Lettre à un ami athée (12): foi ou religiosité?

Posté par Roger Lefebvre
Print Friendly, PDF & Email

Cher Ami,

Dans ma lettre précédente, j’ai promis de t’en dire un peu plus sur la foi… Sans vouloir rien t’imposer, j’aimerais donc te soumettre ma conception de la religion chrétienne… Quand je dis « ma conception », rassure-toi, je ne l’ai pas inventée : elle est partagée par des milliers de croyants dans le monde, disséminés dans diverses églises chrétiennes : catholique, orthodoxe, protestante, anglicane, évangélique, etc. Je ne prêche donc pas pour une chapelle particulière. Mon seul désir est de voir ceux qui me lisent s’épanouir en Christ, là où Dieu les appellera… en espérant que l’indigence spirituelle de certains croyants ne les décourage pas dans leur recherche.

 

L’as-tu déjà remarqué ? D’une façon générale, la plupart des croyants – toutes religions confondues, chrétiennes ou non – se livrent à des pratiques diverses qui visent toujours à se concilier les faveurs de leur divinité, tout en se préservant des influences néfastes… Un bon conseil, si l’on te présente le Christianisme comme une recette de cuisine : sauve-toi ! Tu ne trouveras là qu’un fatras de superstitions qui sont à cent lieues de la foi des premiers chrétiens.

 

Celle-ci, au contraire, se présentera toujours à toi comme une invitation à répondre à l’amour de Dieu. Et en amour, tu le sais, il n’existe pas de recette miracle ou de demi mesure : c’est tout ou rien… dans la réciprocité ! On entre alors dans la dynamique d’une vie construite à deux, patiemment, un jour après l’autre, dans la découverte l’un de l’autre… Or, que ce soit pour leur mariage ou pour leur religion, bien peu de gens sont vraiment disposés à accepter l’investissement en temps et en énergie que cette lente construction nécessite. La plupart préfèrent se contenter de pratiques religieuses – ou amoureuses – plaquées sur leur vie quotidienne : vernis fragile qui ne résiste guère aux épreuves du temps !

 

A ce propos, il est significatif de considérer la réponse donnée par les chrétiens à qui l’on demande de rendre compte de leur foi. La plupart la résument dans le fait de « croire en Dieu et d’obéir à ses commandements »… Certains y ajouteront « lire les Saintes Ecritures » ou « faire le bien »… Or, que penser d’un « Christianisme » qui se définit en dehors de toute référence à la personne et à l’œuvre du Christ : celui-là même qui lui a donné son nom ! On peut s’attendre à une conception plutôt réductrice de la foi chrétienne. Ce christianisme-là, en effet, ne se distingue en rien des autres religions monothéistes, telles le Judaïsme et l’Islam… Et je doute que les croyants de ces deux religions se réjouissent d’être assimilés à des chrétiens !

 

D’ailleurs, que faut-il penser de chrétiens qui se figurent faire un grand honneur à Dieu en « croyant qu’il existe » et qui s’imaginent acheter ses faveurs en accomplissant de temps à autre leur « devoir dominical » ou en réalisant l’une ou l’autre « bonne œuvre » ?… Si le Dieu des chrétiens est vraiment ce petit dieu vaniteux, mesquin et mercantile, ceux qui refusent d’y croire font preuve de bien plus de dignité que les bigots qui prétendent l’honorer de la sorte !… Mais personnellement, ce n’est pas ce dieu-là que je sers : je t’en parlerai dans mon prochain courrier.

 

A bientôt !

 

R.L.

 


Navigation dans la série<< Lettre à un ami athée (11): de la diversité des dénominations chrétiennes
Lettre à un ami athée (13): superstition ou relation véritable? >>
Roger Lefebvre

0 Commentaire

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*