Quand l’islamisme remet en cause la relativité d’Einstein

Posté par Marc Fiquet
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Crédit Image : de Indif [GFDL ou CC BY-SA 3.0], Wikimedia Commons

 

Voici une vidéo très intéressante de la physicienne  tunisienne Faouzia Charfi interviewée le 20 mars dernier par Science & avenir  à l’occasion d’une table ronde  « L’Esprit critique, un défi contemporain », organisée par l’Amscti.

Faouzia Charfi  s’inquiète de l’indépendance de l’enseignement scientifique dans son pays et de sa capacité d’innovation dans un contexte de d’islamisation de la vie politique.

L’approche de la scientifique m’a parue suffisamment pertinente et universelle pour la faire paraître ici et chacun pourra faire le parallèle avec d’autres excès qui agitent d’autres sensibilités religieuses en revendiquant les mêmes principes dans leurs rapports avec la connaissance et la démarche scientifique.

Pour la physicienne les conséquences peuvent avoir à termes des impacts sur l’avenir car elles touchent la santé, les énergies renouvelables etc..

Visionnez la vidéo ci-dessous et voyez quels autres parallèles vous pouvez faire avec les points relevés ci-dessous, n’hésitez pas à partager vos remarques dans les commentaires.

 

 

  • Le religieux part de certitudes
  • L’islam politique ne reconnaît pas la pensée rationnelle et considère que le doute est dangereux pour le croyant
  • La science ne peut pas être autonome et doit être reliée au religieux
  • Les élèves et étudiants « s’instruisent » aussi sur internet
  • La lumière = le signe divin sur terre => doit être INFINIE
    • Einstein dit que la vitesse de la lumière est finie (relativité)  => il se trompe
  • Tentative d’une étudiante de soutenir une thèse en faveur d’une terre plate et fixe !
    • Annulée par le comité des thèses
  • MELANGE du religieux et du scientifique
  • ==> on part d’interprétations du coran puis d’informations bien souvent glanées sur internet et renforcées par certains groupuscules religieux parfois fondamentalistes américains  pour interpréter des expériences scientifiques et donner crédits aux thèses du départ.

 

A lire également cet article paru sur Science & avenir  :

Faouzia Charfi, physicienne : « l’extrémisme remet en cause l’universalité de la science »

 

A propos de la vitesse de la lumière, nous aurons le plaisir dans quelques jours de partager avec vous sous la plume d’Antoine Bret, un sujet qui a fait coulé pas mal d’encre dans les milieux religieux occidentaux, non pas la limite de la vitesse mais sa constance dans le temps. Celle-ci aurait-elle variée dans le temps comme le soutiennent les créationnistes de la Jeune Terre pour tenter de retomber sur un âge de moins de 10 000 ans pour la terre ? Alors science ou pseudo science ? N’y-a-il pas là le même genre de tentation de vouloir absolument subordonner la démarche scientifique à notre seule compréhension du monde, celle de la lecture littérale des premiers chapitres de la Bible ?

 

Suite au prochain épisode..

5 Commentaires

  1. Pascal dim 08 Avr 2018 Répondre

    Les pauvres gens ! Cette femme a bien du courage de prendre la parole, et d’ainsi exposer la problématique qu’elle vit dans son pays.

    Il est vraiment incroyable, et internet a une grande part de responsabilités là-dedans, de voir un tel retour de l’obscurantisme religieux au XXIe siècle ! En fait, il est si confortable pour ces paresseux de l’esprit, de n’avoir qu’un unique livre à lire, et de se dire que tout y est écrit (et l’on voit que cette définition ne vise pas une religion en particulier). Il est si confortable de vivre dans la certitude, sans se poser de questions.

    Il faut vraiment que ces gens, qui nient certaines théories fondamentales de la physique, joignent le geste à leurs croyances, en se débarrassant de tous les outils technologiques qui s’appuient sur celles-ci. Exit donc les smartphones, exit les GPS en voiture, exit les ordinateurs, …

  2. Auteur
    Marc Fiquet lun 09 Avr 2018 Répondre

    oui mais il ne faudrait pas fustiger cette communauté et bien se rendre compte qu’aucune croyance n’est à l’abri de ce genre d’excès. quand la croyance est appuyée par le pouvoir politique, c’est là que le mélange devient détonant !

    les mêmes résistances ou la même méfiance peut s’exercer face à la science au sein de nos communautés chrétiennes (voir le procès du singe en 1925) aux Etats-Unis, ce n’est pas si vieux..

    il ne s’agit pas ici bien sûr de pointer du doigt l’Islam mais de réfléchir sur la manière dont peut poindre le dogmatisme pour créer chez le croyant un refus de la réalité ou une position qui l’empêche de rentrer dans une démarche objective d’observation de la nature.

    • Thibault Heimburger dim 15 Avr 2018 Répondre

      Totalement d’accord.

      L’Islam fut, il y a bien longtemps, bien plus ouvert à la connaissance et au débat.

      Aujourd’hui, il semble que l’obscurantisme gagne du terrain.
      Ceci est l’affaire des musulmans.

      Mais il en est de même dans certaines fractions du Christianisme.
      Il me semble que la seule façon pour les confessions chrétiennes de proposer un message crédible dans le monde d’aujourd’hui serait de s’entendre sur une confession de Foi commune qui rejetterait définitivement toute interprétation littérale de la Bible et accepterait les apports de la science et de l’exégèse moderne.
      Bien sûr, je rêve….

      • Auteur
        Marc Fiquet lun 16 Avr 2018 Répondre

        Quel beau rêve Thibault en effet…

        car dans la réalité, la tentative de confession de foi unifiante pour le monde évangélique dit « le protestantisme orthodoxe » visait exactement la démarche inverse !…

        Voir la 2e édition des déclarations de Chicago et cet appel à la pétition qui plaida pour une « Bible sans erreur » (donc une vision de la révélation extraite de son son contexte socioculturelle) qui date de l’an dernier.
        http://www.scienceetfoi.com/faut-il-prendre-position-pour-la-bible-avant-quil-ne-soit-trop-tard/

        cependant ces pressions viennent des milieux les plus conservateurs et on voit de plus en plus de scientifiques chrétiens ou de théologiens évangéliques ayant réussi a abandonner une approche concordiste des Ecritures.

        • Ce que les déclarations de Chicago appellent « inerrance de la bible » (Bible sans erreur) n’est qu’un artifice d’autorité (une sorte d’infaillibilité comme on en trouve chez d’autres): chaque fois que l’on s’interroge sur certains sujets ayant trait à la Bible (interprétation littérale, créationnisme pur et dur, différences entre textes de l’AT et leur citation dans le NT, recadrage de prophéties, etc.) on nous sort le carton « inerrance », à savoir: « laisse ton cerveau de côté, il y a inerrance – circule, y’a rien à voir ». Tant que vous ne dites rien, pas de problème. Mais si vous « l’ouvrez », on vous regarde de travers (voire: vous n’existez plus…).

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