Mythes qui me posaient forcément problème, mais bien plus le détournement intellectuel qui en était fait à des fins idéologiques (maintenir les Moutons dans l’obscurantisme) et financières.

    Salutations Fraternelles.

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert sam 23 Mai 2015 Répondre

      Bonjour Jean Baptiste,

      merci de partager ton expérience sur ce blog.

      L’équilibre à trouver n’est pas évident… d’un côté garder une foi profonde dans l’inspiration et l’autorité spirituelle de la Bible, d’un autre tenir compte découvertes des sciences naturelles, bibliques et historiques.

      Nous pensons que c’est possible et même vital.

      Le problème est que beaucoup ont l’impression qu’il n’existe que deux options: le libéralisme ou l’anti évolutionnisme…

      Nous voulons faire la promotion d’une troisième voie sur ces sujets. Garder ce qui fait la force des mouvements évangéliques, son zèle dans l’évangélisation, sa spiritualité, son accent sur la conversion personnelle, son amour pour la Bible, mais aussi rester crédibles vis à vis des progrès de la connaissance. C’est à notre humble avis l’avenir du mouvement évangélique, s’il veut rester pertinent pour notre génération.

      L’utilisation du mot « mythe » est assez délicate, mais de plus en plus d’évangéliques l’utilisent pour qualifier au sens technique et non populaire les 11 premiers chapitres de la Genèse. Des textes fondateurs qui nous expliquent la raison d’être du monde qui est le nôtre, au sens spirituel, mais pas forcément dans un langage historique moderne. Bruno Synnott, notre théologien « maison » l’explique dans cet article, qu’est-ce qu’un mythe ?

      Bref notre travail consiste à éviter à la nouvelle génération le choc qui a été le tien, à lui permettre d’associer foi vivante et découvertes de la science :-)

      En ce qui concerne les ressources de ce site et blog, je t’invite à consulter la catégorie Adam et Eve du blog, ainsi que « difficultés d’interprétation biblique » dans les ressources.

      Dans quelques mois nous publierons l’ouvrage de Bruno Synnott, « le péché originel, un nouveau regard », je te conseille vraiment de l’acheter!!

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    Jean-Baptiste dim 24 Mai 2015 Répondre

    Bonjour Benoît, Merci pour vos liens que je pourrai consulter :) Je pense que toute la difficulté réside dans ce Fondamentalisme soigneusement entretenu et cultivé dans certains mouvements.
    J’ai connu un pasteur qui avait eu toutes les peines du monde à terminer son Doctorat en Théologie à Strasbourg parce qu’il était taxé d’apostat à la Foi Adventiste par certains, du fait qu’il avait étudié des doctrines plus libérales.

    Pour ma part, c’est trés simple, je n’ai plus eu de contacts avec les Adventistes de mon ancienne église, non pas que celà vienne de moi, mais comme la plupart sont trés fondamentalistes, ils coupent en général les ponts lorsque les gens, et d’une ne viennent plus à l’église, et alors si leurs convictions ont changé alors là je n’explique même pas…(c’est pire que tout).

    Personnellement, je pense que rien ne changera jamais à ce niveau dans cette confession étant donné que le Sabbat est le pilier du mouvement, et qui dit Sabbat dit Création prise au sens littérale. Il y a d’ailleurs tout un arsenal livresque pour protéger des doctrines obscures, veillissantes, dans l’Adventisme.

    De plus, spécificité du mouvement, il y a une prophétesse; E.G.White ayant eu « des visions » au sujet de la Création bien sûr, et des tas d’autres choses, Intouchable bien sûr…

    La réponse ultra classique à ton sujet lorsque tu n’adhères plus aux convictions du mouvement (enfin de la Secte selon ma nouvelle vision) « C’est le Diable »…

    Le Diable dans ces mouvements c’est celui sur qui on met tout ce qui pose problème à la reflexion pertinente sur des tas de sujets, tout ce qu’on refuse de comprendre, et il y en a des choses.

    Le pire dans ces mouvements selon mon experience personnelle ? Un/Une adventiste qui est dans l’ambiguité par rapport à un conjoint « accroché », certains doutent de tas de choses mais ne peuvent rien dire aux yeux de tous,il y a aussi des pasteurs qui ont compris pas mal de choses avec le temps mais qui n’osent rien dire par peur de la Radiation, et donc de la perte de boulot.

    C’est pour celà que ceux qui « décrochent » de ces mouvements réalisent pas mal de choses au bout de plusieurs années aussi, que finalement c’est un endoctrinement qui conduit la Foi d’Adeptes.
    C’est pour celà que lorsqu’un membre « erre » seul loin de l’église, la hierarchie s’occupe vite de son cas avant que le questionnement arrive trop vite et que l’adepte Mouton leur échappe.

    Là dedans, Oui c’est sûr Jésus est le bon Berger aussi, enfin, une certaine hierarchie disons s’occupe de Moutons.

    Si je suis un peu dur avec cette confession, excusez moi, mais je n’ai jamais rien vu d’autre que Divorces, enfants à qui on ne parle plus, etc lorsque les gens ne croient plus ce qu’il faut croire.

    On a peine à le croire mais divorcer parce qu’un conjoint n’adhère plus au Sabbat, ben si c’est possible…

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert dim 24 Mai 2015 Répondre

      Bonjour Jean-Baptiste,

      il s’agit en effet d’expériences douloureuses…Les thèses de White ont jouées un rôle important dans l’émergence du créationnisme au sein du monde évangélique, en particulier outre Atlantique dans les années 60…L’historien américain de confession évangélique Mark Noll l’explique bien dans cet article

      L’Adventisme est un mouvement particulier que je connais très mal, qui me semble très à la marge par ses particularités de l’immense majorité des évangéliques. En tout cas, je suis heureux de voir que tu as gardé la foi malgré ton histoire! Ce blog existe aussi pour que des personnes comme toi constatent qu’il existe autre chose dans le monde évangélique français. N’hésite pas à nous faire part de tes réflexions à la lecture des différents articles que je t’ai recommandés, et bon we de Pentecôte!

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    Kessely mar 04 Août 2015 Répondre

    Bonjour Benoît, que dire de romains 5 ?

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert mar 04 Août 2015 Répondre

      En ce qui concerne Romains 5, il sera difficile de répondre en quelques lignes. Bruno Synnott abordera cette question dans son prochain livre « un nouveau regard sur le péché originel », que nous publierons dans quelques mois.
      L’interprétation qui me satisfait le plus, à la fois pour des raisons bibliques et scientifiques ressemble assez à ce que vous pourrez lire dans cet article (en anglais malheureusement).
       » the account in Romans 1 seems to imply (when extended to all humanity) that our bondage to sin was not simply a result of a single act of Adam, but a collective suppressing of the truth by the human race.

      One plausible way to avoid this tension, I suggest, is to understand Adam, in light of evolutionary theory, as theologically representing both everyman and the very first members of the evolving group of hominids that had gained moral self-consciousness. (Of course, this is not to say that Paul intended for “Adam” to represent these hominids, or that the readers at the time would have understood it in that way. Rather, just as the meaning of a poem can transcend its meaning for the author or the people at the time, what a term such as “Adam” represents or means can transcend that given by its historical context.) This combines both the understanding of Adam as representing “everyperson” with one in which Adam has an historical reference. Given this understanding, one of the main theological truths underlying this passage, or to which this passage points, is that sin entered the world from the very beginning, as soon as the evolving group of hominids leading up to human beings became morally conscious. Further, this sin of “suppressing the truth” and turning away from God was imitated by other members of the evolving group of hominids, and thus effectively snowballed until we all became deeply in bondage to sin.

  5. Avatar
    Kessely mar 04 Août 2015 Répondre

    Jésus parle aussi d’Adam et Eve, qu’en pensez-vous ?

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert mar 04 Août 2015 Répondre

      Bonjour Kessely,
      pourriez-vous précisez le(s) passage(s) auxquels vous faîtes allusion?

  6. Avatar
    Kessely mar 04 Août 2015 Répondre

    Si Adam n’a pas existé, qui a péché le premier ?

  7. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mar 04 Août 2015 Répondre

    Pourriez-vous répondre à ma question, avant que je réponde à la votre svp?
    Avez vous lu la partie 2 de l’article Peter Enns?

  8. Avatar
    Kessely mar 04 Août 2015 Répondre

    Romains 5v12

  9. Avatar Auteur
    Benoit Hébert mer 05 Août 2015 Répondre

    euh…Jésus y parle d’Adam?

  10. Avatar
    Kessely mer 05 Août 2015 Répondre

    Il ya déjà la généalogie en Luc 3v38

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert mer 05 Août 2015 Répondre

      Bonjour Kessely! (c’est le matin pour moi avec qq heures de décalage horaire, voilà pourquoi je n’ai pas répondu avant!)

      Toutes les questions que vous vous posez, d’autres se les posent aussi ou se les sont posées avant vous :-)

      En ce qui concerne les généalogies de Luc (même s’il ne s’agit pas directement de paroles de Jésus, ça fait partie du NT que nous croyons inspiré!), voici un article complet pas trop long sur ce site qui traite de cette difficulté!

      http://www.scienceetfoi.com/adam-et-les-genealogies-de-jesus-christ-de-luc-et-de-matthieu/

      L’erreur que nous commettons est toujours la même: projeter des attentes rationalistes typiquement occidentales sur le texte biblique écrit à une période pré critique, et pré scientifique orientale!

  11. Avatar
    Kessely mer 05 Août 2015 Répondre

    Mathieu 19v4-6

  12. Avatar
    Kessely mer 05 Août 2015 Répondre

    Jésus lui même fait allusion à Adam ! Allait-il faire allusion à quelqu’un qui n’a même pas existé ? Ça aussi ça aurait fait de lui un menteur

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert mer 05 Août 2015 Répondre

      Je me doutais bien que vous faisiez allusion à ce passage concernant l’institution du mariage.

      Premièrement, Jésus ne parle pas explicitement d’Adam, mais de l’ordre créationnel : Jésus atteste que la différence des genres est voulue par Dieu, que l’homme et la femme sont tous deux égaux en dignité et créés par Dieu à son image, et que le mariage institué par Dieu est l’union entre un homme et une femme.

      S’il est question d’Adam, ce n’est que par « allusion ». En allant jusqu’à admettre que Jésus parle effectivement d' »Adam et Eve » au sens littéral et historique du terme (comme on peut penser que Paul le fait effectivement), comment traiter cette véritable difficulté quand on croit comme vous et moi, que « Dieu ne ment pas », et que toute la Bible est inspirée par le Saint Esprit!

      Il faut d’abord réaliser que cette même difficulté est présente ailleurs dans les évangiles: lorsqu’il est question du déluge (universel?), ou lorsque Jésus affirme que le « grain de sénevé » (moutarde) est la « plus petite graine de la terre », alors qu’il en existe de plus petites! (orchidée par exemple).

      Les théologiens conscients qu’il n’y pas eu de déluge universel, que l’humanité ne descend pas d’un couple unique, que le grain de moutarde n’est pas le plus petit…proposent au moins deux types de solutions.

      Le principe « d’accommodation » de Dieu aux hommes : Dieu adapte sa révélation aux connaissances des hommes et comme un père qui adapte ses explications au niveau de ses enfants, il ne corrige pas nécessairement leurs connaissances concernant des aspects secondaires par rapport au message spirituel qu’il veut leur communiquer.

      Cet aspect est souvent associé à une approche « incarnationnelle » de l’inspiration biblique

      Une autre approche est de considérer que Jésus ne savait pas tout sur tout quand il était sur la terre. Dans son incarnation, il avait renoncé à son omniscience (ce qui paraît évident, déjà quand il était enfant!), et donc en matière scientifique et historique, il s’exprimait avec les connaissances culturelles de ses contemporains. Est-ce si choquant de le penser? Jésus ignorait l’heure et le jour de son retour!

  13. Avatar
    Jean-Baptiste lun 10 Août 2015 Répondre

    Bonjour Benoît, je vous rejoins sur le fait que Dieu se soit accommodé aux croyances de ses contemporains à travers les déclarations de Jésus, voire même personnellement je ne suis même plus sûr qu’une bonne partie des évangiles ne soient pas « montée de toutes pièces » à certaines fins, par exemple deux fois le miracle des pains et des tas d’autres miracles en doublon ou presque avec des aveugles, des infirmes,etc..
    Sûrement des procédés littéraires de l’époque pour mettre en relief certaines vérités ou révélations qui se seraient produites par la suite, on remarque ainsi par ex que les disciples sont un peu « simplets » par moment, je pense en particulier au levain des pharisiens où les disciples semblent ne pas comprendre même au bout d’un certain temps de quoi Jésus parle !
    Ces temps-ci je tente de faire quelques recherches sur le Massacre des enfants par Hérode, visiblement une invention historique aussi puisqu’à ma connaissance aucun squelette de bébé n’a a été retrouvé aux environs de Jérusalem pour prouver ce fait, tout comme les chars du Pharaon engloutis dans la Mer Rouge ! Aucune trace en plongée semble t’il ! Même le commandant Cousteau n’est pas tombé dessus !
    De toute manière Jésus parle aussi de Jonas dans le ventre d’un grand poisson, et de pas mal d’autres mythes de petits prophètes comme l’anesse de Balaam trés probablement.

    A Bientôt et Merci pour vos liens toujours bien chouettes à lire Benoît et votre avis sur mes hors sujets !

    • Avatar Auteur
      Benoit Hébert lun 10 Août 2015 Répondre

      Bonjour Jean Baptiste,

      Merci pour ton commentaire encourageant.

      Plutôt que de donner un avis précis sur toutes ces questions particulières, qui sortent effectivement du cadre des objectifs de ce site (et pour plusieurs de mes compétences), je préfère te renvoyer à une série qui décrit mon cheminement personnel en ce qui concerne les rapports Bible et histoire.

      http://www.scienceetfoi.com/series/la-bible-est-elle-exacte-en-matiere-dhistoire/

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