Porter le message de l’évangile au cœur d’une création évolutive (partie 3)

Posté par Bruno Synnott
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J’aimerais entrer un peu plus dans le vif du sujet : comment évangéliser en tenant compte d’une création évolutive ?

À terme, je présenterai un « plan du salut » qui tienne compte de l’idée d’une création évolutive (i.e. acceptant la théorie de l’évolution) en espérant que non seulement ce soit compatible avec l’évangile, mais que cela pourra prévenir quelques-unes des objections intellectuelles les plus redoutables.

Tout le monde sait que les objections les plus redoutables à la foi concernent la souffrance, notamment celle des innocents. Comment un Dieu bon peut-il laisser des innocents (bébés, enfants, personnes vulnérables, victimes de catastrophes naturelles, famine, guerre, etc.) souffrir ?

La réponse classique dit: la liberté. L’humanité souffre parce que, depuis belle lurette, elle s’est détournée de son créateur et de sa volonté. L’homme commet le péché (le mal commis) qui altère les relations et entraîne toutes sortes d’injustice (le mal subi).

Ok, parfait. Mais qu’en est-il des catastrophes naturelles, des famines, des maladies infantiles, des virus, de la prédation animale, du transgénérisme et j’en passe ? On parle ici du « mal naturel », c’est-à-dire la souffrance qui ne résulte pas de la volonté humaine.  Augustin a dit que cela est provient également de la liberté, celle du premier homme, Adam, qui entraîna l’humanité dans une corruption de nature suite à sa désobéissance. Celle-ci a eu un effet cataclysmique, corrompant la nature humaine et animale, terrestre, le climat, etc.

C’est là que ça accroche nos contemporains et qu’à mon avis il faille préférer l’explication d’une création évolutive pour expliquer le « mal naturel ».

Dans notre schéma explicatif du salut, il faut être capable d’intégrer les connaissances universellement reconnues sur l’évolution. Je ne parle pas de « l’évolutionnisme » comme philosophie athée, mais je parle de l’évolution comme « mécanisme de création » utilisé par Dieu.

L’idée de « création évolutive » implique plusieurs choses positives :eXploration_Theologique

D’abord que le monde est créé par Dieu. Dire qu’il est « créé par Dieu » implique plusieurs choses. D’abord qu’il est bon parce que créé par un Dieu bon. Deuxièmement qu’il n’est pas d’essence divine parce qu’il est « créé » (Dieu ne s’étant pas dupliqué). Troisièmement qu’il n’est pas éternel ; il ne subsiste pas lui-même, il existe (est tiré de) Dieu.

Ce n’est pas tout. Étant créé par Dieu, il est vivant. Il produit la vie. L’univers n’est pas statique, ce n’est pas une machine. C’est plutôt un laboratoire, une puissance de création capable de se diversifier partout dans l’univers, de s’adapter et même d’évoluer. Ok, ça cause de la souffrance, mais cette souffrance est intrinsèque à tout ce qui existe.

Faisons un pas de plus si vous le voulez bien. Dire que l’univers est vivant et comprendre son dynamisme à l’origine de toute diversité (animale et végétale), c’est reconnaître humblement que l’univers nous dépasse largement. L’observation le confirme. Nous sommes issus de la création. Nous sommes des créatures d’une création. Nous sommes dans la matrice. Nous pouvons certes, par notre science, explorer de mieux en mieux cette matrice, mais nous ne pourrons jamais nous y soustraire. Nous en faisons partie. Nous sommes une partie d’un tout, d’un ensemble intrinsèquement lié. En un mot : elle nous domine infiniment. Se penser plus grand qu’elle serait un délire despotique.

Revenons à Genèse 2-3 quelques instants. Dieu appelle l’homme à dominer cet univers. Le fait « qu’il appelle » l’homme à dominer montre que ce n’est pas un état de fait. C’est un but. C’est une possibilité, une possibilité « en Dieu » ou « avec Dieu », qui l’appelle à dominer.

Mais au départ, qui domine ? C’est le serpent qui domine l’homme. Il est bien plus rusé. Je parle qu’il est plus rusé que l’homme naturel, bien sûr. Nous avons déjà longuement montré qu’Adam est le représentant de l’homme naturel . 1 Co 15.47 l’affirme explicitement :

 le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel.

Adam était le terrestre, Christ le céleste.

Ainsi l’homme, issue de la nature, est dominé par elle. L’homme naturel ne peut s’affranchir de ce qui le dépasse, d’où la faillibilité d’Adam devant la tentation du monde. L’adam dépeint par le récit de la genèse est une créature faillible et limitée dans ses forces, quoique pourvu d’extraordinaires pouvoirs en Dieu.

Peut-être penserez-vous qu’en m’exprimant ainsi je fais de Dieu le responsable du péché de l’homme en l’ayant créé faillible et faible devant un monde qui le dépasse. Et bien non ! Dieu n’est pas « le » responsable. La Bible ne parle « d’un » responsable. La Bible évoque plusieurs facteurs qui ont conduit à l’entrée du péché dans le monde (Ge 3.1 ; Rom 8.17 ; Jean 9.2-3 ; Ja 1.14 ; 1 Co 15.21, etc.). Le but de Dieu n’a jamais été que nous dominions sur la nature par nos propres forces. Mais que nous vivions par la foi et répondions à son appel.

Comme je le mentionnais dans le deuxième article de la série, le péché s’accroche automatiquement au commandement pour susciter les mauvais désirs de toutes créatures libres (Rom 8.12ss). Comme c’est une réalité que Dieu connaissait d’avance (il ne faut pas le sous-estimer..), ce n’est évidemment pas sur le principe de la Loi qu’il justifie les hommes, mais sur le principe de la foi.

En d’autres mots, et je concluerai avec ceci : jamais Dieu n’a voulu que l’homme soit sans péché au regard de la loi, puisque la Loi est le parfait reflet de son être et que seul Dieu peut être fidèle à lui-même. Mais il a voulu que l’homme marche par la foi pour surmonter le péché qui, inévitablement, prend appui sur la Loi comme dit Paul, pour aliéner le sujet central de sa création.


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4 Commentaires

  1. Pascal mer 29 Mar 2017 Répondre

    Je pense que vous avez tout faux ! Je résume très sommairement.

    Dieu est à l’origine de tout ce qui est, de tous les mécanismes qui permettent aux éléments constitutifs de l’Univers d’évoluer, et de vivre d’une vie propre.
    La vie s’est complexifiée au point d’aboutir à des primates très élaborés, mais qui restaient de simples animaux. Et c’est là que Dieu, pris d’un élan de générosité intervient, et fait d’une branche particulière de primates sur l’arbre de la Vie, des êtres doués de conscience, qu’Il en fait ses fils et ses filles, en leur permettant de contempler et d’analyser Sa création, et ainsi de Lui rendre gloire ! La Genèse c’est le récit de la transformation d’un primate en humain, quand Dieu a provoqué le déclic qui fit naître sa conscience et son intelligence. Conscience de notre propre finitude, conscience de la magnificence de l’Univers, de la Nature, donc des créations de Dieu. Il partage depuis le temps de la Genèse la conscience du monde avec nous, car Il nous considère – on a de la chance – comme ses enfants.

    • i mer 29 Mar 2017 Répondre

      Cher Mr,

      la genèse s’est tout d’abord le récit d’une masse informe et VIDE, ou trouvez vous des primates? et Adam, le récit d’une forme humaine issu de la poussière, ou de la terre sans doute, de l’argile qui sais.. encore là, ou voyez vous des primates ?

      • Pascal mer 29 Mar 2017 Répondre

        Cher Monsieur i (ou Madame ?),

        pour moi, les choses sont simples.
        Dieu est à l’origine de tout ce qui existe et toutes choses retourneront à lui.

        Par contre, la Genèse est un récit allégorique, qu’on ne peut rattacher à aucune connaissance scientifique sérieuse, ni en ce qui concerne la création de la Terre (puisque nous savons à présent qu’elle n’est qu’un grain de poussière dans le cosmos, et que l’on découvre à un rythme de plus en plus effréné des exo-planètes), ni en ce qui concerne l’origine de l’Homme en tant qu’espèce vivante distincte des autres. Je suis d’ailleurs entrain de suivre un cours très instructif sur la recherche de Luca (Last Universal Common Ancestor).
        Donc, selon moi, ce livre est le récit allégorique de l’accession d’une branche précise de primates, quelque part sur l’arbre phylogénétique, à la conscience, par l’intervention divine, car Il a voulu que nous soyons ses fils et ses filles, en ce sens que nous partagions la conscience du monde, avec Lui.
        Du coup, il ne reste plus aucune contradiction entre les sciences et la foi.
        D’autre part, au risque de choquer diverses personnes ici, je ne pense pas que Dieu lui-même écrive de livres ! Nous devons ces livres à des personnages historiques plus ou moins inspirés. Mon guide personnel, est par rapport à tout ceci, le message du Christ lui-même. Hors de ce message, je reste on ne peut plus circonspect.

        Voilà, ce n’est que mon humble avis que je suis ravi de partager avec vous, tout en ne prétendant pas être unique détenteur de vérité, loin de là.

        • DJAM jeu 30 Mar 2017 Répondre

          Cher Mr Pascal, (pour ma part c’est Mr)

          Effectivement votre point de vu reste le votre. Pour ma part je crois en un Dieu créateur, en un fils rédempteur, et en un diable détracteur de vérité. Au sujet de la genèse et votre interprétation quand à un récit de type allégorique, en effet rien ne permet d’affirmer le contraire donc je ne vais pas m’étendre ni me perdre. Cependant j’en préfère sont interprétation courante et bien connue quand à un sens immédiat de compréhension, je trouve cela plus simple. Vous affirmez que nous « savons » grâce à la science des homme ?? … »le grain de poussière dans le cosmos » ??
          La aussi les premiers versets de la genèse et bien d’autre plus loin dans le livre démontent cette théorie. « les bords du monde, le firmament solide, les eaux du dessus, le trône de l’ancien des jours encore assis juste au-dessus et nous voyant comme des sauterelles… » C’est plutôt compacte et rapproché comme rapports et liens et si on l’interprète toujours dans un sens sans s’éloigner ! En effet aussi, il se pourrait que la science admise et officiel soit l’objet d’une malveillance vicieuse et calculée bien précise d’un détracteur !! Par ce fait encore je ne la crois donc pas et je m’explique : Satan ou l’adversaire nous le savons et le chef de ce monde, le christ nous met en garde quand à sa puissance trompeuse. Aussi, pourquoi ce dernier ne se servirait t’il pas de la science pour arriver à ses fin quand à nous éloigner de Dieu avec des nombres et des calculs et des distances insignifiants et effrayants ou plus précisément l’éloigner de nous dans un cosmos infiniment immense de stupeur et d’égarement.
          Voilà cher Mr Pascal, il s’agissait de mon point de vu de l’affaire et de mes questions…
          Aussi et peut-être faut t’il attendre la venue des nombreux prophètes de la fin des temps pour qu’une vérité  » bien fixée » nous parvienne. Bien à vous dans la continuation de vos travaux en attendant et merci pour votre réponse.

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