Pourquoi étudier l’histoire des rapports entre science et foi?

Posté par Benoit Hébert
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Dans une série d’articles, nous survolerons l’excellent livre d’Alister McGrath, malheureusement non traduit en français « Science & religion » une nouvelle introduction. McGrath y aborde de manière très simple et très vivante les grandes questions qui nous préoccupent sur ce blog, en examinant « les aspects historiques, théologiques, philosophiques et scientifiques de l’interaction entre ces deux domaines. » images

Dans le chapitre 2 de son « introduction », Mc Grath aborde l’importance d’étudier l’histoire des relations entre la science et la foi, pour comprendre l’état actuel des débats. C’est d’ailleurs ce qu’il fait dans les trois chapitres suivants dont nous parlerons à propos de trois épisodes qui ont marqué les esprits : Copernic, Galilée et le système solaire, Newton, l’univers mécanique et le déisme, et enfin Darwin et les origines biologiques de l’humanité.

Je synthétise ici en quelques mots des paragraphes entiers qui argumentent et développent chaque idée maîtresse.

Le dix-neuvième siècle a marqué un tournant dans l’idée que le plus grand nombre se font des rapports entre connaissance scientifique et christianisme. Jusque-là, au moins en Angleterre, patrie de Newton et des membres de la prestigieuse Royal Society of London, la coexistence se passait plutôt bien. Deux livres ont marqué l’histoire : l’histoire du conflit entre la religion et la science de Draper (1874) et la guerre entre la science et la théologie chrétienne de White (1896). Dans la période victorienne, deux groupes sociaux entraient en compétition : le clergé qui avait jusque-là été considéré comme détenteur du savoir, et les scientifiques professionnels qui réclamaient leur indépendance et leur liberté de pensée.

John W. Draper

John W. Draper

Andrew D. White

Andrew D. White

Il faut souligner la complexité des relations entre science et foi. Le conflit ne résume certainement pas cette relation d’un point de vue historique. Dans l’Europe naissante, l’idée chrétienne d’un monde ordonné, régi par des lois conçues par Dieu a incontestablement encouragé la démarche scientifique. Pourtant, il faut aussi reconnaître qu’une lecture littérale de la Bible a aussi produit des tensions avec la théorie de Darwin. En réalité, la vraie tension réside davantage dans « l’innovation scientifique et le traditionalisme culturel. »

Le « mythe » d’une incompatibilité de nature entre science et foi est basé sur des catégories intellectuelles empruntées à la philosophie grecque essentialiste : « la supposition que ces termes désignent quelque chose de figé, de permanent. »

« Aucun « méta-narratif » unique ne permet de décrire cette relation, précisément à cause de sa variété liée aux facteurs sociaux, politiques, économiques et culturels. »

Les études historiques nous aident aujourd’hui à appréhender de façon plus exacte des épisodes complexes comme celui de Galilée ou du fameux débat entre Samuel Wilberforce, évêque d’Oxford et Thomas Huxley à propos de la théorie de Darwin.

L’interprétation biblique a joué un rôle fondamental tout au long de l’histoire des interactions entre science et foi chrétienne. C’est particulièrement frappant dans le passage d’un modèle géocentrique à un modèle héliocentrique (Copernic), mais aussi dans l’appréhension du Darwinisme ou du Big Bang.

Brève biographie d’Alister McGrath

Alister McGrath

Alister McGrath a été professeur de théologie historique à l’Université d’Oxford. Il est actuellement professeur au King’s College de Londres. Dans sa jeunesse, McGrath était athée, mais il est devenu chrétien alors qu’il était étudiant à l’Université d’Oxford.

Après avoir étudié la chimie puis obtenu son doctorat en biophysique moléculaire à Oxford, McGrath s’est spécialisé en théologie chrétienne en effectuant une thèse en théologie historique et systématique à Oxford. Aujourd’hui, il est reconnu comme théologien d’envergure mondiale, avec une spécialisation dans les relations entre la science et la foi.


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