« Création et évolution. De la confrontation au dialogue » par Pascal Touzet

Date : ven 05 Juil 2013 Catégorie,
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dans la collection Croire pocket, une co-édition des GBU. (Prix 6 euros).

Ce livre est le deuxième d’une série de trois volumes traitant de la question de la science et de la foi dans la collection Croire pocket.

Le premier étant intitulé « Dieu, l’homme et le cerveau. Les défis des neurosciences » de Peter Clarke, neurobiologiste, et le troisième « Du Big Bang à l’humanité. Et Dieu dans tout cela ? » de Pierre North, astrophysicien.

Chacun de ces auteurs fait la synthèse des connaissances scientifiques de son domaine d’expertise, dans un format concis et vulgarisé, pour ensuite entrer en dialogue avec la foi chrétienne.

Dans mon livre, je propose au lecteur de suivre mon itinéraire personnel, pour trouver un chemin de dialogue entre l’évolution biologique et la foi chrétienne. Après une description succincte de ce qu’est l’évolution et des faits qui l’attestent, je décris les différentes approches possibles du débat entre le récit biblique et le récit scientifique pour proposer une vision cohérente du monde et des pistes de réflexion sur les questions suivantes :

  • Comment relier sélection naturelle et amour de Dieu ?
  • Comment comprendre l’imperfection apparente du monde, ce « bricolage » (pour reprendre une expression de François Jacob)?
  • Comment concilier hasard dans l’évolution et souveraineté de Dieu ?
  • Et Adam dans tout ça ?
  • La place de l’homme de la création
  • Comment Dieu agit dans le monde ?

 

Plus d’infos sur http://www.publicroire.com/croire-pocket/30/3e-trimestre-2012-creation-et-evolution-science-et-foi-ii

Pascal Touzet

 cliquez ici pour un petit extrait

Extrait:

Comment concilier hasard dans l’évolution et souveraineté de Dieu ?

Le hasard est un processus important dans l’évolution biologique des espèces. Ce qu’on entend par hasard est multiple. Dans la théorie de l’évolution biologique, on parle du hasard de la mutation vis-à-vis de la future direction de la sélection. En d’autres termes, la mutation est indépendante de son effet, négatif, positif ou neutre. La mutation ne se produit pas en réponse à un changement environnemental, mais son avenir va dépendre soit de la sélection soit d’une autre forme de hasard que l’on appelle la dérive génétique. En effet, la transmission d’une mutation à la génération suivante est équivalente à un échantillonnage aléatoire, à une loterie. L’effet du hasard lors de ce tirage peut être prédit car il suit une loi de probabilité bien définie. Il faut ajouter deux notions supplémentaires du hasard à ce qui vient d’être dit.

Puisque la science par définition ne cherche pas d’intentionnalité, on dit que l’évolution est aussi due au hasard dans le sens d’une non-intentionnalité : l’évolution n’a pas de direction, n’est pas dirigée.

Enfin, le hasard peut aussi vouloir dire contingence, c’est-à-dire que si l’on était capable de rembobiner le fil de l’histoire et de repartir à zéro, rien ne dit que l’évolution prendrait les mêmes chemins, car toute infime variation dans les conditions initiales peut avoir un énorme impact. Ici, on quitte la science pour la philosophie. Tout au plus peut-on conduire des travaux d’évolution expérimentale, où l’on « regarde » évoluer des populations dont on connaît les caractéristiques initiales, pour évaluer la part de la contingence et des contraintes génétiques qui font que tout chemin n’est pas forcément possible. Mais évidemment, ceci ne peut se faire que sur des périodes de temps limitées (celle de l’activité d’un scientifique !) et sur des espèces dont le cycle de vie est très court.

Dans une perspective chrétienne, il nous faut distinguer entre le mécanisme de l’évolution et l’intention ultime de Dieu. À lui seul, le témoignage de la nature ne nous permet pas de connaître cette dernière. D’un point de vue scientifique, une grande part de ce que nous appelons hasard relève de notre ignorance liée à la trop grande complexité des phénomènes : nous ne sommes pas à l’échelle des particules de la mécanique quantique, où il est postulé que le comportement d’une particule ne peut jamais être connu avec certitude même s’il est possible d’y associer une probabilité d’état. En revanche, la raison pour laquelle tel variant est sélectionné au gré du hasard, pourrait s’expliquer par un ensemble de causes qui sont trop nombreuses pour que nous puissions espérer toutes les connaître. Découpler variation et sélection, c’est dire que la sélection ne produit pas la variation. Ainsi, l’évolution du monde vivant est appréhendée comme un système capable d’autorégulation et d’adaptation au gré d’un environnement qui change. Dieu a créé un monde qui évolue, qui se diversifie, qui prend des chemins étonnants. La question d’intentionnalité sort du champ de la science. C’est mon présupposé, l’existence d’un Dieu bienveillant, qui pourra me conduire à discerner une intentionnalité à l’histoire du vivant. La Bible affirme que le monde existe, que j’existe parce que Dieu l’a voulu et que rien ne se produit qui soit en dehors de sa souveraineté. Elle s’inscrit donc en faux avec cette idée d’un hasard aveugle ou d’une évolution qui s’emballe et dont Dieu aurait perdu le contrôle.

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