Qui était le physicien Stephen Hawking ? Qu’ a-t-il découvert ? A-t-il rendu Dieu « inutile » pour expliquer l’origine de l’univers ?

Posté par Antoine BRET
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crédit photo : flickr

 

Suite au décès du célèbre astrophysicien, 3 questions pertinentes ont été posées sur le blog protestant espagnol  Protestante Digital

Voici mes réponses que j’ai traduites ici pour Science & Foi, les commentaires sont ouverts pour exprimer les vôtres.


1. Quelle est la plus importante découverte de Stephen Hawking ?

Stephen Hawking fut l’auteur de nombreux travaux qui ont eu beaucoup d’influence. Comment le sait-on ? Au-delà de la popularité médiatique d’un scientifique, il est possible d’évaluer l’impact de ses travaux par le nombre de fois qu’ils ont été cités par d’autres chercheurs. Albert Einstein, par exemple, a écrit quelques articles qui ont été cités aujourd’hui plus de 5000 fois[1]. Kip Thorne, qui a reçu le prix Nobel de physique en 2017, est l’auteur d’articles ayant reçu plus de 1000 citations. Stephen Hawking fut pour sa part l’auteur d’une dizaine de travaux cités plus de 1000 fois.

Quelle a été sa plus grande découverte ? Probablement celle du « rayonnement de Hawking » d’un trou noir (1975). Un trou noir est un objet si dense que même la lumière ne peut s’en échapper. Avant Hawking, on pensait que ces objets n’émettaient rien du tout. Qu’ils se contentaient d’avaler. Mais Hawking a montré que, en théorie, ils pouvaient émettre des radiations.

Hawking est également connu pour d’autres découvertes, ce qui en général indique un « grand ».

 

2. Y a-t-il un avant et un après Hawking en science ?

Oui, je le pense. Dans les années 1910-1920 sont apparues la Mécanique Quantique (MQ), qui explique comment fonctionnent les atomes, et la Relativité Générale d’Einstein (RG), qui explique comment fonctionne la gravitation. Assez rapidement, beaucoup se sont demandé si l’on pouvait unifier les deux. Que se passerait-il si ces deux théories devaient « jouer » ensemble ? Hawking a été l’un des premiers, sinon le premier, à réaliser que la MQ peut jouer un rôle dans un trou noir, à une époque où l’on croyait que seule y agissait la RG.

Sa formule pour la « température » d’un trou noir est, je crois, la première dans l’histoire de la science où la constante de Planck (emblématique de la MQ), la constante de la gravitation universelle et la vitesse de la lumière se trouvent rassemblées.

Il fut ainsi le premier à indiquer un phénomène physique concret où MQ et RG agissent ensemble. Nous ne connaissons toujours pas la théorie qui unifie MQ et RG. Mais si cela arrive un jour, ce sera en partie grâce au travail de Hawking.

 

3. Certains se sont accrochés aux théories du début de l’univers de Hawking pour nier l’existence de Dieu. Est-ce que Hawking a rendu Dieu « inutile » pour comprendre l’origine de l’Univers ?

Je tiens tout d’abord à souligner que Hawking n’est pas l’auteur de la théorie du Big Bang. Comme on l’a déjà écrit sur ce site, l’idée du Big Bang est apparue en 1931 (au moins), soit 11 ans avant la naissance de Hawking (1942).

Cela dit, Hawking a mobilisé sa maîtrise de la RG et de la MQ pour tenter de comprendre le commencement de l’univers. Supposons qu’il ait eu raison (ce qui n’est pas prouvé du tout). Supposons que ses théories décrivent correctement ce qui s’est vraiment passé au début. Dieu devient-il inutile pour autant ?

Je ne crois pas. Je pense qu’une telle idée provient de cette impression très partagée que si quelque chose est expliqué, c’est que Dieu n’a rien à voir avec. C’est le fameux concept du « Dieu bouche trous »: si quelque chose s’explique à partir des lois de la nature que nous connaissons, alors Dieu n’y est pour rien. Comme si Dieu n’était nécessaire que pour ce qui est incompris.

Mais je ne vois pas ce concept de Dieu dans la Bible. Jésus a dit que Dieu nourrit les oiseaux du ciel (Mt 6.26). Est-ce un phénomène surnaturel ? Est-ce que l’existence des vers de terre rend Dieu inutile ? Jésus a aussi dit que Dieu fait lever son soleil et pleuvoir (Mt 5.45). La rotation de la terre sur son axe, ou bien les nuages, rendent-ils Dieu inutile ? Bien sûr que non.

Certes, la Bible nous montre un Dieu qui fait des miracles, mais elle montre aussi un Dieu qui agit dans des circonstances normales, quand rien de surnaturel n’arrive.

Le Dieu de la Bible n’a pas besoin de « trous » pour exister. Il est bel et bien dans les trous, mais tout autour également. Comme le dit Actes 17.28, « en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être ».

 

 


Notes

[1] Le nombre n’impressionne peut-être pas beaucoup. Mais quand il s’agit de citations, c’est vraiment beaucoup.

Antoine BRET

18 Commentaires

  1. Pascal sam 17 Mar 2018 Répondre

    Je discutais, justement, tantôt avec un collègue agrégé et docteur en physique, qui m’expliquait qu’il était fan de Hawking, car ce dernier avait, à l’instar de Laplace en son temps, jugé inutile, vers la fin de ses recherches, de s’encombrer de l’hypothèse de Dieu.

    Bon, moi, je l’ai laissé parler, mais cela ne provoquera pas le commencement d’une ride à la surface tranquille de mes certitudes de croyant. Car l’athéisme est bien est impropre à donner un commencement de signification aux causes de l’étant, bien contrairement à la foi.

  2. Michel Salamolard lun 02 Avr 2018 Répondre

    Merci, Antoine, de cet excellent article à propos de Hawking!

    Ce grand savant illustre magnifiquement, a contrario, la perspective de ce site Science & Foi, qui maintient fermement la distinction entre les deux types de connaissance, celle de la science et celle de la foi, sans confusion ni séparation, dans une juste articulation respectant l’autonomie et la spécificité de chacune des deux.

    Que Hawking se soit déclaré athée n’est pas du tout dérangeant, selon moi. En revanche, ce qui étonne, c’est le motif (si j’ai bien compris) de cette déclaration, à savoir la fausse concurrence antinomique entre science et foi: si la science peut tout expliquer des lois de l’univers, de son fonctionnement, de son histoire, etc., alors Dieu devient inutile.
    Comme Antoine le dit bien, c’est la conception d’un Dieu bouche-trous de nos ignorances. (Dont je suis athée, moi aussi.)

    Or, telle n’est pas du tout la vision biblique. Pour cette dernière, Dieu n’est pas le fabricant de l’univers, il ne fait aucunement partie de cette univers, il n’agit en aucune façon comme une force ou comme un élément de la nature. Dire qu’il est créateur signifie exactement cela: la transcendance de Dieu. Il est à l’origine de tout ce qui existe, sans être en aucune manière une partie quelconque de l’univers. Il n’est pas plus « dans » l’univers qu’un architecte n’est « dans » un édifice qu’il a conçu. Pas plus non plus qu’un peintre génial n’est « dans » ses œuvres.

    Nous pouvons admirer et étudier à fond une cathédrale ou la Grande Pyramide sans connaître le génial architecte anonyme qui l’a conçue. Nous ne savons rien de lui, mais nous sommes certains qu’il a existé. Idem pour les peinture de Lascaux ou d’Altamira.

    Dans le livre de Daniel, p.ex., nous lisons le cantique des « trois jeunes gens dans la fournaise » (ch. 3,57-90). Ils louent le Seigneur en passant en revue l’ensemble de ses œuvres connues, visibles et invisibles. tout y passe: les anges, les cieux, les eaux au-dessus du ciel, toutes les puissances, tous les astres, tous les phénomènes terrestres naturel (pluie, rosée, feu, chaleur, froidure, glace et neige, nuits et jours, lumière et ténèbres, végétaux, animaux, humains, etc., etc.)

    Aujourd’hui, le poète qui a écrit ce cantique le complèterait certainement comme suit:

    « Atomes et bosons, lumière et trous noirs, bénissez le Seigneur!
    Force éléctromagnétique et force nucléaire, bénissez le Seigneur!
    Relativité générale et mécanique quantique, bénissez le Seigneur!
    Einstein, Planck et Hawking, bénissez le Seigneur!
    car éternel est son amour. »

    Aujourd’hui, l’admirable Hawking découvre que le dieu dont il était athée n’existait que dans son imagination, quelque peu limitée sur ce point. On peut imaginer sa surprise éblouie en découvrant le vrai Dieu, le créateur et sauveur, qui lui tend ses bras pour l’élever plus haut que l’admiration des hommes: dans la joie de son éternel amour.

  3. him lun 02 Avr 2018 Répondre

    Bonjour Michel
    Tu dis « On peut imaginer sa surprise éblouie en découvrant le vrai Dieu, le créateur et sauveur, qui lui tend ses bras pour l’élever plus haut que l’admiration des hommes: dans la joie de son éternel amour. »
    Une part de son étonnement pourrait venir du contraste avec ce qu’il a sans doute lu dans l’évangile:
    « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné ».

    Ayant pour ma part plutôt connu la tradition pentecôtiste évangélique, ta foi évangélique est surprenante pour moi. Je connaissais:
    – l’enfer pour ceux qui n’ont pas cru (la plus courante)
    – l’annihilation pour ceux qui n’ont pas cru (version Billy Graham ?)
    – un siècle ou deux de purgatoire (version catholique mais non scripturaire)

    De toutes je préfère la tienne et j’espère qu’il y en a beaucoup à croire comme toi.

    • Thibault Heimburger lun 02 Avr 2018 Répondre

      Bonsoir Him,

      Michel a donné une magnifique réponse au problème du Dieu « bouche-trou » que je partage totalement.

      > « Une part de son étonnement pourrait venir du contraste avec ce qu’il a sans doute lu dans l’évangile:
      « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné ».

      Cette phrase est tirée de Marc, 16, 16, la fameuse finale longue de Marc, qui… n’est pas de Marc (voir l’autre fil:
      http://www.scienceetfoi.com/la-fin-intrigante-de-levangile-de-marc-les-rencontres-avec-jesus-ressuscite-ont-elles-ete-ajoutees/comment-page-1/#comment-423025

      et donc ne remonte certainement pas à Jésus.

      > « – un siècle ou deux de purgatoire (version catholique mais non scripturaire) »
      Totalement d’accord: le Purgatoire n’est pas dans les Écritures.
      Cette notion résulte de la réflexion séculaire de l’Église catholique qui admet la Tradition, au sens fort, comme donnée de la Foi.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Purgatoire

      Oublions les errements de l’Eglise catholique au cours des siècles sur ce sujet.

      Revenons à l’essentiel: la fin ultime de chacun est, selon la foi chrétienne, la rencontre ultime, au delà du passage de la mort, avec son Créateur, et le partage de sa Vie divine qui n’est qu’Amour.
      Pour vivre de cette vie divine qui n’est qu’Amour (c’est à dire n’avoir aucun « repli sur soi »), n’est il pas nécessaire de passer par une phase de purification ?
      Qui peut prétendre, sauf peut-être les plus grands saints, être exempt de tout « repli sur soi »?

      Le « purgatoire », dans son sens ultime, n’est rien d’autre que le résultat de l’affirmation que la rencontre avec le Dieu trois fois saint ne peut avoir lieu qu’après une « phase » de purification/sanctification.
      Si Dieu est Dieu, nous ne pouvons avoir part à sa Divinité qu’à la condition de brûler en nous tout ce qui n’est pas le véritable Amour. N’est-ce pas évident ?

      Evidemment, nous nous situons ici hors du temps et de l’espace.

  4. Michel Salamolard mar 03 Avr 2018 Répondre

    Oui, Thibault, vous dites très bien: « Si Dieu est Dieu, nous ne pouvons avoir part à sa Divinité qu’à la condition de brûler en nous tout ce qui n’est pas le véritable Amour. »

    En appui biblique de cette affirmation, il y a 1 Corinthiens 3,10-17. Les œuvres (= la vie concrète) de chacun sont faites de matériaux divers, selon la comparaison de Paul. Il peut y avoir de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille. Un Jour (= le « dernier Jour », cf. 1 Co 1,8), tout cela sera passé au feu. (Bien des théologiens pensent que ce feu n’est autre que le Christ lui-même, l’amour brûlant du Christ. À noter que le pape Benoît XVI a pris à son compte cette opinion théologique, dans son encyclique sur l’espérance, voir plus bas.)

    Le feu va donc brûler tout ce qui ne vaut pas grand-chose, le bois, le foin et la paille. Autrement dit, nous serons ainsi débarrassés de tout ce qui en nous nous encombre. Ne subsistera que le meilleur de nous-mêmes, ce qui est fruit de notre collaboration avec la grâce divine: l’argent, l’or et les diamants, autant de symboles de l’amour de Dieu en nous, et de notre amour fruit de Son amour.

    Paul ajoute une chose encore plus étonnante au v. 15, qui nous plonge dans un mystère adorable. Si l’ouvrier voit son œuvre (= toute son œuvre) consumée par le feu, il en subira la perte, mais lui-même (= sa personne) sera sauvé, « comme à travers le feu »!

    Benoît XVI propose un commentaire très intéressant et audacieux (au bon sens chrétien du mot) de ce verset et des précédents dans l’encyclique citée plus haut, aux §§ 45-47. Voici un lien vers le texte de ce beau document: http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20071130_spe-salvi.html

  5. Michel Salamolard mar 03 Avr 2018 Répondre

    Cette méditation de 1 Co 3,10-17, him, peut nous conduire à l’hypothèse, que vous évoquez, celle d’une « annihilation ». Il s’agit alors de la damnation possible, non pas sous forme d’une torture infinie dans la durée (l’enfer tel qu’on l’imagine encore trop souvent), mais sous forme d’un refus total et définitif du salut et de la miséricorde divine.

    Un tel refus total et définitif ne peut se situer en cette vie, où rien n’est définitif, mais après la mort physique, lors de la rencontre décisive de chacun avec le Christ Sauveur. Ce dernier nous montrera ses plaies d’amour, comme à Thomas, et nous dira avec toute sa tendresse: « C’est pour toi, pécheur, que j’ai donné ma vie. Veux-tu entrer avec moi dans le paradis, comme le Larron crucifié en même temps que moi? Veux-tu que je ta pardonne, comme j’ai pardonné à Pierre, qui m’avait renié trois fois? Veux-tu de mon amour et de ma vie? »

    Si en un tel moment et en une telle rencontre, quelqu’un rejette ce pardon, cet amour et cette vie nouvelle, il rejette à la fois son créateur et son sauveur, il se coupe définitivement de la source de la vie. C’est un suicide métaphysique, une perte de soi dans le néant.

    Pour recourir à une image, celle de la parabole du fils prodigue, c’est ce fils qui refuserait l’étreinte aimante de son Père, refuserait d’entrer dans la maison paternelle et dans la fête, repousserait son père, lui tournerait le dos pour retourner là d’où il vient = une situation de mort (rien à manger).

    Le choix définitif n’est pas entre le bonheur (Ciel) et la torture (enfer), mais entre la Vie en plénitude (Ciel) et la seconde mort, la totale perte de soi et de sa vie.

    Il nous reste à ESPÉRER (sans certitude, mais non sans appui, cet appui étant la Parole de Dieu), que nous serons sauvés, et tous les autres aussi.

    Et de nous jeter dès maintenant dans les bras du Père et de répondre oui au Ressuscité qui nous montre ses plaies d’amour et nous demande: « M’aimes-tu? Veux-tu de mon amour? »

  6. him mar 03 Avr 2018 Répondre

    J’ai du mal a imaginer comment la plupart des hommes pourraient refuser le pardon de nos manquements fautes et imperfections de la part d’un Dieu qui nous apparaîtrait à l’évidence comme juste, moral, aimant et miséricordieux au point de ne pas condamner Stephen Hawking pour ne pas avoir cru à quelque chose au demeurant d’assez peu crédible.
    Mais si la finale de Marc ne traduit pas le caractère de Dieu tout va bien ….

  7. Marc Fiquet sam 07 Avr 2018 Répondre

    Bonjour Him et tous

    Ces questions sur le jugement de Dieu et « l’enfer » font l’objet de lectures différentes de la part des catholiques et des protestants dans les Ecritures.

    Aussi dans une lecture Protestante le choix s’opère au cours de la vie des hommes et non pas une fois mort :

    Hébreux 9:27 « Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. »

    Dieu est venu rencontrer les hommes en Jésus-Christ, Paul, le rappelle en ces termes :
    2 Corinthiens 5:19 « En effet, Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. »

    Cet acte d’amour et d’humiliation de la part de Dieu envers l’humanité mérite toute notre attention car c’est le seul accès, la seule porte ouverte sur l’éternité. Le refuser de notre vivant c’est prendre un jugement contre nous-même, c’est ce qu’a annoncé Jésus lui-même :

    Jean 3:14 « Et tout comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut aussi que le Fils de l’homme soit élevé 15 afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle. 16 En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. 17 Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. 18 Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »

    Ainsi, nous appuyant sur le passage de 1Co 3 cité par Michel dont nous ferons une lecture un peu différente, nous en déduirons que devant Dieu il y a trois catégories de personnes :

    1. ceux qui refusent l’acte de réconciliation proposé en Jésus qui n’est pas là pour condamner à l’origine mais pour donner toute sa dignité à l’être humain et la dimension qui lui manque pour pouvoir communier parfaitement avec le Dieu parfaitement Bon et Saint. Pour ceux là, qui sont déjà jugés, la conséquence est la séparation éternelle d’avec Dieu car il ne peut y avoir d’union qu’en Christ.

    2. Ceux qui acceptent cet acte de réconciliation mais qui continuent à vivre selon leur propre chef (volonté), ils construisent avec du bois, du chaume c-a-d pour cette vie uniquement, leur foi en Jésus les sauvera, mais aucune œuvre ne les suivra, ils seront sauvés, mais comme au travers du feu.

    3. Ceux qui non seulement acceptent le salut de Jésus mais aussi se soumettent à l’action du Saint-Esprit pour vivre en conformité avec le message de l’évangile, soumettant leur volonté à celle de l’Esprit mais vivent aussi l’interdépendance dans leur relation d’Eglise. Paul dit que ce qui est construit par l’Esprit dans nos vies passera le feu du jugement car c’est semblable à de l’or, des pierres précieuses etc.. et voué à perdurer dans l’éternité… Ca rejoint parfaitement le message de l’évangile de Marc et la théologie de la croix.

    Pour conclure sur le point 1 qui forcément pose problème pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Jésus-Christ, Paul fait allusion à la notion de conscience plantée en chaque être humain et qui fait écho à la loi de Dieu. Pour Paul la notion de bien et de mal sont des notions qui découlent directement de l’existence de Dieu et non de valeurs sociales ou philosophiques, aussi la conscience de chacun suffit à se positionner face au jugement évoqué plus haut par Jésus.

    Ro 2:14 « Quand les païens, qui n’ont point la loi [les 10 commandements des juifs], font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes; 15 ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. 16 C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes. »

    • Thibault Heimburger dim 08 Avr 2018 Répondre

      Bonsoir Marc,

      J’avoue que je suis extrêmement gêné par la « mise en catégories » des uns et des autres en « trois catégories de personnes ».

      Le sort final de chacun n’appartient qu’à Dieu et à lui seul.

      Que faites-vous de Mat, 25-31 (le Jugement Dernier) ? Il n’y est nullement question d’une reconnaissance explicite du Christ. Bien au contraire les « sauvés » s’interrogent: « quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir etc..? »
      Et la réponse est claire: « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».
      Les « sauvés » agissent envers les petits. Et au jugement dernier ils sont étonnés d’être sauvés!
      Ils agissaient selon leur conscience et leur cœur. Ils ne savaient rien du Christ.
      La pointe du récit est, me semble t-il, « dans la mesure où vous l’avez fait un de ces plus petits de mes frères ».
      La seule condition, me semble t-il, pour accéder au Royaume réside dans cette phrase et non pas dans une quelconque catégorisation par rapport à une acceptation plus ou moins explicite du Christ..

      Toute la Révélation aboutit finalement dans la phrase de Jean: « Dieu est Amour ». Il n’est qu’Amour. Sa Puissance n’est que celle de l’Amour et rien d’autre.
      Aussi, il n’y a qu’une seule façon d’envisager les « fins dernières » et en particulier la possibilité de l’Enfer: Dieu ne peut qu’aimer, y compris celui qui s’enferme dans son refus de tout amour. Dans cette vision des choses, l’Enfer (possible mais non certain) est la condition de l’homme totalement et définitivement refermé sur lui-même, exposé au « feu » de l’Amour Divin qui devient souffrance pour lui.

  8. Michel Salamolard sam 07 Avr 2018 Répondre

    Merci, Marc, de cette bonne réflexion!

    La position catholique officielle, je dois le préciser, n’est pas celle que j’ai proposée (je ne suis pas le seul), à savoir la damnation comme « suicide métaphysique ». Ce serait plutôt la position classique, les tourments éternels.

    Ce qui est en question, entre ces deux positions, est la question de l’immortalité naturelle de l’âme, héritée de Platon. En vertu de cette immortalité, si on l’accepte, l’âme ne peut évidemment pas mourir!

    Il me semble que cela correspond mal à l’anthropologie biblique. Et encore plus mal à la conviction que Dieu est Amour.

    Mais nous sommes évidemment ici dans le domaine des opinions théologiques et non dans celui de la foi en ce qu’elle a d’essentiel.

    Nos curiosités et nos tentatives d’imaginer ou de décrire le « comment » de l’au-delà restent bien hasardeuses et il serait prétentieux de les ériger en dogmes.

  9. him dim 08 Avr 2018 Répondre

    @Marc
    Je ne doute pas que les inquisiteurs pendant les guerres de religion croyaient dans leurs cœurs que Jésus-Christ est ressuscité et qu’ils étaient baptisés. Mais je doute que cela soit suffisant pour leur salut. Je doute même que cela soit nécessaire.
    Si j’en doute c’est parce que cela ne m’apparait pas moral. Et le seul Dieu susceptible de m’intéresser ne peut qu’être moral. Et la moralité consiste à faire des choix moraux et être capable de les justifier et surtout pas de se défausser dans l’obéissance à une entité sensée nous faire savoir ce qui est moral. Ainsi le veut Dieu s’il est moral, ainsi devons nous le vouloir si nous sommes moraux. Amen :-)

    • Marc Fiquet dim 08 Avr 2018 Répondre

      Bonjour Him je ne vois pas le rapport entre les inquisiteurs et l’enseignement du Christ…

      Jésus a fait allusion à ce genre de personnes qui agiraient en son nom et qui n’auraient rien à voir avec lui.. Matthieu 7:22. Elles ne discréditent pas Dieu mais elles mêmes.

  10. Marc Fiquet dim 08 Avr 2018 Répondre

    Bonjour Michel et Thibault,

    Merci pour vos réactions toujours riches et profondes.

    Je ne prétends pas non plus représenter à moi seul toute la communauté protestante sur des questions aussi « ténues » et les mises en boites sont toujours un exercice délicat…

    Il ne faut pas comprendre ces catégories comme qq chose qui nous permettrait d’enfermer l’autre, comme Thibault le dit très bien, le sort final n’appartient qu’à Dieu seul et rien ne nous autorise à juger notre prochain quant à son salut, nous aurons à rendre des comptes que par rapport à nous même.

    Cependant il me semble que nous devons également résister à partir de cette notion d’amour incommensurable de l’amour divin de jeter par dessus bord ce que Paul a appelé le « scandale de la croix » et verser dans l’universalisme.

    Oui Dieu est amour, mais devant la situation de l’humanité, Dieu a ouvert une porte ETROITE pour le rejoindre dans son amour. ignorer cela c’est je pense se leurrer et nier l’altérité de Dieu..
    La notion de péché qui rappelons-le dans la racine signifie : manquer la cible, n’a d’autre remède que le Christ en croix !
    Je sais que ce discours peut être peu audible avec notre histoire religieuse lourde et certaines dérives, mais nous devons faire l’effort d’une lecture clairvoyante des Ecritures.

    Ce que tu relèves très justement Thibault dans Matthieu 25 rejoint assez bien à mon sens ma remarque finale concernant Paul dans Ro2. Mais la volonté de Dieu c’est bien que nous puissions recevoir son salut GRATUIT offert en Jésus comme nous l’avons vu dans le passage en Jean, puisque Jésus l’annonce lui-même. Dieu veut le salut de Tous les hommes, pour cela il envoie son fils mais il dit explicitement que ceux qui le refuse prennent un jugement contre eux-mêmes.

    Paul dira :
    2 Corinthiens 5:20 […] nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu !

    et aussi
    1 Corinthiens 1:20 (NEG) Où est le sage ? où est le scribe ? où est le raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?
    21 Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu, il a plu à Dieu dans sa sagesse de sauver les croyants par la folie de la prédication.
    22 Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse :
    23 nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
    24 mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.
    25 Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes
    .

    Ni les excès de la religion, le poids de l’histoire, la masse de ceux qui résistent à l’appel ne devrait nous empêcher :
    1. à titre personnel de tendre l’oreille à l’appel du Christ crucifié, de plonger dans la « folie de Dieu » afin d’en connaître la sagesse stupéfiante et éternelle.
    2. à encourager les autres à le faire car compter sur une grâce autre que celle du salut en Jésus crucifié risque de s’avérer un leurre et un pari bien risqué quand il s’agit de vivre l’éternité

  11. him dim 08 Avr 2018 Répondre

    Bonjour Marc
    L’exemple n’était sans doute pas bien choisi, mais il semble de toute façons que l’on soit déjà d’accord sur l’immoralité de la thèse qui affirmerait que croire que Dieu a ressuscité Jésus des morts est suffisant pour accéder au salut. Il me semble néanmoins que tu suggères que c’est nécessaire (avant la mort pour ceux qui ont entendu parler du Christ). Est ce le cas ? Car cela me paraît tout autant immoral sinon plus, car cela revient à dire que les athées, les musulmans et autres bouddhistes iraient en Enfer indépendamment de toute autre considération.

  12. Thibault Heimburger mar 10 Avr 2018 Répondre

    Bonsoir Marc,

    Comme Chrétiens, toi et moi, nous confessons la même Foi. En l’occurrence: le Christ est l’unique chemin vers le Père. Je ne saisis donc pas bien ce que tu entends par « universalisme »:

    La porte étroite: tu fais certainement allusion à Mat, 7-13:  » Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. 14 Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. »
    Voilà un des nombreux avertissements sévères de Jésus.

    Cela m’évoque immédiatement Mat 19, 23-25 (et parallèles dans Luc et Marc):  » Jésus dit à ses disciples: Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. 24 Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. 25 Les disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés, et dirent: Qui peut donc être sauvé?…Fixant son regard, Jésus leur dit: « pour les hommes c’est impossible, MAIS POUR DIEU TOUT EST POSSIBLE ».

    Certes le contexte est différent dans les deux cas. Mais il semble y avoir superficiellement une contradiction entre les deux. D’autre phrases de l’Évangile semblent aussi contradictoires. Par exemple (de mémoire): « qui n’est pas avec nous est contre nous » versus « qui n’est pas contre nous est avec nous. »

    Il en est de même à propos des conditions du salut: certains textes suggèrent qu’il suffit d’avoir Foi dans le Christ, voire d’être baptisé (sans mentionner les œuvres), d’autres (Mat 25) que l’on peut être sauvé si on accomplit les œuvres sans même avoir connaissance du Christ.

    La véritable Révélation ne peut être comprise que comme une dynamique et les citations de tel ou tel (Paul ..) ne peuvent pas être prises comme l’ultime mot de celle-ci.

    Ces contradictions apparentes ne peuvent, à mon avis être résolues que d’une seule façon:
    en reconnaissant que le sacrifice d’Amour du Christ sur la croix, Fils de Dieu, a une telle ampleur qu’il sauve l’humanité entière, qu’il (re)connaisse ou non le Christ comme unique Sauveur (« Pour la multitude »), car « pour Dieu tout est possible ».
    Et cependant la liberté de l’homme est préservée.

    A suivre…

  13. zamicel ven 19 Oct 2018 Répondre

    “Il n’y a pas de Dieu. Personne ne dirige l’Univers”
    Je ne perçois pas de Dieu tel que décrivent certaines personnes ou religions. Personne ne dirige l’Univers et pourtant les planètes ne s’entrechoquent pas, les animaux et les humains sont des miracles de précisions, les humains réalisent des miracles de technologie. Par le fait même que je puisse concevoir et affirmer sur tous les supports de communication qu’“Il n’y a pas de Dieu. Personne ne dirige l’Univers” je prouve qu’une intelligence suprême et intemporelle, existe, et que je crois à cette intelligence. Si non je me terrais.
    Alors pourquoi je tiens à montrer publiquement que je suis en porte à faux, que je m’oppose à certaines personnes ou groupes de personnes récents dans l’histoire du monde ? Tout simplement parce que leur conception de Dieu n’est pas la même et que je ne veux pas attribuer le nom de « Dieu » à cette intelligence universelle qui gouverne la vie. J’ai exploré toute ma vie avec fascination les règles et les lois régie par cette intelligence de la nature. Je m’aperçois que cette intelligence est plus forte que mon désir d’être en bonne santé et de vivre plus longtemps, qu’elle dirige ma vie, mais je ne veux pas l’assimiler à ce que d’autres appellent « Dieu ».
    Le sujet n’est donc pas de savoir si « Dieu » existe ou pas. Le sujet est autre et peut être qu’un jour ou les humains seront plus apaisés ils l’aborderont.

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