La terre est-elle jeune? (1) Les erreurs fréquentes des créationnistes de la jeune terre.

La terre est-elle jeune?

C’est ce qu’on pourrait croire en « surfant » sur certains sites créationnistes francophones qui n’hésitent pas à vous fournir rien de moins que « 101 preuves de la jeunesse de la terre et de l’univers ». Pour le non spécialiste, il y a quoi être impressionné ou tout du moins un peu perdu ! A-t-on véritablement raison de croire que la terre s’est formée il y a 4,5 milliards d’années environ, comme l’annonce la totalité de la communauté scientifique ? Ces milliers de chercheurs nous cachent-ils la vérité, ou bien s’appuient-ils sur de simples hypothèses ? Tout de même, s’il existait 101 preuves du contraire, il y aurait de quoi douter ! En réalité, on pourrait prendre ces soit disantes preuves une par une et montrer qu’elles n’en sont pas, mais qui aurait le courage de faire ce travail ! Et bien des scientifiques chrétiens l’ont fait pour vous, sur le web anglophone. Je me suis pour ma part contenté (!) de traduire un article de Matthew S. Tiscareno, docteur en science des planètes (Université de Tucson, Arizona), actuellement chercheur au département d’astronomie de l’Université de Cornel (New York), lui-même chrétien évangélique recensant 23 de ces « preuves ». Cette liste de « preuves » est régulièrement mise à jour par les créationnistes de la jeune terre, et ils renoncent régulièrement par eux-mêmes à certains arguments utilisés autrefois, une fois qu’ils s’aperçoivent qu’ils ont été complètement discrédités et qu’il deviendrait vraiment ridicule de les conserver. Le problème est qu’il faudrait faire cela avec tous, donc on en conserve tout de même quelques uns…

Extraits de « La terre est-elle jeune? »

…Au cours de l’histoire, nombreux sont ceux qui ont nié certains faits naturels parce qu’ils ne correspondaient pas au système de croyances auxquels ils tenaient. Les chrétiens et les athées sont coupables de cette erreur. Il devrait être évident que n’importe quel chrétien qui croit en un Dieu ordonnateur, concepteur de ce monde, initiateur de toute pensée logique et scientifique, ne devrait jamais adopter une telle position. Cet article a pour but de montrer  que c’est ce qu’ont fait, malgré eux, les partisans d’une Terre jeune. Sans même considérer notre interprétation de la Bible, les faits naturels sont aussi des faits conçus par Dieu et il n’est pas juste de les nier ou de les tordre pour soutenir un quelconque système de croyance. Le but de cet article est de confronter les faits naturels à la lumière des affirmations des partisans d’une Terre jeune, dans l’espoir qu’une meilleure compréhension de ces faits permettra de parvenir à une meilleure compréhension de la plus grande source de révélation divine : la Bible.

Erreurs fréquentes

Avant d’examiner un par un les arguments en faveur d’une Terre jeune, il est important d’expliquer certaines erreurs fréquemment commises dans ces arguments. La première est d’affirmer qu’un mystère inexpliqué renforce l’idée du créationnisme « Terre jeune » simplement parce que la science n’est pas capable d’en donner l’interprétation. La seconde erreur est de ne regarder qu’un côté de l’équilibre naturel et d’affirmer qu’une augmentation illimitée du phénomène se produirait, posant ainsi un défi à la science courante.

Le mystère inexpliqué

Même en ces temps de réussite scientifique et technologique, beaucoup de phénomènes naturels n’ont pas d’explication scientifique satisfaisante. S’il n’en était pas ainsi, la science cesserait d’exister. Nous ne comprenons pas complètement comment les charges électriques se séparent dans les nuages pour produire de la lumière lors des orages, ou comment les vallées parcourues par des rivières ont été sculptées sur Mars alors que la planète est maintenant complètement sèche. Pourtant, ces mystères ne viennent à l’appui d’aucun point de vue particulier, ce sont juste des domaines dans lesquels il faut apprendre davantage. Le manque d’explication scientifique connue ne prouve pas qu’il n’existe pas d’explication naturelle. En réalité, les scientifiques trouvent constamment des explications à des phénomènes préalablement inexpliqués, alors que la science continue à œuvrer pour une meilleure compréhension de la création de Dieu. C’est donc une erreur de croire qu’un phénomène est d’origine surnaturelle, simplement parce qu’on n’a pas encore trouvé d’explication naturelle. Pour illustrer cette erreur, prenons l’exemple de la synthèse des molécules organiques. Il y a deux cents ans, on pensait que seules les cellules vivantes, dotées par Dieu d’une « force vitale », pouvaient produire des molécules organiques.  Cette idée était soutenue pas les tentatives infructueuses de synthèse de molécules organiques

Mais cette idée fut finalement abandonnée quand les chimistes réussirent à synthétiser des.molécules organiques. Dans ce cas, on avait avancé une explication surnaturelle parce qu’on n’avait pas connaissance d’une explication naturelle. L’explication surnaturelle fut donc abandonnée lorsqu’on découvrit l’explication naturelle. Notez bien s’il vous plaît que je ne dis pas que toutes les explications surnaturelles sont non scientifiques par définition. Ce serait un postulat philosophique de naturalisme, non une affirmation qui pourrait être prouvée scientifiquement. Je dis seulement qu’une telle affirmation devrait s’appuyer sur une preuve positive ; il ne suffit pas d’invoquer le manque d’explication naturelle. L’existence d’un mystère inexpliqué n’est pas, en soi, la preuve d’une explication surnaturelle.

De nombreux arguments en faveur d’une « création récente » sont en fait basés sur des phénomènes qui n’ont pas d’explication adéquate, et il est important de reconnaître cette erreur.

L’équation à un seul membre

Un grand nombre de « preuves »  avancées par les partisans d’une Terre jeune consiste à mesurer les taux de variations de processus variés sur Terre, en tentant ensuite de les extrapoler des millions d’années en arrière. Il s’agit généralement de montrer que le processus en question conduirait à une absurdité si on l’autorisait à s’étendre sur des échelles de temps permettant l’évolution. L’erreur de ce type d’arguments est de ne pas reconnaître l’importance de l’équilibre. La plupart des processus sur Terre sont dans un état d’équilibre dans lequel un processus (comme l’érosion des continents) est contrebalancé par d’autres (comme le remplacement de nouveau matériel continental par le volcanisme ou le renouvellement tectonique.)

En général, les processus terrestres ne se produisent pas sans être limités, un autre processus s’oppose en effet au premier, conduisant à un état d’équilibre. La méthode pour confronter ce type d’argument en faveur d’une création récente est de mettre en évidence le phénomène qui apporte l’équilibre.  Il suffit parfois de le mentionner car il a tout simplement été négligé.

Dans d’autres cas, le processus d’équilibre n’est pas bien connu ou est même inconnu, ce qui  semble donner du crédit aux arguments avancés. Pourtant, dans de tels cas, nous sommes simplement ramenés au cas des mystères inexpliqués. A moins d’arriver à prouver qu’il n’existe aucun processus d’équilibre (ce qui est impossible dans la plupart des cas), nous devrions adopter l’hypothèse de travail qu’il existe un tel phénomène à découvrir, plutôt que de sauter sur la supposition d’une explication surnaturelle. C’est le cas du  flux de magma du manteau vers la croûte terrestre, de l’érosion des sédiments sur les continents, de la durée de vie des comètes et l’hélium-4 dans l’atmosphère.

A suivre…

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