Les récits traditionnels de déluge chez de nombreux peuples prouvent-ils qu’un déluge universel a bel et bien eu lieu ? (1/2)

Posté par Benoit Hébert

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L’un des arguments favoris des « créationnistes » (au sens le plus fréquent de ce terme, c’est à partisans d’une terre jeune de 6000 environ) en ce qui concerne l’universalité du déluge de Noé est l’existence de récits de déluge dans la mythologie de nombreux peuples. C’est un fait, on retrouve les traces de tels récits sur la planète entière, avec parfois des points communs troublants, mais aussi de grandes différences d’un récit à l’autre.  Est-ce un argument suffisant pour prouver qu’un déluge planétaire a bien eu lieu ? Ce n’est pas l’avis de nombreux spécialistes, des chrétiens convaincus eux aussi !

 

Voici par exemple ce qu’en dit Denis Lamoureux, dans Evolutionary Creation

 

« La découverte de plus de 300 histoires de déluge réparties sur toute la planète nous permet d’éclaircir l’origine ultime du récit biblique du déluge. Il est important de remarquer que beaucoup apparaissent sur les berges de fleuves ou de rivières importantes qui sortent régulièrement de leur lit (Tigre, Euphrate, Mississippi), dans des régions soumises à des inondations très rapides (les côtes ouest montagneuses de l’Amérique du Sud et du Nord), et dans des endroits souvent dévastés par des tsunamis (Asie du sud est et les îles du Pacifique). Dans la compréhension d’une perspective ancienne, il n’est donc pas étonnant que de tels épisodes traumatisant aient produit des récits de déluges destructeurs dans ces endroits. De la même façon que beaucoup de cultures anciennes croyaient que les dieux/Dieu leur envoyaient des boules de feu pendant les orages, les inondations catastrophiques étaient aussi associées à la colère divine… »

 

« On sait aujourd’hui que vers 14 000 avant J.C., par suite de glaciation de larges zones de la terre, le niveau de la mer était plus bas qu’aujourd’hui d’environ 110 mdans la région du Golfe Persique et que ce dernier était en grande partie à sec jusqu’au nord-est de Doubaï. Mais le niveau remonta avec la fonte des glaciers et peu après 4000 avant J.C., le niveau actuel était atteint. Là-dessus, le 4ème millénaire fut très pluvieux et le niveau de la mer dépassa temporairement de quelques mètres le niveau actuel. La montée de l’eau et d’abondantes pluies durent alors entraîner de sévères inondations qui restèrent dans la mémoire des hommes et dont le souvenir se cristallisa en une seule et terrible catastrophe. Et puisqu’on était là pour s’en souvenir, c’est que certains y avaient échappé. De là à décrire en grand ce qui s’était passé en s’inspirant de la façon dont on avait peut-être échappé soit même à quelque inondation locale, il n’y avait qu’un pas. » ( Source : La création et le déluge, éditions du Cerf)

 

« Vu de cette façon, l’impact psychologique des débordements de l’Euphrate et du Tigre, détruisant les villes et les villages avoisinant est très certainement la source derrière les récits mésopotamiens de déluge. Les archéologues ont mis à jour plusieurs dépôts importants de limon, entrecoupant des couches montrant l’occupation humaine, indiquant la disparition complète de communautés à différents moments de l’histoire. Pour n’en mentionner que quelques unes, des couches sédimentaires ont été retrouvées à Ur (12 piedsd’épaisseur), à Ninive (6), à Uruk (5), à Shurrupak ( 2), Kish (1) et Lagash (1). La date de ces dépôts s’étale entre 3500 et 2600 avant J.C. Ce n’est donc pas une coïncidence si les histoires mésopotamiennes de déluge se situent à l’extrémité sud du Tigre et de l’Euphrate, parce que ces régions sont très exposées aux inondations. Le héros de l’épopée sumérienne d’Atrahasis, et les récits de Gilgamesh viennent de Shurrupak, une ville entre les deux rivières. Il y a probablement eu un ou plusieurs individu(s) qui a/ont sauvé leur famille et des animaux sur un bateau ou une barge, et au travers du temps, son/leur histoire ont été inclut dans la vision mésopotamienne de l’histoire…à suivre » (Denis Lamoureux)

 

 

 

 

 

 


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12 Commentaires

  1. Geodoxa mer 24 Fév 2016 Répondre

    Le côté troublant pour la mythologie comparé est de constater que les personnages du déluge sont souvent associés à un panthéon bien précis à redondance universelle. 7 dieux sous la tutelle d’une dieu céleste (Nun, Nu, Anu, Anus, Vish-Nu, maNu, Num…). Comme dans l’Ogdoad des égyptiens, Nun est le chef des 7 autres formant 4 couples. Nous retrouvons les 4 couples jusqu’en Méso Amérique. Le plus étrange est de constater à l’intérieur d’une même culture que le nom de leur Noé se confond avec celui de leur dieu suprême. Rendez-vous sur https://www.youtube.com/user/archeodoxa1. Le but n’est pas de prouver une version ou une autre de Genèse 7 mais d’avancer là où les sciences historiques se sont immobilisés. Beaucoup d’académiciens sont déjà intrigués par cette énigme qui ne passera plus sous silence. Denis Lamoureux nous semble donc très limité sur cette question.

    • Auteur
      Benoit Hébert jeu 25 Fév 2016 Répondre

      Bonjour Geodaxa,
      si je comprends bien, vous défendez la thèse d’un déluge universel récent ? Et d’une humanité qui descend littéralement de Noé et de sa famille recueillis dans l’arche ?

  2. Geodoxa jeu 25 Fév 2016 Répondre

    La question n’est pas de « défendre » une thèse mais d’explorer des données qui nous invite à explorer un paradigme qui fut négligé ; en occurrence des données relatives à la mythologie comparée. Les compilations de données et les conclusions immédiates (légitimes) peuvent être exposées étape par étape aux intéressés. Cette approche est couramment utiliser par les chercheurs : On se révèle au ‘peer review journal’ à travers une longue série d’articles afin de surmonter l’obstacle de l’orthodoxie des éditeurs. Ici nous n’évoquons pas l’attitude de se cantonner dans un dogmatisme de position (création ou évolution). Mais de simplement garder une ouverture d’esprit devant les corrélations. Je comprends qu’il y a des créationnistes qui se cantonnent dans une position. MAIS il y de nombreux chercheurs collèges scientifiques chrétiens (en Allemagne, Hollande, Autriche…) avec qui nous cherchons et qui n’oserait se cantonner ni dans la position de Science et Foi ni dans celle d’un dogmatisme créationniste. A vous de faire le pas vers nous… Vous découvrirez plein de choses. Signé : Un géologue tectoniciens au nom de ses collègues.

    • Auteur
      Benoit Hébert jeu 25 Fév 2016 Répondre

      Merci geodaxa pour ces précisions.Je modifie qq peu mon dernier commentaire.

      J’ai regardé une partie des deux dernières vidéos, et les trois premières. C’est techniquement très bien réalisé, même si on se demande où vous voulez en venir…

      J’ai trouvé très intéressantes les animations astronomiques et l’apparence qu’avait pour les anciens la course du soleil et des étoiles. Vous venez à cet égard conforter ce que beaucoup d’archéologues, d’historiens et de théologiens reconnaissent fort bien. Pour eux (y compris les auteurs bibliques), la terre était plate, et un dôme solide, le firmament les surplombait…

      L’importance des symboles astronomiques et solaires anciens paraît également très convaincante.

      Vous mettez en évidence des similitudes linguistiques…ce qui paraît admis car on sait aujourd’hui que les langues ont une « évolution » quelque peu semblable à celle des espèces vivantes, descendance commune avec modification.

      Encore une fois, nous attendons la conclusion finale pour savoir où vous voulez nous emmener. Je suis un peu inquiet avec votre insistance à propos de « Noé », mais attendons, puisque vous refusez pour l’instant d’en dire plus !

  3. Geodoxa ven 26 Fév 2016 Répondre

    Benoit, il ne faut pas s’inquiéter avec le mot ‘Noé’. Nous utilisons ‘leur noé’ dans le script et, nos collèges académiciens (non-chrétiens) comprennent très bien que c’est une façon raccourcie de dire ‘leur héro du déluge’ propre à une culture. Ces collègues constatent aussi qu’il y a un lien fort entre ces aNu et le chef de panthéons des 8, corrélation qui fut négligée. Les similitudes linguistiques que nous découvrons étonnent certains experts qui font le suivi notre travail depuis des années ( via les prépublications et discussions). Ils ne font pas de commentaires du genre « ce qui paraît admis car on sait aujourd’hui que les langues ont une « évolution » ». Ils reconnaissent les traces d’un monogénisme qui est mis en lumière par notre approche. Nous dévoilons étape par étape nos résultats mais toujours avec un visualisation précise de l’astronomie. Les archéoastronomes se réjouissent de notre travail car ils ont souvent ce mal fou à faire valoir auprès des historiens l’importance de l’astronomie dans les mythes du monde entier, d’où le but d’animation 3D à l’avant garde. En passant, les archéoastronomes acceptent facilement le concept que nos ancêtres du néolithiques savaient que la terre était ronde et que leurs observatoires indiquent parfois leur déclinaison angulaire sur un cercle par rapport au pôle nord. Je parle d’astro scientifiques du CNRS…Il est idée aussi qu’ils savaient calculer le diamètre de la terre par une méthode toute simple. Est-ce que la Bible et les Sumériens affirment clairement que la terre était plate ? A bientôt sur Archeodoxa…

    • Auteur
      Benoit Hébert ven 26 Fév 2016 Répondre

      Cher Geodoxa,
      je ne suis pas vraiment rassuré à la lecture de ce dernier commentaire, ni à la lecture de la présentation de votre site qui fait un peu « tout ce qu’on a voulu vous cacher jusqu’à présent, nous allons vous le révéler » :
      « Geodoxa vise à initier la future génération aux controverses scientifiques relatifs à l’histoire naturelle de notre planètes. Ces controverses sont souvent ignorées pour les raisons suivantes :

      •Parfois un paradoxe semble tout simplement insoluble.
      •Certains phénomènes géologiques viennent à l’encontre de nos paradigmes actuels.
      •Parfois la nouvelle génération ignore une controverse devenu masquée par le dogmatisme d’une théorie en vogue.
      •L’establishment éducationnel informe peu les géo étudiants sur ces controverses. »

      J’aimerais bien avoir les références des scientifiques reconnus qui affirment qu’au Néolithique, nos ancêtres savaient que la terre était ronde (c’est contraire à tout ce qu’on peut lire à ma connaissance puisque ce sont les grecs bien plus tard qui ont postulé la rotondité de la terre et ont évalué son diamètre (5ème siècle av JC)). Vous faites beaucoup référence à des « archéoastronomes » et autres géologues ou paléontologues. Peut-on savoir de qui il s’agit ?

      L’archéoastronomie est-elle une discipline reconnue à l’université ? Si oui, laquelle ?

    • Auteur
      Benoit Hébert ven 26 Fév 2016 Répondre

      Merci Geodaxa pour ce lien. Il répond à une partie de ma question : un exemple d’astrophysicien qui s’intéresse grâce à ses connaissances à la signification des monuments du Néolithique qui ont à la fois une signification mythologique et astronomique pour nos ancêtres, ce qui est d’ailleurs passionnant.

      Il ne répond pas à l’autre partie de ma question : qui sont les scientifiques reconnus par la communauté des chercheurs qui soutiennent votre point de vue particulier et qui pensent qu’il est temps de changer de « paradigme » soutenu par le « dogmatisme » de l' »establishment éducationnel »?

  4. Guy jeu 08 Juin 2017 Répondre

    Bonjour Benoît, Tu disais «L’archéoastronomie est-elle une discipline reconnue à l’université ? Si oui, laquelle ?»
    L’archéoastronomie est interdisciplinaire. D’une part et d’autre des deux disciplines il y a collaboration entre archéologues et astronomes comme avec la médecine, avec la métallurgie etc. Il n’y a pas de faculté de médecine archéologique car c’est trop pointu étant interdisciplinaire.

    http://www2.archaeoastronomy.org/ ISAAC
    L’U de Oxford organise des congrès internationaux d’archéoastronomie depuis 1981

    http://utpress.utexas.edu/index.php/journals/archaeoastronomy

    Tout étudiant de l’archéologie de la Méso Amérique est encouragé voir obligé à faire un cours de base en astronomie pour mieux comprendre l’alignement des monuments. Même en archéologie des amérindiens (du nord) il y a d’anciens observatoires astronomiques. https://www.youtube.com/watch?v=_OJ1yVs0aQE&index=1&list=PL6dpEU8FBkZ-Az2cLvc3tL2bIF6U3wxda

    University of Leicester – cours d’archéoastronomie
    http://www.le.ac.uk/ar/rug/aa/faq.html
    http://terpconnect.umd.edu/~tlaloc/archastro/

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/08/24/un-portail-du-patrimoine-de-l-astronomie-mis-en-ligne-par-l-unesco_1751174_1650684.html

    http://www.ogj.com/articles/print/volume-109/issue-10/exploration-development/continent-below-the-oceans-how-much-and-how.html

    Il y aura toujours des gens qui exploitent les données de chercheurs sérieux à des fins du croyance comme celle du New Age. Cela se fait avec toutes les sciences entre autre la médecine.

  5. Guy jeu 08 Juin 2017 Répondre

    Benoit,

    Tu disais concernant Geodoxa:
    Il ne répond pas à l’autre partie de ma question : qui sont les scientifiques reconnus par la communauté des chercheurs qui soutiennent votre point de vue particulier et qui pensent qu’il est temps de changer de « paradigme » soutenu par le « dogmatisme » de l’ »establishment éducationnel »?

    Je présume que le commentaire concerne la géologie. Tu disais concernant notre site : qui fait un peu « tout ce qu’on a voulu vous cacher jusqu’à présent, nous allons vous le révéler ».

    Ce n’est pas le cas. Donc tu peux te réjouir. Les documentaires et recherches sur la géologie à Geodoxa sont supervisés par des géo scientifiques de gouvernements et d’universités. Les controverses sont déjà bien cernées. La démarche est l’approche ‘open source’ à l’invitation de tout scientifique (pro ou antagoniste) qui veut y ajouter son point de vue. Nous faisons les 3D ajustés avec leur approbation et opposition.

    Je ne vais donner que l’exemple de New Concepts in Global Tectonics.
    http://www.ncgtjournal.com/

    Ce sont des chercheurs séismologues, géologues, océanographes, tectoniciens qui s’indignent devant le dogmatismes de la théorie de la tectonique des plaques (TTP). Depuis des années ils publient sur les problèmes, contradictions et aberrations de la TTP sans que leurs conclusions ne soient déboulonnées par les protagonistes. Certains comme Christian Smooth de NOAA (http://www.noaa.gov/)sont des océanographes pionniers depuis les années 60s. Ils ont publié sans cesse sur l’aspect contradictoire de la TTP. Après une centaine de papers, ils n’ont jamais été contredits. On aime la TTP car elle semble tout expliquer et si facile à comprendre pour les étudiants. Xavier Le Pichon lui-même s’étonnait de certaines de ces aberrations océanographiques qui contredisent la TTP. Il a simplement choisi la voie du dogmatisme populaire pour des raisons humaines ou sociologiques. Être antagoniste de la TTP est très légitime scientifiquement mais n’amène pas beaucoup de crédits ou de popularité.

    J’avais déjà répondu par un long email il y a un an avec l’optique d’une rencontre amicale.
    Sans réponse, voici une courte réponse.

    • Auteur
      Benoit Hébert sam 10 Juin 2017 Répondre

      bonjour guy,

      merci pour tous ces messages, mais je n’ai toujours pas compris où tu voulais en venir. Remettre en question la tectonique des plaques ou la dérive des continents ? défendre l’idée d’un univers jeune ?

  6. Guy jeu 08 Juin 2017 Répondre

    Benoît juste une correction
    ISAAC de L’U de Oxford qui organise des congrès internationaux a déménagé à https://www3.archaeoastronomy.org/
    et n’est plus à http://www2.archaeoastronomy.org/

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