Les récits traditionnels de déluge chez de nombreux peuples prouvent-ils qu’un déluge universel a bel et bien eu lieu ? (2/2)

Posté par Benoit Hébert

Print Friendly, PDF & Email

« Il faut souligner que les récits de déluge mésopotamiens ont été écrits bien avant que les Hébreux n’apparaissent au proche orient ancien. En d’autres mots, les Israélites ont hérité de ce motif majeur, associé avec des motifs mineurs (comme la reconnaissance par des oiseaux), soit par tradition orale, soit par tradition écrite. Ainsi, le déluge biblique contient pour le mieux un écho lointain d’événements passés en Mésopotamie, mais il ne faut pas confondre ceci avec le concordisme historique détaillé de Genèse 6-9 que défendent de nombreux chrétiens.  » (Denis Lamoureux)

 

 » A partir de Sumer et d’Akkad, la légende en question a migré vers l’ouest (le déluge grec est raconté en détail dans les Métamorphoses d’Ovide) et vers l’est (le déluge indien, dans les Brahmana, a pour héros Manou, le premier homme). Après l’Inde, le thème a pu passer aisément en Indonésie, et jusque dans les îles du Pacifique. Dans le cadre de ces civilisations polythéistes, la légende (récit s’appuyant sur des souvenirs passés enjolivés et transformés) s’est fortement colorée de mythologie (traduisant une expérience universelle), en rapportant la catastrophe à des rivalités entre les dieux ou à une jalousie des dieux envers les hommes…

En reconnaissant cette dimension mythique du récit, on ne retire rien à la valeur de son utilisation dans la Bible. Bien au contraire, car c’est un trait universel de l’expérience humaine qui trouve alors une traduction concrète dans le cadre de Genèse 1-11 : l’affrontement entre l’homme et les puissances cosmiques déchaînées. La Bible réinterprète à sa manière ce thème mythique, détaché de la mythologie polythéiste. Dans l’histoire de l’humanité pécheresse, c’est le type du jugement de Dieu. Mais le salut accordé à Noé montre qu’en dépit du péché, Dieu veut que l’histoire continue : ce salut préfigure celui dont le Christ sera l’artisan.

“Par cet Esprit, il avait déjà prêché aux hommes maintenant prisonniers du séjour des morts qui autrefois s’étaient montrés rebelles, alors que Dieu faisait preuve de patience pendant que Noé construisait le bateau. Un petit nombre de personnes, huit en tout, y furent sauvées à travers l’eau. C’est ainsi que vous êtes sauvés maintenant, vous aussi : ces événements préfiguraient le baptême. Celui–ci ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une conscience pure. Tout cela est possible grâce à la résurrection de Jésus–Christ qui, depuis son ascension, siège à la droite de Dieu, et à qui les anges, les autorités et les puissances célestes sont soumis.” (1 Pierre 3:19-22)

 

Comme l’ont plus d’une fois souligné les Pères de l’Eglise, l’Eglise est l’arche de salut dans laquelle les hommes trouvent place pour échapper au sort de la race pécheresse. Plus la dimension mythique est soulignée dans le récit primitif, en se détachant des contingences légendaires propres à la Mésopotamie, et plus son caractère exemplaire le rend apte à traduire le contenu « figuratif » dont la théologie chrétienne l’a chargé depuis le Nouveau testament.  »

(Pierre Grelot, Homme qui es tu ?, éditions du Cerf)


Navigation dans la série<< Les récits traditionnels de déluge chez de nombreux peuples prouvent-ils qu’un déluge universel a bel et bien eu lieu ? (1/2)

4 Commentaires

  1. Spidherrmann sam 24 Jan 2015 Répondre

    L’apôtre Pierre utilise le verbe ‘préfigurer’ pour parler d’un événement, le déluge.
    Le verbe ‘préfigurer’ signifie : annoncer de manière imparfaite ce qui va venir
    Le terme ‘figuratif’ signifie : représentatif de manière symbolique.
    L’apôtre Pierre parle aussi du déluge comme un événement.
    L’idée que l’arche était une image de ce qu’est l’Eglise est une bonne analyse mais de croire que le déluge est issu d’un mythique mésopotamien et que l’ancien testament aura repris, est un raccourci que l’apôtre Pierre n’a jamais sous-entendu, surtout qu’il parle d’un événement et non d’une histoire légendaire. L’événement est un fait qui s’est réellement produit et qui est caractérisé par son importancee toute particulière.

  2. Auteur
    Benoit Hébert sam 24 Jan 2015 Répondre

    Bonjour Spiderherrmann,

    J’aborde les questions légitimes que vous évoquez dans cet article.

    http://www.scienceetfoi.com/deluge-noe-nouveau-testament/

  3. Spidherrmann mar 27 Jan 2015 Répondre

    Il est triste de lire de tel propos. A l’évidence, le relativisme s’est substitué à la raison. En science, il faut avant tout une bonne dose de raison.
    Si Jésus affirme qu’il est la Vérité, alors soit nous avons là le plus grand des hypocrites, soit il parle avec la plus grande Vérité.
    Permettez-moi de vous soumettre 2 versets:
    Où étais- tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu as de l ‘intelligence. (Job 38.4)
    C ‘est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles. (Héb 11.3)
    Au niveau de la pseudo-science de l’évolution, il existe près de 10 grandes théories qui s’affrontent, certaines ont des tenants et aboutissants qui s’opposent. Toutes les théories s’accordent sur un point, l’évolution des espèces au travers du hasard, mais elles ne savent pas vraiment comment. Vouloir donc accorder la Bible sur quelque incertitude, revient à discréditer la Bible ainsi que Jésus en personne.
    Soyons humble devant Dieu en croyant simplement et intelligemment ce qu’il nous a laissé pour témoignage. Lui seul sait avec exactitude comment cela s’est passé. Vouloir lui tenir tête lorsqu’il nous demande un acte de foi, revient à affronter sa résistance.

  4. Auteur
    Benoit Hébert mer 28 Jan 2015 Répondre

    Cher Spiderhermann,

    Voilà encore des raisonnements par association qui ne font pas avancer le débat.
    Nous ne doutons pas que Jésus soit la Vérité, le chemin et la vie…

    Votre évocation des versets de Job ressemble un peu à une exhortation à l’ignorance et à l’absence de recherche…

    La foi n’est pas à opposer à l’investigation historique ou scientifique.

    Quant à la théorie de l’évolution et la place du « hasard », nous sommes en parfait accord sur le fait qu’aucun dieu « hasard » n’a créé le monde et les espèces. La question du « hasard » et son rôle dans l’évolution est une question bien plus complexe.

    Nous publierons dans quelques jours un articles du philosophe chrétien Thomas de Koninck. Je vous invite déjà à lire ce qu’il écrit dans son paragraphe intitulé ‘•BIOLOGIE, HASARD ET FINALITÉ ». Voici un extrait;
    «  » Un autre exemple, meilleur encore, est celui que fournit le jeu de la roulette, où il y a 36 numéros, et où il est facile de voir que l’arrêt de la boule sur tel numéro plutôt que tel autre est dû à plusieurs causes indépendantes outre l’impulsion initiale: le poids de la boule, la pression de l’air, la température peut-être, et ainsi de suite. Toutefois, ajoute Delsol avec raison, «seulement le possible arrive». Quand même des milliards d’individus joueraient à la roulette pendant des milliards d’années, jamais la boule ne tombera sur le 40, parce que le 40 n’existe pas dans ce jeu. Bref, le hasard ne peut provoquer que ce qui était possible dans le cosmos.

    Il s’agit bien, précise-t-il, du possible s’opposant au nécessaire, et pas du simple possible logique s’opposant à l’impossible.[46]

    «Si, dans l’histoire de la vie, il s’est créé des appareils dénommés yeux capables de rendre des cellules cérébrales sensibles à des rayons d’une certaine longueur d’onde, cela veut dire que la matière cosmique était capable de fabriquer ces yeux». »

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*