La création évolutive : Au-delà du débat création VS évolution

Date : mar 03 Sep 2013 Catégorie Voir le Project
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Résumé

Denis Lamoureux propose une approche chrétienne de l’évolution, conservatrice d’un point de vue théologique. A l’aide de la métaphore des « deux livres de Dieu », la nature et la Bible, cet article envisage une relation complémentaire entre la science et l’Écriture. Le livre de la parole de Dieu, la Bible nous révèle l’aspect spirituel du monde, alors que celui des œuvres de Dieu : l’univers, nous révèle le processus divin de la création. Cette vision des origines reconnaît que la Bible a été écrite avec les connaissances conceptuelles de ses auteurs en ce qui concerne le cosmos, et rejette donc le concordisme scientifique.  De même que Dieu s’est fait homme en la personne de Jésus-Christ, le Saint-Esprit s’est adapté à la façon de penser des Hébreux du Proche Orient ancien. L’auteur a une conception théologique traditionnelle de la révélation de Dieu dans la nature. La conception du créateur peut s’observer dans l’intelligence et la complexité de l’univers et de la vie, sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir Dieu surnaturellement à chaque fois que nous ne comprenons pas comment il s’y est pris pour créer. Les progrès constants de la connaissance scientifique nous permettent chaque jour d’avancer dans ce domaine.


Denis O. Lamoureux est professeur assistant de science et de religion, au Collège St Joseph, à l’Université d’Alberta. Sa nomination à ce poste est le premier cas de

Denis Lamoureux

Denis Lamoureux

titularisation dans cette discipline au Canada. Il détient trois thèses d’état (dentisterie, théologie et biologie). Lamoureux soutient que, si les limites du christianisme évangélique et de la biologie évolutive sont respectées, alors les relations qu’elles entretiennent sont non seulement complémentaires mais aussi nécessaires. Il est membre du conseil de direction de l’American Scientific Affiliation du Canada et membre de l’ASA (American Scientific Affiliation). Denis Lamoureux est l’auteur de Evolutionnary Creation : A Christian Approach to Evolution (2008), et I Love Jesus and I accept Evolution (2009).

 

 

La publication originale date de juin 2003 “Evolution Creation: beyond the Evolution vs Creation Debate.”,  Crux 39 (2), 14-22, révisé et modifié en 2009.

Introduction

Les partisans de la « création évolutive » pensent que le Père, le Fils et le Saint- Esprit ont créé l’univers et la vie au travers d’un processus évolutif. Cette position embrasse pleinement la foi chrétienne évangélique et les théories scientifiques de l’évolution cosmologique, géologique et biologique. Dieu a conçu et soutient les lois de la nature y compris les mécanismes de l’évolution. Plus précisément, l’évolution est « téléologique », c’est-à-dire qu’elle est planifiée, qu’elle poursuit un but et qu’elle contient une promesse. Cette vue des origines affirme en particulier que l’humanité a évolué depuis des ancêtres primates, et que pendant ce processus naturel, l’image de Dieu contenue en l’homme s’est manifestée progressivement et que le péché est entré dans le monde. Ces croyants ne sont pas « déistes », ils croient fermement que Dieu rencontre les hommes et les femmes dans une relation personnelle, avec la manifestation de signes et de prodiges évidents ou plus discrets. Ils profitent d’une pleine relation avec leur Père céleste, expérimente la puissance du Saint Esprit et boivent aux sources profondes de la Bible.

L’expression « création évolutive » peut paraître contradictoire à certains. Ce serait le cas si les mots « création » et « évolution » étaient restreints à leur signification courante. C’est-à-dire, si l’ « évolution » était associée à une vision athée du monde, et si la « création » se référait exclusivement à une lecture littérale de la Genèse, à savoir celle d’une création en six jours de vingt-quatre heures il y a quelques milliers d’années. Une autre utilisation de ces mots est possible, on peut aller au-delà du débat « création versus évolution ». Nous n’avons pas à choisir entre la création d’un côté et l’évolution de l’autre. Il s’agit d’une fausse dichotomie qui ne nous permettrait que deux possibilités, sans nous permettre de faire d’autres choix. Cette dichotomie a laissé croire à beaucoup de croyants et de non croyants qu’il y a un conflit entre les découvertes de la science et la foi chrétienne.

Le mot le plus important de l’expression « création évolutive » est « création ». L’univers est une réalité qui a été créée à chaque moment de son existence de manière absolument dépendante de la volonté et de la grâce de Dieu. L’adjectif qualificatif « évolutive » indique la méthode par laquelle Dieu a créé le monde. On appelle aussi cette position « évolutionnisme théiste ». Pourtant, une telle appellation met le processus de l’évolution en avant et rejette le créateur en second, sous la forme d’un adjectif. Une telle inversion des priorités est inacceptable pour moi. Une autre raison est que le mot « théiste » a beaucoup de significations différentes aujourd’hui. Dérivé du nom commun grec theos signifiant dieu , la définition du théisme fait référence  à la foi en un Dieu personnel, comme celui du christianisme. Mais, comme chacun sait, il y a beaucoup de dieux différents, le théisme n’est pas le christianisme. Le terme « création évolutive » fait donc référence aux chrétiens (théologiquement traditionnels) qui aiment Jésus et qui acceptent l’évolution, par opposition aux déistes (croyance au dieu impersonnel des philosophes), aux panthéistes (tout dans l’univers est dieu), le pananthéistes (le monde est le corps de dieu et il en est l’âme), les païens new- age (dieu est une force ou entité divine de la nature), et les chrétiens libéraux (Jésus était un homme éclairé qui n’est jamais ressuscité des morts).

Dans les milieux protestants évangéliques, la « création évolutive » est soutenue par un nombre grandissant de personnes éduquées à la fois dans les sciences et dans l’Écriture. Une majorité de ces chrétiens instruits en biologie acceptent cette position. Le leader des « créationnistes évangéliques évolutifs » est Francis S. Collins, directeur du « Human Genome Project », auteur de The Language of God  : Le langage de Dieu , un ouvrage dans lequel il explique entre autre pourquoi la découverte de la structure du génome humain vient confirmer de manière décisive la théorie biologique de l’évolution.

L’analogie embryologie-évolution

Afin d’expliquer cette position concernant les origines, faisons une comparaison entre le développement du fœtus humain dans le sein maternel et l’évolution de l’univers et de la vie. Soulignons que l’action de Dieu qui façonne chaque être individuellement est comparable à son activité créatrice pour l’Univers entier. Nous pouvons faire quatre
comparaisons instructives :

Le développement humain et l’évolution du monde sont des processus « téléologiques » (avec un but) naturels décrétés par Dieu. A la conception, l’ADN contenu dans un ovule fécondé est parfaitement équipé avec l’information permettant le développement de l’être humain pendant les neuf mois de grossesse. De la même façon, le plan et la capacité d’évolution de l’univers et de la vie pendant dix à quinze milliards d’années était contenu dans les lois qui régissent le cosmos depuis le Big-bang.

Dieu manifeste son action envers chaque être humain de manière subtile et le monde entier est soumis à la providence divine. Aucun chrétien ne pense que Dieu est intervenu directement du ciel pour lui attacher une oreille, lui installer un œil, lui creuser un canal auditif, etc. Chacun comprend plutôt qu’il s’agit d’un processus naturel soutenu par Dieu tout au long de la grossesse. De même, nous pensons que Dieu n’a pas eu à intervenir directement dans la création du cosmos et de la vie. L’évolution est un processus ininterrompu soutenu par le Créateur au cours du temps.

Le développement de l’homme dans le microcosme maternel et son évolution dans le macrocosme du monde fournissent une révélation naturelle voulue par le Créateur. Comme le psalmiste le dit :

« C’est toi qui as formé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien. » (Psaumes 139:13-14)

Ainsi donc, nous considérons que l’évolution est un processus de « tissage » qui produit un univers « merveilleux ». En effet, le Big- bang « raconte la gloire de Dieu » et l’évolution « manifeste l’œuvre de ses mains. » (Psaumes 19:1)

Le développement et les processus évolutifs sont associés à des mystères de nature spirituelle. Les humains sont distincts du reste de la création parce que eux seuls portent l’image de Dieu et qu’ils sont pécheurs. Au cours de l’histoire, les chrétiens ont débattu pour déterminer quand, où et comment ces réalités spirituelles se manifestent dans chaque individu. Pourtant, l’histoire de l’Église nous montre que les croyants ne sont pas parvenus à un consensus à propos de ces questions, indiquant par là que ces problèmes sont au-delà de la compréhension humaine. Autrement dit, ce sont des mystères. De même, la manifestation de l’image de Dieu dans l’homme et l’entrée du péché au cours de l’évolution sont aussi des mystères. Nous tenons fermement à ces réalités spirituelles, mais admettons que l’homme n’a pas la capacité de comprendre pleinement ses origines.

La conception intelligente de la nature

Cette position permet aussi une meilleure compréhension de la notion de conception intelligente de la nature. Cette expression « conception intelligente » (Intelligent Design) est très controversée aujourd’hui. Il est important de bien faire la distinction entre la compréhension chrétienne traditionnelle de la conception intelligente de la nature est celle promue par le mouvement dit de l’Intelligent Design. Cette dernière est une version étriquée qui prétend que la conception intelligente est nécessairement liée à des actes miraculeux de Dieu dans l’origine des organismes vivants. Par exemple, certaines parties de la cellule comme la flagelle des bactéries sont dites « irréductiblement complexes », ce qui signifie qu’elles n’auraient pas pu évoluer par des processus naturels. Ainsi, il vaudrait mieux appeler cette théorie «conception intelligente interventionniste ». Par contraste, je soutiens une vision chrétienne et scripturaire de la conception intelligente, qui affirme simplement que la création a un impact sur chacun d’entre nous, qu’elle déclare la gloire de Dieu et révèle sa puissance éternelle et sa nature divine (Ps 19 :1-4, Rom 1 :18-20). Cette position traditionnelle affirme que la beauté, la complexité et la fonctionnalité dans le monde frappent puissamment les gens, les conduisant à croire que ces caractéristiques reflètent l’esprit d’un créateur intelligent.

Cet argument du dessein intelligent en faveur de l’existence de Dieu fait appel à davantage de preuves physiques que celles proposées par le créationnisme « jeune terre » (Morris et Whitcomb 1961) ou le créationnisme « progressif » (interventions divines nécessaires pour expliquer l’origine de la vie à différentes périodes de six périodes théologiques durant les 4,5 milliards d’années de la terre ; Ross, 1994). D’un certain côté, nous sommes en parfait accord avec ces deux positions anti-évolutionnistes en ce qu’elles affirment que le simple fait de considérer la structure, la beauté et la complexité de l’Univers fournit un argument en faveur de l’existence d’un Créateur intelligent. Considérons par exemple la structure connue la plus complexe : le cerveau humain. Cet organe est un circuit électrique fantastique, comportant des milliers de milliards de connexions synaptiques. La plus grosse partie se développe d’une manière incroyable dans le sein maternel à partir d’un seul œuf fécondé. Peu de personnes nient que la structure, le fonctionnement et le développement embryologique du cerveau humain ne reflètent le travail d’un concepteur intelligent.

D’un autre côté, nous allons au-delà des positions anti-évolutionnistes en mettant en évidence l’intelligence du Créateur dans les mécanismes même de l’évolution. La manifestation de la gloire de Dieu dans la création ne se manifeste pas seulement dans l’état actuel de l’univers, mais tout au long de son évolution depuis des milliards d’années. Plus précisément, la manifestation de l’intelligence divine est évidente quand on considère le « réglage » extrêmement précis des lois physiques et les conditions initiales nécessaires pour que le cosmos évolue depuis le Big-bang. Ce « réglage » est également nécessaire dans les processus biologiques pour que la vie puisse évoluer, l’homme et son incroyable cerveau y compris. Ainsi, nous présentons un argument en faveur d’une conception divine du monde encore plus étendu et plus fort que les arguments traditionnels formulés dans le créationnisme « jeune terre » et le créationnisme « progressif ». Notre position prédit également qu’alors que la science progressera, la recherche mettra en évidence avec encore davantage de splendeur et de force la planification du Créateur. Ainsi, à la surprise de beaucoup, nous pensons faire preuve d’un argument encore plus fort en faveur de l’existence de Dieu que nos frères et sœurs chrétiens anti-évolutionnistes.

Beaucoup de personnes ont du mal à voir une relation entre l’évolution et la conception intelligente de la vie. Les leaders du mouvement de l’Intelligent Design sont responsables de cette situation. Ces anti-évolutionnistes, dont la plupart sont des créationnistes progressifs à la base, ont créé une véritable dichotomie entre l’évolution et la conception intelligente. Laissez-moi vous proposer une analogie pour vous expliquer comment on peut comprendre que l’évolution reflète cette conception intelligente de l’univers.

Imaginez que l’action créatrice de Dieu dans le monde ressemble à une partie de billard. Séparez les boules en trois groupes en les étiquetant « cieux », « terre », « organismes vivants »,  la huitième boule représente l’humanité. Le créationnisme de la jeune terre décrit le Créateur en train de faire entrer toutes les boules dans les trous, une par une, un coup l’un après l’autre. Sans aucun doute, c’est déjà remarquable. Les créationnistes progressifs interprètent le premier coup comme le Big-Bang, à partir duquel le monde inanimé a évolué par des processus naturels. Les milliards de boules estampillées « cieux » et « terre » entrent dans les trous dès le premier coup. Puis, Dieu fait entrer chaque boule étiquetée « organismes vivants » et « homme » par des coups individuels. C’est encore plus impressionnant. Pour les partisans de la création évolutive, Dieu ne donne qu’un seul coup de canne, et il est si finement réglé et si précis que toutes les boules entrent dans les trous dans le bon ordre ! D’abord celles étiquetées « cieux » et « terre », puis celles des organismes vivants, et finalement la plus importantes, la huitième , celle de l’homme. Et pour compléter l’analogie, le Seigneur retire cette dernière boule de sa poche pour la prendre dans sa main pour décrire son implication personnelle avec les hommes et les femmes. Ce Dieu là n’est-il pas infiniment plus talentueux que celui des anti-évolutionnistes ? Sa puissance éternelle et sa nature divine ne sont-elles pas magnifiquement illustrées dans ce dernier exemple ? C’est comme ça que je vois la conception intelligente. Malgré les différences des chrétiens sur le comment l’intelligence du créateur est apparue dans la nature, n’oublions jamais qu’ils sont unis pour affirmer que la nature reflète clairement cette sagesse divine.

L’interprétation du récit biblique de la création

La plus grande difficulté avec la « création évolutive » est qu’elle défie les interprétations littérales traditionnelles des premiers chapitres de la Bible. L’histoire de l’Église nous montre que presque tous les croyants ont compris le récit de la création comme des faits historiques. Le fait que Jésus lui-même se réfère aux premiers chapitres de la Genèse comme des faits historiques est encore plus troublants. De plus, l’origine de la mort physique pose un problème particulièrement difficile aux chrétiens qui acceptent l’évolution biologique. Les Écritures affirment clairement que la mort est le jugement de Dieu après le « péché originel » d’Adam, et que celle-ci n’est intervenue qu’après la création de l’humanité. Pourtant, selon l’évolution biologique, la mort existait depuis des milliards d’années avant même l’apparition des premiers hommes. La question brûlante est donc :

Comment interprétons-nous les premiers chapitres de la Bible ?

Pour répondre, affirmons sans réserve que la Bible est la Parole révélée de Dieu. Dans l’épître aux Hébreux 1 :1-2, nous lisons : « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde. » Citons le théologien G.E. Ladd qui observe que

 la Bible est la Parole de Dieu communiquée à des hommes dans l’histoire.

Le Saint-Esprit a ainsi inspiré les auteurs bibliques à un moment donné de l’histoire, en utilisant leur langage, leurs habitudes littéraires et leurs idées, incluant par là leur compréhension du monde naturel. De cette façon, les anciens concepts et les capacités intellectuelles des auteurs inspirés n’ont pas été mis de côté mais ont été employés dans le processus de révélation biblique. La Bible contient bien sûr de la science, c’est la « science de l’époque », il y a 3500 ans au Proche Orient. Toute science évolue et s’améliore avec le temps, et est parfois complètement remplacée par une meilleure compréhension de la nature.
Les premiers chapitres de la Bible sont un genre particulier de littérature. La plupart des spécialistes de l’Écriture définissent les chapitres 1-11 de la Genèse comme une unité littéraire. Nous devrions donc aujourd’hui respecter le caractère particulier de ces passages bibliques et apprendre à ne pas les lire avec des suppositions, des attentes et un agenda modernes . L’appréciation du type de littérature employée par le Saint-Esprit est fondamentale pour la compréhension du Message de Foi. Genèse 1-11 présente en particulier trois caractéristiques : (1) de la théologie divine, (2) une science ancienne, (3) de la poésie ancienne.

1Une théologie divine

Le but premier des chapitres 1 à 11 de la Genèse est de révéler une connaissance du Créateur, de Sa création et plus particulièrement de l’homme et de la femme. La révélation inspirée par le Saint-Esprit inclut des vérités théologiques fondamentales : Dieu est le Créateur, la création est très bonne, toute l’humanité a été créée à l’image de Dieu, le péché de l’homme est une réalité tout à fait significative. Ces vérités théologiques sont communiquées grâce à une ancienne compréhension scientifique de la nature ainsi que d’anciennes techniques littéraires. En d’autres mots, le Saint-Esprit s’est abaissé au niveau des connaissances des écrivains hébreux de l’époque ainsi que de leurs lecteurs pour communiquer la révélation du Seigneur de la manière la plus efficace possible.

Ainsi, les premiers chapitres de la Bible présentent deux caractéristiques : (i) le Message de Foi (les vérités spirituelles) et (ii) le moyen qui s’attache à cette révélation divine (science et poésie anciennes). La façon dont cette révélation est formulée a cependant toute son importance dans la compréhension que l’audience de l’époque en a eut. Mais ces caractéristiques de l’Ecriture ne constituent pas le Message. D’autres procédés littéraires et scientifiques auraient pu être utilisés à d’autres moments de l’histoire pour véhiculer une révélation identique. Par exemple, si Genèse 1 était réécrite aujourd’hui, le style littéraire inclurait peut-être des formules mathématiques, la science de ces pages contiendrait les découvertes de la cosmologie, de la géologie et de la biologie moderne. Il faut donc distinguer le Message de Foi du moyen de communication qui lui est attaché pour comprendre correctement le récit biblique de la création.

2Une science ancienne 

Les chapitres 1 à 11 de la Genèse présentent une structure, un fonctionnement et une origine anciennes de l’univers et de la vie. La figure 1 nous permet de visualiser comment les peuples anciens du Proche Orient voyaient le monde, y compris les hébreux, le peuple élu de Dieu. Certains chrétiens seront peut-être étonnés, mais on trouve cette construction du cosmos dans la Bible. Donnons quelques caractéristiques de cette conception ancienne :

La terre est plate. Le mot « terre » apparaît plus de 2500 fois dans l’Ancien Testament (« eres ») et 250 fois dans le Nouveau (« ge »). Pas une seule fois il n’est dit que la Terre est ronde ou sphérique. Au lieu de cela, dans les Écritures, l’Univers est comparé à une tente, la terre constituant le sol (Psaumes 19 : 4, Psaumes 104 : 2, Esaïe 40 : 22).

La terre est inébranlable. La Bible nous rapporte trois fois que « le monde reste ferme, inébranlable » (1 Chroniques 16 :30, Psaumes 93 :1, Psaumes 96 :10). La stabilité de la terre est décrite comme celle d’un bâtiment appuyé sur de solides fondations. Les auteurs bibliques font fréquemment référence à cette base stable en tant que « fondements de la terre » (Job 38 :4-6, Proverbes 8 :29, Jérémie 31 : 37). Par exemple « Il (Dieu) a fondé la terre sur ses bases, elle est à tout jamais inébranlable. » (Psaumes 104:5).

Des réserves d’eau sont retenues au-dessus de la terre. Créées le deuxième jour de la création, les « eaux d’en haut » ont été élevées grâce au firmament, un dôme solide qui surplombe la terre (Genèse 1 : 6-8). Ces réserves célestes d’eau sont demeurées en place, même après le déluge de Noé. Comme le psalmiste le fait remarquer, Dieu « déploie les cieux comme une tenture. Il étage ses demeures au- dessus des eaux » (Psaumes 104:2-3), de même : « Louez-le, vous les plus élevés des cieux, et vous les eaux qui êtes par–dessus les cieux. » (Psaumes 148:4)

Le soleil se déplace dans le ciel. La plupart des chrétiens connaissent bien ce récit miraculeux du soleil arrêté dans sa course durant la bataille de Josué avec les Ammonites (Josué 10 : 12-14). Ces conceptions anciennes de l’astronomie se trouve aussi dans les observations du roi Salomon : « Le soleil se lève et le soleil se couche, il aspire à ce lieu d’où il se lève. » (Ecclésiaste 1:5), dans les louanges du psalmiste : «D’un bout du ciel le soleil surgit, il vire à l’autre bout, et rien n’échappe à sa chaleur. » (Psaumes 19:6).

firmament[1]

Figure 1. Le monde selon la science ancienne
Les cieux des cieux Habitation de Dieu

Bien sûr, nous pourrions faire remarquer que cette description est phénoménologique, c’est-à-dire qu’elle ne fait que refléter les « apparences ». La terre parait plate et immobile, le ciel est du même bleu changeant qu’une étendue d’eau et la pluie tombe du ciel. Le soleil se lève et se couche tous les jours. Pourtant, pour les peuples anciens comme les Hébreux, il s’agit d’une véritable description de la structure et du fonctionnement de l’Univers. Comme nous le savons par l’histoire, le fait que la terre soit immobile était un acquis jusqu’au XVII e siècle et la controverse de Galilée.

Pour certains croyants, il est difficile de reconnaître que des affirmations de l’Écriture reposent sur une science ancienne parce qu’ils pensent que la Bible affirme à propos du monde physique de façon infaillible et sans erreur. Ils croient en effet que le Saint-Esprit a révélé des faits de nature scientifique des milliers d’années avant leur découverte par la science moderne. En d’autres termes, ces croyants acceptent le « concordisme » (ou mieux le « concordisme scientifique »). Ils pensent qu’il y a un accord entre la science et la Bible. Au contraire, nous ne nous excusons pas du fait que, de manière évidente, les auteurs bibliques utilisent d’anciennes conceptions scientifiques. Nous devrions au contraire en tenir compte dans notre façon de comprendre la révélation divine. De la même façon que le Message puissant de la Foi pénètre nos cœurs et notre esprit (Hébreux 4 :12, Romain 12 :2), nous devrions admettre que les Écritures soient véhiculées par une science ancienne et remodeler notre compréhension de l’infaillibilité et l’ innerance biblique.

Le fait que la Bible soit écrite avec une science ancienne ne nous trouble pas. En réalité, nous nous y attendions. Établissons un parallèle avec le plus grand acte de révélation divine : l’incarnation. Le Créateur est descendu du ciel et s’est incarné en la personne de Jésus pour révéler l’amour éternel de Dieu envers nous. La Seigneur a parlé Araméen, la langue commune des habitants de la Palestine au I er siècle. Il a prêché en utilisant des paraboles, indiquant par là qu’il utilisait les idées et les concepts ordinaires des gens de cette époque. Par exemple, Jésus a mis à profit les connaissances en agriculture de ses auditeurs dans la parabole du semeur (Marc 4 :1-9), la semence grandit en secret (Marc 4 :26-29), les mauvaises herbes (Matthieu 13 :24-30) et la graine de moutarde (Matthieu 13 :31-32). Cette dernière parabole est particulièrement intéressante. Le Seigneur s’est servi des connaissances botaniques de l’époque en affirmant que la graine de moutarde est « la plus petite de toutes les semences » alors qu’en réalité, beaucoup de graines, comme celles des orchidées, sont bien plus petites. En d’autres termes, Jésus s’est adapté et s’est abaissé au niveau des connaissances de son audience de l’époque.

De même, l’utilisation de la science ancienne dans le récit de la création est une adaptation au niveau conceptuel des Hébreux, comparable à celui de Jésus dans son ministère d’enseignement. Avant que le Saint-Esprit ne révèle au monde que cet Univers est Sa création, les hommes et les femmes ont forcément acquis une conception à propos de la nature. La science est ainsi nécessaire avant que quiconque ne puisse saisir des vérités théologiques à propos de la création. Dans le cas des Hébreux, il s’agit de la conception ancienne des peuples du Proche Orient concernant la structure, le fonctionnement et les origines de l’Univers et de la Vie. Le fait que cette description scientifique soit inexacte et qu’elle décrive correctement ou pas la réalité physique n’a aucune conséquence pour notre compréhension du Message de Foi. Ce message puissant et divin transcende le mode scientifique de communication qui s’y attache. Par exemple, les Hébreux pensaient que le bleu du ciel était dû à des réserves d’eau dans le ciel. Aujourd’hui nous savons qu’il s’agit d’un effet visuel dû à la diffusion prédominante des courtes longueurs d’onde de la lumière solaire par l’atmosphère. Malgré ces deux points de vue différents, la vérité théologique demeure : la couleur bleue du ciel est une création de Dieu. En utilisant des conceptions scientifiques anciennes dans la description de Genèse 1, le Saint-Esprit s’est adapté à leur niveau de connaissances pour leur expliquer le plus efficacement possible que Dieu est le Créateur de la structure bleue étendue qu’ils pouvaient contempler. Autrement dit, le récit biblique de la création était adapté à son audience première de la même manière que Jésus s’est adapté à nous en prenant forme humaine.

3Une poésie ancienne

Enfin, Genèse 1-11 présente des caractéristiques poétiques anciennes. La figure 2 nous montre que le récit des six jours de la création se présente en deux groupes parallèles. Le passage débute avec l’Esprit de Dieu planant au dessus d’une terre informe et vide, plongée dans l’obscurité et submergée par l’eau. La description de la terre utilise des rimes en hébreux ( tohu , informe ; bohu , vide), ceci attire immédiatement l’attention du lecteur de l’époque et lui indique la structure de Genèse 1. Pendant les trois premiers jours, Dieu règle le problème de la forme alors que dans les trois derniers jours, il remplit les espaces ainsi créés (problème du vide). Le parallèle entre les deux groupes de jours est alors saisissant. Le premier jour de la création, Dieu crée la lumière. Il y a correspondance avec la création du soleil, de la lune et des étoiles le 4 ème jour. Le Seigneur sépare alors les eaux d’en bas des eaux d’en haut le deuxième jour, créant ainsi l’espace nécessaire pour les oiseaux et les animaux marins créés le cinquième jour. Le troisième jour de la création, Dieu commande à la terre ferme d’apparaître, par anticipation à la création des animaux terrestres et des humains le sixième jour. Le soit disant « problème » de la création de la lumière avant la création du soleil disparaît parce qu’il est visiblement dû à la liberté poétique que s’accorde l’auteur inspiré dans la structure du récit. Ainsi, les évènements de la création de Genèse 1 reflètent un ordre thématique moulé dans un cadre poétique plutôt qu’un ordre chronologique décrivant l’activité divine dans le passé.

Figure 2 : La structure parallèle de Genèse 1

La structure parallèle de Genèse 1

 

 

Informe                                                         Vide

Tohu                                                               Bohu

Jour 1                                                          Jour 4

Séparation                                                      Création

Lumière/Ténèbres                                       Soleil, Lune et Étoiles

Jour 2                                                         Jour 5

Séparation                                                      Création

Eaux d’en haut/Eaux d’en bas                   Créatures volantes et marines

 Jour 3                                                          Jour 6

Séparation                                                      Création

Terre ferme/Eaux d’en bas                         Animaux terrestres

Nous soulignons le fait qu’il nous faut respecter les caractéristiques associées à une science ancienne et à la poésie ancienne dans notre lecture. L’infaillibilité et l’inhérence de la Bible sont contenues dans le message de foi et pas dans ce mode de communication qui y est attaché

 

Message de foi

Théologie divine

Dieu est le Créateur

La création est bonne

Les humains ont été créés à l’image de

Dieu

Les humains ont chutés et ils sont pêcheurs

Moyen de communication

Science ancienne :

Terre plate

Terre inébranlable

Le soleil mobile au dessus de la terre

Eaux au-dessus du firmament

 Poésie ancienne :

Groupes parallèles dans Genèse 1

Dans notre manière de comprendre les origines, nous proposons une relation mutuellement exclusive mais pourtant complémentaire entre la science et l’Ecriture. Dieu se révèle à la fois dans la nature et dans la Bible, dans le respect de chacun de ces modes de révélation. La science découvre comment le Créateur a fait le monde, alors que les Écritures nous donne l’ultime signification de la création. Ensemble, ces révélations de la Parole et des œuvres de Dieu se complètent l’une l’autre en fournissant une vue complète des origines.

Nous pensons que Dieu a créé l’univers tout entier et toute forme de vie, y compris les êtres humains, par un processus évolutif planifié et constamment soutenu. La Bible n’est pas un livre de science, le but de l’Ecriture étant de nous révéler le Seigneur et sa volonté. La science dans la Parole de Dieu typifie la « science de l’époque » où les auteurs bibliques écrivaient sous l’inspiration du Saint-Esprit. Cette science « ancienne » est un moyen utilisé par Dieu pour transmettre aussi efficacement que possible Ses vérités d’ordre spirituel aux hommes et aux femmes. De plus, le Créateur a prévu que la science serait le moyen par lequel nous comprendrions l’aspect physique de sa création. Ainsi, la méthode de création peut être l’objet de découvertes scientifiques mais n’est pas contenue dans les premiers chapitres des Écritures. Il existe une surabondance de preuves cosmologiques, géologiques et biologiques de l’évolution. Ainsi, nous reconnaissons que la Parole de Dieu et ses œuvres ont un caractère radicalement différent même si complémentaire. L’Écriture et la science nous permettent ainsi d’affirmer que cet Univers qui a évolué depuis dix à quinze milliards est « très bon ». Plus fondamentalement encore, nous sommes issus d’une forme plus primitive de vie pour être les seules créatures portant l’image du Créateur, mais nous sommes tombés dans le péché.

Les deux livres de Dieu dans une relation complémentaire

Trois caractéristiques nous distinguent des autres positions sur les origines de l’Univers et de la Vie : (1) nous croyons en un Créateur personnel et pensons que l’évolution est la méthode du Créateur, (2) nous croyons aux fondements d’un christianisme « évangélique » et pensons que la science courante fait des découvertes valides, (3) enfin nous rejetons la notion de « Dieu qui comble les trous de notre ignorance scientifique » (« God-of-the-Gaps »).

Nous croyons en un Créateur qui s’implique personnellement dans la vie des hommes et des femmes et pensons qu’Il les a créé par un processus évolutif. Cette position n’est peut-être pas si fréquente aujourd’hui. Cet aveuglement conceptuel n’est que le reflet de la dichotomie créée par le débat « création versus évolution » dans l’esprit de beaucoup dans la société contemporaine. De nombreux croyants considèrent d’une part que le Dieu personnel révélé par la Bible n’agit que de manière miraculeuse dans la création de l’humanité et dans ses relations personnelles avec elle. D’autre part, l’évolution est vue comme un processus naturel autosuffisant, libre de toute action divine, parce qu’aucun Dieu n’existe. Pourtant, le Créateur existe bien et il travaille subtilement au travers de ces processus naturels qu’Il a ordonné et qu’Il continue de soutenir. En particulier, Dieu n’est pas limité à une seule méthode de création. Il y a différents types d’action divine. Pour ce qui concerne les origines et la marche du monde, nous pensons que Dieu agit de manière providentielle. Le Seigneur réserve les signes et les prodiges dans ses relations personnelles avec les femmes et les hommes.

La foi chrétienne évangélique et les principes de base de l’évolution scientifique sont ainsi réconciliés. Nous plaçons notre foi dans la Sainte Trinité, tenons au mystère central du Christianisme : l’incarnation du Fils de Dieu, la résurrection corporelle du Christ d’entre les morts et nous attendons la Vie éternelle avec le Seigneur. Le Créateur a conçu et Il soutient des mécanismes et des processus naturels. La régularité de la manifestation des lois physiques n’est pas seulement ce qui permet l’investigation scientifique dans le monde aujourd’hui, mais c’est aussi « remonter le temps » pour découvrir la méthode de création du monde. Dieu n’est pas trompeur. Il a plutôt donné à l’humanité la possibilité de découvrir la structure, le fonctionnement et l’assemblage de la nature. La cosmologie, la géologie et la biologie sont fondées sur la fidélité de Dieu vis-à-vis de sa création et de ses créatures particulières que nous sommes.

Enfin, nous rejetons la notion de « Dieu qui comble les trous de notre ignorance » (« God-of-the-Gaps »). Au lieu de craindre qu’à chaque découverte scientifique, une explication rationnelle ne vienne expliquer un phénomène que nous attribuions à une intervention divine surnaturelle, nous accueillons favorablement toute découverte scientifique nouvelle qui vient combler les lacunes de notre connaissance et les considérons comme des déclarations de la gloire divine. Ainsi, les progrès de la science nous permettent d’apprécier encore davantage la beauté, la majesté et la rationalité inscrites par Dieu dans la création. Considérons par exemple la cosmologie du Big-Bang. Alors que la recherche a progressé sur la base du principe scientifique, que les processus naturels sont réguliers et non modifiés, la connaissance en physique a abouti à une série de lois complexes et élégantes qui décrivent l’évolution du cosmos. De plus, si l’une des constantes physiques ou si les conditions dans l’univers primitif avaient été tant soit peu différentes, le cosmos n’aurait alors pas pu évoluer. Ainsi de nombreux physiciens éminents ont parlé du « réglage minutieux » de l’Univers et pour certains c’est le signe d’un « Concepteur minutieux ». De même, alors que la biologie progresse, nous pensons que les « réglages minutieux » permettant l’évolution de la Vie seront mis en évidence. Ainsi, plutôt que de chercher des « trous » dans la nature, pour lesquels Dieu serait intervenu dans la création d’organismes vivants, nous pensons que Dieu manifeste sa gloire dans le robuste continuum de vie, depuis les premières cellules jusqu’à l’homme. Notre foi est renforcée à chaque nouvelle découverte dans l’évolution biologique, parce que chaque nouvelle découverte déclare la gloire et la fidélité de Dieu envers sa création vivante.

L’argument le plus irrésistible est que nous acceptons pleinement la révélation biblique et la science moderne en respectant leurs forces et leurs limites respectives. Le but premier du Christianisme est de réconcilier les hommes et les femmes avec Dieu grâce au sacrifice de son Fils sur la croix. La puissance de la foi chrétienne est démontrée tout au long de l’histoire dans les vies et les communautés transformées par une relation personnelle avec Jésus. Le but de la science est de découvrir la structure et le fonctionnement du monde physique. Les fruits de la méthode scientifique ont un impact dans la vie quotidienne de chacun. La plupart du temps, la religion et la science fonctionnent dans leur domaine respectif. Le conflit ne peut donc caractériser leur relation. Bien entendu, certains problèmes concernent à la fois la religion et la science, la beauté et la complexité de l’Univers, indiquent par exemple l’existence d’un Concepteur. Une expérience religieuse personnelle avec le Christ et une progression de la compréhension du monde physique nous permettent d’acquérir une vision complète du monde.

En conclusion, notre vision des origines va au-delà du débat « création versus évolution » pour offrir une relation saine entre science et religion. Nous reconnaissons que la clé pour développer une vision chrétienne des origines est de comprendre la relation entre la science et l’Ecriture. Les difficultés passées pour que l’Église fasse le lien entre la Bible et l’astronomie de Galilée fournissent des leçons de valeur aux chrétiens luttant avec le récit biblique de la création et les sciences de l’évolution. En nous inspirant du fameux aphorisme né de la controverse au XVII e siècle :

« L’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel. »,

nous écrivons donc que :

Le but de la Bible est de nous enseigner que Dieu est le Créateur, mais pas comment le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont créé.


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