Lettre à un ami athée (13): superstition ou relation véritable?

Posté par Roger Lefebvre
Article 13 sur 14 pour la série : Lettre à un ami athée
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Cher Ami,

Dans mon dernier billet, je terminais en te faisant remarquer que ceux qui défigurent le christianisme, pour en faire un fatras de superstitions diverses, manifestent une attitude bien plus blasphématoire que l’ignorance ou l’indifférence des athées et des agnostiques. Car on ne se moque pas de Dieu : il est le Dieu souverain, le Créateur des cieux, de la terre et… de l’homme ! – Attention ! Quand je dis « Créateur », ce n’est pas pour nier l’évolution, mais pour faire de Dieu la « cause première » de toutes choses. –

 

C’est Dieu qui a choisi de faire de l’homme un interlocuteur « à son image et à sa ressemblance »… Cet homme qu’il a élevé à la dignité de partenaire en lui offrant son amour… Cet homme qui l’a gravement offensé en abusant de sa liberté pour rejeter cet amour… Cet homme qui a fauté par orgueil en croyant qu’il pourrait se passer du conseil divin… Cet homme qui a voulu mener sa vie à sa guise et qui a fait de notre planète ce qu’elle est aujourd’hui…

 

Il suffit pourtant d’ouvrir les yeux sur le monde et de dresser le bilan de l’histoire de l’humanité pour voir où cette sotte prétention nous a conduits. Guerres, génocides, meurtres, viols, vols, famines, épidémies, pollutions, désordres climatiques… ne sont pas l’œuvre de Dieu, mais bien de l’homme sans Dieu… Le plus intolérable venant de ceux qui ont agi au nom de Dieu, sans être mandatés par lui !

 

C’est pour cela que le Christianisme ne s’adresse pas à des hommes qui s’enferment dans leur suffisance, mais bien à ceux qui prennent la mesure de leurs insuffisances… Il ne germe pas dans des cœurs desséchés par la mauvaise foi, mais trouve un terreau fertile chez ceux qui confessent leur ignorance et sont en recherche de sens pour leur vie…

 

La foi chrétienne ne se réfère pas à une « croyance » quelconque : elle est bien plus que cela ! Elle est un appel à investir en Dieu le potentiel de confiance qui existe en chacun de nous… Elle s’épanouit dans la vie de ceux qui réalisent l’offense faite à Dieu en refusant sa main tendue… Ceux qui désirent sincèrement revenir à leur Père céleste, se réconcilier avec lui… Car alors, et alors seulement, la foi prend toute sa signification dans la personne et l’œuvre de Jésus-Christ : le médiateur venu restaurer la relation rompue entre Dieu et sa créature. Si donc, l’honnêteté intellectuelle n’est pas l’apanage de quelques croyants, elle m’apparaît comme une condition préalable indispensable pour devenir un chrétien authentique.

 

La spécificité de la foi chrétienne réside donc dans la restauration, dès ici-bas, d’une relation personnelle entre l’homme et son Dieu. Cette prétention – car c’en est une – place la barre beaucoup plus haut que les autres religions monothéistes… Elle constitue le défit que je place, aujourd’hui, devant toi qui m’a lu jusqu’ici.

 

A vrai dire, je ne sais pas si tu es vraiment disposé à relever ce genre de « challenge », mais toi tu le sais. Toi seul peux savoir si ce désir habite ton cœur ou si la possibilité d’une relation retrouvée avec ton Dieu te laisse indifférent. Si cela ne t’intéresse pas, tu n’es pas obligé de me suivre plus loin. Quoi qu’il en soit, je te remercie pour le bout de chemin que tu as bien voulu faire en ma compagnie. Mais bien sûr, je préférerais te dire « à Dieu » plutôt que « adieu » !

 

Par contre, il est possible que tu te sentes interpellé par la perspective de restaurer une véritable relation avec Dieu. Dans ce cas, et seulement dans ce cas, j’aimerais te dire que je suis à ta disposition pour t’aider dans cette démarche. Je te préciserai mon offre dans mon dernier courrier.

 

A bientôt !

 

R.L.

 


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Roger Lefebvre

4 Commentaires

  1. Yogi sam 21 Sep 2013 Répondre

    Tout cela est bel et bon, mais je doute tout de même que cette lettre s’adresse à des athées. Difficile en effet d’écrire à leur intention « on ne se moque pas de Dieu : il est le Dieu souverain, le Créateur des cieux, de la terre et… de l’homme ! » ou de leur demander de « restaurer » une relation personnelle entre l’homme et Dieu.

    Quant à parler de tous ceux « qui ont agi au nom de Dieu, sans être mandatés par lui », je me permettrais simplement de rappeler que tous ceux-là étaient (sont) bien convaincus, en toute bonne foi, d’être mandatés par Dieu et d’accomplir Sa volonté. Leur interprétation contre la vôtre, chacune basée sur les mêmes ouvrages sacrés : il me paraît bien évident que ce n’est pas comme cela qu’on va s’en sortir et résoudre les problèmes du monde.

    • Marc sam 21 Sep 2013 Répondre

      Re-bonsoir Yogi

      Roger étant parti pour le WE, je me permets de faire écho à tes remarques :

      1. Comme l’introduction de la lettre le stipule, il faut se reporter à la fin du 12eme courrier pour retrouver le contexte auquel se rapportent les propos qui sont en accord avec ton commentaire, il s’agit bien de ceux qui prétendent connaître Dieu qui sont concernés ici par ce « reproche ».

      2. Je comprends ton point de vue pour ne pas dire ton désarroi, mais hélas à part à s’en remettre à Dieu lui-même qui jugera « toute chair » il ne nous parait guère possible de juger de la bonne ou mauvaise foi des hommes à 100% étant nous-même faits de la même pâte… En faire un prétexte pour en rester à une vue matérialiste du monde me paraîtrait en revanche assez hasardeux et pas forcément bien fondé.

  2. soeur en Christ mar 24 Sep 2013 Répondre

    Il faut de l’honnêteté intellectuelle pour reconnaître qu’il y a un Dieu créateur derrière la création.Mais d’où vient le sentiment que la relation avec Dieu a été rompue et qu’il faut la restaurer? N’est-ce pas parce que nous avons conscience de faire partie d’une race déchue et qui a besoin d’être réhabilitée? Nous avons conscience qu’ il y a comme un écran entre nous et Dieu. Nous avons conscience que nous sommes enfermés dans la désobéïssance et que cela n’est pas la conséquence d’un choix mais que cette désobéÏssance est intégrée dans notre nature . ( par contre nous pouvons faire le choix d’en sortir). Nous confessons par nous-mêmes que la doctrine de la chute est juste est qu’elle fait partie intégrante de l’expérience de l’enfant de Dieu au même titre que celle du salut. Nous ne pouvons pas accepter l’une et rejeter l’autre. Il ne s’agit plus d’honnêteté intellectuelle mais bien d’honnêteté spirituelle c’est à dire de foi.

    • Benoit Hébert mar 24 Sep 2013 Répondre

      Bonjour « sœur en Christ ». Vous soulevez là des questions profondes qui font aujourd’hui l’objet d’investigations théologiques passionnantes. Tous les chrétiens croient que tous les hommes sont pécheurs et ont besoin du salut par grâce acquis par l’œuvre du Christ. Par contre, tous n’adhèrent pas à la version « augustinienne » du péché originel que vous présentez ici. Voir par exemple les articles de Bruno Synnott dans la catégorie Adam et péché originel, et en particulier cette série, et le péché originel dans tout ça?

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