Est-il improbable que la complexité soit le fruit de l’évolution ?

Complément au Livre 'Origines' - Chap 10

Date : ven 29 Mai 2015 Catégorie Voir le Project
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Cet article fait partie des compléments du Livre Origins de Deborah et Loren Haarsma – Cliquez ici pour le sommaire –

or_hasardLorsque l’on calcule la probabilité que quelque chose arrive, on fait toujours certaines hypothèses. Considérons par exemple la question suivante: Quelle est la probabilité que les dix premières cartes d’un jeu soient toutes de la même couleur? Si on a battu les cartes de manière aléatoire, alors il est très improbable que les dix premières aient la même couleur. (Environ 1 chance sur 14 millions.) Supposons maintenant que le jeu de cartes soit neuf et n’ait jamais été mélangé, ou bien que son propriétaire aime les trier par couleurs. Dans ce cas, il est très probable (presque sûr) que les dix premières cartes seront de la même couleur.

 

Considérons maintenant le flagelle des bactéries. Il est constitué de plus de 20 protéines différentes. La plupart sont présentes en plusieurs exemplaires et travaillent toutes ensemble. Les partisans de la théorie du Dessein Intelligent qualifient souvent ce genre de système d’irréductiblement complexe. (Ce terme a été popularisé par Michael Behe ​​dans son livre La boîte noire de Darwin, Presses De La Renaissance, 2009.) Tous les gènes de ces protéines doivent fonctionner correctement pour que le flagelle fonctionne.

 

Quelle est la probabilité que les mécanismes de l’évolution produisent un organe irréductiblement complexe? La réponse à cette question dépend des hypothèses que nous formulons. Lorsque la théorie de l’évolution est exposée dans les manuels scolaires ou les livres de vulgarisation, elle est souvent simplifiée en supposant certaines hypothèses. Ces hypothèses ressemblent en général à cela:

  • Chaque organisme a un nombre fixe de gènes. (Les êtres humains en ont environ 30 000.)
  • Chaque gène code un seul type de protéine.
  • Chaque protéine a une fonction unique dans l’organisme.
  • Une mutation dans un gène ne change qu’une seule « lettre » de son ADN.
  • La seule façon pour un gène muté de se propager à une espèce entière est que cette mutation offre un avantage (meilleur succès reproducteur) pour ses porteurs.

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Si ces hypothèses étaient vraies, alors la principale affirmation de la théorie du Dessein Intelligent serait vraie: il serait très improbable que quelque chose d’irréductiblement complexe, comme le flagelle des bactéries, soit le fruit d’un processus évolutif.

Mais ces hypothèses sont fausses. La situation réelle est plus intéressante. Voici une liste de certaines découvertes scientifiques faites au cours des dernières décennies:

 

  • Il arrive qu’un ou plusieurs gènes soient dupliqués. Par conséquent, le nombre de gènes dans un organisme n’est pas fixe.
  • Il arrive qu’un ou plusieurs gènes soient transférés d’un organisme à l’autre par des moyens autres que la reproduction. Les infections virales entre espèces produisent parfois cela.
  • Nombreux sont les gènes qui codent plus d’une protéine.
  • Nombreuses sont les protéines qui ont plus d’une fonction dans l’organisme.
  • De nombreuses fonctions de l’organisme peuvent être accomplies par plus d’un unique ensemble de protéines. Si une mutation d’un gène provoque l’altération d’une protéine, ses fonctions peuvent être assurées par d’autres protéines, de sorte que la mutation n’affecte pas l’organisme. (Les ingénieurs appellent parfois cela « redondance du système ».)
  • Les changements dans l’environnement peuvent parfois modifier le taux d’occurrence des mutations.
  • De nombreuses mutations sont neutres; elles n’ont pas d’effet discernable sur la fonction de la protéine. Mais si un gène accumule plusieurs mutations neutres, une mutation supplémentaire pourrait avoir un effet important sur le comportement de la protéine.
  • Lorsque l’environnement change, certaines caractéristiques d’un organisme auparavant sans importance ou neutres, peuvent soudainement devenir importantes pour sa survie.
  • Dans les petites populations isolées d’individus, certaines mutations peuvent devenir habituelles, même si elles n’offrent pas d’avantages particuliers.

 

La liste pourrait être plus longue. Ces découvertes rendent la situation plus intéressante et plus compliquée que la façon dont l’évolution est parfois présentée dans les manuels scolaires ou les ouvrages de vulgarisation.

 

Au vu de cette nouvelle série d’hypothèses, quelle est la probabilité que des organes irréductiblement complexes comme le flagelle des bactéries puissent être le produit d’un processus évolutif? Les scientifiques ne le savent pas. Compte tenu de notre technologie et des connaissances scientifiques actuelles, c’est trop compliqué à comprendre. Ce serait comme essayer de prédire avec des semaines d’avance le moment exact où une feuille tombera d’un arbre.

 

Or_ADN_iconeAu cours des dernières années, il est devenu possible de séquencer tous l’ADN d’une espèce. (Séquencer signifie décoder chaque «lettre» de ADN de chaque gène – les « mots » – d’une espèce.) L’accomplissement le plus notoire a été le Projet Génome Humain, une réalisation étonnante, qui promet de nombreux progrès médicaux. Les scientifiques ne se sont pas arrêtés aux humains. A ce jour, environ deux douzaines d’espèces de plantes et d’animaux, et quelques dizaines d’organismes unicellulaires, ont été séquencés. De nombreuses autres espèces ont vu leur ADN partiellement séquencé. Ce travail nous a déjà enseigné beaucoup sur l’ascendance commune des espèces, mais il reste beaucoup à apprendre. Il existe des millions d’espèces d’animaux, de plantes et de bactéries. Il faudra donc des décennies pour que tous les gènes de toutes les espèces soient séquencés. Lorsque ce sera chose faite, beaucoup de questions sur la théorie de l’évolution recevront une réponse. Mais même cet accomplissement ne sera pas suffisant pour savoir si les organes complexes (comme le flagelle des bactéries) pourraient avoir évolué. La possibilité que la complexité résulte de l’évolution est une question très difficile, et le séquençage de l’ADN de nombreuses espèces n’est que l’un des nombreux obstacles à surmonter avant d’avoir une réponse définitive.

 

Les scientifiques sont toutefois parvenus à des explications plausibles pour plusieurs exemples de complexité irréductible. Un exemple est la structure complexe de l’oreille moyenne chez les mammifères. Trois petits os appelés le marteau, l’enclume et l’étrier y sont réunis pour relayer les signaux du tympan vers l’oreille interne. L’oreille moyenne ne fonctionne pas sans l’un de ces trois os. Elle est donc irréductiblement complexe. Pourtant, il existe une explication évolutionniste au développement de ce système complexe. Les archives fossiles montrent que ces trois os faisaient jadis parti de la mâchoire des reptiles. Chez les espèces de transition entre les reptiles et les mammifères, ces os ont une double fonction, dans la mâchoire et dans l’audition. Puis, d’autres os de la mâchoire ont évolué, rendant superflue le rôle de ces trois os dans cette dernière. Ils ont cessé de contribuer au mouvement de la mâchoire, et ont évolué ultérieurement pour supporter uniquement l’audition.

 

Concernant des centaines d’autres exemples de complexité irréductible, les scientifiques n’ont pas encore assez d’informations pour savoir s’il est probable ou pas qu’ils soient le produit de l’évolution. Le débat sur la théorie du Dessein Intelligent a contribué à pousser la communauté scientifique à comprendre plus clairement que l’évolution de la complexité est une question scientifique très intéressante et difficile.

 

© 2007 by Faith Alive Christian Resources, 2850 Kalamazoo Ave. SE, Grand Rapids, MI 49560.
Traduction avec autorisation : scienceetfoi.com.

 

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